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 Idéaux. [Alvaro.]

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MessageSujet: Idéaux. [Alvaro.]   Ven 26 Aoû - 3:55


Disparaître sans pousser un seul cri.


Ce qu'on a gagné, en se battant, c'est notre liberté?
L'idéal pour tout le monde, ce serait donc ça...
Non, tu crois?
Silence.
Arrête tes expressions muettes. Ca ne veut rien dire. Et parle enfin. Tu l'as, ta voix. Alors cause. Tu ne fais que chouiner, chouiner, brailler. Tu pourrais pas fermer ta gueule? Non, bien sûr que non. Alors vas-y, pleure. Rien à foutre. Pleure comme tu veux, je sature. Je te regarderai, comme ça, jusqu'à ce que tu sois calmé. J'en ai marre d'avoir à couver un merdeux dans ton genre. T'as rien d'autre à faire que faire chier ton monde, me faire chier moi. T'iras jamais voir ton patéras, tu sais même pas qui c'est. Personne ne veut entendre parler de toi. Tu es l'enfant prodige autant que je suis Wonder Woman. J'te supporte plus. Tu aurais pu avoir des traits à moi, au moins. Histoire de me conforter dans l'idée que tu es mon fruit, pas uniquement le sien. Mais non, jamais. Rien ne sera jamais fait pour me faire plaisir. Je te tourne le dos, tes cris redoublent d'intensité. J'ai mal au crâne. Le premier placard que j'ouvre vomit son contenu sur le sol. Plus personne n'entretient cette maison. À genoux, je lis les étiquettes et les différentes formes tridimensionnelles entre mes doigts égratignés. Gelox, non. Forcapil, non. Nicobion, non. Ibuprofen, pas assez puissant. Voltaren, non. Nurofen, non plus. Bordel, ils sont passés où? Alli, ha, non, Viagra, non, Tamiflu, non, Spasfon non plus, ha! Aspirine. Ben putain. J'renverse le flacon à même le sol. Tu n'as pas cessé de beugler, et personne n'a cillé. Personne n'est là, de toutes façons. J'avale trois cachets épais comme mon poing, je ne parviens pas à rattraper ceux qui se sont glissés sous l'évier. M'en fous. Je me lève, et je vois tes cheveux noirs de jais coller ta peau ivoire. Tu ne me ressembles absolument pas. Tu ne peux pas être de moi. J'ai de plus en plus de mal à avancer correctement. Je songe à m'écrouler. Là, ouais. Peut-être que tout ira mieux après un bon somme. Sauf que tes hurlements m'empêchent de réfléchir. J'approche du torchon et j'essuie la vaisselle. Y'en a qui sont morts empoisonnés par la saleté. J'ai l'impression de crever. Je vois les murs s'écrouler sous le cristal de ta voix. J'arrive plus à me concentrer. Ta chaise haute tangue dangereusement, et j'pense pas un seul instant à te calmer pour, au moins, t'épargner la chute. Pour le moment, tu ne sembles pas en danger. Et quand tu le seras, il sera trop tard et je ne ferai rien pour toi. Le monde se fout de moi, je me fous de lui. Ca va de même pour toi. J'abandonne la vaisselle, j'arpente les murs à la recherche d'une cigarette. Mitéra mes couilles, jamais j'aurai pensé commencer cette merde à cause de toi. Le feu. Où il l'a foutu, encore? Bon sang, si tu me dis qu'il l'a embarqué avec lui... Chié. J'sais même pas où elle finit, la clope. J'pense qu'à mon encéphale martyrisé, pour le coup. Je passe face à toi et à tes cris suraigues. Tu te fous de moi, pas possible autrement. La télé crache ses conneries, et je pars à la recherche de la télécommande. Mon cul. J'm'en fous, j'éteins ça à l'arrache. Tu fais trois fois plus de bruit que les enceintes, et j'envoie mon poing contre l'écran noir. Ma tête est sur le point d'exploser. Tu ne t'arrêtes même pas de pleurer. Alors j'approche de ton si petit crâne. Ce si, tellement petit crâne que je pourrai le broyer d'une seule main. J'approche, et je te hurle d'arrêter, que tu n'es qu'un merdeux chialeur, que tu ne sais pas pourquoi tu l'ouvres. Je te montre ton pot encore plein de cette bouillasse orange peu appétissante, te l'assène contre le tableau de ta chaise haute, te demande dans un cri bestial si tu as faim. Voyant tes yeux rougir, j'attrape ton hochet, j'attrape ta main, et je les marie de force. Tu te baves dessus, tu les jettes par terre. Oubliant le son ignoble des clochettes sur le carrelage, je prends ton bavoir et t'essuie les coins de la bouche. J'approche tes lèvres, et tu me mords. La gifle par d'elle-même. Le mot hurlement n'est pas assez fort pour qualifier la mélodie abominable et interminable qui s'échappe de la maison. Je me mets à pleurer. Mes larmes sont chaudes, tellement que j'ai l'impression de chialer le sang de mon cerveau en train de rendre l'âme. Je hurle au moins aussi fort que toi. Personne ne vient. Personne n'est là. Je t'insulte, te dit que tu n'es pas différent des autres, que tu n'as rien de moi, que tu n'es pas ma chair. Tu me rends folle. Je pose ma main sur tes épaules, et je te secoue comme jamais je n'ai secoué. Je sens mes bras s'arracher. Je te hurle d'arrêter. Je te hurle de la fermer. Je te hurle de boucler ta grande gueule. Je te supplie d'arrêter. Je n'arrête pas de pleurer. Je hurle. Je te secoue. Je vois l'instant où ta tête restera entre mes mains. La porte s'ouvre. Nan, nan, pas lui. Bordel de merde, qu'est-ce qu'il vient foutre ici? Il aurait pas pu rester chez les dingues? Son allure me rend malade. Il ne sourit pas, et vu l'odeur, vient de terminer une cigarette. Son sac à moitié vide ne vient pas du lycée. Non, non, il vient de déboîter des machoîres. C'est tout ce qu'il sait faire, de toutes façons. Il nous regarde, sa joue ensanglantée, ses yeux perçants, ses cheveux nois ramassés en une queue de cheval de misère. Il lève la main. Tu as arrêté de pleurer, et restes calme. Je suis trop énervée pour le remarquer.

- Yo.

Et il a disparu dans l'escalier.

Comme il se serait plu à le dire, putain y'a du lourd, là.
Aiolia n'avait rien omis de son voyage. Cette fille ressemblait à Syndel. Des cheveux blonds, des yeux verts. L'exception, Syndel paraissait bien plus naturelle que cette fille là. Des seins refaits, un visage peint d'un goût douteux, et surtout une absence totale de calme et de sérénité. Cette fille, il s'en souvenait moins que Syndel. Ce que le bel connaissait de cette dernière dépassait de loin toutes ses espèrances. Il l'avait rencontré étant jeune, et l'avait apprécié à sa juste valeur. Il fallait changer le -y de son nom avec un -i pour trouver un autre mot apparemment intéressant. Elle avait aussi un rapport très fort avec la pluie, et l'essentiel, c'est qu'il n'avait jamais gagné contre elle. En face d'un telle mine d'informations, le cas de l'autre blonde faisait un rien pitié. Mitéra, sans doute, et même plusieurs fois. Peut-être qu'elle les avait adopté, puisqu'ils ne lui ressemblaient jamais beaucoup. Puis, il rentrait souvent dans sa maison. Une maison trop grande pour qu'elle soit réellement la sienne. Parce que malgré tout, cette fille semblait plutôt jeune. Une vingtaine d'années, à peu près. Dans ces visions, Maena ne la voyait jamais dehors, à l'extérieur. Toujours dans la même habitation, environ au même endroit. Sans doute, pour qu'il agisse aussi lassivement, qu'elle faisait partie de sa famille. Mais ça, il ne chercherait pas à le savoir. Il n'avait plus de famille. Plus aucune famille.
Ca en fait un de plus. Il faut vraiment que je songe à me matérialiser un bouquin, où je puisse tous les mettre. Ma colonne a vraiment plus de place, maintenant, j'galère même pour y coller un post-it. Putain, pourquoi Layca a pas fait dans sa forteresse des chambres privées, séparées, avec quatre murs, qu'on puisse avoir un peu d'intimité? J'veux dire, c'est la première chose à laquelle tu penses quand tu construis une baraque, non? Ben pourquoi LÀ ça doit être forcément différent de tout le reste? Va chier, moi j'vois aucune logique et j'en ai marre. Point. D'ailleurs j'en ai plein les couilles d'être sur ce lit, j'vais bouger. J'sais pas où aller. J'ai visité à peu près tout le château, j'aimerai bien sortir. Ouais mais non. J'peux pas. Je boude les gens qui sont dehors. Y'en a trop, ils m'aiment pas. Qu'est-ce que j'irai foutre avec eux, dis. Beuh. J'me fais chier. Comme la surface d'une rose romantique, c'est ça. Je sais pas de quoi j'ai envie. C'était un projet avorté, je sais. C'était ça ou chanter Kumbaya pour faire chier les deux abrutis qui étaient avec moi à ce moment là. J'ai commencé ça sur le mur, j'crois. Ouais. C'est là. Au-dessus de la tête de lit, caché derrière des millions de papiers. Youpi. C'est une rose, qui est dessinée. J'ai entendu dire que quelqu'un s'appellait Rose, dans le coin, alors j'l'ai dessiné. C'est pas encore splendide, mais je sais que je suis le meilleur dessinateur du coin. J'ai envie d'bouger. J'sais pas où aller, c'pas grave, j'ferai au feeling. Alors j'prends deux feuilles, un crayon, j'remets ma capuche sur mes cheveux et je sors de ce trou.

Y'a du brouillard. J'vois que dalle. Déjà qu'avoir une vue de cyclope c'est la chiure, alors si en plus le temps est pourri... En fait, j'crois savoir où je suis. Mais j'veux pas que ce soit ça. Puis merde, y'a pas trente six endroits aussi minables dans le fort. Il fait horriblement chaud. Hors dde question que j'enlève quoi que ce soit. Si c'est bien ce que je pense, comme place, j'ai pas envie d'être traité d'exhibitionniste en plus de ma réputation de base. Quoique. Normalement, il fait une chaleur de tous les diables dehors, alors tout le monde est plus ou moins en train de lézarder sous le soleil. Bwark. On s'croirait au Club Med. Ici, ce serait plutôt la Finlande, ou la Russie, vu la fumée. T'sais, ces espèces de... comment on dit, de sauna, hammam, j'sais pas quoi. Dans les pays du Nord, là où y'a d'la neige, y'en a souvent. Alors ça me fait penser à ça. Toute cette fumée. J'suis sûr que j'peux m'allumer une clope tranquille sans me faire choper. Puis j'm'en fous, à la limite. Enfin, non, j'prends pas le risque. Sachant que l'endroit est humide, j'ai pas envie de me griller une cigarette pour rien. J'me fais chier. J'avance, tiens. Cet espèce de grincement, de couinement, sous ma semelle ne me rassure pas, mais alors pas du tout. C'est d'l'eau. J'peux pas sortir, j'suis pas à ma place. J'suis qu'une menace pour l'abrutissement des masses. J'm'asseois. J'peux pas aller plus loin, sinon tourner en rond. J'vis plus. Oh, jeu d'mot. Non, m'en fous. C'est morne. Je meurs de chaud, et j'm'en fous. J'aimerai gueuler. Juste pour hurler, et m'dire que je vais bien. Que je survis plus ou moins. À la place, je sors les feuilles. Y'a de l'eau de partout. C'est l'enfer. Deux traits, et ça ne ressemble déjà à rien. Non, j'vais écrire. J'sais faire que ça. Puis, ça chantera à ma place. J'ai l'impression d'être enfermé dans une coquille. Qu'est-ce qui lui fait faire ça? Les mains posées sur la poitrine, le cri du nouveau-né s'en... non. J'implore, sentant la chaleur corporelle d'un rêve. J'ai les yeux fermés. Tout ce qui m'importe, c'est la voix que j'entends. Je savais qu'il y avait une chanson derrière ces cris. Le gamin de Circée est pas si con, finalement! ... At... Attends, hein? Je... J'ai dis quoi, là? Merde... C'était quoi... J'ai rien suivi, là...Dis que... Tout est corrompu dans les ténèbres pourpres... Non, oublis. Arasoi e ta mono sore ha jiyuu na no ka? C'est pas... Quelque chose comme ça? Si, puis c'est... Nani ga sou sa seru? Koe o dase zu kie te yuku.
Sur la feuille blanche, aucune parole, pas un mot. Juste le visage délié d'une jeune femme en pleurs. Délire psychotique. Il se mura dans son silence respectable. Il était perdu, s'ennuyait ferme. Takadaka shiku kakage ta inochi o. Une vie hissée bien haut.
Puis il y eut un bruit. Juste un bruit.

Un son, à peine audible. Juste un son.
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Alvaro
Ψ Narcissique Impitoyable Ψ

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MessageSujet: Re: Idéaux. [Alvaro.]   Lun 5 Sep - 15:23

De petits papillons mousseux se prélassaient ici et là. Une température idéale faisait doucement danser ci et là le thermomètre des bassins. L'eau s'approchait des 32 degrés, une chaleur des plus agréables et bienvenues en temps de grande tension ou de fatigue. Plus d'un guerrier de Layca venait ainsi expier ses fautes et ses malheurs dans cette divine vapeur. Avec chacune de nos gouttes de sueur s'en allait un éclat de tout ce qui pouvait avoir tracassé ou perturbe encore notre esprit remis à zéro par ce paradis brulant. Quel merveilleux endroit que celui-ci. Pour assouvir ma réjouissance on ne pouvait mieux atteindre sa cible qu'en me faisant poser pied dans cette eau savonneuse et bouillante que j'aimais tant. Ainsi...

Il m'avait emmené jusqu'ici.

- Alors Vivi, ma petite surprise te plait ?

Une voix douce comme le miel s'élevait ainsi dans l'air embué. Une voix enchanteresse, gentille... Divine et princière. Un doux son ne pouvant appartenir qu'à une seule et même personne. Un chant de luxe qui ravissait mon cœur chaque fois qu'il lui était permis de l'entendre.

''Hmm... Je dois admettre que tu as eu une bonne idée Prince... L'eau est des plus agréables aujourd'hui. ''

Je m'étais ainsi retrouvé dans un coin de ces vastes bassins, entouré de mousse et de vapeur avec nul autre que l'être que j'aimais. Il me suffit alors de me remémorer ce simple fait pour que ma peau fragile et dénudée se voit parcourir d'un frisson mélangeant timidité et une certaine...Excitation. Oui, il était sans doute normal d'éprouver ça alors que vous saviez pertinemment que l'homme que vous aimiez était lui même nu et barbotait gaiement à deux pas de là.

- Pourquoi restes-tu si éloigné de moi ? Le grand Alvaro aurait-il peur d'un peu d'eau et de mousse ?

Un petit rire vint ponctuer cette légère moquerie a mon égard. Tant de douceur avait finit par avoir raison de mes pommettes meurtries par la souffrance quotidienne. Une légère rougeur vint alors tinter mes joues et mon orgueil, m'obligeant ainsi à m'armer de mousse et de braver pas à pas et avec la plus grande délicatesse les quelques mètres qui nous séparaient. Je faisais alors face au jeune homme qui m'avait invité ce soir là à prendre un bain avec lui, chose pour le moins exceptionnelle pour ne pas dire...irréelle. Je prenais alors ma pose favorite, bras croisés, regard sérieux. Mes cheveux noirs trempés laissaient jaillir les gouttes sur mon dos, m'apportant une légère fraicheur vivifiante. Je posais alors mon regard mouillé sur mon opposant. Un œil attentif...

Un visage taillé a la perfection. Deux lèvres d'un rose des plus naturel formaient un sourire des plus charmants. Un nez léger, fin, parfaitement taillé lui aussi... Et que dire de ces deux yeux ? Ils vous dévorent, vous entrainent dans une vague de sensations méconnues. Cette expérience unique et merveilleuse, seuls ces yeux d'azur pouvaient vous l'offrir. Un regard si innocent...Si touchant... Si beau. J'aimais ce regard. Je voulais ce regard. Pour moi...Et moi seul.
L'eau mousseuse le recouvrait presque entièrement. Se laissant probablement entrainé dans la légère profondeur du bassin, je ne pouvais apercevoir de lui que son visage angélique, ses divines mèches blondes mouillés et son cou si fin et si...désirable. Je ne pouvais me contenir davantage. Mes joues brulaient, mon cœur voulait s'extirper de ma chair. Cette douleur au départ insupportable s'avérait lentement des plus agréables.

