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 Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir [PV Hope]

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Kamui
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MessageSujet: Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir [PV Hope]   Ven 24 Juin - 1:54

La voix est une chose essentielle dans une existence. Au début du cycle de tout être, c'est par la voix que l'on fait savoir au monde entier que l'on a enfin découvert la vie. Par un souffle, l'air qui alimente notre existence. La voix est la passerelle qui permet à tout être d'être vu, reconnu et entendu. A quoi servait-elle au fond ? Si l'on part depuis l'enfance, elle sert principalement à crier ou à pleurer. Parfois à rire. Mais en grandissant, elle nous devient si précieuse. Elle est, avec le regard, le premier vecteur de sociabilité des êtres vivants. Que l'on soit un animal ou un être humain, rien ne varie, il faut donner de la voix pour se faire connaître, pour s'imposer, et parfois même s'incliner. Mais la voix ne se limite pas à la parole. En une lettre éternelle, ou avec des mots. La voix peut aussi être un art. Œuvre ancestrale à laquelle se sont évertués des milliards de nos prédécesseurs. Au gré de grands discours où les orateurs palabrent pour nous faire rêver ou nous diriger. Et même au travers d'une simple chanson. Si la voix est principalement liée à la parole, jamais il ne faut oublier que c'est grâce à elle que le verbe chanter existe. S'adonner au chant est une façon de s'exprimer musicalement. La tristesse, l'allégresse, la colère, tout ce qui ne peut être exprimer avec des mots concrets, vous avez le moyen de le laisser entendre d'un son. Écho infini d'une voix qui résonne au fin fond d'une âme. Avez-vous déjà pleuré en entendant une personne chanter ? Avez-vous déjà ressenti des sentiments qui n'étaient pas adaptés à votre situation actuelle en prêtant l'oreille à la voix mélodieuse d'autrui ? Évidemment. Car quoi que l'on fasse, une simple note portée à l'infini et exprimée par le cœur peut retourner des monts. Alors quand on dispose de cette voix, il n'y a qu'une chose à faire. S'exprimer. Prendre le temps de chanter, de rire, de pleurer et de crier. Car il est une chose invariable en tout monde. Une chose immuable qui a traversé les âges et qui aujourd'hui encore régit nos vie.
Chaque être vivant sait bien qu'après tout la vie est plus belle quand on sait en voir les bons côtés.
Alors si chanter peut offrir la paix aux autres, pourquoi se retenir...? Et même si ce n'est pas pour le bien d'autrui, ne serai-ce que pour soi-même. Chanter jusqu'à ne plus avoir de voix. Expier nos craintes, nos joies et nos peines d'une voix assurée. Car si nous avons été créé avec une voix, ce n'est pour aucune autre raison que de pouvoir exister.

Alors je voulais croire qu'au gré d'une voix, tout était possible. Croire en l'espoir que pouvaient apporter les Hommes les uns aux autres. Était-ce bassesse que de vouloir ainsi prétendre que l'humanité ne se vouait pas elle-même à sa propre perte ? N'étais-je pas le plus mal placé de ce monde pour dire que les Hommes pouvaient s'aider...? Comment osais-je espérer qu'il fut possible qu'un miracle se produise ? La guerre faisait rage. Inlassablement.

Qui étais-je pour croire à tout ceci ? Moi, l'Élu Primordial qui osait attendre une amélioration dans le calvaire que tous les pions menaient ? N'était-il pas vain, au fond, de prier Père chaque jour...? Que pouvait bien apporter l'écho de ma voix, louange intarissable d'un fils à son patriarche ? J'avais beau m'offrir corps et âme au nom d'une cause qui semblait perdue, il n'y avait pourtant rien qui présumait un quelconque changement. Chanter au nom de ma loyauté, et de ma piété n'avaient finalement rien apporté. Pierre que je m'évertuai d'apposer jour après jour à un édifice qui jamais ne changerai. Celui qui chante retrouve la vie, retrouve le cri de l'enfant Dieu. Mais quelle était donc la valeur de ces mots lorsque mes chants n'apportaient rien à l'avancée de ce combat...?

Cependant ce jour là, perdu à mes idées noires, il apparut qu'une lueur vint illuminer mes sombres pensées. Alors que paroles et mélodies étaient mon apanage quotidien afin de mener les miens à la victoire. Il venait forcément des lunes où l'espoir se faisait tendrement la malle... C'était au cours de cette nuit qu'abattu par la défaite, j'avais quitté la Forteresse. Les grilles fermées depuis plusieurs heures, j'avais décidé de prendre mon envol et de me diriger vers les plaines. Enlevant d'un mouvement rapide veste et chemise, dévoilant ce sempiternel bandage qui n'avait eu de cesse de protéger cette blessure du passé, j'avais déployé mes ailes afin de rejoindre le Champ de Mars.

Peut-être que dans notre monde il n'existait pas un Dieu de la Guerre à proprement parler. Mais le spectacle qui s'étalait devant mes iris aux couleur du plus pur des océans ne dévoilait qu'un amas funèbre et macabre. Laissant mes ailes maculées se fondre dans l'obscurité de ce décor mortel avant de disparaître, je renfilais mes vêtements d'un mouvement lent et las, laissant entrouverte ma chemise. Combien de nôtres avaient perdu la vie en ces lieux...? Combien avaient succombé...?

Les heures défilèrent. Seul debout au beau milieu de cette étendue calcinée et ensanglantée, j'avais l'impression que ces ailes que j'avais dévoilées plus tôt s'étaient entachées de toute la noirceur de cet endroit. L'âme déchirée, je détachais enfin mes yeux de ce théâtre d'immondices. Ce champ de bataille vidait mon cœur de toute once d'espoir. Que pouvais-je donc faire face à l'horreur de tout ceci..? J'avais beau m'évertuer à vouloir le meilleur pour tous. Aucune de mes actions n'en était pour autant concluante. Un rire dénué de toute joie s'échappa de mes lèvres alors que sans me retourner, je quittais ce lieu maudit, hanté par les corps de mes pairs.

Je n'avais absolument aucune envie de retourner dans notre antre. La culpabilité et les remords dévoraient mon être de l'intérieur. J'aurai préféré devoir me crever les yeux que d'affronter le regard de ceux qui luttaient corps et âme pour ma cause... La cause de mon Père... Layca. Je décidais d'errer jusqu'à l'aube. Loin de tous. Loin de ceux chers à mon cœur. Loin des miens.

Foulant d'un pas morne l'herbe verdoyante des alentours de la plaine, je sentais l'air froid mordre la peau de mon abdomen dénudé. Un long soupir s'échappa de mes lèvres. Levant les yeux au ciel, je m'arrêtais dans ce silence pesant. Observant la voie lactée à peine troublée par quelques nuages, je laissais une larme couler le long de ma joue. Désespoir, quand tu nous tient...

Fermant les yeux sur cette mer étoilée, je voulais m'offrir à l'abandon, à l'oubli, l'espace de quelques instants. Écoutant l'écho du vide dans cette vaste étendue d'herbe, je sentais le vent s'infiltrer sous les pans de tissu de ma chemise, soulevant mèches d'or et l'étoffe blanche en un doux battement harmonieux. Puis à ce bruit mat s'ajouta une mélodie. Probablement celle du vent... Mais tout ceci était trop doux. Beaucoup trop claire. Rouvrant les yeux, je jetais un coup d'œil rapide aux environs. Rien... Il n'y avait rien ici... Pourtant, en tendant un peu mieux l'oreille...

Une succession de notes emportées par le vent venaient s'échouer au creux de mes oreilles, ravissant mon ouïe. Dans ce silence désertique, cet aubade se faisait de plus en plus distinct. J'amorçais ma marche en direction de ce son aux consonances si pures. J'apercevais au loin l'immense rocher qui bordait le Lac Abrité. Un immense et unique arbre s'élevait près de ce petit mont rocailleux. Alors que je m'approchais de l'étendue d'eau, le chant se fit plus net.

Arrivé à proximité de l'immense rocher, je me concentrais sur l'aura diffuse qui émanait du lieu. Une seule et unique personne semblait se trouver là. Je pouvais clairement percevoir qu'elle était des miens... Elle me semblait familière, de toutes évidence quelqu'un que je connaissais depuis quelques temps déjà... Contournant l'obstacle de granit, la voix se faisait plus cristalline. Plus envoûtante. C'est alors que le chant repris de plus belle, un éclair de lucidité me frappa.

C'était elle.

Apercevant enfin le lac largement abrité par la pierre, la lune se reflétait sur sa surface limpide. Mon regard vint surprendre le mouvement d'une silhouette installée là. Les mèches d'une chevelure sombre s'élevant sous la brise nocturne, mon hypothèse s'avérait être la réalité. Posant ma main sur la pierre, j'observais un peu plus longtemps cette figure au bord de l'eau. Sa voix d'un charme longtemps vanté, je l'avais déjà entendue au sein de la Cité. Pourtant, posté là, à quelques pas d'elle, sa voix me semblait bien plus prenante. Bien plus mirifique. Son chant emplit d'une grâce sobre et raffinée apaisait mon esprit mis à vif par mes réflexions nocturnes. Je me sentais soudainement attiré par cette femme qui offrait sa voix aux cieux.

Ce n'est pas tant le chant qui est sacré, c'est le lien qu'il crée entre les êtres. A cet instant là, je savais que nos deux voix s'étaient un jour élevées en une mélodie pour les mêmes raisons. Nous frayer un chemin vers la lumière. Elle était cette lueur qui venait éclairer mon âme obscurcie par la peine. Était-ce donc le destin..?

