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 Rêve, Folie ou Réalité? [PV Riviere]

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MessageSujet: Rêve, Folie ou Réalité? [PV Riviere]   Sam 6 Aoû - 8:49



Posant son talon sur une immense racine, la Dame s’arrête un instant. Son regard ruisselant sur le végétal qui s’enfonce dans une vase boueuse et nauséabonde, avant d’en ressortir un petit peu plus loin tel un serpent. Une grimace défigure son visage, pas de doute possible il s’agit bien là des marécages des Plaines d’Erbefhöl.

Lanathel passe sa main sur son épaule gauche, laissant ses doigts caresser sa peau d’ivoire dépourvue de sa spalière protectrice. Elle inspecte ensuite sa tenue, qui n’est plus que l’ombre de ce qu’elle était avant son départ ; sa robe est déchirée en plusieurs endroit, plusieurs cornes de son casques sont brisées et son poids devient de plus en plus insupportable. Ses mains se placent de part et d’autre de son visage, soulevant son heaume et le relevant, libérant sa chevelure de ténèbres aux caprices du vent.

Elle le dépose au sol et s’assied sur le sol, prenant appui dos contre les racines qui bordent les marécages, elle relève sa tête et observe le ciel, déjà l’astre du jour termine doucement sa course et embrase le ciel, et il serait imprudent de s’aventurer dans les marais de nuit et surtout dans son état. Morphée ne tarde pas à s’emparer de la sorcière, l’abandonnant dans ses rêves.

La tenue de la Dame est intacte, sa démarche est assurée et son regard fier. Les gens s’écartent à son passage, comme à l’accoutumée. Ses diamants noirs jouent sur les étagères et finissent par s’arrêter sur un livre. Elle le saisi d’une main, et l’ouvre de l’autre, commençant à lire l’ouvrage tout en reprenant sa route, un sourire se dessinant peu à peu sur ses lippes.

Elle se trouve dans le Hall de la Forteresse de Layca, se dirigeant vers la sortie. Les gardes la laissent passer sans lui poser la moindre question. Après tout, elle a récemment été promue au grade de Bras Droit, elle est donc en partie libre de ses actes. Elle aurait bien mis au courant son Elu du voyage qu’elle allait entreprendre, mais trouver Alvaro relève plus du miracle qu’autre chose, de toute façon ce narcissique solitaire n’aurait que faire de ses desseins.

Le but de son voyage ? Atteindre l’Autel abandonné, dans la Forêt de Claurofyl. Cet ancien lieu est un véritable nexus de magie noire si l’on en crois les ouvrages qui en parlent. En se les appropriant, nul doute que Layca sera fier d’elle, et avec une telle quantité de magie, les défenseurs d’Oppse ne pourront pas tenir et ploieront sous le courroux de son Dieu, dont elle sera la main armée. Mais pour ce faire, faut-il encore que les informations recueillies ne soient pas fallacieuses, une seule possibilité pour le savoir, s’y rendre. Son périple ne sera pas facile, elle devra traverser la Montagne Phryçon, subir la morsure implacable des vents brûlants des Terres Arides de Jaysho, traverses les Marais des Plaines d’Erbefhöl, et finalement atteindre l’autel. Ce potentiel puits de magie se trouvant assez proche de la Cité d’Oppse, élevant le risque de rencontrer les serviteurs de la divinité au fur et à mesure qu’elle approchera de son but. Une joie immense l’envahi rien qu’en pensant à écraser ces chiens galleux d’Oppsiens afin de leur prouver une fois pour toute qu’ils ne sont rien face à Layca.

Elle avance et traverse l’arche principale mais en lieu et place de la chaine de montagnes, elle se retrouve dans une espèce de vide noir que l’on pourrait qualifier de néant, à nouveau son armure est brisée, son épaulettes arrachée, son casque ne protégeant plus sa tête… elle tombe, inlassablement, elle tombe dans le vide. Ses pensées s’embrouillent, elle sent sa vie l’abandonner… serait-ce la fin ? Alors qu’elle a parcouru la moitié du chemin la séparant de l’autel, son voyage va-t-il se terminer ici ? S’est-elle surestimée, et est-elle indigne de servir Layca ?


« Non… »

Sa voix est faible, le murmure à peine audible. Son bras et sa main se tendent comme si elle tentait d’attraper quelque chose dans le vide.