''Ne te moque donc pas de moi... Tu vois bien que je n'ai aucune peine a m'approcher. ''

Je décidai dés lors de flotter sur cette eau mordante de chaleur. Le regard placé vers le plafond, je laissais mes pensées s'en aller vers le calme plat et la paix. Bien que je fasse le fier, j'aurais préféré la mort plutôt que de trahir ma gène quant a cette délicate situation. Mais soudain, une légère fraicheur parcourait la partie de mon torse qui ne barbotait pas dans l'eau. Ses doigts fins le parcouraient de haut en bas, d'un trait léger et délicate. Cette fine caresse était si délicieuse que j'aurais dés lors souhaité que jamais elle ne finisse.

- Allons donc... Comme ça tu ne veux meme plus me regarder droit dans les yeux...? Quel dommage...

Pris de cours par cette réaction pour le moins surprenante, je tentais d'offrir des explications mais mes lèvres ne m'offrirent que quelques légers balbutiements peu convaincants.

''Je...Euh... Ce n'est pas ce que tu crois...

Mais mes paroles furent brèves, car à ce même instant, un long doigt d'une finesse angélique vint me forcer au silence, se posant avec beauté sur mes lèvres abasourdies. Tant de douceur...

-Shhh... Ne dis plus rien... Car tu sais, Alvaro... Tu as toujours été, et tu seras toujours...Mon favori....

Un immense sourire vint illuminer ce visage qui se superposait alors au dessus du mien. Masquant la lumière des bassins, ces cheveux d'or et son sourire vinrent toutefois illuminer mon cœur éteint d'une seule étincelle. Ainsi... Pour lui aussi... J'étais son Elu.

Me relevant d'un geste brusque, je m'emparais des lors de ce corps fragile, passant mes doigts déchirés par la guerre sur cette fine peau. Parcourant ses épaules avec envie, découvrant son torse fin, son cou dénudé et son visage avec un désir que je ne pouvais plus freiner... Mon front se collait au sien... Je voulais abolir les murs qui nous divisaient. Je voulais supprimer les obstacles qui entravaient notre bonheur et notre destinée. Je voulais que Lui et Moi devenions Nous ici et maintenant... Mes fines lèvres s'emparaient alors des siennes, laissant mon désir incandescent s'évaporer dans cette eau déchirante. Ses bras se resserraient alors sur mon corps bouillant...

Tout ceci semblait...Irréel.

Et c'est alors que de véritables glaçons vinrent marteler mon visage. Telle une douche froide, je sentis s'écouler le long de mon visage les fleuves du désespoir. Ce prince que j'enlaçais avec vigueur...Pleurait dans mes bras... Son regard déchiré et meurtri me poignardait le cœur. Et d'un simple battement de cil, ce corps que j'avais tant désiré n'était devenu rien d'autre qu'une enveloppe corporelle vidée et froide. Je la vis alors s'évaporer de mes bras. Parcelle après parcelle, sa peau s'évanouissait me laissant seul dans le bassin. Il n'était plus... Je le cherchai alors tant bien que mal a travers la pièce, désemparé, pris de folie. C'est alors que je compris. Posant mon regard sur le miroir au fond du bassin, je vis alors son reflet, retenu captif dans ce piège de cristal. Quelqu'un ou quelque chose me l'avait pris. On m'avait volé le Prince, mon Prince. Qui avait osé ? Qui en etait capable ? Etait-ce Layca qui me privait de son Fils ? Je ne pouvais le supporter davantage.

''Prince! Que t'arrive-t-il ?! Pourquoi te retrouves tu de l'autre coté du miroir...? Pourquoi me prives-t-on de ta douceur...? Réponds-moi !''

Mais l'ange aux cheveux d'or ne répondait pas. Il ne faisait qu'afficher une mine abattue et triste. Comme si plus rien n'allait être comme avant. Comme si aucune solution ne pouvait être envisager. Comme si nous avions dépassé la limite qui nous était dés lors imposée. On me l'avait repris... Et je comptais bien le retrouver. Aveuglé par la haine et par la colère, je serrais le poing et frappais le miroir avec toute me force, le brisant en milles éclats de lumières dans l'unique espoir de le retrouver derrière.... En vain.

Allongé au sol, le corps rongé par le verre et le bras noyé dans le sang, je me laissais ainsi mourir, seul et abandonné. Il était parti...Pour ne jamais revenir... Tout était fini. Tout était...Perdu. Je priais la faucheuse d'achever ma misérable existence, mais je n'obtins qu'un cri. Un cri strident et horrible. Un bruit sorti tout droit des enfers. L'expression même de toute la souffrance que mon cœur endurait. Un cri...Perçant, semblant transpercer les bassins et le monde entier. Un cri qui...

Me ramena de forme brutale de l'irréel vers le réel.

Toute cette histoire n'était qu'un vil songe. Une nébuleuse intangible dans la vaste toile de l'existence. Ce rêve... Pour ne pas dire cet immonde cauchemar. Il revenait sans cesse. Etait-ce voulu ? Peut-être que quelqu'un souhaitait m'avertir d'un danger a venir ? Ou simplement se jouer de moi. Dans tous les cas, mon esprit endormi semble toujours pointé dans une seule et même direction. Depuis que j'ai mis au clair mes sentiments, mon organisme entier se borne a me montrer la mauvaise direction. Pourquoi donc mon esprit doit-il me borner a me montrer l'interdit ? Voilà qui savait me mettre de mauvaise humeur de bon matin.

Car tout comme dans mon rêve, je me trouvais ni plus ni moins qu'au fond d'un bassin d'eau chaude. Je barbotais paisiblement sans prononcer mot ni même activer mes synapses avant de...m'assoupir lamentablement semblerait-il. Une somme de questions, tensions et fatigue avaient décidément eu raison de moi et de mon corps. Mes responsabilités étaient peut-être trop lourdes a porter après tout... Alvaro avait-il atteint une limite jusque là méconnue ?
Qui sait...

Recentrant mon attention sur la vapeur ambiante, et passant une main dans mes cheveux encore trempés, je réfléchissais a tout ceci. Ma main droite vint frotter vigoureusement mon front endolori par cette expérience. Je laissais s'échapper un léger gémissement de mécontentement. Tout ceci avait le don de me mettre en colère... Une profonde colère.

J'avais pour habitude de me baigner aux heures matinales, lorsque tout et chacun s'en allait vagabonder ailleurs. Ainsi, la logique aurait souhaité que je sois seul à siéger en ces lieux. Mais un étrange bruit vint captiver mon attention. Je n'étais pas seul. Non seulement mes songes me torturaient, me plongeant dans une humeur tempétueuse, mais en plus, quelqu'un avait osé venir perturber ma séance de repos et de relaxation solitaire.

Tentant de chasser la forte vapeur qui embuait ma vision, rendant impossible toute identification du ''voyeur'', j'aperçu au loin une ombre se mouvant légèrement au fond du bassin. Cette ombre ne bougeait pas naturellement...Puis vint le moment critique ou deux nuages de vapeurs se dissipèrent me laissant deviner au mieux quel étrange comédien se cachait derrière ce rideau vitreux... Un masque. Un être blafard et hallucinant se cachant derrière un masque se tenait la. Une peau blanche, de longs cheveux noirs, deux émeraudes fantomatiques... Je l'avais déjà vu auparavant. Ces regard, ces cheveux, c et air déphasé, comme déconnecté de la réalité de ce monde. Ce pion-là était, malgré son apparence des plus surprenantes, l'un des piliers de la hiérarchie. Mon égal. Un élu de Layca.

''Maena... Tu t'amuse a espionner les gens dans leur bain maintenant ? ''

Je restais collé contre la bordure du bassin, l'air désintéressé. Qu'il soit présent m'agaçait, et globalement je n'avais aucune envie de communiquer avec lui. Il était étrange, et je n'avais aucune envie de perdre mon temps a essayer de comprendre les bizarreries qui ont atterri par ici. Mais plus que de m'agacer naturellement, qu'il ignore mes palabres me mirent hors de moi. A nouveau, cet étrange corbeau semblait ailleurs...Dans sa bulle asphyxiante.

''Et en plus tu oses m'ignorer ? Quel genre d'élu est-tu ?! ''

Mais rien n'y faisait. Maena continuait son délire psychotique dans son petit coin, m'ignorant purement et simplement. Qu'avait-il donc en tète pour me faire pareil affront ? Et pourquoi diable devait-il venir m'interrompre pour venir délirer dans ces bassins ? Cela m'était bien égal au fond, mais je comptais bien le sortir de son petit univers coloré. M'approchant de ce corps dément, je balançait mes bras avec une force suffisante pour que l'eau bouillante vienne s'écraser sur ces yeux ensorcelés. De l'eau chaude, quoi de mieux pour réveiller les morts...

''Que ça te serve de leçon. Maintenant, si tu veux bien m'excuser, je te laisse à tes inepties. J'espère que tu es fier d'avoir gâché mon seul moment de tranquillité absolue dans cet endroit. Taches de te rappeler de mon facies et de mon nom. Lorsque tu le recroiseras et que tu referas ton cirque, je ne me contenterai pas d'un peu d'eau chaude.''

Sortant lentement du bassin, laissant glisser les perles d'eau sur mon corps nu, j'entourais de suite ma taille d'un linge chaud et sec que j'avais laisser non loin de là. Secouant ma chevelure de jais pour la défaire de son eau, je m'apprêtais a rejoindre le dortoir d'un pas motivé, lorsqu'un étrange râle se fit sentir derrière moi. Une forte respiration, presque monstrueuse, presque démoniaque...

''Oh? Le diable se serait-il enfin réveillé? ''
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MessageSujet: Re: Idéaux. [Alvaro.]   Mer 7 Sep - 3:16


Morning.


Summer don't know me no more. Eager man, that's all. Et si... non. Enfin, peut-être. Eager man, that's all... Sum... Ouais... Summer don't know me... Hun. J'sais plus. Ça lui va ou pas? Aucune idée. He just let me love in my sea. Cause I do know, Lord, from you that just died, yeah. Ca ne lui va pas. Ça n'lui va pas du tout, même. Elle est plus chaude que ça. Elle n'est pas calme. Elle n'est pas détendue. Ça ne lui va pas du tout. Ça ne lui va vraiment pas. C'est dommage, ça aurait pu donner quelque chose d'intéressant... Bwarf, non. J'sais pas. Et si je reprenais Summer machin, et que je le place là. Mmh... non. En fait non. I saw that day, lost my mind. Ah ben pour le coup, ouais, j'suis perdu complet. C'est pas fusionnel, ça ne donne rien. Mais j'ai vraiment envie de partir sur ça, alors quelque part, c'est frustrant... Lord, I'll find... I'll find que dalle, putain. C'est pas bon, arrête. Non, c'est pas bon. Marque comme ça vient, même si c'est pas bon. Ca te fera une chanson à réviser. J'sais absolument plus de qui elle est d'ailleurs. Ca reste relativement calme, ça doit être un groupe soporifique. Maybe in time, you'll want to be mine. Don't stop the buck when it comes, it's the dawn, you'll see. Y'a pas de sons, vraiment, pour ce visage. Je sais pas. Enfin, c'est... Rha, j'sais pas. Y'a pas d'osmose. Y'a rien. Son visage, à elle, il est faux. Il est faux, et rien de naturel ne peut lui aller. Elle est laide, cette fille. Laide à en crever. Rien à voir avec moi. Money won't get there, ten years passed tonight. You'll flee. If you do that, I'll be some to find you. Arrête, t'es immonde. Arrête. Pitié. I saw that day, lost my mind. Lord, I'll find, maybe in time, you'll want to be mine -Ferme la...- saw that day, lost my mind. Lord, I'll find, maybe in time, [Aller!] you'll want to be mine. Maybe in time, you'll want to be mine. Tsss. Maybe in time, you'll want to be mine. Et voilà. C'est bon. Enfin. Putain, ce que ça pouvait être laid. Même, elle n'est pas belle du tout. Des traits trop grossiers, un visage rond ignoble. Elle n'a rien de féminin. Une natte de fortune hideuse, des yeux plissés qui ne lui vont pas du tout. Non, franchement, c'est l'un de mes modèles les plus laids. J'sais plus dans quoi je vivais, mais y'avait vraiment pas de canons de beauté. Putain, il fait froid, ici. J'en ai des frissons. Chié.

C'est un royaume où rien n'a plus d'importance. Juste lui, elle, un fond blanc, muet. Rien. Blanc. Le néant. Et il est là, ses yeux rivés vers ses lèvres mouvantes. Il déchiffre les mots, tandis que le s-s-s-son tente de revenir. C'est difficile, mais ç-ça s'anno-once plutôt bien. Il la regarde, ne prête aucune attention à son visage. Juste ses lèvres nerveuses, cette bouche indélicate. Elle lui parle à grande vitesse. T-T-T-Tu n'aurais jamais du faire ça, qu'elle disait. Selon lui et sa lecture approximative des lèvres. Déci-ci-ci-cidément, tout était confus. T-T-T-Tout/
On s'comprend. Qui es-tu. Chantier inexplicable de tronc d'arbres couchés, calcinés, et de poussière psychotique. Plus d'herbe, plus de feuilles. Des tours de sables et d'eau dressées en direction des nuages. Une terre dure et sèche, bouillante. Des reflets dans la rue. Des lumières un peu partout. Du faux. Du synthétique. En pleine nuit, l'effervescence. Capacité nyctalope. Luminescence phosphorescente. Néons acidulés. Circulation suprême. Irréfléchie. Sens inverse sur l'autoroute, rentre dans une famille. Il n'y a rien à redouter. Permis inexistant. Non. Aime les gens. Jambes croisées, jupe ou pantalon. Vrombissement de la machine. Sensuel. Dehors. Dégage. Esquive les chevaliers dirigés par le vert. Non. Explosion répugnante contre le pare-brise. Oh oui, oh oui. Rien ne peut la freiner. Boulevard de la mort. Non, non.
Chasseresse d'antan. Fauve au manteau de neige et rapière rustique. Samouraï interstellaire. Camion éthéré et semi-automatique. Le duel peut commencer. Qui est-elle. Son ennemie. Son contraire inextricablement ressemblant. Son futur. Sa progéniture. Délégation de l'Antéchrist. Quelle question.

- Tu t'amuses à espionner les gens dans leur bain maintenant?