Reprenant conscience du fait que j'épiais cette créature sans son consentement, je décidais de lui faire part de ma présence. Peut-être me rejetterait-elle. Je prononçais alors d'une voix timide, une pointe d'hésitation marquant un trémolo dans mon timbre.

- Hope...?

Me détachant de l'imposant roc auquel j'étais accoté, je m'approchais du bord du lac, laissant une distance non négligeable entre nos deux personnes. Mon regard rivé sur l'eau qui résidait en ce lieu, contemplant les étoiles et la lune, je jetais un regard au reflet de la belle. Pourquoi je n'osais pas la regarder en face...? Je n'en savais trop rien... Alors qu'il n'en était aucunement dans mes habitudes, je laissais planer un silence lourd de sens...

Bien qu'elle soit sous mon aile, et d'un grade élevé, je n'avais jamais réellement eu l'occasion de converser avec elle en dehors des missions. Pourtant, rien ne m'en empêchait. J'étais d'une nature paisible et avenante. Alors pourquoi...? Peut-être par timidité...? Ou probablement parce qu'elle m'intriguait...? De tout ceci, une chose était sûre... Elle me fascinait. Tant par son chant que par sa façon d'être. J'enviais cette femme qui pouvait s'épanouir si librement dans notre monde...

Il y a un chant endormi dans toutes choses qui rêvent sans fin.

_________________

    We each begin in innocence
    We all become guilty
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MessageSujet: Re: Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir [PV Hope]   Ven 24 Juin - 13:26

image 600*350
« Belle, c’est un mot qu’on dirait inventé pour elle »


J’avançais un peu et m’enfonçais dans la forêt en fredonnant cet air, tournoyant de temps à autre sur moi-même. Je finis par me laisser tomber en plein milieu d’une clairière, admirant un peu les étoiles, la brise me faisant doucement frissonner. Je m’enveloppais dans mon châle et repliait mes jambes sous ma robe et fermait doucement mes yeux. Je m’endormis, oui, là, en plein milieu d’une prairie. Je ne savais pas si un ennemi se profilait à l’horizon, je ne savais pas si quelqu’un allait m’attaquer mais je m’en fichais. Je rêvais à ce moment là. D’un homme. Ne me demandez pas qui, je ne me souviens jamais de son visage. Mais je sais que c’est toujours le même. Il me prend dans ses bras et me murmure de douces paroles qui me rassurent. Et puis je vois comme un retour en arrière, je me vois attaqué par une dizaine d’hommes. Je soupire et me met à hurler mais ils se jettent tous sur moi, finalement le rêve revient à son heure normale et je me pelotonne un peu plus contre lui avant de finalement me réveiller. Puis, je me suis laisser retomber, retombant au creux des bras de Morphée. Je fis un nouveau rêve, quelque chose qui me rappelait ma vie passée.

Une longue robe blanche, un collier de perles noires, une paire de boucle d’oreille assorties, de petits escarpins vernis de la même couleur que le collier. Une rose noir avait été montée sur une pince à cheveux et elle retenait également la longue chevelure en un chignon négligé.

Il y avait eu une réception. Oui, elle y était allée. Ça avait été quelque chose d’ailleurs: entre les enfants illégitimes qui ramenaient leurs fraises, entres les maîtresses qui se faisaient connaître, cette fête était quelque peu mouvementé. J’avais sourit au début, me délectant de la situation quelque peu cocasse, puis, n’étant pas habituée à ce genre de chose, je m’étais retranchée dans un coin, attendant que la crise passe et que la fête reprenne. Je n’aimais pas particulièrement ce genre de party mais disons qu’il fallait que je me montre un peu. Alors je venais de temps en temps. Et puis, on m’avait poussée aussi… Un esprit plus qu’un homme. Je savais qu’il était quelque part, qu’il voulait que je m’épanouisse… Mais je ne voulais pas, je voulais simplement continuer ma « vie » avec son souvenir. J’avais d’abords pensé le retrouver en arrivant ici mais apparemment ça n’aura pas été le cas. Je l’avais cherché pendant de longues semaines en vain. Pourtant il aurait du arriver ici… A moins qu’il ne soit déjà mort dans ce monde aussi.

Enfin, j’avais abandonné l’espoir de le revoir un jour et avait prit le cour de la vie de ce monde. J’avais croqué dans la vie à pleine dent, plaqué un sourire, peut être un peu faux, sur mes lèvres et j’avais avancé, j’avais décidé de ne pas m’apitoyer sur mon sort. J’avais fais des rencontres, plutôt hiérarchiques qu’amicales, mais je m’étais quand même fait quelques amis. Je connaissais notre élu et je savais qui il était. Ou du moins en apparence. Je n’avais jamais réellement discuté avec lui.


Un homme s’approcha de moi, un sourire poli sur les lèvres et m’invita à danser. Je souris doucement. Je n’en avais pas réellement envie mais soit, dansons. Je posais ma main dans la sienne et le laissais me guider sur la piste. Je posais une main sur son épaule alors que la seconde était restée au creux de sa main. Il n’était pas moche, plutôt agréable à regarder, mais il n’était pas lui… La musique commença et je fermais les yeux, me laissant envouter par la mélodie, laissant les notes mordre mes tympans avec une douceur qu’on n’aurait pas pu leurs supposer. Une valse, assez simple. Un peu de violon, quelques notes de piano et surement d’autres instruments à cordes que je ne reconnaissais pas envoyait vers nos cœurs la douce litanie qui nous faisait danser ainsi. Je me laissais transporter par la profondeur du jeu, par la technique quasi-parfaite des musiciens. L’homme face à moi semblait tenter de me parler mais rien n’y faisait, je ne voulais pas, je restais muette, je n’entendais pas ce qu’il me disait, trop imprégnée par la douceur de la musique. La chanson se termina et je rouvris doucement les yeux alors que notre danse se ralentissait. Je levais les yeux vers le jeune brun, penchant quelque peu la tête. Je le remerciais d’un sourire avant de lâcher sa main et de reculer, m’inclinant un peu avant de me diriger vers la sortie.

La musique était encore ancrée dans mon esprit, les notes dansais toujours au creux de mes oreilles. Une chanson me venait alors et je commençais à fredonner quelques paroles incompréhensibles. Je n’avais pas spécialement l’oreille musicale mais lorsqu’une mélodie se faisait entendre a mes oreilles et qu’elle me plaisait, elle restait intacte dans ma mémoire, parfois même les paroles se reconstruisaient d’elles mêmes. Je finis, sur le balcon de la demeure, par chanter cette chanson. Jusqu'à ce que le même homme que tout à l’heure vienne me voir. Je me tournais vers lui, un sourire désolée sur les lèvres.

« Moi j’ai aimé très souvent, aimé souvent puis énormément. Mais je les ai tous perdu, car aimé je n’ai jamais su… » lui murmurais-je suis l’air de la musique. Je posais une main sur son épaule et passais derrière lui « Je ne suis pas une femme pour vous. Allez donc rencontrer celles du fond de la salle, elles n’attendent que vous. »

Je lui souris une dernière fois et descendit les escaliers disposés derrière lui. Je me rendis dans le hall de la maison, demandant à ce qu’on m’apporte mon châle. Une longue bande de tissus en soie noire. Le majordome me l’apporta et je quittais l’endroit. Je n’avais pas envie de rentrer toute suite.


Je n’ai dormis qu’une heure mais j’ai l’impression d’avoir dormit pendant des jours. Je me relève, passant mon châle sur mes épaules. Ce rêve m'a un peu retournée... Je n'oses plus marcher tranquillement... J'aurais aimé retrouver cette période de ma vie, celle ou je respirais et ou je pouvais bouger seule. Je ne savais pas pourquoi j'étais habillée de la même façon ce soir, j'avais pourtant des vêtements différents du monde ou j'étais... Je ne comprenais pas réellement pourquoi je l'avais fais mais je m'en fichais. J’ôtais mes escarpins et les prit dans mes mains avant d’avancer, un fin sourire aux lèvres. J’arrivais finalement devant un lac couvert par un énorme rocher. Je restais quelques secondes bouche bée devant la splendeur du spectacle. La lune se reflétait dans l’étendu liquide et éclairait ainsi le dessous du rocher. Je posais mes chaussure par terre et grimpait doucement sur un rocher non loin de la position ou je me trouvais. Je m’assis dessus, en tailleur, au diable les convenances, il n’y avait personne. Je restais un long moment silencieuse, à admirer le spectacle. J’aurais bien plongé dans l’eau mais je ne savais pas nager et j’en avais peur. La seule eau qui ne me faisait rien était celle de la douche. Mais je trouvais cela tellement beau que je ne pouvais m’empêcher de passer des heures perchées quelques part à observer une eau calme et paisible. Puis, alors que j’étais là depuis déjà une bonne heure, j’ouvris la bouche et commençait à chanter.


Cette chanson était un peu spéciale pour moi, elle reflétait tellement de choses, elle était tellement vraie. Je ne remercierais jamais assez celui qui l’a écrite de l’avoir créée. J’avais rencontré tellement de gens depuis que j’étais ici. Des gentils, des moins gentils, des personnes qui vous ignorent ou celle qui vous adorent. J’avais bénis le destin de les avoir mis sur ma route. Et puis c’était important non ? Ce sont ces personnes qui vous changent ou qui vous améliorent. Je commençais alors à chanter lentement cette jolie chanson.