« Jamais… je ne vous abandonnerai, mon Seigneur. »

Une étincelle s’enflamme dans le corps de Lanathel, ses yeux s’écarquillent et flamboient comme les flammes de l’enfer.

« MA FOI, NE FAIBLIRA JAMAIS ! »

Elle rouvre les yeux, et les referme aussi vite, aveuglée par les premiers rayons de soleil qui se déposent sur elle. Elle dévoile ses diamants prudemment, elle n’a pas bougé, elle est toujours adossée aux racines, des gouttes de sueurs perlent le long de ses tempes… cauchemar, réalité, hallucination ? Ce qu’elle vient de vivre pourrait être soit l’un, soit l’autre, voir tout en même dans ce monde ou tout peut arriver. Mais elle n’a pas le temps de se poser les questions, elle dépose sa main sur son casque… il est temps de reprendre le voyage.




Dernière édition par Lanathel le Mar 30 Aoû - 10:44, édité 1 fois
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Riviere
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MessageSujet: Re: Rêve, Folie ou Réalité? [PV Riviere]   Mar 9 Aoû - 21:59



« Saloperie de… GRAAAH ! »

Oui, ce hurlement sauvage provenait de l’adorable bouille du gamin aux cheveux argentés. Enfin, tout est relatif, dans des marécages puants où tout est recouvert d’une fine couche de vase glissante. Des oiseaux boueux s’envolèrent, apeurés par le cri dément qui venait de s’échapper près d’eux. L’adolescent soupira et tira une dernière fois sur le canoë pris dans le limon. Cela faisait près d’une demi-journée qu’il remontait la rivière de ces immenses étendues herbeuses en quête du fameux gouffre. Cet énorme abîme. Une étrangeté parmi ce monde délirant. Filippa, son maître équidé, lui avait ordonné d’explorer cet endroit. Des rumeurs médisaient sur une puissance incontrôlable. Un abysse sans fond, disait-on ; il était donc inévitable qu’un pouvoir grandiose résidait en son sein pour réussir cet exploit inexplicable. Il était parti sans mauvais sentiments, pour une fois : la curiosité l’avait poussé vers l’avant, toujours prêt à découvrir de nouvelles choses. Il savait très bien qu’il s’agissait d’une mission de reconnaissance militaire, mais il n’en avait cure ; tout ce qui l’intéressait, c’était de découvrir cet immense pouvoir. Les quelques années qui l’avaient amené à côtoyer l’ambition n’étaient pas vaines : lui aussi avait découvert les difficultés que conféraient l’ascension au pouvoir, et toutes les tâches plus ou moins ingrates qu’il devait accomplir pour se faire remarquer. Riviere savait pertinemment que la concurrence était rude. Et ce n’était certainement pas différent dans les rangs adverses.

Il finit par délivrer son embarcation de l’horrible boue. Quelques gouttes de terre mouillée giclèrent sur ses vêtements, mais elles passèrent inaperçues parmi les nombreuses tâches qui parsemaient son habit. Heureusement que le jeune inuit était paré pour ce genre de situations, même si l’humidité l’avait pris au dépourvu. Il n’avait jamais pensé que cette région serait aussi… Détrempée. Une brume duveteuse recouvrait l’ensemble des marécages ; les végétaux se réduisaient à un entrelacement de racines épaisses et d’arbres tombant dans l’eau verte. Pourtant, il y en avait un nombre si impressionnant qu’il lui était maintenant impossible d’avancer de plus d’un mètre sans se retrouver coincé par les filaments sylvains. Au bout d’une lutte infernale de plus d’une heure, il abandonna le canoë à son triste sort et continua à pied. Il avait réussi à reconnaître, d’après les explications floues d’un vagabond, une partie du marécage qui n’était pas complètement inondé par la rivière. Cette portion de la région s’étendait sur plusieurs kilomètres. Le jeune Bras Droit fut donc contraint d’avancer. Il était parti bien avant le lever du soleil et commençait à ressentir les désagréments de la chaleur ; l’astre lumineux frappait à travers le feuillage touffu de cette forêt immergée. Ses habits, taillés pour résister au froid et à l’humidité, lui pesaient et l’empêchaient de respirer. Il finit par faire une pause dans une sorte de semi-clairière à peine plus éclairée que le reste du marécage. Il enleva son épais manteau en peau de phoque, qu’il rangea dans son sac de survie. Ainsi débarrassé, il put poursuivre sa route. Pendant quelques instants.