Une forêt dense. Chênes, hêtres, sapins, séquoias, bonsaï. Un ensemble improbable et à décortiquer. Un bois à l'amalgame aussi différent ethniquement parlant que robuste sur le plan physique. Sylve aux passions lyriques. Troncatures obèses ou anorexiques. Feuillages et brindilles. Des morceaux mutilés qui jonchent le sol sec. Cassés, pourris, coupés. Un bordel d'herbes, de fleurs sauvages, de plantes grimpantes, d'insectes. Une fine lumière au travers des frondaisons vertes et orangées. Chute de plusieurs rameaux jaunis recyclés en tapisseries fragiles et terreuses. Roches bâtardes poussant à la manière des champignons. Quelques fruits dans les arbres les plus hauts. Chant volatile dans les aiguës. Traces dans la boue, apparemment signe de gibier. Peuple majoritairement tétrapode. Pas de manifestations aquatiques. Le lac est plus loin. Le vent n'existe pas. Que le calme et la lassitude. C'était ici qu'elle vivait. Recluse dans son petit coin de jungle. Au pas de course, montée sur son destrier drapé de nacre. Valeur pâle devant ce festival de couleurs naturelles. Pattes puissantes écrasant branches et caillasse sans distinction. Traverser. Secouée à chacune des poussées mobiles du canasson illustrement félidé. Épuisement valu par le crissement stomacal se faisant de plus en plus handicapant. La chasse avait été bonne. Sur ses genoux nus gisait la carcasse d'un chevreuil sanguinolent. Hémoglobine se répandent entre ses cuisses. Souillures sur le pelage de la bête. Galop incessant, jusqu'au camp. Là, quelques dames vêtues de bandes d'épiderme et de poils animal qui s'affairent autour d'un chaudron ou d'une nappe de forgeron. Des airs moyenâgeux. Elle descend de sa monture, ne l'attache pas. Docile. Quand la femme se met à marcher, les autres se retournent, ne lui parlent pas et dévient pour se replonger dans leurs occupations. Bottes de cuir bovin, jupette oscillant entre vulgarité et avantage certain selon les situations, rectangle bestial déchiré sans aucune mesures couvrant sa poitrine saillante. Sa chevelure de jais danse entre ses omoplates protubérants. Son carquois se love dans le creux de son torse. Ses cuisses rougies contractent leurs muscles, le métal de son épée, lié autour de sa taille fine, vient tinter contre la limaille de fer de ses protections. Les globes oculaires maudissent le ciel de lui avoir tout offert. Elle possède tout. Le tas blanc et rouge la suit de près. Garde du corps et crocs aiguisés. Lame polie avec soin le long de sa jambe, prête à n'importe quel type d'attaque. Dissuadent les amatrices. Communauté exclusivement féminine. Un rien au sein de la plus grosse orgie guerrière illicite. Elle ne les gouvernaient nullement. Il n'y avait de tyrannie, dans les bois. Néanmoins, elle se dégageait des autres de part son énorme potentiel et par son rôle. Elle était séduisante. Chasseuse d'hommes. Elle bataillait comme personne. Chasseuse de têtes. La Nature elle-même la bénissait. Combattante de Gaïa. Sa peau de nacre gelait au contact des rayons nocturnes, et ses boucles d'asphalte brûlait sous l'emprise de la sphère incandescente. Balançoire graphique. Météorologique. Pas conquérant dévastateur. Regard lancé autour de son corps aux audacieuses. Liens familiaux lui barrant la route. On ne choisit pas sa fratrie, et on ne l'attaque pas non plus. D'aucune manière. Doigts cherchant la garde par reflex vital. Canalisation nerveuse. Respiration lente et tumultueuse. Dépose sur une table le gibier vidé qu'elle transportait jusqu'à lors sur ses épaules, ne s'arrête pas, indique la direction des arbres d'un mouvement sec du menton à quelques mères devant leur tente et s'enfonce droit vers les méandres de la sylve.
Tout pour elle. Une aisance indéfinissable pour le combat. Pourfendre avec l'épée rédemptrice, à la lame noire et à la garde végétale sertie de pierres précieuses. Trancher grâce aux couteaux fins, courts, discrets. Déchirer à l'aide des ongles longs et pointus, aux griffes fourbues et acérées. Des poings à l'arc, en passant par le fouet et les armes blanches. Don inné pour le duel, obstination maladive pour être envoyée en guerre avec les soldats impériaux. Souplesse de l'échine, du torse, de la nuque, des bras, des jambes. Femme Nature, serpent. Présent de Gaïa. Envoûtante. La flamme de la bougie qui danse, se mouvait en une ondulation lente et sensuelle. Reptile féline. Incarne la volupté du contrôle osseux. Rompt vertèbres et cervicales pour parvenir à son enchaînement. Quitte à se faire mal. C'est naturel. Tout pour elle. L'une des plus douée en ce qui concernait la reproduction. Elle ramenait la proie, et l'offrait aux filles. Serment de pureté. Assez de caractère pour faire prôner ses désirs. Envoyée sur le terrain pour aider les nouvelles à cueillir les fruits les plus mûrs, et à les rassurer vis à vis des corps chauds qui les attendaient sur la paille propre. Apaiser la jeune fille en mal de vivre qui voit la virilité relever l'étoffe de fortune qui la fait suffoquer, lui murmurer au creux de l'oreille que la rupture de l'hymen n'est pas douloureuse. Une mère en devenir. Tout pour elle. Lorsqu'elle pense à son attitude envers les jeunes recrues, elle rit, ou sourit. Instinct protecteur. Une partie de son être aime leur proximité. Leur inquiétude, leur joie, leur déboires. Leurs émotions et leurs souvenirs. Ce sont des filles que Gaïa a recueilli. Et les décisions de Gaïa sont sans appel. Gaïa. C'est d'elle que vient son envie de maternité. Gaïa a la chance de procréer seule, elle. Ce n'est pas son cas. La guerrière aimerait donner la vie. Elle trouve les enfants beaux. Cependant, elle ne porte pas les mâles dans son cœur. Elle peut aimer à en mourir, comme révulser comme nul autre. Assez de caractère pour. Maître de l'esprit. Elle calme le mieux celles qui doutent et qui hésitent. Divine psychologue. Patience reine. Elle est l'une des seules à pouvoir assumer le poids des cadavres des bambins mâles qu'elle égorge à la naissance. Haineuse vengeresse. Amante de la Mort. Tout pour elle. Mangeuse jamais repue. Quand il n'y en a plus, il y en a encore. L'impassible cannibale avoue tout de même préférer le sanglier. Bien que la chair du nourrisson soit appétissante, le goût lui fait cruellement défaut. C'est une gourmande de premier ordre. Tout est comestible. Devise. Les hommes restent des morceaux de viande. Ils sont naturellement ingurgites. Goulûment appétissants. Un vrai festin pour la chasseuse. Elle n'aime les hommes que lorsqu'ils sont servis bien rôtis. On ne change pas une gastronome aussi fine bouche. C'est sa nature. Tout pour elle. N'ayant pas d'idées précises sur ce que les autres nomment l'avenir. Le souvenir de son passé à peine identifiable ne la gêne guère. Née dans cette clairière entourée des poils lustrés de son familier toujours d'actualité, éduquée parmi les sauvages de ce clan, nouvelle prétendante au titre de meilleure. Récidive parmi les récidivistes. Banalité de l'esprit. C'est comme ça, et cela ne peut être modifié. Tel était le résultat de son indifférence envers tout. Tout pour elle. Un caractère variable qui lui saillait à merveille. Un petit rien qui donnait tout. Brumeuse, ensoleillée, pluvieuse, orageuse. Cap Nord Nord-Ouest. Demi tour Sud Sud-Est. Indiscernable. C'est comme ça, et cela ne peut être modifié. Les filles du camp ne l'avaient pas encore assimilé. Tout pour elle. Un peu plus loin dans la montagne, les flammes se faisaient destructrices. Ce n'était pas son problème. Curieuse, en haut de sa branche, mêlant feuilles brunes à ses nœuds capillaires. Loin de se douter de ce qui pouvait se passer par la suite. Aisé, tout ce qu'elle connaissait allait être réduit en cendres. Elle aurait dû aller éteindre le brasier, ce jour-là.
Une soirée comme une autre. Vierge puérile se débattant pour ne pas rentrer dans la tente. La consoleuse vint la serrer dans ses bras musclés. Ce n'est qu'un sexe. C'est pour la caste qu'elle doit le faire. Assurer la descendance. Elle s'effondra, déversant des litres d'eau sur le sol. Inconsolable. Tout simplement pas prête. Pas assez courageuse. On voulut la forcer, et elle s'interposa. Elle n'allait permettre à personne de l'approcher. Cette fille réchapperait du supplice indemne. Grâce à son intervention. Les deux se lièrent très vite. Elles devinrent ce que l'on peut nommer des amies. Ensemble, elles permettaient aux filles les moins courageuses de se repentir. Elle forma son propre clan au sein de la communauté. Les vierges éternelles. Très peu d'adeptes. Trois l'excluant. Puis tout alla très vite. Un jour, elle le rencontra. Grand, au visage fin, des yeux d'un bleu grisonnant. Elle s'éprit de lui plus rapidement que prévu. Brisa le sceau la maintenant sœur avec sa troupe. Le cacha à toutes. Vit son compagnon à quatre pattes agoniser dans ses bras. Flèche en plein cœur. L'enterrement se déroula sans encombre. Puis elle évitait de sortir court vêtu, comme à son habitude. Elle avait prit du poids, et réclamait de la viande plus souvent encore. Ne partait que rarement à la chasse. Perdait peu à peu la confiance des filles. L'une de ses acolytes la renia. Celle pour qui elle avait renoncé à son esprit cruel. C'était son père, l'homme. Le seul homme qu'elle apprécia. Il était le père d'une des belles. Elle allait être sa belle-mère. Les sauvages ne tarderaient pas à comprendre. Tout découvrir. Elle serait perdue, à ce moment. Éteindre le feu avant qu'il ne l'atteigne. Trop tard. Mais tout cela était bien futil, face à ce dernier détail. Elle ne pouvait plus grimper aux arbres en portant cet enfant en son sein.
Puis, avec un peu de chance, ce serait un garçon. Grandiose.

Rencontre typée méconnaissable.

- Et en plus tu oses m'ignorer ? Quel genre d'Elu es-tu?!

Androïde.

Ville en hauteur. Perchée. Dans les ruelles sombres. Forme mouvante. Ombre cybernétique. Câbles et plastique modulables. Marche, lentement. Créée. Synthétique. Membre de l'Organisation. Brève. Neutre. À côté, les autres. Les autres sont similaires. Pas de vie à conter. Contre Nature. Inverse. Puissante, ne l'évoque pas. Débouchée sur l'avenue principale. Véhicules volants et tour de métal. Du quatre-vingt neuvième étage. Loin du sol. Délié, structure aux variantes nombreuses. Clan soudé par le fer. Fragile. Paradoxe. Technologie avancée, équilibre non tenu. Cheveux violets et bottes plateformes contre robe institutrice et chaussures plates. Dénaturalisé. Pas un arbre. Huile sur le goudron. Radical et plausible. Court par nécessité. Vitesse absolue. Arrêt brutal. Coupure d'électricité, plongée dans le noir. Signal faible. Quatre-vingt neuvième étage, regarde le trottoir sous ses pieds. S'assoit. Égale à son programme. Adrénaline en perfusion. Intraveineuse d'extase. Neutre. Mondialisation stérile. Blanche. Un lieu où le risque n'a plus lieu. Radio-commandé. Verre et bitume, fer et pyrex. Naturellement stoïque. Plus d'émotion. Du chacun pour soi. N'y a que soi. Amour propre et découverte de la personnalité solitaire. Culte du silence. Moteur et gyrophare. Sonate électronique au volume trente. Crise identitaire. Galaxie de recherches. Questions sans réponses. Marre bleue répandue en bas. En attente de réparation. Observatrice, ne dit rien. Rien à dire. Aseptisé.

Les deux paires d'yeux en communication muette. Découverte du catégoriquement différent. Du sensiblement pareil.

/Rétablissement du système. 3. 2. 1.
/S-S-S-Syndel.
/Syndel.


Qu'est-ce que... Qu'est-ce que je sens...?
La larme roule, j'en suis sûr. C'est pas une larme. C'est quoi? C'est... C'est... chaud... Et même elle, elle se met à pleurer. Elle lui tombe dessus. Pas de gêne. Mais elle la mouille. Elle la mouille parce que j'ai de l'eau sur moi. J'ai de l'eau brûlante sur moi.

- Que ça te serve de leçon.

C'est... C'est tout...?
J'ai rien compris. J'ai rien suivi. Mais ce connard m'a jeté de l'eau à la figure. Cet enfoiré m'a aspergé d'eau. Très bien.
Pour toi. Pour toi, dont je ne reconnais pas le visage. Tu passes du vilain petit canard à la princesse cygne. Toi et ton nom slave, Syndel. Toi et tes cheveux blonds, ton visage fin, tes yeux émeraudes. Toi, et ton fabuleux sourire. Toi, et cette lueur dans ton regard que personne d'autre ne possède. Ma rivale. Ma rivale esthétique. Je suis sûr que ça te plairait. Retire juste les cicatrices, et je ne suis pas si laid. Non, je ne suis pas laid. Pas comme l'autre. Qu'il la punisse elle, je veux bien. Mais pas moi. Pas toi. Surtout pas moi. J'ai ma chaîne autour du cou. Celle qui contient le coeur. Je n'ai toujours pas retrouvé mes souvenirs à son sujet, et je te connais presque par coeur. Syndel, c'est un cadeau de toi? Je ne la retire jamais. Pardonne-moi. Je retire juste ma veste lourde. Torse couvert de bandages en tous genres. C'est le prix à payer de la beauté, tu sais. Ca s'assume. C'est un coup à prendre. Et lui va voir quel coup il va prendre. Deux molettes du casque déserrées. n léger crissement, semblable à un petit, tout petit grognement. Volatile. Maena n'existe plus. Il n'y a que la bête. Il ouvre la bouche, pivote très légèrement. S'il ne le chope pas avant qu'il ait fini sa phrase, il lui rompt les vertèbres.

- Oh? Le diable se serait-il enfin réveillé//

Putain, à rien, j'l'ai loupé.
Je l'attrape par la hanche, et l'entoure de mon second bras pour le coller contre moi. Et là, je lui sauve la vie. En nous jetant tous les deux dans le bassin.

Calme profond. Silence narcotique. Écosystème en pause. Développement atténué. Charme aqueux. Mélange amniotique. Stérilité divergente. Comble parcimonique. Soin impeccable. Douceur ingénue. Tendance suicidaire. Indifférence clé.
Tout est définitivement muet. La lenteur des organises vivants à se mouvoir en devient apaisant. Lentement, les paupières se referment. Calme profond. C'est froid, c'est bon. Ça fait un bien incroyable le long de la colonne vertébrale. Les coudes rangés, La pointe du pied entre en contact avec le fond. Atmosphère brisée d'une simple sensation de chair. Encore en vie, réagit. À moitié endormie. Lovée au creux des bras du dieu Sommeil. La beauté de l'immobile, le voyage à domicile. Se laisse tomber dans l'univers spatial le plus inconnu possible. Genoux contre un sol terreux, salé. Des roches, des galets. Gémissements feints. Caresse d'une feuille contre son épiderme à fleur de peau. Réaction de la chair, agit à retardement. L'orteil glisse sur la paroi lisse et duveteuse. L'élégance du ballet n'a d'égal que son silence astronomique. Stratosphère hybride reliée à la terre par un contrat vital. L'oesophage des geysers. Liquide amniotique siamois. La Création à son stade premier. La pensée.
Moule fœtal. Incarcération sphérique d'un corps meurtri. Deux os pointus à découvert. Un mince filet rouge se noyant dans tout cet acide. Chlore. Le flanc contre les galets. Assoupie. Les paupières lourdes, le dégoût de tout. Ce qui fait que rien ne va plus. L'inquiétude, l'angoisse, la contrariété, la lassitude. Facteurs nuisibles et associables. Le courant à fleur de peau. L'écrin de nacre collé au creux des seins. Il n'aide guère. Ne sert à rien. Il est là pour faire joli dans le tableau. Il n'a strictement aucun intérêt. Lorsqu'il est lâché, il se dirige vers le côté, légèrement de biais. Lui-même ignore où est sa place. Il ira se loger entre deux pierres lourdes, pour ne plus bouger. L'échine, elle, se met à trembler. Débat liquide, seuls ses orteils essayent de percer la poche maternelle. Les doigts se fixent sur l'épiderme du visage. Les lèvres deviennent bleues de par le froid qui engloutit peu à peu la saison. Puis l'agression oculaire s'estompent. Les iris se tentent à l'extérieur. Flou léger au départ. Progressivement, les fonctions visuelles recouvrent leur centre d'action. La vision se dépoussière, se fait plus claire sous cette masse plume qu'est le cocon. Deux halos lumineux en forme de bulle. Un cerceau coincé dans l'autre. H2O typiquement cristalline. Elle n'a jamais été autant translucide. Fines particules tridimensionnelles à la forme sphérique, globes immensément composés d'O2. Petites boules de vie. Filent vers le haut. Vers la lumière. Le jade de l'œil typé humanoïde se redresse, l'observe curieusement. Tracer son chemin, à quand son apogée. L'intrigue est telle que le cadavre bleu en verse une larme idyllique. Tableau ubuesque, peinture immensément trop diluée. Le bleu de ses larmes restent incrusté dans l'épiderme. Nourrie par diverses pulsions assommantes. Bulles. Apnée parfaite. Ondes amicales, plus besoin de manifester le souffle. Là sans l'être, il déteint sur sa carapace. Mal du bernard l'ermite, perte lacrymale, abandon aqueux, syntaxe moléculaire. Facteurs inaccomplis, creux d'emploi du temps. Dépression, cyclone. Tempête dévastatrice. Rien en ce monde narcoleptique ne s'y apparente. Malade, souffrant. Sommeil. Sommeil. Repos. Arrêt. Calme. Détente. Assouplissement, rétention de velours. Frisson dans tout le pantin. Le bois vivant, le mort déambulant. Une forme circulaire en ascension. Douce, soie et coton. Eau. Chaleur, rayons solaires nyctalopes. Plante. Atmosphère astronomique, améthyste ambulante. Précieuse, désormais concrètement perdue. Pas la moindre idée du pourquoi de sa présence en ces lieux. Besoin de voyage, de nouvelles sensations. Quand d'autres quittent tout pour le rien, son choix est résumé en un mot. Plonger. Laisse aller, laisse inhaler. Comme un bon petit cobaye. Fermeture oculaire. Silence. Pas de sérum. Fleur. Une fleur au fond du lac.
Opium désœuvré. Niveau espacé. Endolorissement passé, sérénité absolue. Mœurs des paupières obèses. Collées. Lorsque l'œil se risque au contact purifiant, il se pique. Tactile. Sphérisation des pensées occultes, en direction du haut. Que se passe-il une fois en haut. Qu'a-t-il au-dessus du corps. La joue contre les galets, les jambes chatouillées par les algues. Végétal. Pouvoir anesthésiant. Le long des reins. Déposer un baiser, puis s'éloigner. Vague anguleuse. Difforme. Écrin abandonné pleurant son entité prohibée. Vie. Tortueux. Agité. Roule sur le dos, cambrure contextuelle froide. Autour, l'ovulation bouillante. Sa chair, meurtrie. Poitrine couverte par ses coudes, sexe caché sous une herbe aquatique. Une fine pellicule ivoirienne recouvrant la peau déjà polaire. Lèvres bleues, chevelure maculée. Doucement, ils se closent, une énième fois. Décidée à dormir. Il faut dormir. Freddy n'existe plus. L'ennemi a été tué. Position infantile. Glace au micro-ondes. Briseur de rêves.
Flasque. Yeux grands ouverts. Question. Que vas-tu faire, à présent.