« Rêve de lumière et d’étoile originales, quand nos envies se dévoilent jusqu’aux bacchanales, le bouquet final, a créer des souvenirs de victoire, et chanter à crever nos mémoires… Le chemin des uns peut croiser parfois, le chemin des autres et bouleverser nos vies de rêves… »

« - Hope...?»

Je fis un bond d’au moins deux mètres et me rattrapais de justesse avant de manquer de me casser la figure en glissant du rocher. Je finis par me redresser un peu et j’observais la personne qui se trouvait face à moi… Je ne distinguais pas son visage mais je connaissais sa voix. Je souris doucement et me laissais glisser le long du rocher avant de reposer mes pieds nus dans l’herbe tendre. Je m’approchais alors de lui avant de tourner autour de lui.

« Alors Monsieur, on espionne ses pions ? » le taquinai-je un peu.

Je reculais un peu et me mis face à lui, une main délicatement posée sur mes lèvres.

« Désolée, je suis trop curieuse, je n’aurais pas du vous demander cela, vous aviez surement mieux à faire. »

Je m’inclinais respectueusement alors que mes joues prenaient une teinte rosée dissimulée par la noirceur de la nuit.

« Que faites vous ici à une heure aussi tardive, Monsieur ? »
© Code par Hope. Ne pas copier.



Spoiler:
 


Dernière édition par Hope le Sam 3 Mar - 4:10, édité 1 fois
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Kamui
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MessageSujet: Re: Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir [PV Hope]   Ven 2 Sep - 23:55

Pureté. Une notion qui détient autant de connotations qu'il n'y a d'habitants doués d'intelligence. Nous en avons tous une idée plus ou moins définie. Nous en connaissons des synonymes, et détenons des centaines de palabres pour l'identifier. La pureté n'est au fond qu'une qualité. Mais quelle qualité ? N'est-elle pas l'une des plus belles vertus de l'Homme ? Alors que tant se révèlent souillés par les vices et les péchés. Tout ces êtres qui effleurent où étreignent une forme intrinsèque ou non de corruption. Ces êtres dont la beauté de l'âme a été altérée. Cependant, tout esprit en venant au monde devrait être d'un blanc immaculé. Exempt de toute idée négative, le jeune nourrisson qui dans de grands sanglots est accueilli au cœur de la vie avec félicité et dévotion. Comment ces créatures si pleines de bonté, si avides de connaissances... Comment était-il possible qu'un jour elles ne deviennent qu'un amas nerveux de félonie et d'exécration ? Pourquoi, alors que nous étions tous nés de l'âme la plus immaculée qu'il soit... Pourquoi certains d'entre nous devaient voir leur pureté ainsi brimée, déchirée, salie ? L'Homme était-il naturellement voué au vice ? La droiture et l'innocence étaient-elles des qualités vouées à s'éteindre au fil des âges ? Alors que le cœur chaste de ces jeunes existences en puissance n'était voué qu'au bonheur. Un jour ou l'autre, ils finiraient probablement noyés dans l'obscurité méphistophélique de la dépravation. Était-ce donc à ça que l'humanité était destinée ? L'authenticité et la grâce étaient-elles des principes qui ne pouvaient perdurer dans le monde des vivants ?
Cependant, nous ne pouvions pas tous être atteints de ce mal putride qui rongeait les Hommes de l'intérieur. Certains étaient encore capables de franchise, de virginité de l'âme. Des êtres disposaient encore de cette bonté si chère à la quiétude. Quelques uns étaient encore capables de se satisfaire des choses simples de la vie. Dévoiler leur cœur sans crainte. Offrir tout ce qu'ils avaient de bon pour pouvoir décrocher le sourire d'autrui. Bien sûr, ceux-là avaient des défauts... Mais qui peut donc clamer être parfait... Parce que la perfection ne peut-être entraperçue que lorsqu'elle est placée aux côtés des plus grands vices de l'humanité. Nous devions tous être aptes à savoir juger les gens de façon juste.
Pourtant dans ce monde... Malgré toute la bonne volonté de certains. Bien au-delà des idéaux de chacun. Ici, les pensées manichéennes n'auraient pu fonctionner. Car au fond, qui parmi nous pouvait se vanter de détenir cette blancheur jamais entachée par un quelconque mal. Qui...?

De toute évidence, je n'étais pas un prétendant à cette pureté. N'était-ce pas un comble que d'être nommé « l'Innocence » mais de n'être qu'une âme souillée par tous les vices que l'Homme connaisse ? J'étais probablement la représentation même de ces êtres qui tentaient de faire le bien en n'étant empli que de maux. Cette âme immaculée tant décriée... Comment pourrais-je une seule seconde prétendre la détenir lorsque le sang, la haine, les cris et les larmes brûlent en un glas sordide chaque parcelle de mon esprit...? Comment pouvais-je jouer ce rôle d'Innocence alors que je n'étais rien d'autre que l'une de ces imperfections dévorées par le vice ?

Moi, Kamui, Innocence de Layca, je n'étais rien d'autre que l'Ange déchu d'un Paradis bien trop obscur pour en porter le nom. Je n'étais qu'un infâme ressortissant de l'Enfer.

Les yeux rivés sur mon reflet blême au travers de cette étendue d'eau, je ne pouvais que constater la véracité de cette idée. Effectivement, tout en moi pouvait laisser à penser que j'étais l'une de ces créatures auxquelles ont attribue tant de bonnes grâces. Une chevelure d'or, une peau diaphane, des yeux habités par l'océan... Pourtant, j'étais loin de correspondre à ce qualificatif idyllique.

Mon regard perdu sur l'onde valsant délicatement devant moi, mon image déformée par le mouvement de l'eau me semblait subitement bien plus représentative de ce que j'étais... Troublé quelques instants par mes propres pensées, j'en oubliais presque la raison pour laquelle mon regard s'était perdu au beau milieu du lac... Mais pouvais-je réellement en oublier la raison...? La force des choses m'en fit clairement comprendre qu'il n'en était rien, alors que la silhouette élégante et gracieuse de Hope vint se dessiner aux côtés de la mienne.

Quelques instants plus tôt, attiré par le chant harmonieux d'une voix s'élevant vers les cieux, j'avais croisé le chemin de cette ravissante demoiselle. Bien que la hiérarchie nous impose un contact très solennel, je n'avais pour ainsi dire, jamais eu l'occasion de m'approcher de cette oiselle. Je savais pourtant qu'il n'était pas réellement dans mes habitudes de me montrer distant vis à vis de mes alliés... C'est pourquoi j'avais tenté ma chance. Le son de ma voix avait interrompu son ode séraphin, faisant sursauter la jeune fille. L'espace d'un instant, j'avais eu peur que celle-ci ne glisse de son perchoir, mais elle sembla se rétablir bien vite. Petit oiseau un instant effrayé par le miaulement éloigné d'un félin. Cependant... Cette fois-ci, il aurait semblé qu'il s'agissait plutôt d'un chat en cage. Prendrait-elle ses plumes à son cou ? Tout bon oiseau qui soit aurait préféré la fuite. Mais elle ne le fit pas. Interrogatrice, hésitante et curieuse, elle vint s'approcher de ma personne. Qu'y avait-il d'attirant dans ma figure observant mon reflet d'un air las ? Avais-je seulement le droit de parler à une créature qui respirait tant la liberté ?

Vole belle oiselle. Vole loin, là où les maux ne t'atteindront jamais... Fuis ce sanctuaire maudit. Reste loin de l'archange déchu d'un monde bien trop sombre pour tes ailes immaculées.

Mais il semblait que l'oiseau ne craignait pas son prédateur. Animal inquisiteur qui d'un pas dansant et onirique s'approche, paradant de ses belles plumes en d'élégants cercles autour de mon être. Force eut été d'observer le ramage de cette créature. Les pans de la robe qu'elle revêtait resplendissaient d'une pureté insoupçonnée sous les rayons de l'astre lunaire. Le tissu riait et voletait au gré de ses mouvements, accompagnés par le son agréable de ses pieds dénudés qui caressaient le sol en un contact si léger qu'on aurait cru la voir voler. Les reflets de cette douce lueur nocturne s'ancraient sur ces perles d'obsidienne qui égayaient sa parure. Quelques mèches d'ébène poursuivaient la détentrice de cette peau de miel, tout juste retenues par une rose noire qui relevait la grâce de ses atours. Ce fut l'instant où l'azur croisa l'or que ses lèvres s'étirèrent en un sourire alors que l'écho du chant d'un rossignol résonna au beau milieu de ce vaste nulle part.

« Alors Monsieur, on espionne ses pions ? »

Bien malgré moi, la note de taquinerie que je percevais au fond de ses mots me fit légèrement froncer les sourcils. Pourquoi ? Probablement parce qu'entendre ce léger reproche masqué proféré par la belle me blessait... Elle... Dans un souffle, détournant mon regard de ses lagons d'or, j'articulais.

- Jamais je n'aurai eu pareille prétention... La liberté qui t'es due, je n'ai aucunement le droit d'y toucher...

Cette liberté qu'elle semblait savourer avec tant de plaisir. Petit à petit, les barreaux de la cage qui auraient du enfermer cette oiselle semblèrent se refermer sur moi. Je n'étais pas en droit d'effleurer ce si précieux cadeau dont elle avait su garder la disposition, bien que ce monde ne soit pas le sien... Un sourire fade vint peindre mes lèvres alors que mon regard se posa à nouveau sur elle. Nymphe d'un autre âge, éternellement et passionnément agrippée à son destin. Pourtant, la nouvelle rencontre de nos prunelles ne me laissa pas voir l'air rieur et enjoué que j'appréciais tant. Une légère pointe d'inquiétude semblait s'y être inscrite... Pourquoi ?