A peine eut-il mis le pied en dehors de la trouée de végétaux qu’il fut assailli par des cris féminins. Au début, il fut incapable de discerner des paroles derrière ses syllabes confuses. Puis, au fur et à mesure qu’il s’approchait de l’origine de ces plaintes, l’inuit réussit à comprendre des mots. Avec un fort accent de l’ouest, certes, mais ils étaient sans appel : la jeune femme revendiquait sa fidélité inébranlable pour son seigneur. Sa curiosité prenant le pas sur sa méfiance, Riviere se rapprocha encore de ce qui lui paraissait être une discussion. Sans faire le moindre bruit, le garçon s’accroupit derrière un arbre épais. Ses énormes racines humides lui conféraient une cachette sûre. Il finit par voir la femme qu’il avait entendu. Elle se débattait avec elle-même, en proie à un terrible cauchemar ; en tout cas, il l’espérait. Se retrouver confronté à des esprits en colère ne lui disait rien. Même si, à la base, il ne croyait pas à ce genre de racontars fabriqués pour effrayer les enfants – cependant, ce monde était un bobard à lui tout seul, alors pourquoi ne pas croire aux spectres ? Autre chose vint toutefois lui glacer le sang : l’aura dévastatrice de la belle dame. Il s’agissait d’une représentante de Layca, l’une des victimes du camp adverse qu’il devait abattre sans la moindre hésitation. Il en était bien entendu incapable ; sauf si celle-ci venait à menacer sa vie. Il n’était pas un tortionnaire sanguinaire, mais il comptait tout de même rester en vie jusqu’à trouver un moyen d’échapper à cet enfer divin. Il était néanmoins tombé, d’après ses dires inconscients, sur une sorcière à la foi incontestable. Riviere aurait énormément de mal à échapper au combat. Il plissa les yeux et se mit à réfléchir. Serait-il judicieux de se montrer à elle ? Ou serait-il plus prudent de l’attaquer par surprise ? La seconde solution paraissait, à première vue, plus sage malgré son côté barbare qui révulsait l’enfant. Il opta donc pour une décision alternative.

Avant de ne mettre son plan à exécution, le jeune garçon entreprit d’invoquer deux de ses merveilleux pingouins. Il valait mieux qu’il soit préparé à une quelconque agression. Après à peine une minute de concentration extrême sur les souvenirs heureux qu’il ait partagé avec ses amis alcidés, il sentit sous ses pieds la douce lumière bleutée qui signifiait l’apparition des oiseaux marins. L’inuit entendit enfin, juste derrière lui, le sifflement heureux mais timide de Lancer, suivi d’un battement d’ailes furieux de Stalactite. Il leur ordonna en un regard de rester en arrière ; il préférait voir à quoi il avait affaire avant de lancer un assaut qui pourrait lui être fatal. Riviere entreprit donc de reculer et de contempler le sylvestre. Ses amis, qui ne semblaient pas particulièrement à l’aise dans cet endroit chaud et humide, restèrent en retrait près de l’arbre. Le jeune inuit commença alors à grimper sur l’épaisse écorce qui recouvrait le végétal. Cela ne fut pas difficile, malgré sa faible agilité parmi toutes ces plantes ; de nombreuses branches parsemaient le tronc de l’arbre. Il réussit donc, après quelques minutes d’effort, à se hisser à deux mètres au-dessus de la grande dame. Il pouvait l’observer se réveiller sans être vu. Son cœur battait à la chamade ; il avait peur d’être répéré. De plus, cette étrange sorcière avait une beauté qui l’effrayait plus qu’autre chose. Trop belle pour être vraie. Sa peau neigeuse, ses cheveux d’ébène et surtout, ses yeux semblables à de l’obsidienne l’attiraient. Ou le révulsaient. Il était incapable de sentir la fine disparité entre ses émotions. Que faisait-il, au juste ?

Il n’eut pas le temps de se demander autre chose qu’il sentit un drôle de craquement sous lui. Il eut juste le temps de baisser les yeux pour voir la ramure sur laquelle il était assis se fendre à sa base. Riviere déglutit difficilement et entendit un autre craquement. Beaucoup plus gros. Beaucoup plus intense. Beaucoup plus fatal. Le bois s’écroula, attiré par la gravité, sur le sol boueux où reposait la sorcière de Layca. Il n’eut même pas le temps de pousser le moindre cri qu’il se retrouvait déjà en train de patauger dans la vase, essayant de se débattre contre la jeune femme qui s’était effondrée avec lui. La peur entravait ses mouvements : ce n’était plus qu’une gestuelle incontrôlée qui l’embourbait encore plus entre les racines. Le jeune inuit finit tout de même par retrouver un semblant d’équilibre et il grimpa sur la branche qui était tombée. Reprenant son souffle, il marqua un temps d’arrêt avant de réaliser ce qui venait de se passer. Là, il était coincé, et dans de beaux draps.