Sur ton chemin...

Tout va bien, désormais...
Si bien.
Et une onde non souhaitée. Un pas à la surface. Un spectre en hauteur. Présence non signalée. Ennemi.
Si bien.


Ça rentrait dans le masque! Ça rentrait dans le masque, putain! Vite, sors de là! Sors de là! Rha! Putain, l'enfer! J'ai failli me noyer, putain, putain, j'ai failli crever! Non, non, j'suis trempé, merde! Enlève le masque, vite, enlève ce putain de masque! Non, non, pas possible... J'suis trempé, putain, j'suis trempé! Je tremble. Je tremble comme une feuille, j'ai froid. J'ai cru que j'allais mourir. Je suis mort de peur, ouais. Putain, j'ai rien à me mettre... Putain, j'suis trempé! J'ai que des vêtements mouillés, putain, putain!Je me tâte, je suis entier, bordel! J'ai cru que j'allais y passer. J'ai eu trop peur. J'ai eu atrocement peur. Putain, mon visage est trempé, j'suis trempé, j'ai de l'eau de partout... Vite, attache-toi les cheveux, Maena. Fais-toi une queue de cheval, laisse les s'égoutter... Volte face, regard assassin.

- TOI! Restes là dedans. J'tiens pas à nettoyer tes viscères de merde ici.

Si tu bouges, je te bouffe. Ça va pas de me balancer de l'eau à la gueule, toi, 'va pas bien lui. Il est complètement inconscient. J'ai cru que j'allais mourir... C'était horrible... Putain, me dis pas que j'en pleure! Non, non, c'est qu'une larme. Une seule, putain. J'ai encore peur. Je suis terrorisé. Mort de frayeur. J'peux pas approcher ça. J'peux plus. J'attrape le visage de la belle en pleurs, sur son support carton. J'approche de son crâne, et je lui fracasse le support d'un seul coup dessus. Tu la touches pas. Pas elle. Pas mon dessin. Pas mon travail.

- Casse-couilles. J'suis un Élu du genre casse-couilles.

Ses yeux flottent à la surface. J'ai cassé le carton en deux, et j'ai déchiré son visage. J'ai déchiré Syndel. Je l'ai blessé. Blessé... Je dois aller la chercher. Mais elle est sur l'eau... Il fait une chaleur à en crever la gueule ouverte. J'ai l'impression de suffoquer. J'ai remis mon masque correctement inconsciemment. Et j'dois aller la chercher. J'suis trempé jusqu'aux os. Je tremble tellement qu'on dirait que j'ai des spasmes. Et je m'approche du bassin, m'accroupis, et attends qu'elle vienne jusqu'à moi. Je ne peux pas. Retenir une larme. Je ne peux plus...

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Alvaro
Ψ Narcissique Impitoyable Ψ

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MessageSujet: Re: Idéaux. [Alvaro.]   Sam 17 Sep - 20:22

Le scorpion, ou Scorpiones en Latin, représente bien des choses dans les différentes idéologies et symboliques terrestres. Ce petit être vivant appartient à cette branche animale provoquant tant de hantise chez le commun des mortels dénommée ‘’arachnides’’. En somme, le cousin germain muni de pinces de l’araignée était, par définition biologique déjà, un être craint et méprisé. Considéré par la majorité, tout du moins occidentale, comme étant un être particulièrement agressif de par son comportement et son utilisation presque abusive de son liquide venimeux létal en guise de contre-attaque. Car oui, ce minuscule organisme par rapport à nous fait partie de ces quelques espèces solitaires n’usant de sa force et de son agressivité sans pareille qu’en cas d’approche beaucoup trop brusque dans l’enceinte de son territoire et de son propre espace vital délimité par la créature elle-même. Ainsi, il valait mieux laisser le Scorpion à l’écart et le laisser tranquille. Mais le Scorpion a aussi pour caractéristique spéciale de dépasser le cadre purement animal dans nos différentes civilisations. Par ses traits particuliers, le Scorpion s’est vue attribué une place dans le vaste domaine de l’Astronomie et l’une de ses branches quelque peu moins crédible : l’Astrologie. Ce petit arachnide muni d’un dard vénéneux s’est donc retrouvé à offrir son nom à un petit amas d’étoile que l’on nomme plus communément une constellation. Située entre la Balance et le Serpentaire sur la toile de notre galaxie, le scorpion a, outre son intérêt scientifique certain, permis à certains ‘’spécialistes’’ appelés Astrologues de définir et de compléter les fameux horoscopes dont se gavent à en crever la bouche ouverte la populace capitaliste avide de connaître leur pathétique destinée. Journaux, revues, publicités, coupons, Saint Seiya et bien d’autre divertissements culturels nous offrent différentes interprétation dans ce domaine, incluant donc le Scorpion, et ont permis au fur et à mesure d’établir des profils types et de nombreux clichés plus ou moins crédibles permettant de définir avec une certaine précision des différents traits que nous serions en droit d’attendre, selon ces spécialistes, de quelqu’un appartenant à tel ou tel signe astrologique. En outre, tout terrien dont le jour de naissance se situe entre le 23 Octobre et le 21 Novembre appartient par conséquent au signe du Scorpion et se voit attribuer les caractéristiques suivantes :

Etre particulièrement indépendant et jouissant d’une certaine neutralité spirituelle, tu préféreras toujours exploiter tes dernières forces, évitant ainsi d’avoir à demander de l’aide ou de faire confiance à quiconque. Pouvant appartenir aux domaines du chaud et du froid, tu te montres comme étant quelqu’un de calme et de serein par nature en apparence mais tu sauras offrir le coup de grâce à qui osera te provoquer sur ton propre terrain. Ne jouissant pas d’une grande patience, gérer les conflits que tu traverseras s’avérera plus difficile qu’il n’y parait. Mais ton attitude courageuse et hargneuse saura t’éviter tout désespoir et te donnera l’envie de ne jamais abandonner. Personnage très orgueilleux, tu lutteras donc à mort quand la situation te semblera s’y prêter. Solitaire ne se permettant que quelques relations, tu placeras toutefois une immense confiance en ces liens et tu montreras une grande fidélité qui te sera fatale en cas de trahison, malheur que tu ne sauras supporter avec le recul nécessaire.

J’étais né un matin gris de novembre et bien que je n’aie jamais prêté la moindre attention à ces babillages ‘’divinatoires’’, cette description globale siégeait néanmoins à merveille avec ma complexe personnalité. Véritable Scorpion de Cœur, Alvaro Crescent dépassait le cadre du symbolique. Je n’étais pas qu’un Scorpion spirituel mais bel et bien un véritable scorpion de chair, de sang et de venin. Et tout comme le ferait ce petit animal que j’admire tant, je n’allais décidément pas tolérer qu’une pitoyable boite à oxygène portant un masque se permette de marcher sur mon territoire sans aucune gêne. Jusqu’à son dernier souffle, le Scorpion de Layca jurait de pourchasser et de punir de son dard assassin tout être qui aurait échoppé de ma malédiction

A peine avais-je quitté le bassin, que cet énergumène désagréable m’y replongea sans préavis. M’empoignant par la hanche, il nous fit prendre le grand large d’une prise de catch des plus douteuses. Ainsi, nous étions tous les deux trempés, et son agression en avait terminé avec ma patience. Me nettoyer les viscères disait-il… Et son auto-considération me semblait des plus correctes. Un élu casse-couilles hein ? Je dois admettre que son dernier geste avait le don d’irriter mes gonades au plus haut point.

‘’Toi ? Me nettoyer les viscères pauvres chien que tu es ?! Si tu veux la guerre Maena pense bien que tu l’auras !’’

Je me jetais alors sur l’homme brun masqué. Posant mes mains sur son cou je le plongeais au fond du bassin ardent, l’étranglant à moitié. On ne rigolait pas avec le scorpion, et je comptais bien lui donner une bonne leçon. Une leçon dont il allait se souvenir à jamais. Je voulais le marquer au fer rouge, lui infliger une cicatrice pour l’éternité… Entacher ses souvenirs pour toujours. Ma colère était telle que j’en oubliais que le linge qui préservait mon intimité s’était dispersé dans le bassin étendu. Dieu soit loué, les nombreuses bulles le faisaient tout de même.

‘’Pauvre clown que tu es. Va donc faire un tour à la Fontaine de Fées histoire de te rappeler à jamais qu’il ne faut JAMAIS emmerder le Scorpion de Layca !’’

Je serrais davantage ma prise, souhaitant réduire son oxygène au niveau zéro. Je voulais sa mort, que son corps refroidisse sous mes mains bouillantes. Lui offrir la sensation de se faire décapiter par la Faucheuse. Tu n’avais pas à craindre la mort ici Maena… Mais nul doute que de mourir étouffer allait t’offrir une souffrance suffisante pour avoir osé réveiller mon courroux vénéneux. Je te tenais. Tu ne pouvais plus m’échapper maintenant. Un léger rictus de satisfaction s’affichait désormais sur mon visage. Mais cette satisfaction ne fut que de courte durée. Mais au final, je n’obtins rien de tout ça. J’obtins une seule et unique chose… Un cri.

Un cri strident et horrible. Un bruit sorti tout droit des enfers. L'expression même d’une souffrance sans pareille. Un cri...Perçant, semblant transpercer les bassins et le monde entier. Le crissement des griffes du diable sur les tuiles de l’enfer. L’expression la plus brute du désespoir. Un cri qui…

Plongea mon esprit dans un brouillard incessant. Je ne savais plus vraiment ou j’étais, et me remémorer mon propre nom me coutait un terrible effort. Je me sentais lentement quitter mon corps. Tout ceci se rapprochait d’une transe des plus étranges. Ma tête…Ma tête me faisait horriblement mal. Comme si on écrasait mes neurones un par un. Que se passait-il ? Je devais bouger. Je devais… résister. Il le fallait. Je tentais de rester maître de mon corps. Je tentais de faire la sourde oreille sur ce cri horrifique. Résister… Il le fallait. Mais mes bras ne répondaient plus, et ma tête bourdonnait de plus en plus.

Je pouvais frôler du doigt la toile obscure de la mort. Je le sentais. Mes forces me quittaient lentement. Je m’imaginais déjà flottant accompagné par ces maudites fées virevoltant sans arrêt. La faux n’était pas loin. Elle traquait mon cou, elle attendait patiemment mon heure. Riant à gorge déployée, un rire gras et lent. La faucheuse me fixait. La mort… Par décapitation.

Mais soudain… Sans que mon corps n’ait fait le moindre mouvement… Sans que je n’ai pu réagir d’une quelconque façon…

Le calme… ?
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MessageSujet: Re: Idéaux. [Alvaro.]   Dim 18 Sep - 19:27


Zodiaque.


D'où tu viens, toi?
De nulle part. C'est vrai? Non.
D'où tu viens, toi?
De là où il fait froid.
De l'Est? De l'Est.

C'est... étrangement calme. Toujours frêle, toujours glacé. Les lèvres bleues. On se sent mal, ici. C'est un lieu déplaisant. Il n'y a rien. Fumée nocive et batte... Mon crâne va exploser. Battue aux loups. J'me sens mal. Tout est trouble, j'comprends plus.
Tu viens d'où? De l'Est.
C'est quoi, l'Est.
C'est ce qu'il y a à droite.
Droite.
C'est où? Là. Là où je te frappe.
Ah. C'est le/

J'sais plus ce qui se passe. J'suis perdu. J'ai froid, je meurs de froid. Mes poils se hérissent. Il fait atrocement froid. J'ai très froid. Je tremble. Il y a de l'eau partout sur moi. Partout sur moi. Partout. Il fait horriblement froid. Sa morsure me gèle. Je suis recouvert d'eau. J'ai froid, putain. J'ai froid. J'ai froid. Mes ongles sont bleus. Bleus de gel. Les pointes de jais se couvrent de givre. J'déconne pas. Il fait tellement froid qu'il y a de la fumée. L'eau est glacée, glacée. J'ai froid, j'ai froid, c'est invivable. Ma main se tend, revient vers moi. Elle se tend, et elle revient. J'ai l'impression de m'endormir. Faut pas dormir. Faut pas. J'aime pas. Tu sais comment elle est? Tu sais de quelle couleur elle est? Bleue, haha. Bleue, complètement bleue. Elle est même trouble, tu sais. Elle se trouble, et elle revient. C'est drôle. Elle revient. Elle se tend vers toi, et elle s'échappe. Comme si elle ne voulait pas te voir, tu sais. Tu l'effrayes. Tu as changé. Depuis que tu es là. Tu as changé, tu sais. Tu as changé. Tu n'es plus la même. Il n'y a plus de toi, ici. Tu es à la surface. Tu es à la surface, tu divagues. Tu vogues. Tu as changé. Tu aurais coulé, je le sais. Tu sais. Tu as changé. Elle se tend, et elle revient. C'est quoi, le choc? [Là où je te frappe.] J'essaye, j'essaye. J'y arrives pas, t'es trop loin. T'es partie trop loin, haha. T'es plus là, tu as changé. Tu... Tu... Flottes... Tu as trop changé, tu es trop loin de moi. Je suis loin, moi? Tu es loin, en tout cas, hahaha... Tu ne veux pas revenir? C'est vrai? Tu ne veux vraiment pas? Tu n'étais pas bien, avec moi? Tu n'étais pas bien, c'est ça? Pars. Tu as trop changé. Pars. Tu vas où? À l'Est. Tu vas à droite? Mais reviens... Reviens, aller... Reviens... non?... Tu ne veux pas? Elle revient. Elle est bleue. Fleur bleue. Elle est multicolore. Unicolore. Tu me regardes...? Non, tu t'en vas. Tu t'en vas sans moi. Je ne peux pas t'atteindre, tu le sais? Tu le sais. Elle revient, ne repart plus. Elle se colle à mes bras, l'autre aussi. Humides. Je suis mouillé. Complètement. Des gouttes s'écoulent de mes cheveux. Roulent sur les épaules, les omoplates. J'ouvre la bouche, elle se ferme. C'est drôle... Haha... J'arrive pas à parler. Je suis calme, pourtant... Pourquoi je tremble...? Pourquoi j'hésite...? Ah? Arrête... Reviens, s'il te plait... Tu sais ce que c'est une dysarthrie? J'sais pas. C'est quoi? Reviens, putain... Viens... À droite? Ca te regarde? Vas-y. Pars. Non, non, j'dis quoi. Reviens, reviens... Viens... Elle se tend. Elle n'a pas le temps de revenir. Tu t'en vas. Tu t'en vas, tu es trop loin de moi. Il arrive, et il passe ses bras autour de mon cou. Je tremble. Je bascule en avant.
A... Attends-moi... Attends, aller, attends-moi. Je te rejoins. J'arrive. Désolé, désolé. Je suis désolé. J'arrive. Attends-moi. J'arrive.
À droite, tu dis? À droite.
Non, pas en avant. Pas en avant...
Faut aller à droite...