Alors que ses doigts venaient effleurer ses lèvres, pareille à Eve contemplant son propre pêché, elle souligna sa propre erreur, me signifiant qu'elle n'avait pas à me demander pareils détails. Mais avais-je réellement mieux à faire, comme l'oiselle le laissait entendre...? Avançant de quelques pas vers la surface du lac, observant son reflet miroitant, nos images se brouillaient sous l'onde. Nous n'étions pas réellement côte à côte. Mais la distance qui nous séparait ne se mesurerait probablement qu'en un pas ou deux. Levant les yeux vers le ciel, retrouvant cette contemplation de l'infini que j'avais abandonné quelques minutes plus tôt, ma voix s'éleva, écho serein d'un mal être infernal et sempiternel.

- Ta curiosité n'est aucunement un tort. Ici, je ne pense pas que l'on puisse la qualifier puérilement de vilain défaut... Toutefois, il me semble que tu me gratifies de présomptions bien trop avantageuses... Mais il me semble que tout ceci ne soit que bien trop lassant aux yeux d'une demoiselle...

Suivant l'onde reposante à peine perturbée par la bise, j'observais la figure de l'oiselle. Un haussement de sourcil vint ponctuer ma contemplation alors que dans une courbette délicate, elle vint remettre un point d'honneur à ce qui semblait être un respect hiérarchique. Bien que sa question fut de toute évidence un sujet auquel je pourrai amplement me prêter des heures à discuter, un détail me chatouillant, semblant perpétuer cette pesante atmosphère de malaise. Un sourire vint se dessiner sur mes lèvres alors que d'un mouvement svelte, je me tournais face à cette demoiselle tout d'immaculé vêtue. Le bras tendu, je vins effleurer du bout des doigts son menton, l'incitant à croiser mon regard, mais surtout à ne point montrer tant de rigueur et de formalisme. D'une voix légère je susurrais.

- Rien ne te force à agir ainsi en ma présence. Peut-être suis-je ton supérieur dans ce monde... Mais lorsque nous ne sommes que deux âmes égarées au beau milieu de la nuit, nous sommes égaux... Alors je t'en prie Princesse... Cesse donc de m'affubler ainsi d'un vouvoiement strict et d'un « Monsieur ». Tu peux agir en ma présence comme tu l'entends. Je ne te jugerai en aucun point.

Retirant mes doigts de sa peau d'opale dans une caresse imperceptible et délicate, un léger rire m'échappa, me tournant à nouveau d'un pas prompt vers l'étendue limpide. L'azur scintillant d'étoiles se refléta au fond de l'océan de mes iris. Glissant une main dans l'or de ma chevelure, repoussant quelques mèches soufflées au gré de la brise, je repris d'une voix que je voulais rassurante et chaleureuse.

- Puis... Tu es celle qui m'interroge sur ma présence en ces lieux... Mais est-il réellement convenable pour une demoiselle de se promener ainsi ? Je jetais un coup d'œil à Hope, un sourire au coin des lèvres. Aurai-je interrompu un rendez-vous que tu tenais en ce lieu en une charmante compagnie ? Ton chant était donc une complainte que tu adressais à ton âme sœur...? Je crois que je suis jaloux. Lorsque les femmes se font si belles, c'est qu'elles souhaitent conquérir un cœur...

Je fermais doucement les yeux au fil de mes paroles. Cette liberté qui émanait de la présence de l'oiselle était surprenante. Au beau milieu de cette étendue de noirceur, elle était là, rayonnante sous le halo protecteur de la lune. Rayon de soleil discret d'une nuit d'été. Était-ce donc un songe ?

Pourtant, je désirais qu'il n'en soit pas un. Avais-je seulement le droit de vouloir toucher, caresser cette lueur agréable qu'elle dégageait...? Pris au piège d'une prison aux barreaux méphistophéliques, je ne pouvais que regarder avec envie cette créature voler librement. Point de lumière au sein de cette obscurité infâme.

Enfouie au cœur de cette lutte répugnante et infecte, était-il possible que la pureté puisse encore demeurée saine de toute souillure...? Posant un dernier regard sur Hope, j'osais espérer que toute la bonté qu'elle pouvait représenter à cet instant à mes yeux pourrait me permettre de franchir les barreaux qui étreignaient mon âme... Peut-être n'arriverai-je pas à m'échapper de ma cage... Mais si je pouvais simplement glisser ma main au delà de cette grille...

Et effleurer du doigt l'immaculé.
Effleurer du bout des doigts la pureté...

Oser caresser la candeur de la liberté.

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MessageSujet: Re: Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir [PV Hope]   Ven 16 Sep - 23:47

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« DANS LES BRAS DE PERSONNE DANS LE CŒUR DE QUELQU’UN »
C’était un mois de Juillet. Erik et Hope se baladais sur la digue qui longeais la plage non loin de leur maison.
C’était un mois d’Aout. Erik tenait Hope par la taille et celle-ci avait la tête posée sur son épaule, un sourire comblé aux lèvres.
C’était un mois de Septembre. Erik et Hope étaient heureux sous le soleil de cette magnifique journée.
C’était un mois d’Octobre. Erik est mort. Et Hope est malheureuse.


Que voulez vous faire face au destin ? La vie est faite de chose qui vous rend heureux dans un premier temps avant de vous arracher un cri de douleur qui fera frissonner les plus courageux. La vie est faite de petit bonheur puis de grand malheurs qui feront pleurer même le plus valeureux des guerriers.


Hope était partie, comme tous les matins, pour la fac. Elle avait entreprit des études de psychologie dans une grande université de la capitale. Sa petite ville était a une heure de route aller et autant au retour, mais rien ne l’empêcherait de rester ici en compagnie d’Erik. Elle l’aimait tellement…

Chaque matin, lorsqu’elle se levait vers cinq heures, elle allait prendre une douche. De temps en temps, si elle l’avait réveillé, il la rejoignait. Dans le cas contraire, elle se lavait rapidement et enfilait ses vêtements de la journée. Petite robe pour une chaleur conséquente, jean et débardeur pour l’automne, jean et col roulé en hiver et jupe et top au printemps. Elle passait ensuite une chaine autour de son cou. Une chaine en or au bout de laquelle pendouillait une moitié de cœur. C’était Erik qui le lui avait offert quelques semaines auparavant. C’était terriblement kitch mais elle avait adoré ca. Réellement. Depuis, elle ne le quittait plus. Elle passait une paire de chaussure s’accordant avec sa tenue et sortait discrètement de ce qui était maintenant devenue leur chambre.
Au début, il ne voulait pas qu’ils dorment ensemble. Mais elle venait se glisser entre ses bras lorsqu’il dormait alors il avait finit par céder. Hope sortait ensuite et se dirigeait vers sa cuisine ou elle passait une petite demi-heure à préparer un petit déjeuner pour deux. Pains perdus, thé, tartines beurrés, confiture, œuf brouillés. Quelque chose de complet. Elle mangeait doucement. Des fois, il la rejoignait à ce moment là et l’embrassait tendrement avant de s’assoir face à elle pour la regarder manger. Et puis, à 7 heures, elle partait, laissant seul son amant.

Ce jour là, elle ne l’avait pas vu. Ca faisait quatre mois maintenant qu’ils étaient ensemble et c’était le seul matin ou elle n’avait pas attendu de le voir pour partir, déjà en retard d’un réveil trop capricieux. Et puis elle avait couru et attrapé son train de justesse. Elle avait suivit ses cours des la journée sans se douter de ce qui l’attendrait à son retour. Et puis, elle avait rencontré des gens, des garçons venus lui parler. Elle leur répondait poliment mais ses pensées étaient tournées vers Erik. Elle termina tard ce soir là. Elle avait un examen le lendemain matin et elle avait besoin de note qu’elle prit à la bibliothèque universitaire. Et puis elle attrapa de justesse le dernier train. Elle se calla dans un siège et ouvrit ses cahiers pour réviser encore un peu, sachant que dès son arrivée à la maison, elle devrait s’occuper à autre chose.

Mais le lendemain, elle ne se rendit pas à son examen.
Non, alors qu’elle s’attendait à le voir assit dans le salon, dans son fauteuil. Alors qu’elle s’attendait à ce qu’il lui lance un « salut » emplit d’amour et de tendresse comme il l’avait fait de nombreuse fois. Alors qu’elle s’attendait à le voir se lever pour s’avancer vers elle et l’embrasser. Elle ne le vit pas. Les lumières étaient éteintes, que ce soit dans la maison ou dans l’atelier. Elle parcouru chacune des pièces les unes après les autres. Leur chambre, son ancienne chambre, la cuisine, le salon, la salle de bain, le petit bureau… Rien. Elle sortie ensuite de la maison et avança prudemment vers l’atelier. Et puis elle tomba. Elle avait buté sur quelque chose qu’elle n’avait pas vu. Quelque chose d’assez mou pour un rocher. Elle se redressa, épousseta son jean et dirigea le filet lumineux de la lampe vers l’endroit ou elle était tombé.