« …Euh. Salut ? » Réussit-il à articuler, l’air totalement horrifié et abasourdi.

Il paraitrait que le hasard faisait bien les choses.

Ou Belzeneff ?
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MessageSujet: Re: Rêve, Folie ou Réalité? [PV Riviere]   Mar 30 Aoû - 10:41



Cela faisait plusieurs minutes que la main de la dame dessinait des arabesque sur son casque posé au sol. Le temps était pourtant venu de reprendre son périple, et bien que ses membres soient engourdis, elle réussit à se relever. Elle ramassa son casque, qu’elle renonça à remettre sur sa tête en raison de son état physique et déposa un pied sur la racine.

Mais soudainement, un bruit suspect vint piquer sa curiosité, il ressemblait à un craquement. De quoi pouvait bien-t-il s’agir ? Cela pouvait être tout et n’importe quoi dans cet enfer humide et étouffant. Le bruit avait été trop faible pour qu’elle en perçoive exactement la source. Ses diamants balayaient le paysage, cherchant nerveusement d’où cela pouvait-il provenir. Sa question fût entendue et un craquement, beaucoup plus lourd et violent lui fut indiqué en guise de réponse, et aucun doute quant à sa provenance cette fois… juste au dessus d’elle.

Sa tête se relava tandis que ses yeux s’écarquillèrent devant l’immense masse végétale qui chutait sur elle à toute vitesse… mais quelque chose d’autre attira son attention, il n’y avait pas que la branche qui menaçait de l’écraser mais quelqu’un de bien vivant aussi ! Elle tenta de faire un bond en arrière, mais son talon resta planté dans l’écorce de la racine qui lui servait de support, les dés étaient jetés et le plongeon inévitable.

Elle s’enfonçait dans la vase sous le poids des végétaux, elle réussit tout de même à s’en dégager et tenta de reprendre son souffle à la surface, mais c’était sans compter sur l’inconnu qui l’avait entrainé dans ce bourbier, au propre comme au figuré. Il se débattait et tel un enfant qui se met à l’eau pour la première fois, ces gestes étaient candides, inexacts et surtout dangereux, aussi bien pour elle que pour lui.

Lanathel était parvenue à regagner le bord du rivage, et s’extirpait, non sans effort, de cette fange marécageuse et nauséabonde. Son souffle était saccadé et rapide, et elle expectorait de la vase à chaque expiration. Ce goût lui resterait à travers de la gorge pendant longtemps encore. Posée au sol sur la paume de ses mains et sur ses genoux, ces longs cheveux ténébreux dégoulinants d’une purée gluante et verdâtre, elle reprenait ses esprits et tenta de se redresser… mais elle fût accueille par une douleur vive et lancinante au niveau de son épaule gauche. Cette dernière, déjà endolorie par le voyage et dépourvue de toute protection, n’avait pas bien vécu l’épisode de la chute.

Dégageant une mèche de cheveux, elle inspecta du coin de l’œil l’inconnu qui visiblement avait réussit à se sortir du pétrin lui aussi. Ses diamants noirs s’écarquillèrent devant l’aura qu’elle percevait à présent et qu’elle n’avait pu distinguer plus tôt en raison des évènements. Tout était clair à présent, c’était un de ces chiens de Oppse qui avait fait s’effondrer la branche, mais apparemment cela ne devait pas partie de son plan, les opérations suicides n’étant pas monnaie courante. Que pouvait-il bien faire là ? Elle le dévisageait discrètement, et même si lui aussi était couvert de vase, elle pouvait distinguer ses cheveux azurs contrastant avec ses prunelles d’opales, et il semblait relativement jeune. Mais les apparences sont parfois trompeuses.

Il l’interpela d’un signe de salutation. Les sourcils de la Dame, toujours cachés derrière sa chevelure, s’arquèrent, montrant son interrogation. Qu’avait-il derrière la tête ? Il était impossible qu’il n’ait pas reconnu qu’elle appartenait au camp adverse, surtout qu’il devait l’observer depuis un moment déjà. Cependant, Lanathel perçu quelque chose dans la voix qui ne trompait pas… quelque chose qui raisonnait à son oreille comme une douce mélodie et dont elle ne s’en laissait pas : la peur.