Nous servons.
Troisième signe d'eau. Quatrième signe mutable, et double. Signe féminin-négatif. Gouverné par Neptune et Jupiter. Frères ennemis. Du dix-neuf Février au vingt Mars.
Points sensibles: Pieds, mélancolie, état dépressif, intestins, circulations, boulimie, tendance à l’alcool, aux pilules ou aux drogues.
Qualités: Compatissant, émotif, tendre, généreux, intuitif, imaginatif, sentimental, esprit de groupe, doux.

Mmh.
Défauts: Nonchalant, manque de volonté, crédule, désorganisé, passif, influençable.
Couleurs: Blanc cassé et toutes les nuances de bleu.

Ouvre les yeux. Ouvre les. Ouvre les, regarde.
Métaux: Or, argent, étain.
Pierres: Pierre de lune, Saphir, Aigue-marine.
Jour: Jeudi.

Tout est bleu. Tout est calme.
Fleur: L'Orchidée.
Poigne solide autour de la nuque. Il n'y a pas d'oxygène. Pas d'oxygène.
Chiffres chanceux : Cinq, Sept, Dix-sept, Dix-neuf, Vingt-trois, Vingt-cinq, Trente-deux, Trente-quatre, Quarante et un, Quarante-neuf.
Affinités : Taureau, Cancer, Scorpion, Capricorne, Verseau.

Les branchies. Y'a plus d'branchies. Y'a pas d'branchies. Y'en a jamais eu.
Aptitudes: Tout travail visant à soulager la souffrance des autres, que ce soit au niveau matériel, émotif, physique ou mental.
N'aspire qu'à la paix. Tu ne m'attendras pas, c'est certain.
Domaines: Pêcheur, pisciculteur, océanographe, occupations en rapport avec les hôpitaux, les prisons, les maisons de retraite, gourou, prédicateur, mystique, médium, guérisseur.
Correspondances: La mer, la musique, la poésie, l'inspiration, le mysticisme, l'infini, la photographie, la médiumnité, la drogue, l'alcool.

L'eau tout autour. L'eau. L'eau. Ses mains, et l'eau. Inconscience, c'est certain. L'eau.
Personnalité: Il a une nature psychique, hypersensible, très émotive, facilement impressionnable. Il est comme une éponge qui absorbe tout. Dévotion, abnégation de soi, détachement du monde sont des concepts qu'il connaît bien.
Ne te débats pas. Tu auras beau protester, rien ne changera. Rien ne change jamais. Le masque glisse. C'est étrange. Le masque glisse, le masque tombe. Soudain.
Il a tendance à établir des relations de victime-sauveteur, à s'illusionner facilement. Il est attiré par le mysticisme.
Analogie avec la nature: Période transitoire entre l'hiver et le printemps, entre la fin d'un cycle et le début d'un autre. Fonte des neiges, boue, tout devient informe. Le Carême (sacrifice). Période où se produisent plus de suicides et d'épidémies.

De toutes façons, qu'est-ce que tu attends. Tu ne sais pas ce que tu fais. Tu ne m'attends même pas...

Guidé par la mystérieuse Neptune, vous êtes très difficile à saisir car vous avez généralement deux personnalités. Mais de tous les signes du zodiaque, vous êtes le moins orgueilleux et le moins imbu de sa personne. [On m'aime, c'est tout.] Vous êtes extrêmement intuitif, vous possédez un flair inné qui vous permet de débrouiller les intrigues qui paraissent insolubles aux autres. Des gens aussi sensibles que vous, il y en a peu. [On m'adore.] Vos yeux semblent toujours pleins de larmes. [C'est pas vrai.] Il est vrai que votre richesses émotionnelle est exceptionnelle. [Non.] Tout ce qui se passe, autour de vous comme au petit écran, vous touche énormément. Comme vous voulez que tout le monde soit heureux, votre générosité est sans borne. [Mmh...] Vous donneriez votre chemise pour aider quelqu’un, ce qui peut parfois vous placer vous-même dans une fâcheuse situation et d’avoir besoin d’aide à votre tour. Vous êtes naturellement mélancolique et rêveur. [Je suis aimé, je suis épié.] C’est d’ailleurs sous votre signe que l’on retrouve le plus de poètes et les plus grands voyants. Vous êtes proches des sources modernes qui ouvrent la voie à l’inconscient. [Je ne sais pas ce qu'est une dysarthrie.] Vous vous laissez guider par vos sentiments plutôt que par les évènements. Vous êtes invariablement bienveillant et plein de douceur avec les autres. Si quelqu’un a des problèmes, vous savez l’écouter et lui remonter le moral même si le vôtre n’est pas au mieux. Il émane de vous un immense pouvoir de sympathie grâce auquel votre entourage s’attache à vous. [Tu écoutes?] Il est primordial de vous entourer de gens positifs et attentionnés : les disputes, les engueulades, la méchanceté ou l’indifférence vous perturbent beaucoup.
Je ne suis pas un monstre, tu vois. Alors attends-moi. Je ne veux pas te blesser. Je ne voulais pas te blesser. S'il te plait. Reviens. Reviens, j't'en prie. Je tremble. Je tremble, tu le sens. Pourquoi tu ne reviens pas? Pourquoi tu ne t'arrêtes pas? Je t'effraye? Il ne faut pas... Regarde, il ne faut pas.
Constellation du zodiaque traversée par le Soleil du 12 mars au 18 avril. Dans l'ordre du zodiaque, elle se situe entre le Verseau à l'ouest et le Bélier à l'est. Bien qu’assez grande, elle découpe un pan du ciel éloigné du plan de la Voie lactée et ne contient que peu d’étoiles visibles, toutes assez peu lumineuses. Cette constellation est dans le voisinage immédiat du Grand carré de Pégase, à partir duquel elle peut être repérée si les conditions de visibilité sont suffisantes. Ces conditions de visibilité sont rarement bonnes, comme la plupart des constellations d'eau de cette région, ils vivent la plupart du temps cachés sous la surface.
Je ne suis pas un monstre. On m'a fait étoile à partir des regards que l'on a porté sur moi. Je n'ai jamais rien dit. Jamais. On m'a capturé, c'est tout. Regarde-toi. Qu'est-ce que tu fais?
Je sens, rien qu'une seconde, mon corps se relever. La tension se relâche. Un rien d'oxygène. Un rien de respiration. Surface. Qu'est-ce que tu fais? Nos yeux se croisent. Furtifs. Tu respires. Tout va bien. J'aimerai sourire, te revoyer ton sourire, mais je n'y arrive pas. J'ignore pourquoi. Qu'est-ce que tu fais...? Mes yeux ne sont pas pleins de larmes, c'est faux. Je suis juste couvert d'eau. Je suis... Je. Je... Je... L'eau... Tu...
... Me noies?

C'est cet instinct qui nous dit de hurler. Cette voix-là qui, dans son délire, nous somme de résister au mieux, par n'importe quel moyen. L'horreur. L'atrocité. En fait, ce n'était pas prévu. Un malheureux accident qui peut arracher une vie. Plusieurs. C'est ce que l'on croit. Mais notre pensée est infaillible. C'est cette tendance à l'auto-défense qui meurt. C'est un murmure. Tu entends un cri? Il ne fait que gémir. C'est un gémissement de douleur. Un souffle court. Il ouvre la bouche, et ne la referme pas. Tu ignores ce qu'est la dysarthrie, et crois-nous, tu t'en mords les doigts. Tout serait mieux qu'entendre cette souffrance. Tu vendrais ton âme pour le faire taire. La discorde, sa puissance. Tu regrettes. Tu ne peux espèrer que cela. Il meurt. Tu ne t'en doutes pas, mais il meurt. Il suffoque la tête hors d'atteinte. Ton crâne s'ébouillante sans raison. Tu as mal. Toi aussi, tu souffres. On ne récolte que ce que l'on sème. Et tu regrettes. Tu ne le sais peut-être pas, sans doute pas, mais tu pleures ta connerie. Tu ne peux faire que cela. Etrangement, tu perds toute emprise sur lui. Le requin qu'il est reprend ses esprits, chante derechef. Il est fatigué. Il est fatigué mais il te supporte. Il n'est pas rancunier, tu sais. Il est juste effrayé. Perturbé par la situation. Il s'extirpe de tes mains, s'écarte doucement. Il ne comprend qu'à moitié où il est, ce qu'il lui arrive. Il tremble de la tête aux pieds. Sa voix trésaille, sursaute. Tu te vois meurtri, déphasé, cadavre. Il sait qu'il a froid, il sait qu'il n'est pas à l'aise. Alors il recule, sans te quitter des yeux. Il recule, recule, hurle au contact du rebord tant attendu. Tu sens la vie t'abandonner. Tu essayes de la rattraper, t'accroches comme tu le peux. Toi aussi, tu lui murmures de t'attendre, que tu es là, que tu la rejoins. Tu ne veux pas être séparé de ton souffle si précieux. Tes yeux sont vides. Il t'effraie un peu.
Il se veut liquide. Se hisse à la bordure, s'asseoit, se relève. Le tout dans une lenteur inconnue. Il arrive à peine à tenir debout. Il se sent lourd. Enlève ses chaussures en y marchant dessus. Il n'a plus aucun respect pour les Doc Martens. Chausettes trempés. Il tire dessus. Il dégraffe les attaches sur ses jambes, nombreuses, retire la fausse ceinture. C'est à peine s'il l'aide à tomber. Ses yeux ne décrochent pas de l'être encore baigné par l'acide qu'il exècre par tous les pores de la peau. Il recule, enjambe son bas. Sa voix est juste splendide. Il se tord de douleur. Tu n'avais qu'à te cacher. Les bandes du torse se délient. Foutues. Il les défait de lui-même, sans pourtant paraître conscient de ses gestes. Aucune honte à exhiber les multiples balafres courtes qui le cernent. Passe deux doigts sous ses crins sombres. Pas dormir, c'est ça? Il est tétanisé. Fais bifurquer ses doigts sur sa joue. Tire les bandages fichus de son visage. Mutilé. Décharné. Tapis d'accessoires à ses pieds. Psychée fragile, il laisse les bandes se dérouler, les plaies passées s'afficher. Il en cesse tout hurlement.
L'on ne sait même plus lequel a de quoi souffrir.
Les deux, sans doute.
Sans doute.
Il marmonne. Légère douleur dans le cervelet. Très doux. Très calme. Il ne lâche pas l'homme des bains du regard. Il n'y a que lui.

- Le masque...

Deux paumes térorrisées s'approchent de son crâne, l'attrapent, le compressent. Douleur. Yeux exhorbités. Il n'y a qu'eux deux. Et elle, à droite. Il marmonne. Il n'arrête pas. Tellement faible qu'il hausse à peine la voix. Ce n'est pas destiné à être entendu. Il le faudrait, pourtant. Si faible qu'il ne prend pas la peine de complexer face à sa posture. L'autre non plus n'a pas à être fier. Pas fier du tout. Le masque est au fond. Le masque est au fond. Ca a l'air de l'angoisser. Mauvais signe, tu crois? Aucune idée. Il regarde l'homme, l'eau, l'homme, la feuille, l'eau, l'homme. C'est tout. Soudain, sa main se décroche, vient attraper violemment le pendentif qui lui reste. Si petite cage dorée. Recule, chancelant. Pas foncièrement adroit. Surtout pas maintenant. L'immédiat n'est pas à ça. Sa voix ne se taira jamais. Toujours une légère douleur au niveau du cervelet, gênant. Et lui, noyé. Eponge. Il recule, et s'arrête. D'un coup, se rapproche du baigneur. S'approche, s'approche. Rapidement, vaniteux. Il se baisse, se penche du mieux qu'il peut. Seuls cinq des doigts prétendent toucher le sol humide, les cinq restants ne se délogeant pas de la cage. Il s'approche, s'approche, frigorifié et tremblant. Son oreille libre. Trop faible pour blesser. Si beau tableau. Brume épaisse. Son. Murmure.

- Oui, nettoyer tes viscères...

De tous les signes du zodiaque, vous êtes sans doute le plus compliqué. Tenant de Mars votre courage et votre volonté de fer, vous êtes le signe des pouvoirs cachés, des ténèbres, de la mort et de la résurrection. Gouverné par Pluton, vous êtes le jugement venu de l’invisible. Quand vous regardez quelqu’un avec vos grands yeux sombres et mystérieux, votre regard scrutateur semble lire jusqu’au plus profond de son âme. Il est vrai que vous êtes très intuitif. Vous êtes ferme et obstiné, énergique et surtout extrémiste. Visuel, vous analysez beaucoup et vous avez un flair terrible. Doté d’une mémoire surprenante, vous n’oubliez jamais rien, surtout ce qui vous blesse, et vous êtes de surcroît très rancunier. D’ailleurs, si vous ne laissez pas paraître votre sensibilité et votre grande émotivité, c’est par peur d’être blessé. Vos sentiments très profonds sont souvent confus et troubles. Passionné, que vous aimiez ou haïssiez , vous êtes prêts à tout. Lorsque vous aimez, vous êtes extrêmement possessif, mais également très fidèle. Par contre, si vous ne laissez personne faire de la peine à ceux que vous aimez, vous ne pouvez vous empêchez de lancer vos remarques acidulées aux êtres chers. Vos sentiments très profonds et souvent confus donne l’impression que vous jouez avec les gens. En réalité, vous avez besoin d’être certains, vous avez tellement peur d’être blessé: comme le scorpion, vous lancez alors votre venin. Mais les gens détestent être testés et vous serez perçu comme un être méchant et démoniaque. Il faut dire que vous avez le don pour trouver le point sensible des gens et le moment où ils sont le plus vulnérables afin de «piquer ». Cela vient du fait que vous vivez trop dans le passé. Ayez confiance dans la vie et les gens et sachez pardonner. L’harmonie s’installera dans votre vie.

Menace de glisser, il se retire et gémit à nouveau. Autour de lui, de l'eau. Sur lui, de l'eau. Elle est partout. Elle le poignarde. Nouvelle version de la maison hantée. Réclusion personnelle. Il s'éloigne. Il se relève et recule. Recule, recule, recule. Un mur. La balafre sous son oeil se teinte de rouge. Il gémit. Un mur. Il cogne l'échine contre un mur. Son nez laisse écouler le carmin. Il glisse le long du mur. Il glisse, il se laisse glisser. Du sang. Du sang sur lui. Murmure. Recroquevillé, petite boule dans un coin. Et il se met à pleurer.
Il est mort de peur.
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Alvaro
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MessageSujet: Re: Idéaux. [Alvaro.]   Dim 30 Oct - 15:16

Obscurité puis Lumière. Je sentais mes entrailles bloquées se remettre peu à peu en fonction après avoir été forcées de se replier sur elles-mêmes par ce son maléfique. Le bout de mes doigts se dégelait au fur et à mesure des secondes, et mon regard trouble retrouvait tant bien que mal le monde tangible et vivant. Mes jambes endurcies se décrispaient légèrement et, pris de cours par la situation, je n’eus d’autre choix que de m’accrocher au bord du bassin qui se trouvait, par chance, non loin de mes bras. Ce bord salvateur me permis de concentrer mes pensées sur un point fixe : Le carrelage de la pièce. Tout tremblait encore. Tout était vague, sinistré, gris, insoutenable… Ma tête tournait frénétiquement dans tous les sens, réduisant fortement mon équilibre. Ce cri mortel m’avait rendu pathétiquement vulnérable… Je me sentais articulé comme une marionnette, emprisonné par un vil tour de magie…  Ce sentiment était insupportable, atroce, ravageur, intolérable. L’atmosphère était devenue si oppressante que tout ne menait qu’à un seul et même point d’orgue. Cette sensation qui dévorait mes lèvres et mon être… Cette frayeur qui tranchait mes os congelés, elle n’était rien d’autre que la Solitude.  Par ces vibrations sonores, Maena m’avait enchainé à un destin regorgeant de solitude. Se sentir mourir lentement, seconde après seconde, constatant à chaque grain de sable que notre corps ne répond plus et est voué à s’éteindre et à exploser sous cet orage strident. Un orage qui n’emportera qu’une seule et unique âme jusqu’aux portes d’Hadès : La mienne.