Un fracas, plus de lumière, un cri, un attroupement, des larmes.
Hope retomba à genoux a côté du corps inerte de son amant. Elle hurla au désespoir. Ses mains, posées dans l’herbe, se serrèrent sur celle-ci alors que les larmes envahissaient le visage de la jeune femme. Ses pleurs déchiraient la nuit avec douleur et n’importe qui dans le village ou elle vivait, compris qu’il s’était passé une sombre chose. Et puis, elle reprit un peu conscience. Elle posa ses mains sur les épaules d’Erik et le secoua en appelant son nom. Elle le secoua pendant dix bonnes minutes, sa voix se faisait de plus en plus suppliante. Pendant un instant elle avait
espérez . Qu’elle ironie de ne pas pouvoir y arriver quand c’est ce qui vous identifie. Elle finit par cesser de le secouer, le laissant retomber sur l’herbe. Elle laissa sa tête se posée sur son torse, le sang envahissant son visage et ses cheveux, hurlant alors son désespoir.

Et puis, une voisine consentie à sortir de chez elle. Une vieille dame de quatre vingt dix ans. Elle attrapa Hope avec une force qu’on ne lui aurait pas crue. L’étudiante ne voulait pas lâcher le corps meurtrit de l’homme qu’elle aimait. Elle finit par se laisser emmener chez sa vieille voisine qui lui servit un thé chaud. Hope avait le regard vide, fixé sur la tasse. Elle avait cessé d’hurler mais ses pleurs ne faiblissaient pas. La police était arrivée quelques instants plus tôt et le corps avait été emporté. Hope dormirait chez la vieille couturière ce soir là. Enfin, elle ne dormit pas réellement.

Deux heures après qu’elle se soit couchée, elle se releva et se rendit dans le jardin, pied nue, en chemisette. Elle s’allongea dans l’herbe à l’emplacement ou il était quelques heures plus tôt. Et elle recommença a pleurer avant de se mettre à chanter. Quelque chose qu’elle n’avait pas fait depuis longtemps. Ses notes sonnaient comme une supplication, comme une prière.

«
Je ferme les yeux en espérant que cette nuit tu reviennes te blottir contre moi, rallumer l’étincelle, me faire l’amour une dernière fois. Oh donne moi de tes nouvelles, le silence me rend fou, à genoux les yeux au ciel j’hurle comme un loup. Mais la lune s’en fout. »


- Jamais je n'aurai eu pareille prétention... La liberté qui t'es due, je n'ai aucunement le droit d'y toucher...

Je sursautai. J’étais brusquement revenue à la réalité. Je n’étais pas dans le jardin de ma petite maison. Je n’étais même plus sur terre. Et j’avais face à moi, l’élu. Kamui. Je ne le connaissais que peu et j’ avais déjà tenté de le taquiner. Ce genre de comportement m’ avait souvent valu des réprimandes… Mais je ne voulais surtout pas le blesser ou le repousser dans ses retranchements. Mais l’homme sembla reprendre contenance alors qu’un pâle sourire que je savais faux -forcer peut être ?- se peignait sur ses lèvres. Ma liberté ? Peut-on réellement être libre dans un monde comme celui-ci ? Peut-on décemment croire que nous pouvons faire ce que nous souhaitons alors que chaque personne est un pion, chaque geste est une action prodigué par je ne sais quelle force divine… Je soupirais et un maigre sourire apparu sur mes lèvres. Il ne fallait pas se moquer de moi. Je savais bien qu’il était certainement dans le même cas que moi, prisonnier de ce monde, mais je ne voulais pas entendre ce genre de chose.

- Ta curiosité n'est aucunement un tort. Ici, je ne pense pas que l'on puisse la qualifier puérilement de vilain défaut... Toutefois, il me semble que tu me gratifies de présomptions bien trop avantageuses... Mais il me semble que tout ceci ne soit que bien trop lassant aux yeux d'une demoiselle...

Je penchais la tête. Des présomptions trop avantageuses ? Je ne le pensais pas. Il avait toujours l’air occupé. Toujours l’air d’avoir des tonnes de choses à faire. Je souriais intérieurement en le laissant continuer. Mes yeux s’affairaient à détailler chaque brin d’herbe qui se trouvait à mes pieds. Peut être était ce cette sensation qui m’avait fait repenser à lui, a ce soir là. Je ne sais pas, je ne sais plus. Et puis, je sursautais en sentant la caresse, que dis-je, l’effleurement de ses doigts sur mon menton. Je levais les yeux vers, comme il s’y attendait surement, alors que mes yeux dorés croisaient ses pupilles dans lesquels je me noierais bien plus souvent, écoutant religieusement ce qu’il tentait de me dire. Cesser de le vouvoyer ? Et de l’appeler Monsieur. Je ris doucement, frissonnant face à la chatouille que me procurèrent ses doigts lorsqu’il récupéra sa main près de lui, et je relevai ma robe. J’en nouais le bas au dessus des cuisses et veillait a ce que les extrémités ne traine pas à terre. Puis, j’avançais doucement.

- Puis... Tu es celle qui m'interroge sur ma présence en ces lieux... Mais est-il réellement convenable pour une demoiselle de se promener ainsi ? Je jetais un coup d'œil à Hope, un sourire au coin des lèvres. Aurai-je interrompu un rendez-vous que tu tenais en ce lieu en une charmante compagnie ? Ton chant était donc une complainte que tu adressais à ton âme sœur...? Je crois que je suis jaloux. Lorsque les femmes se font si belles, c'est qu'elles souhaitent conquérir un cœur...

Mon souffle se coupa doucement et je m’arrêtais. Un rendez-vous ? Si seulement… Mais non, j’étais trop obnubilée par un homme que je ne reverrais jamais pour avancer. Si j’étais sortie ce soir, c’était toujours dans l’espoir de le revoir. Belle ? Il ne fallait pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvage. Je n’avais jamais été « belle », ce n’était pas maintenant que ca commencerait. Un nuage se dissipa et la lune m’éclaira. J’eu le temps d’essuyer une perle salée qui roulait lentement sur ma joue et de plaquer un nouveau sourire de circonstance sur mes lèvres.

Je repris ma marche, ne répondant pas tout de suite à la question de mon élu. Je finis par m’approcher de l’étant et y glissait doucement un pied que j’allais poser au fond. L’eau était tiède, comme si le soleil avait tapé dessus toute la journée simplement dans le but de me laisser y tremper les pieds. J’avançais mon second pied que j’envoyais rejoindre le second sur le sable. Et puis j’avançais prudemment jusqu’à ce que l’eau atteigne mes genoux. Rappelons que je ne sais pas nager… Si j’avais trop, j’étais bien capable, bête que je suis, de me noyer en quelques secondes.

« Je n’avais rendez-vous qu’avez mes souvenirs. » soufflai-je enfin, lui tournant le dos.

Je soupirais discrètement et me tournait de nouveau vers lui. Éclairé par la lune, sa chevelure dorée était plus luisante et ses yeux avaient un doux reflet. Je souris doucement, tendrement, et entreprit de revenir vers lui. J’avais doucement lorsque je glissais, m’étalant alors lamentablement dans l’eau. J’eus de la chance de ne pas être tombée plus loin… Enfin, je grognais. Ma robe était fichue et mes cheveux n’auraient plus qu’à être complètement recoiffés. Je me relevais, les pans de ma robe collant affreusement à ma peau.

« Désolée de me présentée à vous ainsi. » je m’arrêtais alors et penchais la tête : « D’ailleurs, comment voulez vous que je vous appelle… » soufflai-je doucement alors que je venais m’assoir à ses pieds, levant les yeux vers le ciel.


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Spoiler:
 


Dernière édition par Hope le Sam 3 Mar - 4:10, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir [PV Hope]   Mer 2 Nov - 23:22

Une éternelle source de vie. La cause même de tout ce qui est. Nous sommes d'elle. Nous sommes par elle. Nous sommes pour elle. Nous ? Qui sommes-nous ? Des êtres. De l'herbe qui étend ses racines à l'infini sous la terre meuble. La rose qui sous les premiers rayons de l'astre ardent s'épanouit abandonnant son éphémère robe de brume suave et doucereuse. L'animal qui l'esprit alerte épie son entourage, inquiet de ne pas être seul. Surpris alors qu'il expie son mal par le liquide de la vie. Hémoglobine ancestrale qui coule dans les veines de notre Mère la Terre. Incolore, inodore, insipide. Et pourtant si riche de tout ce que nous sommes. Une formule mathématique dérisoire. Trois lettres, un assemblage de quelques voyelles qui n'ont pourtant pas lieu d'être si fondamentales. Une flaque. Un récipient sans formes. Une surface éternellement lisse et plate. A peine perturbée par les aléas du temps, du monde et de la vie. Comment ? Pourquoi donc pareille substance pouvait-elle représenter tant pour toutes les créatures de ce monde et de tous les autres qui ne dépendent que d'elle ? Esclaves de l'inerte chimère qui nous mène en bateau au gré de sa houle hostilement nourricière. Alors qu'elle devrait être celle qui nous permet de nous épanouir, elle peut se transformer en notre pire ennemie. Destructrice, ravageuse, un monstre carnassier qui dans sa déferlante mortelle peut tout emporter sur son passage. Entité manichéenne qui au gré de ses envies peut être un délice ou le pire de vos cauchemars.

Aqua. Eau. H2O. Quelques lettres pour décrire une si petite molécule qui une fois liée à ses jumelles devient une surface incommensurable. Reflet intangible de l'âme miroitant au fond des océans. D'une teinte d'émeraude ou céruléenne, jusqu'à la plus pure des représentation, liquide viable et incolore aux arômes d'aigre doux. Ou peut-être est-ce simplement un arrière goût minéral et sans aucune saveur qui envahit votre palais ?