Mais si elle restait passive trop longtemps, il risquait de reprendre de l’aplomb et ça ne présageait rien de bon. Tant bien que mal elle se redressa, tout en serrant les dents en raison de la douleur qu’elle éprouvait au niveau de son épaule. Elle tenta tout de même d’en faire transparaître le moins possible et espérait que le chien d’Oppse n’y verrait que du feu.

Elle secoua légèrement la tête afin de remettre ses cheveux en place, dévoilant à son compagnon inconnu ses deux diamants d’obsidienne qui semblaient être des portes donnant sur les ténèbres elles-mêmes. Un sourire mêlant cruauté et sadisme se dessinait ses les lippes carmines de la belle, puis elle laissa s’échapper sa voix, qui, comme à l’accoutumée, aurait réduit le petit en tranches si elle avait été une lame, tant elle était aussi froide et aiguisée que celle d’une guillotine.


« Il est dangereux de s’adresser à de parfaits inconnus. Surtout lorsque l’on est incapable de dissimuler ses émotions. »

Elle s’approchait, la démarche assurée, l’obsidienne affrontant l’opale dans un duel qu’elle ne perdrait pas. Une fois arrivée à la hauteur de l’adolescent, sa main se déposa sur la joue qui, étrangement était aussi glacée qu'elle. La voix de Lanathel se fit entendre à nouveau, mais celle-ci était inhabituellement douce et maternelle.

« Pauvre trésor, que ce monde est cruel et injuste, te faire endurer le poids des batailles à un si jeune âge. Mais heureusement, le destin t’a placé sur ma route en ce jour. Moi, Lanathel, t’offre la possibilité de racheter tes actes odieux commis à l’encontre de Layca. Tu n’y es pour rien et tu te contente d’obéir à Oppse, mais elle n’est que mensonges et chimères. Dis-moi, maintenant, la raison de ta présence en ces lieux et je ferais en sorte que ta mort soit la plus rapide et douce possible. »

Le ton de voix de la sorcière repris soudainement sa froideur habituelle :

« Refuse mon offre et persiste sur le chemin erroné sur lequel tu te trouves actuellement, crois moi, tu me supplieras de t’ôter la vie pour que tes souffrances prennent fin. »



[hrp: Désolé du délais, le mois d'Août a été un véritable marathon pour moi]
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Riviere
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MessageSujet: Re: Rêve, Folie ou Réalité? [PV Riviere]   Mer 2 Nov - 14:30

Riviere repoussa une mèche verdâtre derrière ses oreilles. Il essayait de ne pas penser à l’horrible goût de terre et d’autres immondices indescriptibles qui chatouillait son palais, mais surtout, il tentait de calmer son pauvre cœur d’enfant face à la vue de cette sorcière enjôleuse. L’adolescent cherchait à se rassurer en voyant l’état de son adversaire : apparemment, elle semblait avoir connu des jours meilleurs, tant son armure paraissait abîmée. Il eut à peine le temps de reprendre ses esprits que son adversaire était déjà en mouvement. Ressentant sûrement le danger, elle s’était approchée de lui et lui susurrait des mots qui ne lui plaisaient guère. Encore une fois, sa fierté était mise à mal dans une lutte contre l’apparence et les préjugés ; il est vrai que son caractère n’avait pas beaucoup évolué, mais sa force continuait d’augmenter au fur et à mesure que sa vie s’éternisait. L’effroi tétanisait ses membres, la puanteur lui donnait la nausée, son instinct de survie lui disait de s’enfuir sans se retourner. Pourtant, son arrogance le poussa à défier l’impétueuse sorcière – qui devait d’ailleurs être plus puissante que lui, mais à cet instant précis, sa seule envie de défendre son honneur comptait.