Par miracle, les Moires ne purent mettre main sur le fil de mon existence, et mes pensées s’en pouvaient retrouver le chemin abrupt de la réalité et de la vie. Comme un visage émergeant du fond de l’océan, chassant la moindre trace d’oxygène aussi précieuse que de l’or. Cette oxygène repénetrait dans mes poumons, enclenchant à nouveau ce processus primordial à tout être humain : La respiration.  L’O2 circulait à nouveau dans mes veines, et redonnait lentement vie à mon cerveau, mes bras, mes jambes et plus que tout… Mon cœur.

Je le sentais battre. Il retrouvait sa vigueur d’antan. Boom boom. Boom Boom. Boom Boom. Deux sons intercalés, se répétant inlassablement dans un seul et même rythme.  Boom Boom, Boom Boom. Le son se faisait de plus en plus intense et bruyant au creux de ma cage thoracique. Mon artère vibrait sous le flot sanguin continu et amplifié par le retour à la normalité. Mes mains se réchauffaient à nouveau, et mes yeux retrouvaient lentement le feu ardent qui les caractérisait.

Boom Boom… Boom Boom…

M’appuyant toujours contre le bord du bassin, ma main se glissa contre mon torse, agrippant alors ma peau nue du bout de mes doigts. Mes ongles pointus agressaient alors mon épiderme tant ma pression était forte.  Mon autre main se portait alors vigoureusement à ma bouche. Mon corps tout entier se crispa entre deux battements.

Boom Boom.

Un léger sursaut survint. Ma gorge commençait lentement à se serrer, m’empechant de respirer convenablement. Je sentais mon estomac se révulser sans arrêt au creux de mon ventre. Que se passait-il… ? Tout mon corps tremblait… Et puis… Survint le drame.

Boom Boom.

Mes deux mains vinrent s’agripper au bord, mes yeux semi-clos observant le mélodrame qui venait de se succéder. Ma bouche pâteuse se laissait mourir lentement. Nul doute que mon organisme avait été rudement mené par cette violente attaque… Je ne contrôlais plus rien désormais. Tout n’était plus qu’effets secondaires. Le liquide qui s’écoulait sur le bord représentait bien tout le dégout que je pouvais ressentir à ce moment-là. Du dégout envers ma propre faiblesse, mais aussi envers cette misérable créature qui m’infligea ce châtiment. Entre deux tremblotements je pus sentir mon cœur battre au son de la haine qui parcourait lentement mes veines. Je me sentais pathétique et fragile, mais pour une raison inconnue j’avais été épargné et j’étais bien prêt à lui en faire payer le prix.

M’essuyant lentement la bouche, mon regard de braise se transforma en lame d’acier tranchante. Voyant ma serviette vogué au loin, je la repris d’un coup sec, et l’attachait à mon flanc après avoir escaladé le bord du bassin, esquivant évidemment mon piètre spectacle. Il était au fond de la pièce, dégoulinant d’eau de partout. Son regard semblait troublé par quelque chose. Je pouvais lire une immense frayeur dans ces yeux. Puis je remarquai alors quelque chose que j’avais ignoré jusque-là, et qui allait s’avérer primordial. Le visage de Maena était alors découvert. Je voyais enfin cet étrange personnage sous son véritable jour. Cachée sous des bandages qui étaient désormais défaits, probablement pour tenter de m’anéantir, de nombreuses balafres régnaient aux abords de ses yeux et de sa bouche. Et ses cicatrices étaient désormais teintées de rouge. Du sang.  Quelque chose avait donc freiné Maena dans sa course funèbre et avait mortifié ses blessures. Était-ce son don ? Ou alors… Regardant autour de moi, une seule chose avait pu intervenir. Une seule chose pouvait effrayer Maena à ce point.

’’L’eau.’’

Alors Maena le solitaire était un être qui devenait subitement craintif et faible au contact de l’eau. Un rictus vint teinter mes lèvres engourdies. Quelle belle ironie du sort. Y avait-il meilleur endroit que celui-ci pour montrer à ce déchet le sens du mot respect ? Je ne pense pas. J’avais envie de rire. De rire à gorge deployée. J’avais tout compris désormais. Je savais comment Maena fonctionnait à cet instant précis. Cette tignasse brune et ténébreuse n’était autre qu’un ersatz des sirènes homériques et leur chant  envoutant les intrépides guerriers. Il me fallait donc l’empêcher à tout prix d’agir.

Tapis contre son mur, tremblant, se mourrant de peur, la Sirène de la Mort ne me vit pas avancer tranquillement en sa direction. Dans son état, il n’allait certainement pas réussir à m’infliger son sort. Pour se faire il était probablement obligé d’entrouvrir ses lèvres et de laisser glisser le son strident de la Faucheuse, mais la menace aquatique était bien trop forte pour lui. J’arrivais désormais près du mur ou il s’était terré et mon regard ardent présageait de la lente et douloureuse torture qui l’attendait.  Tu allais découvrir une nouvelle raison d’avoir mal, Maena.

Ne réagissant plus à ma présence, j’agrippai alors sa tignasse de jais et l’empoignait avec force et de la main droite tandis que ma main gauche venait  pincer avec intensité ses lèvres mortifiées pour les fermer à jamais. Relevant lentement ce cadavre vivant, je chuchotais alors dans un doux son de violence et de haine.

''Tu vas regretter tes agissements petit être frêle et fragile… Tu n’aimes pas l’eau n’est-ce pas ? Ce sang qui brûle ton visage te demande de fuir pas vrai ?''

Le tirant alors par les cheveux, je le ramenais au bord du bassin. L’adrénaline et le sadisme qui me parcouraient alors me donnaient une force détonante. M’agenouillant près de lui, je poussais alors son crâne contre le sol, l’obligeant à frôler le liquide savonneux.

''Tu as peur n’est-ce pas ? Tu ne veux pas la revoir… Tu veux échapper à cette eau.''

Son visage se rapprochait de plus en plus. La pression que je faisais sur son crâne augmentant graduellement. Son nez n’était plus qu’a quelques millimètres de l’eau. Il me suffisait d’un geste…D’une réaction… Pour lui faire prendre le grand large de la phobie. Un aller simple vers la terreur.

Je comptais alors jusqu’à trois. Trois longues secondes ou j’avais décidé de laisser le cœur de la sirène s’emballer face à son scénario. Tel un bourreau qui aiguise sa hache devant le condamné, je contenais avec difficulté le rire malsain qui me hantait.  1… Il se débattait au mieux. Mais sa peur bridait sa force. Et privé de son don, Maena ne pouvait décidément pas grand-chose contre moi.

''Quel dommage que ta bouche soit maudite. J’aurais adoré t’entendre me supplier de te relâcher…''

2... Le décompte glissait comme la glissade en enfer qui attendait Maena. Lentement...Sûrement... Voyait-tu les flammes de Hadès ? Percevais-tu les serpents de Lucifer ? Crains-moi Maena. Crains ma haine et mon courroux. Crains Alvaro Crescent, car il connait ton point faible.

3... Le décompte se meurt. La dure réalité qui t'attend se fais de plus en plus proche. Engouffre toi dans la peur et restes-y...Maena.
Relevant sa tête, je prenais mon appui, prêt à executer ma sentence. Et d'un mouvement brusque...

...

Je le poussais violemment contre le carrelage du bassin, faisant impacter son crâne sur le sol.

Me relevant lentement et tournant le dos à la Sirène, je m'adressais à lui d'un ton sévère :

''Ceci était un avertissement Maena. Tu as eu là un exemple de ma cruauté et de ma froideur. Pour l'heure je t'épargne ma sentence, mais ne te remets plus jamais au travers de ma route. Adieu.

Je m'en allais alors en direction du dortoir. Laissant derrière moi le corps tremblant de mon opposant. Il était temps pour moi de cesser ces enfantillages et de retourner à mes missions.
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MessageSujet: Re: Idéaux. [Alvaro.]   Ven 4 Nov - 15:41


Buter tous ces fils de pute, c'est ça?


Juste là. Tapie dans son coin, à attendre. Amaigrie et chétive. Toute petite créature. Si petite chose. Ridicule, courbée sur elle-même, à ne rien faire. Ses paumes apposées contre ses yeux, honteuse, craintive. Toute petite chose au front tourné vers le mur. La tête basse. Tellement basse. Une masse capillaire décolorée en guise de signe distinctif. Les Diluviennes. Exilée des Terres du Nod. Seule au monde. Entité cruelle, visitée par les curieux un peu trop confiants. Tristesse absolue. Pénombre. Nuit noire. Encrier dans lequel elle a enfermé son âme volage, charbon. Fil et aiguille. Infusion de jais. Au sol, le goudron de la route trop huilée. Le chant cristallin des cristaux de verre rebondissants contre son marbre ténèbres. Son mur sonne creux, résonne. Il sent la douceur de ses mains. Parfois lovées contre les rayures tridimensionnelles, tandis que son échine ploie sous le poids du châtiment divin. Elle n'aime pas être fouettée. Elle a diaboliquement peur. Morsure du froid de la ruelle. Simple aperçu de la force du gelé. Accroupie. Juste équilibre du un miroir relativement faible. Basses caisses de résonance. Il y a du bruit tout autour. Aranae, hexapodes. Les passifs. Les nuisibles. Plus rien n'est important. Remous sous ses jambes anorexiques. Convulsions. Stupeur. Se laisse tomber en avant. Pénombre du lampadaire géant. Lépidoptères des abysses venus assister à sa décadence sordide. Tout est bon pour s'accorder le loisir. Les os des membres supérieurs qui s'écrasent contre l'aluminium du cylindre argent et givre. La traînée. Le reflet du bitume juste là choyée par le préau de son corps squelettique tombe en disgrâce. Coup d'état sur son propre état. Ses rotules qui se dévissent. Son équilibre qui vacille, oscille. Boulier de Newton désarticulé. Long cri douloureux des griffes acérées contre la sidérurgie. Tissu. Verre brisé. La bobine albinos se déroule sur ses épaules. Recouvre son cadavre noué, d'une pâleur astrale. L'ivoire vermeille indécent de ses ongles lâche l'étranger, se réfugie contre ses prunelles rougies. Court sanglot. Tremblements, arrêt. Respiration lente. Dos rond. Délivrante. Et elle se met à pleurer.
Putain, à quoi tu joues, là?
C'est un nouveau jeu. Tu veux tester?


Il relève à peine les yeux vers son agresseur. Comédie. Juste une blague de mauvais goût. Il n'était pas là. Tout allait bien. Rien n'allait plus. Il sent le carmin sur lui, sur son visage d'ange carbonisé, et il n'a aucune envie d'y toucher. Le balafré. Le difforme. La sirène qui n'avait plus rien d'aquatique. Aquatique. Celle qui s'épand et qui dérange. L'envahisseur. Méphistophélès en personne. Son timbre clair et parsemé de cynisme. Sarcasme. Ses pupilles turquoises baignées dans une hémoglobine qui n'avait aucun effet sur lui. Les yeux? Que faire des yeux. N'en a cure. Les lèvre sont cousues. La cavité de son dos d'une pureté virginale, juvénile. Secouée, mal aimée. Feuille de papier. Zéphyr lucide, inébranlable. La portée se fait enchanteresse, et ses yeux se noient dans l'écume qui génère. Inondation lacrymale. Tout se courbe autour de lui, alors il s'enfouit dans son propre corps. Chaleur angevine de l'humain sacré. Rien ne vaut la douceur du foyer. Il se balance, d'avant en arrière. Aveugle. Coupé du monde. Chez lui. Une bulle volcanique. Un cratère immensément profond, dédales intraitables. Sanglotant dans son coin. Paradis artificiel. Long sommeil sous la lune de cire. Pas de bruit. Il n'a plus mal à la tête. La grosse colère l'a épuisé. Il ne demande rien d'autre qu'un peu de calme. Un rien de silence. De silence. La diva ne peut tenir la note éternellement.
C'est calme, chez toi.
Attends, c'est là qu'ça devient nerveux.


’’L’eau.’’

Vibrations. Onde assassine. Une syllabe. La sordide. Allégorie de la perfidie. Il relève la tête brutalement, la canalise à l'aide de ses serres. L'oiseau mazouté. Gluant. Gémit. Frayeur. Frissons. Il se cache. Replonge dans ce monde de tempérance. Il ne se sent pas bien. Il grelotte, il appuie sur son crâne pour ne pas la regarder. Il ne se sent pas bien. Ne veut pas les croiser, ni l'un ni l'autre. Trop hystérique pour ça. N'ouvre pas la bouche, se contente de grincer des dents, de se mâcher la lèvre inférieure. Nerveux. Trichotillomanie. Il les garde en main. Ne les lâche pas. Terrifié. Il n'aime pas ça, c'est tout. Il n'aime pas ça. C'est à peu près tout. Ne dis rien. Silence absolu. Colle son échine à la paroi officiant comme siège. Les lignes droites sont des courbes. La Sirène se laisse aller comme une enfant. De longues plaintes. Souffrances abominables. Il sent son crachin sur lui. Venin sulfurique. Il aimerait s'en débarrasser, bien sûr. Mais il ne fallait pas y toucher. Trop dur. Trop éprouvant. S'arracher les cheveux était plus facile. Sauf qu'ils étaient humides. Quand le navire tangue, l'intérieur est ébranlé. Il était paquebot dans Atlantica. Il était barque de fortune dans cascades miséricordieuses. Il le comprend vite et enlace ses genoux, son visage profondément enfoui en son sein. Ne pas regarder. Ne rien voir. Les sons. Juste les sons. Le gargouillis odieux des vagues dans leur étendue. L'infâme amour d'un poète ému par sa Muse. Mythique cantatrice. Lyrique. L'isolement. Le cloisonnement de l'artiste loin des foules et des intrusions. La diva doit reprendre son souffle. Quelques instants de doute.
Grappin. Tiraillement. C'est tout. Dès lors qu'il sent son corps se soulever, il lâche ses genoux, ses cheveux, et agrippe le poignet de l'agresseur. Autodéfense instinctive. Il le griffe, gémit, se plaint. Maléfice aquatique en pleine débâcle. Diable de superbe en furie. Odyssée du trépas.

''Tu n’aimes pas l’eau n’est-ce pas ?''

Misère. Frémissement. Syllabe. Miséreux. Larmes aux yeux, yeux clos, ne veut plus rien entendre. Misérable. Le ver qui s'agite à l'hameçon. Sirène hors de l'eau. Traînée, enchaînée. Le gibier de potence s'éventre à tenter de se relever. Il trébuche, avance. Barrière de sécurité. Il doit s'évader. Il sait très bien ce qui l'attend, et il ne veut surtout pas y être confronté. Il ne doit pas. Ne pas aller vers l'avant. Il ne le supporterait pas. Résiste. Résister. Pitié, résiste. Tente de bloquer ses pieds, mais il le traîne avec toute la conviction du monde. Ne me touches pas. Lâche-moi. Lâche-moi. Prouve-lui que tu peux lutter. Tu n'es pas faible. Juste un peu déstabilisé. Ton torse est tiré sur des lieux d'humidité. Tes orteils tentent de s'agripper au sol, sans grand succès. Et finalement, il découvre sa destination. Bassin.