Au beau milieu de cette vaste plaine aqueuse, je n'étais qu'un brin d'herbe insignifiant qui osait prendre racine au cœur de cet antre humide. Né des flots, j'étais voué à retourner à notre mère à tous. Les mille et un secrets des abysses de l'océan inscrits au fond de mes pupilles, dévoilant à quiconque daignait les observer les monts et merveilles qui s'y cachaient. Trésor aqueux qui si souvent au fil de l'horizon se perdait au bout de ce décor infini qui joint le ciel à la mer.

Qu'en était-il donc de ce soir là ? Rien de bien différent. En cette nuit étoilée aux constellations à peine voilées par le fin duvet nuageux accordé d'une lueur mirifique sous les rayons de l'astre lunaire, l'écho de ce tableau scintillant mourait à mes pieds au beau milieu de ce lac. Cette toile céleste s'étendant devant moi à l'infini dans un si petit âtre. Trésor à peine troublé par la bise câline de cette soirée qui réchauffait les corps et glaçait les cœurs. Lorsque le miroir de l'âme faisait face à celui de l'infini dans ses plus grandes profondeurs. Lorsque l'iris azurée se perdait dans le liquide céruléen, en quête d'imitation parfaite de cette acrylique peinte du doigt des dieux.

Mais quel pouvait bien être l'intérêt de tout ceci ? Observer l'au-delà sans relâche au travers d'une existence intangible. Rêver au lointain lorsqu'une chaîne au poids insupportable vous écrase au sol. Les divinités avaient donné des ailes aux humains. Mais à quoi bon nous offrir l'objet de la liberté lorsqu'une cage scellée de mille fers nous enchaîne à un destin funeste ? Pourquoi nous offrir la clé de notre Enfer lorsqu'ici le Paradis n'existe pas ? Devrons-nous purger nos peines jusqu'à ce que tout cela cesse ? Mais Père. N'était-ce pas déjà là le dur labeur que vous m'avez désormais imposé depuis des décennies durant ?

Je fermais les yeux sur ce mensonge inerte qui miroitait devant moi. Pourquoi donc s'abandonner à pareille contemplation lorsque tout ceci est vain ? Je laissais lentement tomber ma main restée dans ma chevelure d'or, sentant le vent doux chatouiller ma peau. Ce monde était une chimère des plus ignobles. Je ne pouvais guère m'offrir ce luxe hasardeux qu'était celui des déblatérations philosophiques. Palabres inutiles qui en un amalgame fumeux pour fait apercevoir un sophisme impensable. Je n'avais pas lieu de m'éterniser ainsi sur pareilles questions qui jamais ne trouveraient de réponses en ce monde verrouillé par une puissance intouchable.

Je rouvrais les yeux sur ce paysage subitement devenu terre de désolation en mon esprit meurtri. Détournant le regard de cette resplendissante vision astrale qui n'était rien d'autre qu'un leurre, je fus plus que surpris de voir une étoile briller sur la joue de la demoiselle qui était à mes côtés. Pourquoi tant de tristesse si soudainement... ? Avais-je heurté ses sentiments en proférant pareils propos ? J'aurai voulu l'aider. Voulu la consoler. Esquissant un mouvement en sa direction, ma main se levant, mes lèvres s'entrouvrant pour prononcer quelques fugaces paroles de réconfort, je me rétractais bien vite lorsque d'un geste précis elle essuyé l'unique perle salée de son visage et qu'un sourire vint se plaquer sur son visage immaculé. Un sourire qui aurait pu en berner tant... Mais qui inspirait un mal être qui sans que je ne sache pourquoi me fendait le cœur.

Mais tu le savais probablement Kamui... Oui, je connaissais très certainement la raison de ce regard brisé. Cette lueur blessée d'une proie d'un sentiment bien trop passionné pour pouvoir en supporter les lourdes conséquences. Arborer ainsi ce sourire ne cacherait pas la face de tes réels sentiments au monde Hope...

Je baissais les yeux sur l'herbe, me refusant à me perdre dans ces balivernes. Ces vulgaires pensées oisives. Ce n'était pas mon rôle. Les miens n'avaient pas besoin d'une figure emblématique sentimentale...

Alors qu'un silence étrange régnait, me laissant indéfiniment plongé dans ces funestes pensées d'une noirceur incommensurable, le clapotis de l'eau s'agitant en un remoud irrégulier me tira de ma contemplation silencieuse. Une jambe gracile disparaissait dans ce liquide dont l'exquise horreur n'était plus un secret à mes yeux. Laissant glisser sa peau d'opaline dans ce liquide aux nuances noirâtres parsemé de lueurs stellaires, je m'approchais prudemment du bord, lui signifiant d'un ton inquiet.

- Prends garde à ne pas tomber Hope...

Le drap cotonneux des nuages s'essouffla en même temps que la lune sembla raviver sa lueur. La voix légère de mon interlocutrice s'éleva alors que dans un mouvement gracieux elle me fit face à nouveau, ses jambes immergées dans ce liquide d'éternité. Soie précieuse aux couleurs irréelles. Dentelle raffinée qui sous l'assaut délicat d'un souffle d'air frais fit voleter quelques mèches de cette longue chevelure soigneusement attachée.

Nos deux regards se croisèrent. Une seconde puis deux. Le temps sembla trouver son paradoxe au court de ce bref soupçon de sans fin. L'ambre ravivé luisait d'une flamme inconnue alors que sa peau diaphane rehaussée par l'obscurité de sa tenue lui octroyait un air fabuleusement singulier. Avais-je face à moi cette fameuse Dame du Lac, créature enchanteresse qui n'apparaissait que face à un Élu.. ? Un sourire s'esquissa sur mes lèvres à cette pensée idiote. Le monde n'était que représentation sardoniques d'une réalité troublée par les rêves et les contes.

Mais le sourire qu'elle me renvoya à cet instant là avait peut-être réussi à me couper le souffle. Gracile et éphémère. Frêle esquisse d'un sentiment qui n'appartenait qu'à nos deux êtres réunis en ce court moment d'absolu.

Nos regards profondément ancrés l'un dans l'autre, elle entreprit de revenir à mes côtés. Quel serait son prochain mouvement... ? Je n'en avais aucune idée. Fasciné et emporté par la quiétude de cet instant, je voulais laisser au temps son droit.

Mais ce fut avec un regret amer que je réalisais qu'accorder à la course du sable de l'éternité la reprise de sa course en briserait peut-être la beauté.

Gerbes d'eau et crépitement cristallin. La figure fantomatique de la jeune femme s'était chue dans ce liquide qui aspirait toute once de rêve. Me hâtant de tendre la main à cette demoiselle en détresse, je saisissais délicatement sa paume pour la ramener à nouveau dans le monde des vivants. Innocente créature qui s'était inconsciemment jetée dans le Styx ineffable du temps.

Par humble courtoisie, lorsqu'elle fut tirée des flots, je détournais mon regard de ses courbes nouvellement dévoilées par l'humidité qui imprégnait l'étoffe fine de sa robe. Une légère teinte rosée s'empara malgré moi de mon faciès à la vue furtive de ce corps qui n'avait rien à envier aux plus belles et fameuses œuvres hellènes.

Cependant ma gêne fut rapidement soufflée alors que la belle s’excusait du probable risque de m'offusquer par sa tenue. Dans un froissement mouillé, je constatais que l'oiselle s'était agenouillée à mes pieds. D'un regard stupéfait, je posais mes yeux sur la silhouette presque recroquevillée lorsque la voix céleste s'éleva à nouveau m'interrogeant sur un point que j'estimais des plus cocasse à cet instant.

Mon nom ? Elle venait de s'effondrer dans le lac, et elle s'interrogeait désormais sur le sobriquet qu'elle pourrait m'affubler ?

L'un de mes bras glissant autour de ma taille alors que mon autre main se leva devant mes lèvres, l'échine courbée en avant, un rire cristallin m'échappa. Sincère et patent. Fermant les yeux sur cette toiles aux allures de théâtre comique alors que les yeux de l'oiselle se levaient en ma direction, ou peut-être celle du ciel, je tentais tant et si bien de contenir l'once d'hilarité qui venait de poindre au fond de mon âme.

Comment une si jeune créature pouvait-elle ainsi balayer mes craintes et m'arracher pareilles réactions ? Je n'en avais cure à cet instant. Tout ceci n'était que trop magique.

Riant sous cape, tentant de calmer mon souffle saccadé, je pris le partie d'enlever d'un mouvement vif ma veste. Me plaçant devant elle avant de m'accroupir, je déposais ma veste sur ses épaules un sourire franc étirant mes traits, l'azur luisant d'un éclat de gaîté longtemps perdu.

- Tu es réellement une étrange demoiselle...

Restant ainsi accroupi face à elle, je tendais la main pour repousser une mèche imbibée d'eau qui s'était affectueusement collée à sa joue. Me mordillant la lèvre pour tenter d'estomper le sourire qui y fleurissait je soufflais d'un ton charmant.

- Tu pourras bien m'attribuer le nom que tu souhaites. Mais sache que dans ce monde, je n'ai de pouvoir que pour ce qui est du monopole de la force. Au titre d'existences, nous sommes égaux. Alors mon prénom suffira.

Essuyant sa joue du revers de ma main, je lui intimais, un regard doux au fond des yeux.

- Appelle-moi Kamui... Hope...