Quel noble combat, de vouloir montrer une image forte d’un gamin aux yeux affolés et aux jambes tremblantes ! L’action met parfois nos héros dans des situations bien étranges, plus périlleuses les unes que les autres. Puisant dans son orgueil blessé, le jeune garçon se redressa et fit face à la pionne de Layca, qui le dépassait tout de même d’une bonne tête. Ses yeux électriques fixaient l’intense noirceur qu’il voyait dans ses pupilles : le temps d’une seconde, Riviere se demanda s’il était réellement possible d’avoir de tels iris. Si noirs, emprunts d’une telle soif de puissance… N’était-elle pas possédée par un quelconque esprit démoniaque ? Heureusement, son égo était assez grand pour lui rappeler la cause de cet affront. Priant silencieusement que le destin lui permette de vivre encore quelques décennies, il releva le bout de son nez d’un air provoquant, et y ajouta un sourire moqueur. Il acheva de ridiculiser son interlocutrice par un gloussement méprisant. Le jeune inuit sentait une incroyable force se dégager de lui, comme si le simple fait de montrer du courage l’autorisait à décupler sa confiance en lui.

« Qu’est-ce qu’une vipère en guenilles pourrait bien me faire ? » Hautain, ironique, le jeune homme s’amusait dans une partie bien dangereuse… Il jubilait néanmoins de son attitude, exaspéré par les nombreuses années d’estime bafouée par ses compatriotes : c’était le moment de se venger, et il avait trouvé l’excuse parfaite pour libérer toute sa colère. « Tu pues, espèce de phoque ! Celui que tu sers n’est qu’une coquille vide… Puissant, tu dis ? HAHAHA ! »

Riviere se mit à rire à gorge déployée. Il savait que la tension montait au fur et à mesure qu’il excitait la fatuité de la dame… Tandis que la fièvre du sarcasme lui volait lentement sa raison. Discrètement, il vérifia dans un mouvement d’épaules que sa canne à pêche était toujours accrochée dans son dos. C’était le cas. Satisfait, il agrandit son sourire et osa un geste fou, qui le poussait directement vers une mort certaine… Ou une exquise jouissance morale. Lentement, avec un dédain horripilant, il poussa son adversaire avec sa main droite. Il fit bien attention de poser sa main sur son épaule blessée et découverte. Il y mit toute sa force. Toute sa haine. Toute sa peur, et toute sa folie. Lui-même faillit perdre l’équilibre sur les racines gluantes qui lui servait d’appui : il dut se balancer, avec toute la grâce d’un éléphant, pour ne pas s’étaler de nouveau dans la boue verdâtre qui recouvrait le sol du marécage. L’adolescent à la peau matte réussit pourtant à retrouver son équilibre et croisa ses maigres bras en observant la jeune femme, comme si rien ne s’était passé. Du coin de l’œil, il capta l’agitation des alcidés, toujours dissimulés derrière un buisson, non loin de là. Assuré. Il n’avait rien à craindre. Il continua donc sur sa lancée machiavélique. Son ton se fit plus dur, plus sadique, presque aussi méchant que celui de la sorcière - mais en plus puéril.

« Regarde-toi, clocharde ! Tu crois me faire peur, avec ton armure en plastique et tes joujoux de fillette ? » Ses derniers mots se finirent en un ricanement incontrôlé. Une indéniable tension s’installait lentement dans son cœur, son instinct gardant tout de même une certaine maîtrise sur l’esprit de l’adolescent. Il savait très bien qu’en s’engageant ainsi, il perdait toute possibilité d’éviter le combat. Mais sur le coup, tout ce qui l’importait, c’était sa petite vengeance. Sa « suprématie verbale », comme il aimait l’appeler, lui permettait d’échapper à bon nombre d’humiliations face aux autres. C’était une longue expérience, qui lui permettait maintenant d’assouvir une satisfaction plus que redevable.

C’était une erreur. Riviere en avait conscience. Peut-être qu’il ne pourrait pas se relever de cet affront. Mais qu’importe. Ce monde commençait à le rendre malade ; ses lois, son effroyable histoire, son absurdité, tout l’énervait et lui ôtait l’envie d’exister. Alors autant mourir avec dignité. Comme un héros de roman. Comme toutes ces personnes victimes de la folie égocentrique de Belzeneff.

Le Bras Droit de Filippa finit par attraper sa canne à pêche brune et la pointa vers la dame, imitant la position d’une épée. Puis il siffla. C’était une note aigüe, stable, excitante. Il appelait ses invocations à l’aider, mais à faire preuve de prudence. Il émit une deuxième sibilation pour leur faire comprendre ses intentions. Approche. Mais Attente. Encore quelques minutes, le temps que la demoiselle ne s’énerve.

Le plus amusant était à venir…


[HRP : j'imagine que mes excuses ne seront pas assez convaincantes pour me faire pardonner ce retard inacceptable ? \o/]
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Rêve, Folie ou Réalité? [PV Riviere]

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