''Tu as peur n’est-ce pas ? Tu ne veux pas la revoir... Tu veux échapper à cette eau.''

Non. Non, non, non, non, non, non. Phobie. Decrescendo. Ne pas se laisser faire. Lui planter les griffes dans la chair pour lui faire comprendre qu'il ne devait pas faire ça. Se démener comme un beau diable pour au final se retrouver face à la piètre constatation que tout effort est vain. Ne penser qu'à la pression sur son crâne, à l'essorage que ce simple geste produit. Sentir les perles rouler sur ton derme de nacre. Constater que rien ne va plus, et couiner pour le faire lâcher prise. Ne pas pouvoir ciseler ces lèvres de malheur pour lui hurler de s'arrêter là, maintenant. Découvrir avec stupeur que l'on est ridicule. Atrocement fébrile. Cruellement pathétique. Le bourreau qui jette le condamné dans sa purge. Lourd choc au sol. Le traître ne s'en remet pas, cherche à fuir. Jusqu'au bout. L'abandon prohibé. Lui attrape les cheveux, les tire. Et les tire vers l'eau.
Pression. Pression à l'arrière du crâne. Il s'agrippe au rebord qu'il dépasse. La moitié de son buste menace de tomber dans le vide. Il ferme les yeux, cherche par tous les moyens à lui en réchapper. Pas l'acide. Pas l'acide. Pense à son châtiment, trésaille. Perd toute sa force, se laisse plonger. NON. Tiens le coup. Encore. Il force. Ça se sent. Pas tout à fait fini. Terrorisé. Pétrifié. Incapable de prononcer le moindre mot. Se contente de gémir. De pleurer. Encore.

''Quel dommage que ta bouche soit maudite. J’aurais adoré t’entendre me supplier de te relâcher...''

On ne partage pas le même calice. C'est une des règles primaires du savoir-vivre. Il ne va pas faire plaisir à tout le monde, sa vie n'aurait aucun sens, sinon. Quelle tristesse. Il se retient au bord comme il le peut. Ses plantes de pieds glissent sur le sol. Trop humide. Trop lustré. Il la hait par tous les pores. C'en est même devenu viscéral. Il ne veut pas la rencontrer. Face à face morbide. Il ne veut pas. Ne veut pas. Qu'est ce qu'il croit? Qu'il va se laisser faire aussi sagement? Il voudrait, oui, il voudrait pouvoir l'en empêcher. Mais elle est partout autour de lui. Partout. Absolument partout. On n'entend qu'elle. Remous calme. Docile. Il plonge. Le bout du nez la frôle. À peine. L'hémoglobine s'aventure trop près, coule. Le carmin est lourd. Pas si noble que ça, finalement. Très peu goûteux dans cette position, d'ailleurs. Trop près, non, trop près. Il faut sortir d'ici. Il faut partir. Partir. Trouver un moyen de s'évader. Avant de voir la cassure entre les deux se ressouder d'elle même en arrivant face à lui. Syndel. Lié-délié. Il voit son pendentif. Il voit sa cage en verre, et il voit le cœur à l'intérieur. Lui hurlant de résister. Avant de retrouver son minois déchiré par l'affliction qu'elle s'inflige. Avant de basculer en avant.
Trop près. Vraiment trop près.
Son gémissement n'est plus du tout discret.
Il le jette plus loin. Le sol. Le carrelage. Tout était mieux que la surface faussement plane. Tout. Il lui tournait le dos. Mollement allongé sur le flanc gauche, immobile. Pantin désarticulé, inerte. Le sang sur le faciès. La lèvre perforée par la frayeur, par l'anxiété. Replie ses jambes contre son buste, courbe l'échine. Se plie. Littéralement. Et se redresse, larmoyant. Il se repend de sa fragilité. Il serre ses doigts les uns contre les autres, les fait craquer. Satiété. Mépris. Se recroqueville, tout doucement. Il ne peut cacher plus longtemps la pluie disgracieuse qui vient déformer son visage. L'émoi lui brûle la peau dans des sanglots aussi bien douloureux à assumer pour lui, tout aussi chaotiques à supporter pour l'encéphale de l'agresseur. Mais il n'en a cure. Il ne veut plus jamais la revoir. Plus jamais.


The ones that cry.


Euphorie du déchirement. Ronces pleureuses au-dessus de sa crinière décolorée, légèrement teintée par le vermillon de ses dix longs ergots d'acier. Semblables à de gigantesques bagues armure inviolables. Qui griffaient ses tempes. Caressaient sa nuque. Esprit tourmenté, angoisse. Des pleurs. Des pleurs tellement magnifiques qu'elle ne veut pas cesser de pleurer. Complainte monotone, géhenne sans but, et pourtant tellement séduisante. Ses oripeaux ne couvrent plus que sa maigre poitrine et son sexe effacé. Elle est grande. Elle est cachectique. Décharnée, émaciée, desséchée, infertile. Squelette réanimé. Elle est chétive, elle est rachitique. Elle n'a aucune formes, aucune sensualité. Un ensemble d'os pointus déguisé sous une cape vieillie à la teinte blanchâtre. Elle est creuse. On se demande d'où elle sort toutes ses plaintes. Elle n'a aucun coffre. Elle n'est plus hydratée depuis des millénaires. Elle est là, isolée, frêle, difforme et aliénée dans son déshonneur. Les bras malingres dotés de gantelets crochus et d'un flamboyant d'une rareté évocable. On comprend pourquoi elle n'a plus aucune once d'humidité en son sein. Rien. Elle est vide. Ses organes ne sont plus que cendres. Calcinée de l'intérieur. Cœur poudreux. Poumons asphyxiés. Souffle apaisant. Apaisé. Elle n'a de cesse de geindre. Le pot de fleurs au-dessus d'elle la couvre de bonheur, mais elle se lève. Doucement. Les Torrentielles. Titube, lutte pour retrouver la fonction de marche. Déséquilibre précoce, elle parvient tout de même à rester debout. Et elle se met à avancer dieu sait où dans la rue, à l'abri de la lumière. N'aspire qu'à la paix. Les griffes devant les pupilles. Les joues creusées par la désertification. Créature monstrueuse. Elle ne pouvait être humaine. Elle pleurait tout le temps. Ne pouvait pas s'en empêcher. Sans relâche. Sans arrêt. Et elle s'arrêta. Nouvelle lumière braquée dans son dos. Bruit de pas dans les flaques. Intrusion.
Un regard qu'il devine orgueilleux, hautain. Prétention d'Élu, après tout. Ses pleurs cessent. Il ne doit plus s'en faire. Elle est tout autour. Il en est recouvert. Le sang lui brûlait les yeux. Les larmes aussi. Tout son faciès céleste était incinéré par les fluides vitaux. Il s'en foutait. Il trouva sa vue en se nettoyant du mieux qu'il le pouvait. Il respirait un peu mieux. Il allait mieux. Il oubliait l'ennemie. Des souvenirs pleins la tête. Oublier. Il ne se rendit pas compte que ses mains étaient recouvertes par sa sève. Il trouve un équilibre précaire et se redresse tant bien que mal. Il se supporte. Il a mal au crâne du choc contre le sol et des gémissements incessants d'il y a à peine une minute. Peut-être. Peut-être moins. Pose une de ses mains sur son front. Sent quelques unes des balafres. Choquant. Il s'en contre-fout. En cet instant, des souvenirs plein la tête. Haine.

Qu'est-ce que tu comptes faire?
Cracher tes glaires visqueuses à tes côtés. Puis les lui envoyer dessus. Il ne mérite que ça.
Hé, vieux, fais gaffe!
Whoah! C'est quoi la mare verte d'uranium, là?
C'est la Spitter, zen. Avance.

Qu'est-ce que tu comptes faire?
T'accroupir. T'accroupir, calmement, te terrer là où personne ne peut te voir. Et lui sauter dessus. Comme ça.
T'entends le bruit?
Quel bruit?
Chut... Y'a un Hunter pas loin. Passe par l'autre côté.

Qu'est-ce que tu comptes faire?
L'empoigner comme jamais. Le plaquer contre le mur, meurtrier. Et le rouer de coups. Violence.
Une porte, yeah.
J'aurais pas confiance, perso. Regarde-moi c'qui arrive.
Oh putain vieux, c'est quoi cette montagne?!
Un Charger. Tu veux mon avis? Dégage de là.

Qu'est-ce que tu comptes faire?
Courir. Ne pas s'arrêter de courir. Lui sauter dessus, niveau du crâne, et le tracter vers le bord. Le conduire, impunément, dans l'eau.
Ah! C'est quoi cette saloperie?!
C'est rien, c'est l'Jocker. Déplace-toi, vas-y, il va tomber.

Qu'est-ce que tu comptes faire?
Guetter au loin, perché sur ton poteau électrique. Le dévorer des yeux. Et lancer ta langue gluante en sa direction, l'enlacer, l'étrangler.
Oh putain le Smoker! Tire!
Et merde! J'fais quoi, là, vieux?
Attends, tu peux rien faire.

Qu'est-ce que tu comptes faire?
Baisser les yeux, un instant. Apercevoir le fruit pourri de sa souffrance. Sourire, être satisfait.
Hé! C'est quoi qui m'a dégueulé dessus! C'est ignoble, ton jeu!
Haha! C'est l'Boomer! T'inquiète, il est pas très méchant, lui.
C'est atroce, putain...

Qu'est-ce que tu comptes faire?
Soulever le plus lourd des meubles, et lui jeter dessus avec une précision extrême. Retour à l'envoyeur.
J'me suis pris un débris dans la gueule ou j'rêve?
Non non, t'inquiète. Par contre fous l'camp. Ça, là-bas, ça s'appelle un Tank.


Tu vas vraiment faire tout ça?
Il va m'le payer.
Je le regarde partir. Il croit vraiment que ça va s'finir comme ça. Il est trop mignon. Calme toi. Calme toi Maena. S'il te plait. N'y pense plus. N'y pense plus. Concentre toi, reprends tes esprits. Physiquement, tu es mort. S'il te chope ou quoi c'est foutu. Respire. Calme toi, zen. Doucement. Lâche tes ch'veux. Enlève ton doigt d'la bouche, ça s'mange pas. Arrête tes conneries, Maena, t'as du boulot. Aller vieux. Concentre toi. Ça saigne toujours? Putain, un peu, ouais. Ça fait mal cette saloperie. Bon. au moins t'as arrêté d'chialer. C'est la dernière fois qu'tu craques, Maena. La dernière fois qu'tu c... Ben tiens. Respire. Fais lui face. Plus vite tu le feras, plus vite tu la quitteras. Aller Maena. Va-y. Non, j'peux pas. J'peux pas. Non, non non. J'en ai des frissons. Non, j'peux pas. Pleure pas Maena, pleure pas. Aller. Baisse toi, tends la main. Calme toi. Arrête de trembler putain. Zen, respire. Doucement, bien. Calme. Tout va bien. Elle va pas te sauter au cou. C'est juste les doigts, et si tu démerdes bien tu n'auras même pas à la toucher. Aller. T'es déjà trempé de toutes façons... Ressaisis-toi, vieux! Attrapes la, merde! Elle est devant toi, là! Aller! Maena con de toi tu vas la choper cette putain de feuille?! Aller! À trois. Un. Deux. Deux et demi. Respire, ça va aller. Gniéééééé! C'est bon! Alors là mon salaud tu vas prendre cher!
Je lui balance l'une des moitiés du dessin dessus, lâche l'autre direct. C'est trempé, putain. Headshoot. Dans ta gueule. J'ai pas bougé. Je bouge pas. En fait, j'peux pas. Y'a d'l'eau d'partout. J'peux pas bouger. J'suis pétrifié. N'y pense pas Maena. Contente toi de le r'garder, là. Concentre toi. N'y pense pas.
Elle se retourne, à peine. Ses deux grands yeux jaunes font froid dans le dos. Et baignée de larmes, elle se met à hurler.

- Ne prononces plus mon nom. Sorti de ta bouche, ça fait vulgaire. Ah ouais et désolé, j'ai pas retenu l'tien, au fait.

J'arriverai pas à converser. Rien que là, je sens lees cordes vocales vibrer plus que nécessaire. En tout cas, elle ne perd pas réellement en puissance. Là, c'est sûr que j'pourrai pas l'buter. Pas assez précis, trop instinctif. J'me ferai plus mal qu'autre chose. Pense aussi que tu peux pas t'permettre de hurler. Regarde moi ça, j'pisse le sang que ça en peut plus. Merde. J'suis pas du tout dans mon élément. Faudrait que j'me casse d'ici rapidement. Mais j'peux pas bouger d'làààà. Fait chier. D'un côté, j'ai pas envie de m'salir les mains pour ce gueux. Ne pas l'plomber, ça m'arrange plus qu'autre chose. Tseuh. Marre. Marre d'être là, marre d'être avec ce con, marre de l'eau, marre de tout, putain. J'ai plus la foi. Mais j'dois l'faire chier. Juste parce que c'est comme ça. J'veux l'faire chier. J'veux l'voir gerber. J'veux pas rater ça, cette fois. Héhé. J'souris. Y'a toujours quelque chose qui va pas, c'normal. J'm'en remettrai pas tant que j'serais pas sorti de cet enfer. Il faut que je l'garde à distance. S'il me coince, je suis fichu. Je suis mort.

- J'vois que t'as aimé m'entendre hurler. Tu ne réclamerais pas, sinon. Remarque que c'est tout à ton honneur. Certaines personnes aiment tellement l'Elu de leur coeur qu'elles en vomissent. Léger regard vers la pâte visqueuse près de l'étang. Y'a mes fringues pas loin. Ils sont trempés eux aussi, merde. S'il me les a pourri, je les lui fait bouffer. Mais tu t'apprêtais à partir? T'as quelque chose à faire? Mon grand, c'est toi qui parle de respect?

Ca va partir dans une discussion très philosophique, j'le sens. J'sais plus vraiment c'que j'dis, en fait. C'est plus les nerfs qui lâchent j'pense. Y'a d'quoi, regarde. On est dans l'eau, quasiment. C'est vraiment l'merdier, ces bassins. Y'a du bordel partout et d'la flotte jusqu'aux murs. On s'croirait dans un marécage. Putain mais arrête de t'faire peur, ducon!

- Si tu avais ne serait-ce qu'une once de respect pour quelqu'un, vieux, tu n'partirais pas d'ici comme ça. Si tu avais un temps soit peu l'idée de respect en toi, tu n'partirais pas sans avoir pris ta serviette pour nettoyer tes saloperies. Par respect pour celui qui va aller laver ton bain, déjà, Casel, Castiel, Casten, j'sais plus. Tu ne lui laisserais pas ça comme ça. Tu le préviendrais, déjà. Tu lui présenterais des excuses. Par respect pour lui. Par respect pour son travail.

Reprends tes esprits, putain. Tu dis que d'la merde, mais au moins tu l'fais souffrir. Tu pourrais chanter, aussi. Nan. J'peux pas. Vu mon état ça sera minable. Par contre, j'arrange pas les cicatrices. En fait, je m'arrange pas tout court. Ça saigne. De partout. Les yeux, les lèvres, le nez, les joues. Y'a que les tempes qui tiennent le coup, j'sais pas comment d'ailleurs. Je m'essuie le visage, et je n'le quitte plus des yeux. J'ai les mains couvertes de sang, c'est gore. Tu ne m'échapperas pas. Tu es mort.

- Si tu comprenais la notion de respect, tu irais chercher mon masque au fond du bassin. Tu sais pourquoi? Pas par respect pour moi. T'en as aucun et c'est logique. Moi, à ta place, j'penserais d'abord aux autres. Pas à tous les autres, j'les connais pas tous, mais au moins à ceux que j'connais. Après, j'les aime pas, j'm'en fous. Mais toi, tu en apprécies au moins un. Tu vois, par respect pour les autres, j'irais chercher ce masque. Parce que bon. Même s'il a une bouille toute choupinette au naturel, ça m'étonnerait que Kamui soit aussi mignon une fois sa boîte crânienne pulvérisée, tu vois. Comme celle des autres. Comme la tienne, aussi.