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MessageSujet: Re: Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir [PV Hope]   Sam 3 Mar - 4:59

Before Reading:
 

« I close my eyes and even when I'm sleeping I'm alright »
La vie est malheureusement faite de choix douloureux.
Elle avait déjà entendu ces phrases. Oui, c’était un souvenir de son enfance. Mais impossible de remettre le doigt sur sa provenance. Elle sait simplement qu’elle l’avait entendu assise dans les bras d’Erik. Pas d’âge, pas d’image. Juste sa chaleur…

Elle avait été détruite ce soir-là. Complétement. Elle cessa la fac pendant plusieurs longues semaines, restant prostrée dans sa chambre : comment pouvait-on vivre encore alors que la seule personne qui avait animé notre vie était morte ? Cette question régissait sa vie. Hope n’avait personne pour la maintenir hors de l’eau. Plus personne pour lui administrer un coup de pied au fesse lorsqu’elle se laissait aller. Alors elle tenta d’oublier Erik. Une partie d’elle aurait voulu ne jamais l’avoir connu alors que l’autre partie se démenait pour garder son souvenir intact, ces moments qu’ils avaient passés ensemble et qui resteraient graver dans sa mémoire pour toujours. Alors elle se releva. Elle-même ne sait ni comment, ni pourquoi. La seule chose qu’elle savait, c’est qu’elle le vengerait. Qu’elle ferait payer a ceux qui ont fait ça la mort de son aimé.

Alors elle sortait, tous les soirs. Elle faisait le tour des bars, ne buvant jamais d’alcool mais écoutant. Elle se posait au bar et écoutait les moindres conversations, emmagasinant les informations les unes après les autres. Et puis, il y avait Logan. Logan était le barman de l’endroit qu’elle fréquentait le plus. C’était un jeune homme tout ce qu’il y a de plus banal, un bon mètre quatre-vingt-dix, une taille finement musclée, des cheveux couleurs chocolat lui tombant devant les yeux et sur le haut de la nuque et des yeux aussi éclatant que la mer indienne en plein été. Autrement dit, pas moche à regarder. Mais voilà. Logan était là ce soir-là, il n’était pas celui qui frappait mais il était trop terroriser pour les arrêter. Depuis, la douleur qui grandissait en lui n’était pas comparable à celle d’Hope mais elle était présente quand même. Il savait qui elle était, chaque soir ou elle s’asseyait devant lui, il savait pourquoi elle était là et pourquoi ses yeux reflétaient ces étranges lueurs de tristesse et de détermination. Elle lui avait parlé, plusieurs fois. De simple formules de politesse au début jusqu’à dévoiler ses états d’âme à la fin. Oui. Elle lui avait parlé. Et il l’avait écouté, donnant parfois des réponses à ses questions, parfois non. Mais jamais il ne lui avais avoué qu’il avait été là ce soir-là. Non, jamais. Jusqu’à ce soir. Elle était venue, comme tous les soirs, vêtue d’un jean noir et d’un chemisier de la même couleur, ses cheveux étaient relevés en un chignon dont aucune mèche ne dépassait, elle lui avoua qu’elle avait trouvé celui qui avait commandité le meurtre d’Erik. Elle savait que c’était lui-même si elle n’avait pas de preuve tangible auprès de la police. Alors elle ferait justice elle-même. Elle s’était débrouiller pour trouver une arme et des cartouches : un Smith & Wesson M60 de calibre 38. Une broutille pour n’importe quel criminel armé du coin mais suffisamment puissant pour tuer un homme. Il tenta de la raisonner, elle n’avait pas le tempérament pour tuer. Elle ne pouvait pas faire ça… Mais elle ne l’écouta pas. Elle était devenue trop précieuse à ses yeux pour qu’il la laisse faire ça. Alors quand elle quitta le bar, il la suivit. Il la suivit jusqu’au lieu où elle se trouva nez à nez avec un colosse de deux mètres dix. Elle ne tremblait pas, n’avait pas peur de mourir. Pourtant, tout dans ses gestes laissait penser qu’elle voulait se sortir de là et vivre de nouveau. Que ce soir marquerait un tournant dans sa vie.

Et ce fut le cas.

Le colosse se jeta sur elle, lui arrachant alors son arme des mains. Loin de se démontée, elle sortit un Lady Smith de son sac et le pointa de nouveau sur lui. Silence. Elle vida son chargeur, il évita toutes les balles. Jusqu’à ce qu’elle n’ait plus de munition. C’est alors qu’il s’approcha d’elle d’un air menaçant. Logan s’interposa alors qu’il envoyait son poing en direction du visage de la jeune femme. Agacé, il se tourna vers Logan qui somma à Hope de fuir. Il le lui cria deux fois avant qu’elle ne se rende compte de la situation. Elle prit ses jambes à son cou et se précipita jusqu’au bar ou elle informa le patron de ce qui se passait. Il prit deux hommes et partirent tous les quatre en direction de la ruelle ou se déroulait l’action. Elle arriva juste à temps pour voir Logan s’écrouler sur le sol… Il avait été battu à mort. Lorsqu’elle arriva près de lui, il respirait encore faiblement. Elle fit appeler une ambulance et lui ordonna de se taire. Mais non, il parla encore une dizaine de minute, lui expliquant qu’il avait fait partie de cette bande, qu’il regrettait de n’avoir rien fait pour sauver Erik et qu’il voulait qu’elle vive. Il murmura ces derniers mots avant de s’éteindre à jamais dans les bras d’une Hope dont le visage était dévasté par les larmes et la colère.




J’avais froid maintenant. Quelle idée stupide avais-je eu en décidant que je pouvais faire trempette quelques secondes sans me casser la figure. J’étais si maladroite que penser ce genre de chose relevait d’une utopie… Je soupirais lourdement en reposant mon regard sur l’étendu sombre du lac. J’étais stupide. J’avais attendu si longtemps de pouvoir enfin discuter avec cet homme, j’avais tant de question à lui poser. Pourquoi ici ? Quel était cet endroit ? Pourquoi moi ? Et Erik ? Et quel était notre rôle ? Je ne comprenais rien de tout ça. J’étais censée être morte. Ou du moins, dans le coma. Je ne me réveillerais certainement jamais et resterait dans ce monde pour toujours. Alors je voulais au moins savoir dans quoi je m’embarquais. Pourtant, dans l’instant, aucune de ces questions ne me venaient en tête. Il n’y avait qu’un immense vide et quelques soupires. J’étais taquine, oui, mais souvent cela cachait certaines choses.

Je relevais les yeux, surprise, lorsqu’il parcourra les quelques centimètres nous éloignant pour venir s’accroupir devant moi. Je levais les yeux, surprise, et sentit qu’il déposait sa veste sur mes épaules. Un mince sourire s’étira sur mes lèvres. Ca existait encore, ce type d’homme ? Celui qui fait attention à vous, à ce que vous n’ayez ni faim ni froid, à ce que vous souriez toujours. Ce type d’homme qui vous tient la porte, qui paye l’addition, qui vous laisse passer devant. Ça me fait rire. Un rire que je dissimule, bien évidemment. J’aimerais éviter qu’il pense que je me moque de lui alors qu’il n’en est rien. Je le trouve simplement adorable.

- Tu es réellement une étrange demoiselle...


Je ne suis pas tellement d’accord. Étrange est un bien faible mot. Je suis simplement folle à lier, bonne à enfermée. Après tout, je suis tombée amoureuse de mon tuteur, j’ai tué mon barman en le mettant dans une situation délicate et je me suis faite tuée en voulant les venger. On est bien d’accord ? Étrange est un terme trop gentil. Mais cette simple phrase accentue quelque peu mon sourire et je ne pipe mot. Je continue de l’observer. Je sais bien que détailler ainsi quelqu’un est mal élevé mais je ne puis m’en empêcher. Ses yeux sont bleus, je le sais maintenant. La lune les éclairs d’un éclat doux et la nuit ne fait qu’accentuer leur couleur déjà si belle… Je baisse de nouveau les yeux, quelque peu intimidé par son geste : le contact de sa main sur ma joue me fit doucement monter le rouge aux joues. J’étais toujours la même après tout.

- Tu pourras bien m'attribuer le nom que tu souhaites. Mais sache que dans ce monde, je n'ai de pouvoir que pour ce qui est du monopole de la force. Au titre d'existences, nous sommes égaux. Alors mon prénom suffira.

Je l’ai déjà remarqué, il parle bien. Sa rhétorique est digne des plus grands orateurs et sa voix est douce. Comment pourrait-on résister à quelqu’un qui vous parle ainsi. Voici encore une question sans réponse.

- Appelle-moi Kamui... Hope...


Frisson. Je relève les yeux vers lui et cligne des paupières. Ce n’est pas la première fois qu’il murmure mon prénom mais c’est différent. Comme si cela marquait la fin d’une limite que j’avais imposée entre nous. Une limite de chef à sous fifre. D’employé à employer. De roi à sujet. Je souris doucement et me mordillait timidement la lèvre. Depuis quand une caresse n’avait-elle pas été si douce ? Je fermais doucement les yeux et savourait le contact encore un instant avant de rouvrir les yeux.

« A ta guise, Kamui. »

Dieu sait que ces mots avaient été durs. Pour moi il était toujours au-dessus de moi. Vous avez déjà tutoyé votre patron et l’avez appelé par son prénom dès le premier jour ? Non, je m’en doutais. Et bien moi non plus. Et je peux vous dire que ça fait réellement bizarre.

« Quand à mon étrangeté, je veux bien te l’accordé. Quelle idée stupide ai-je eu de vouloir me baigner… » me sermonnai-je moi-même.

Je croisais mes bras sur ma poitrine, serrant les pans de la veste entre mes doigts pour m’apporter un peu plus de chaleur.

« J’y repenserais à deux fois… »

Et puis, je plantais de nouveau mon regard dans le sien, un doux sourire accroché au coin des lèvres.

« Expliques moi, alors, les différences. Si tu n’es pas mon patron, qui es-tu ? Si tu n’es pas celui derrière qui nous devons nous rassembler, derrière qui devons-nous le faire ? Oh et puis non, ces questions sont superflus… »

Je levais alors timidement la main pour la poser sur la sienne, ancrant mon regard dans le sien.

« Dis-moi simplement qui tu es… »
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MessageSujet: Re: Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir [PV Hope]   Mer 9 Mai - 22:10

Croire. Une chose qui peut sembler pour certains bien futile. A quoi bon agir de la sorte ? Il faudrait probablement considérer que la misérable condition humaine nous impose ce type de comportements. Oublier jusqu'au basique raisonnement de l'existence. S'offrir en pâture à l'inconnu, à l'impromptu. Peut-être même à l'infini ? Quelle est donc la réelle dimension de tout ceci ? N'y aurait-il au fond aucun intérêt à espérer de soi-même ? Sommes-nous d'ores et déjà perdus ? Faudrait-il absolument pour notre salut que nous ne puissions que croire en une entité qui nous serait supérieure ? Il est tant de motifs à la croyance. Tant de manières similaires et pourtant bien opposées de s'offrir à l'éternité de ceux qui nous dominent. Pourrions-nous simplement espérer que croire puisse nous aider ? Serai-ce donc l'échappatoire tant désirée d'un monde des griffes duquel nul ne peut s'extirper ? A quoi son se débattre. De toute évidence, tout ceci n'était qu'un piège de plus pour attirer les âmes chétives vers un autre purgatoire. Vaudrait-il donc mieux de se confier aux bras d'une icône dans le seul but de ne pas se focaliser sur les tourments terrestres ? Sommes-nous si faibles que nous en deviendrions incapable d'affronter nos propres maux ? Pourtant, quand la solution semble si évidente. Pourquoi donc chercher à fuir la facilité ? Il en reviendrait finalement à se pendre aux bras de la fatalité pour ne plus croire en rien d'autre que cette hypothétique idée. Qu'en est-il après tout de nos semblables ? Ne valent-ils réellement pas ce pari osé ? Espérer au nom de ceux qui sont nos frères. N'est-ce pas finalement ce pour quoi ces similis de Dieux nous ont créés ? Encore faudrait-il qu'eux même existent...

Car dans un monde comme celui dans lequel nous subsistons, peut-on seulement croire en ceux qui portent le nom d'Homme ? Ne sommes-nous pas tous finalement à la recherche du même objectif... ? La fin.
Croire. Il s'agit très probablement de tout ce que j'ai été capable de faire sans jamais me tromper en ce monde... Père. Êtes-vous seulement sensible aux prières que je vous offre... ? Père... En qui puis-je encore croire en ce monde de déchéance et de guerre...
Père... Pourquoi croire quand tout n'est que destruction...

Le regard ancré dans ces lagons ambrés, observant cette oiselle d'un regard doux. Je n'avais qu'une envie. Espérer que cette gracieuse Narcisse un jour puisse s'échapper de cet univers. Pourquoi faut-il toujours que les créatures les plus fragiles soient celles qui se retrouvent enfermer dans les affres de l'Enfer.. ? Tout en elle semblait pourtant inspirer quiétude et douceur. Pourquoi a-t-il donc fallu qu'une créature comme elle se retrouve enfermée dans ce monde d'horreur ? Belzeneff ne laisserait-il donc jamais aucun répit à ceux qui le méritent... ? N'y avait-il finalement aucun moyen pour les plus purs d'entre nous d'échapper à ce sort ?

Effleurer du bout des doigts cette peau satinée qui peu à peu se réchauffait des aventures qu'elle venait de subir. Une mèche d'obsidienne caressait lentement le dos de ma main au rythme de son souffle. Ce visage séraphique, ces lèvres aux teintes enfantines. N'était-elle pas finalement la demoiselle idéale ? Enveloppée de cette veste aux tons éclaircis, ces iris qui le temps d'un éphémère battement de cil viennent à nouveau se planter au fond de l'azur. Et cette voix. Semblable à la douceur du spectacle d'une envolée de luciole un crépuscule estivale. Doux songe d'une nuit d'été.

Mon nom au bout de ses lèvres semblait être celui d'un ange. Accompagné de cette légère lueur de timidité, une hésitation. Cette note rosée fleurissant sur ses joues baignées du clair de lune. Quelle créature sublime t'a donné vie Hope ? Fleur gracile.

Quelques mots prononcés, paroles emplies de simples reproches. Pourquoi donc critiquer ainsi tes choix jeune oiselle... ? N'es-tu pas heureuse de savoir te relever de tes erreurs ? Ne te sens tu pas exister au gré des secondes qui s'écrasent, sable fin dans le sablier d'une éternité bafouée ?

Ses dernières paroles m'arrachèrent un sourire. Glissant mon pouce en une caresse fugace sur cette pommette encore glacée, un souffle amusé m'échappa.

- Tu es bien sévère avec toi-même..

Un court silence. L'écho de l'écume qui frôle en un ressac serein l'herbe de la plaine. Les rayons de l'astre nocturne peignant d'une douce clarté une scène digne des rimes d'une Proserpina adulée. L'arôme ténu des quelques fleurs tapissant les environs s'élève au gré d'une brise câline. Les feuilles de l'arbre au funeste dessein observant la scène s'agitent, s'apparentant au bruissement des plumes frivoles de l'oiseau volage. Protégés de rancune hivernale par les larges rochers bordant le lieu.

Ce fut le son paisible de sa voix aux teintes troublées qui me tira de cette contemplation pieuse. L'or lèche en un regard curieux l'azur quiet. Les questions s'enchaînent, les mots se succèdent. Es-tu toi aussi perturbée par ces interrogations... ? Un soupir m'échappe. Comment pourrai-je répondre... ? Tout ceci n'est au final qu'un fragment du doute qui me hante chaque nuits... Les orbes céruléennes se baissent, se perdent sur l'herbe verdoyante d'un tableau idyllique... Ce sourire étirant tes lèvres... Te rends-tu simplement compte de ce que ce monde nous fait endurer... ? Comment peux-tu encore garder cette gaîté... ?

Si croire est une chose qui en vient parfois à me dépasser quand bien même je suis le Fils de celui qu'il faut suivre... Comment d'autres pourraient-ils suivre mes pas sans hésiter... ? Tout ceci n'était qu'un entier subterfuge... Alors pourquoi... ? Pourquoi au fond de son regard puis-je lire une étrange forme de dévotion ? Pourtant... Tes doigts se glissent lentement sur ma main effleurant encore cette joue opaline. Penses-tu donc que j'en vaille la peine ? Aurai-tu vu qu'au fond je ne suis rien d'autre... Qu'un être humain pathétique... ?

Tes propos donnent tort à mes pensées.

Qui je suis... ? Suis-je seulement capable de trouver la réponse moi-même... ? Y a-t-il ne serai-ce qu'une réponse qui ne serait pas ourlée de mensonge pour pouvoir satisfaire tes attentes... ? Puis-je espérer que le superflu satisfasse quiconque.. ? Peut-on seulement croire ceux qui eux-même ont perdu toute foi... ? Peut-on dire qui nous sommes lorsqu'il nous arrive parfois de renier jusqu'à notre propre création... ? Peut-on oser exister lorsque l'on doute de ceux qui nous ont donné la vie...

Tout ceci n'est qu'une ridicule dramaturgie.

Mon visage se baisse, observant l'herbe. L'or ombrage l'azur rendu terne. Un rire forcé m'échappe alors que ma main encore libre vient se poser sur mon visage. Observant le monde au travers du masque de mes doigts... Observer le monde par les barreaux de cette cage éternelle... A quoi bon parler... ? A quoi bon dire les choses... ? Mais n'est-ce pas mon devoir... ? N'est-ce pas mon rôle de guider ceux qui cherchent désespérément une main tendue pour les extirper de la torpeur obscure de ce monde ? Quelles que soient mes convictions, elles n'ont pas le droit de ternir celles de ceux que je désire protéger... Quelles que soient mes raisons, eux ne doivent pas être impliqués. Pour eux, il me faut oublier.

- Je ne suis très certainement qu'une créature comme toi.

Ma voix s'était échappée en un son léger, comme emporté par la brise. Nos deux regards se croisent alors que j'ôte ma main de mon champ de vision. Petite créature fragile... Corps féminin et chétif... Je poursuis d'une voix légère, un sourire amusé étirant mes lèvres.

- Je t'avouerai avoir plus de talent pour le naturel que le forcé... Mais si la demoiselle en veut autrement. Je pourrai probablement devenir ce que tu veux que je sois.

J'écarte doucement mes doigts de sa joue, repoussant sur mon chemin sa main. Mes doigts se saisissent délicatement d'une mèche vagabonde errant au gré du vent pour la glisser derrière son oreille. Croisant à nouveau son regard, mon sourire se radoucit alors que ma main saisit la sienne. Se pencher délicatement en avant. Laisser mes lèvres frôler cette main gracile. Relever les yeux sur l'ambre confus de ses iris chatoyantes et ne murmurer que pour elle.

- Je ne suis au fond qu'un Homme comme les autres. Puisse le temps te permettre de croire en moi...

Car toute croyance en l'abstrait révolue, il ne reste au final plus qu'une chose tangible vers laquelle se tourner. Il ne reste plus qu'une seule chose en laquelle croire, séparant le Divin du Réel.

Nous.

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MessageSujet: Re: Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir [PV Hope]   

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Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir [PV Hope]

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