Je suis fatigué d'parler. Fatigué, vraiment. Je soupire. Les larmes roulent encore. Pas tellement de peur. J'arrive à rester calme, là. 'Fin tout est relatif tu m'diras. Un peu plus et j'pète les plombs. Encore. J'te dis, faut que j'me casse de là. M'enfin, j'pleure pas pour ça c'te fois. Plutôt à cause du sang de mes yeux. Ca brûle vachement, en fait. J'avais oublié. Faut vraiment que j'fasse un truc pour ma mémoire, putain. J'baisse la tête, réflexe. Elle est de partout, merde. Relève les yeux, Maena. Relève les.
Hé Nick, bataille de flotte? / N'y pense même pas.
Mais tu connais les dialogues par cœur?
Non, juste les meilleures répliques.


- Au pire tu peux m'tuer. C'est p't'être pas la meilleure des solutions non plus. C'est facile, cash. T'as vu ça? Profiter de la pire des faiblesses, achever un mec déjà à moitié mort et incapable de se défendre avec d'égales chances. Tellement facile. Mais j'suis sûr que t'es plus intelligent que ce nerveux, là. Faut pas s'abaisser à son niveau, si? Tu n'vaux pas mieux qu'ça? Tu n'vaux pas mieux que celui pour lequel ton estomac a flanché? T'es misérable à ce point? Eh ben putain.

J'ai mal à la gorge. J'veux avancer. J'veux sortir d'ici. Il faut que j'm'en aille, vite. J'vais craquer. Franchement. Il voulait me faire mourir de peur? Il va pas tarder à y arriver. J'passe une main dans mes ch'veux, en arrache quelques uns au passage, les jette par terre. J'vais aller chercher mes fringues. J'veux mes fringues. J'arrive pas à avancer. J'y arrive pas. Et j'le vois à mes pieds. J'suis pieds nus, dans l'eau. Putain. J'vois son visage. j'vois la moitié de son visage, à Syndel. Je me baisse, chancelant, et j'essaye de le casser en deux. Je ne veux pas la voir pleurer. Elle est couverte de sang. Je ne dois pas la montrer. J'essaye, mais j'y arrive pas. J'arrive plus à rien. J'panique. J'vais paniquer, là, j'le sens. Calme toi Maena. Calme toi.

- J'ai aucun respect de rien. Tout l'monde le sait, c'pas nouveau. Mais toi t'es l'gentil d'l'histoire, tu dois être parfait. Alors sois parfait, voyons. Sacrifies les gens autour de toi mais garde ta fieté et ton petit orgueil intacts. Profite de l'état de l'ennemi et fais-le crever de peur, noies-le, rafle les honneurs, va-y. C'est pitoyable. Je lui jette la seconde moitié du portrait dessus. Je sais pas si j'l'ai eu. À vrai dire j'en ai plus rien à foutre. J'm'asseois. Enfin, j'me laisse tomber dos à lui et j'm'asseois. J'cache mes yeux. J'dois pas pleurer, mais j'arrive pas à m'en convaincre. J'dois pleurer, inconsciemment. J'suis sûr c'est ça. C'est minable. Minable. Si c'est ça être un héros, j'te laisse le beau rôle. Amuse-toi bien.

Le sang sur elle. Carnage. Elle ne se laisse pas faire. Elle lutte, toujours. Elle est mauvaise et elle le sait. C'est une pute, elle le sait. Mais elle est toute-puissante et fière de l'être. Alors elle couvre ses yeux de ses membres couverts de carmin, et elle retourne près du cylindre aquatique collé au mur. Elle s'agenouille, se laisse tomber, et se remet à pleurer.
Oh la salope!
J't'avais dit de pas effrayer la Witch.
Il est con ton jeu, j'me casse.
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Alvaro
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MessageSujet: Re: Idéaux. [Alvaro.]   Sam 12 Nov - 18:51

/!\Ce post contient parfois un language très cru pouvant perturber toute personne n'ayant pas achevé son éducation verbale.

Les parasites.

Pourquoi diable de pareilles horreurs existaient ? Ils me fatiguaient. Oui, ces parasites qui ont toujours parsemé ma vie me fatiguaient. Vous pensiez vous en être débarrassé. Vous pensiez avoir été suffisamment clair. L'autorité incarnée que vous représentiez se devait d'être suffisamment convaincante pour faire taire ces immondices. Et pourtant...Rien n'y faisait. Ces parasites finissent tous par s'accrocher inlassablement à la moindre liane qui les sauveraient de l'humiliation. Pitoyable écho de leur misérable orgueil. Je n'avais pas de temps à perdre avec ces êtres. Je n'en avais ni l'envie ni de réelle occasion à dire vrai. Cessez donc de vous accrocher à vos pitoyables mœurs et idéaux... Cessez donc de confondre votre réalité et la mienne. Nous ne venons pas du même monde. Nous ne sommes pas fait pour nous entendre. Brûlez donc dans l'enfer qu'on vous a promit, vulgaire blattes que vous êtes. Que les flammes vous consument lentement et me permettent de respirer tranquille, loin du souffle de vos futilités naïves et transpirant de ''bon sens'' tout à fait vomitives. Ne jouez pas au professeur avec moi. La vie fut suffisante pour m'enseigner ce que je me devais de savoir. Alors ne joue pas au héros petit parasite. Vis ta petite vie...Et fout moi la paix.

Enfilant ma veste et mon pantalon noirs que j'avais accroché près de la porte, je m’apprêtais à dépasser cette dernière lorsque j'entendis un bourdonnement derrière-moi. M'arrêtant net, et sans daigner me retourner, Ces palabres à peine murmurées ne me firent absolument pas sourire. Ainsi il n'avait pas compris, ou plutôt, il s'était refusé de comprendre mon message. Le jeune cafard aquaphobe préférait ne pas en rester là et montrer qu'il en avait à revendre malgré tout. Ne pas considérer la chance que je t'ai offerte en t’épargnant... Voila qui ne fait qu'empirer mon jugement à ton égard...Maena.


- Ne prononces plus mon nom. Sorti de ta bouche, ça fait vulgaire. Ah ouais et désolé, j'ai pas retenu l'tien, au fait.

M' ''interdisant'' de prononcer son nom, la Sirène de la Mort se la jouait grand autoritaire. Provocateur qui plus est. Risible...Pathétique. Restes donc à ta place, tu risques de te fatiguer à babiller ses inepties... Agacé par les propos de ce gamin, je préférais continuer d'écouter sa petite tirade en croisant les bras et en gardant ma bouche fermée.

- J'vois que t'as aimé m'entendre hurler. Tu ne réclamerais pas, sinon. Remarque que c'est tout à ton honneur. Certaines personnes aiment tellement l’Élu de leur coeur qu'elles en vomissent. Mais tu t'apprêtais à partir? T'as quelque chose à faire? Mon grand, c'est toi qui parle de respect?

Avant d'arrivé à ce point clé de la conversation, Maena n'avait pas encore franchi la limite morale que j'imposais à mes ennemis. Cette frontière qu'il ne fallait absolument pas dépasser sous peine de faire jaillir toute l'obscurité qui pouvait siéger en moi. Je n'ai jamais été quelqu'un de particulièrement mauvais. La neutralité me caractérisait assez bien. Mais lorsque mon opposant commettait cette grossière erreur, je pouvais me laisser aller à une noirceur de plus profondes contrairement à tout ces êtres tiraillés par leur conscience. Cette noirceur ne se traduisait pas forcément par un comportement barbare ou violent. Quoiqu'il en soit, Maena, par les derniers mouvements de ses lèvres maudites, avait fait un pas de plus en direction de la ''Malédiction du Scorpion''.

- Si tu avais ne serait-ce qu'une once de respect pour quelqu'un, vieux, tu n'partirais pas d'ici comme ça. Si tu avais un temps soit peu l'idée de respect en toi, tu n'partirais pas sans avoir pris ta serviette pour nettoyer tes saloperies. Par respect pour celui qui va aller laver ton bain, déjà, Casel, Castiel, Casten, j'sais plus. Tu ne lui laisserais pas ça comme ça. Tu le préviendrais, déjà. Tu lui présenterais des excuses. Par respect pour lui. Par respect pour son travail.

Quel merveilleux donneur de leçon... J'en aurais versé une larme. Souhaitais-il raviver un sentiment de culpabilité en faisant entrer Castiel, élu de Layca, dans la conversation ? Que pouvais-je bien en avoir à faire qu'il aille devoir jouer les boniches avec mes rejets de sucs gastriques ? Je m'en fichais éperdument, et ce n'allait certainement pas être une mascarade vivante qui allait m'apprendre quoique ce soit en matière de respect. Respecter la personne, respecter le travail. Quelle belle plaisanterie. Je trouvais ces propos si hypocrites et hors de propos que je pouvais le début d'un rire malsain parcourir mes entrailles. Quel beau parasite tu étais Maena. Continue...Continue donc d'appâter le scorpion. Continue d'essayer de m'apprendre ce que tu considères comme étant juste. Tu me fais pitié Maena. Et au-delà de la pitié, tu commençais sévèrement à me mettre en colère. Tu n'est rien en ce monde et tu n'es absolument personne pour tenir ce genre de discours face à moi.

- Si tu comprenais la notion de respect, tu irais chercher mon masque au fond du bassin. Tu sais pourquoi? Pas par respect pour moi. T'en as aucun et c'est logique. Moi, à ta place, j'penserais d'abord aux autres. Pas à tous les autres, j'les connais pas tous, mais au moins à ceux que j'connais. Après, j'les aime pas, j'm'en fous. Mais toi, tu en apprécies au moins un. Tu vois, par respect pour les autres, j'irais chercher ce masque. Parce que bon. Même s'il a une bouille toute choupinette au naturel, ça m'étonnerait que Kamui soit aussi mignon une fois sa boîte crânienne pulvérisée, tu vois. Comme celle des autres. Comme la tienne, aussi.

Ne fait pas un pas de plus Maena...N'ouvre par la porte d'acier qui scellait ma colère...Ne le mentionne pas. Ne lui fait pas le déshonneur de voir son divin nom prononcé par ta bouche putride. Chercher ton masque par respect pour les autres ? Ne me prends pas pour un imbécile Maena. Tu ferais mieux de partir. Tu ferais mieux de me laisser tranquille. Ne joue pas sur le terrain des parasites, mais devient poussière comme tout les autres. Tu parles de boîtes crâniennes pulvérisées en le citant. Tu me fais cet affront... Sirène mortelle, entend bien ses pensées. Tu joues les intrépides...Ainsi soit-il. Écoute donc mon dernier conseil : ferme donc ta grande gueule.

Je serrai les poings. Mes yeux regorgeant de haine me brûlaient désormais. Personne. Personne ne pouvait manquer de respect au Prince. Surtout pas toi Misérable. Retire ce que tu as dit... Retire le tout de suite sinon...

- Au pire tu peux m'tuer. C'est p't'être pas la meilleure des solutions non plus. C'est facile, cash. T'as vu ça? Profiter de la pire des faiblesses, achever un mec déjà à moitié mort et incapable de se défendre avec d'égales chances. Tellement facile. Mais j'suis sûr que t'es plus intelligent que ce nerveux, là. Faut pas s'abaisser à son niveau, si? Tu n'vaux pas mieux qu'ça? Tu n'vaux pas mieux que celui pour lequel ton estomac a flanché? T'es misérable à ce point? Eh ben putain.

Tes bassesses à mon égard ne m’effleuraient même plus. Que tu cherches à blesser mon égo par tes insultes futiles et tes remarques ne m'importaient guère. Mais à chaque fois que tu le remettais dans la conversation, mon cœur battait davantage plus fort, motivé par ses les sentiments les plus impurs qui m'habitaient. Maudit traître que tu es. M'abaisser à son niveau... Tu ne rechignais pas devant l'idée de lui manquer de respect. Ceci n'est pas du courage. Ni même de hardiesse. Ceci est purement et simplement de la folie pathétique. Puceron que tu es. Tu mérites de crever la bouche ouverte pour cet affront.

- J'ai aucun respect de rien. Tout l'monde le sait, c'pas nouveau. Mais toi t'es l'gentil d'l'histoire, tu dois être parfait. Alors sois parfait, voyons. Sacrifies les gens autour de toi mais garde ta fieté et ton petit orgueil intacts. Profite de l'état de l'ennemi et fais-le crever de peur, noies-le, rafle les honneurs, va-y. Si c'est ça être un héros, j'te laisse le beau rôle. Amuse-toi bien.

Lui tournant toujours le dos, je décroisait alors lentement les bras. Prenant mon souffle, je fis alors un pas de côté pour que mes yeux puissent croiser le regard lointain de la sirène. Une colère noire arpentait mes veines, les abreuvant peu à peu de Haine. Tout n'était plus que noirceur. Tout n'était plus voué qu'à la Mort. Me perdant au coeur de cette folie naissante, je n'eus qu'un seul réflexe en guise de réponse à cet Acte moribond que venait de m'offrir ce jeune parasite : Un long et profond rire, ni rassuré, ni rassurant. Un son macabre et bruyant prenait source dans mes poumons grisés et venait teinter mes lèvres de noirceur. J'étais perdu au fond de ma haine viscérale. Et puis...Je me mis à l'applaudir de plus en plus fort. Clap Clap. Clap Clap Clap. CLAP CLAP CLAP.

''Bravo vraiment ! Félicitations ! Du Grand Art ! Que dis-je... Divin ! Fabuleux ! Mirifique ! Magnifique ! Splendide ! J'en suis vraiment abasourdi face à ton illustre performance. Bravo Maena, vraiment. Chapeau bas. Regarde, je te fais même la révérence tant je suis en admiration face à ta psychologie de comptoir.''

Et m'exécutant, je me relevais doucement, et serrant le poing j'élevais le ton :

''Tu penses donc avoir réussi à me décrypter petite enflure ? Ça y est, le petit Maena a pu lire et comprendre mon comportement et y amener son petit grain de sel ? Tu crois donc que j'ai plus de secrets pour toi, et que tes conneries moralistes m'atteignent ? Sais-tu seulement QUI je suis pauvre merde insignifiante ? As-tu la moindre idée de ce que j'ai pu traverser ? Non, tu fais ton petit pari minable en pensant que je ne suis qu'un petit égocentrique de pacotille. Tu sais ce que j'en fais de ton respect ? Je le balance à la déchetterie sociale avec toutes les autres valeurs débiles que cette foutue société tente de nous inculquer. Je n'en ai strictement rien à faire de tes naïvetés et de ton respect. Fourres les toi dans tes profondeurs toi et ton petit copain concierge. Je n'ai besoin de personne, et certainement pas de petits génies sociaux dans ton genre. J'en ai rien à foutre de toi, de Castiel, et de tous les autres connards qui peuplent cette putain de forteresse. Ma gerbe ? Tu vas aller la lécher toi même si tu continues à me les briser goutte après goutte. Absolument rien ne me retiens de te fracasser la gueule et de te noyer dans ce bassin. Rien du tout. Mais crois-moi, je suis assez calme pour ne pas me rabaisser à ton pitoyable niveau. Je ne te tuerai pas comme tu le souhaites rassure-toi. Alors intègre cet avertissement, je ne te le donnerai qu'une seule et unique fois : ne croise plus mon chemin, et ne mentionne plus jamais mon nom en ma présence. Et plus que tout, n'ose plus jamais manquer de respect à Kamui devant moi. Car la prochaine fois que je te verrais commettre l'irréparable, je ne serai guère aussi gentil et pense bien que je serai prêt à outrepasser le règlement pour déchirer chacun de tes muscles un par un et te vider de ton sang. Ne croise plus la route de l'élu primordial car tu peux être sûr que je te surveillerai. Je te traquerai sans fin. Alors maintenant... Hors de ma vue. ''

Et d'un geste vif, je poussais la porte d'un coup de pied agressif avant de m'engouffrer dans le dortoir. Rien ne me retenais de laisser libre cours à ma colère, mais je savais au fond de moi que je me devais de lui donner cet avertissement avant toute chose. Car c'est certainement ce qu' ''il'' m'aurait demandé de faire. Et je ne souhaitais par commettre deux fois les mêmes erreurs.
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Idéaux. [Alvaro.]

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