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 Le Grand Méchant Loup joue avec la nourriture [Luz]

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Xellos
Le Grand Méchant Loup

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MessageSujet: Le Grand Méchant Loup joue avec la nourriture [Luz]   Lun 29 Aoû - 23:14

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Le Grand Méchant Loup joue avec la nourriture


    L'orage s'amoncèle et pèse sur la dune__________________Les femmes, sur le port, dans le tourbillon noir,
    Dont le flanc sablonneux se dresse comme un mur.___________Gémissent, implorant une lueur d'espoir...
    Par instants, le soleil y darde un faisceau dur_______________Et la tempête tord le haillon qui les couvre.
    De rayons plus blafards qu'un blême éclat de lune.

    Les éclairs redoublés tonnent dans l'ombre brune.
    Le pêcheur lutte et cherche en vain un abri sûr.______________Tout s'effondre, chaos, gouffre torrentiel !
    Bondissant en fureur par l'océan obscur,________________Sur le croulant déluge, alors, voici que s'ouvre
    L'âpre rafale hurle et harcèle la hune.____________________En sa courbe irisée un splendide arc-en-ciel.



Un démon, au loin, engageait une marche à grands pas, enrobé dans un plaisir plein de dédain et de cruauté. Il avait tout d'un dieu des enfers, même de cette distance, grâce à son aura unique et sa somptuosité sans équivoque. Cet air altier constamment remarquable sur ses traits fins, mais brutaux, ne laissait à personne l'occasion d'hésiter quant à sa force. Il était au-dessus de tout, du moins, c'est ainsi qu'il percevait sa gloire. En effet, sa réputation était plus tâchée de sang innocent que d'éloges quelconques. Mais cela ne changeait pas grand-chose à ses yeux, car il demeurait l'un des plus craints, celui à cause duquel les enfants ne cessent d'avoir des cauchemars, celui à cause duquel les jeunes filles ont peur de sortir trop tard le soir, celui à cause duquel cette mer, preuve irréfutable de ses crimes, n'est rien de plus qu'un cimetière maudit à présent. Ce cadavre qu'il porte appartient à une âme diaphane et grivoise, qui s'est éteint aussi promptement que s'éteint la flamme velléitaire d'une bougie: à peine un souffle léger suffit pour la faire taire à jamais. Cela dit, ce paysage qui s'offre à nos yeux béats est loin d'appartenir à ce genre de détails versatiles, car il s'agit ici d'une tempête qui fait rage depuis déjà un certain temps. Le visage du Malin est brusqué par cette vision qui peut s'avérer périlleuse même pour un être de son rang. De surcroît, il est fort astucieux de glisser quelque cadavre dans une mer enragée pour le faire ainsi très rapidement disparaître, cependant, qu'en est-il du meurtrier ? Périt-il avec sa victime, de la manière la plus anodine qui soit ? C'est inconcevable !
Tandis que ses mains lâchent négligemment la silhouette blême de Virginie dans la mer qui n'attend que son repas pour enfin parvenir à terrasser cette faim inassouvie qui la perturbe, et qu'un rictus sardonique se peint sur les lèvres affriolantes de l'assassin, des vagues hargneuses dévorent la falaise à grosses bouchées. D'où vient toute cette gourmandise, souhaiterait leur demander Xellos, est-ce un châtiment qui lui axé pour avoir souillé l'eau durant toute cette éternité ? Pourquoi Diable le punir par un temps si mauvais, alors qu'il ne demande que quelques éclairs et une pluie assez abondante pour se mélanger avec le sang qu'il fait couler et en modifier la couleur ? Tout est superflu, même si son côté animal lui murmure qu'une telle tempête lui plait bien. Ce vent violent et acharné qui souffle assez fort pour faire craquer les racines des arbres et les arracher de leur terre si adulée lui caresse presque cette peau mystique couverte de cicatrices de guerre. Il y a un certain plaisir à se sentir renaître sous la pulsion de Zeus, et, bien qu'on puisse surtout y trouver une mort certaine, on ne peut s'empêcher d'apprécier le côté malsain de cette vision horrifique. Entendre la plaine succomber à la frayeur, et avec elle, une falaise qui emboîte le pas, la violence étant la plus persuasive des sanctions, est un régal pour tous les sens d'un loup qui se respecte. Nous pourrions nous divertir durant de longues journées en comparant le plaisir que lui a porté Virginie avec celui que lui porte cette tempête divine, mais ce serait tout de même vu comme avoir poussé l'humour noir légèrement trop loin par rapport à la situation. Pourtant, les yeux azurés de Virginie, qui ont perdus leur éclat depuis quelques semaines déjà, ainsi que la féminité de ses courbes, avaient le pouvoir d'exacerber les sens du loup, tout en amplifiant son désir pour ces plaisirs, n'étant pas uniquement charnels; dont elle pouvait lui faire don. C'est de cette façon qu'il se laissa guider par sa provocation, et construisit sa propre supercherie destinée à bâtir l'illusion d'un amour qu'il ne pouvait pas lui donner. Il est néanmoins inutile de se voiler la face: le Grand Méchant Loup étant incapable de démontrer ne serait-ce qu'une once d'humanité, il n'était qu'un monstre prêt à tout pour avoir ce qu'il désire. Certains ingénus ne peuvent se résoudre à s'abandonner à un acte aussi barbare qu'un simple assassinat, pendant que Xellos est sempiternellement dépourvu de tout repentir. Il peut apprécier les morts, s'amuser un peu avec eux, mais il ne regrette jamais de les avoir tués. Il gardait d'ailleurs le corps de la belle beaucoup plus longtemps que le reste de sa collection, secrètement toujours attaché à elle, même si elle n'était aujourd'hui qu'un tas d'os inanimés qu'il est contraint d'enrouler dans des tissus de maigre importance. Après tout, qui sommes-nous pour juger la finesse de la beauté cadavérique ?
Une fois que le temps se sera calmé, la laideur et la lassitude s'abattront à nouveau sur cet endroit, mais dès lors, les corps abimés de ses ennemis et conquêtes logeront depuis longtemps dans les abysses. Ces péchés véniels ne seront non seulement jamais pardonnés, mais aussi jamais punis d'une quelconque manière, et ce, même le mauvais temps doit l'admettre. Ce n'est plus du ressort de ce monde.
Maintenant, il est temps de partir, décide le loup, tout en tournant les talons et se dirigeant vers l'asile le plus proche: le phare. Une construction très énigmatique, et inhabitée depuis un certain temps, paraîtrait-il. Il semble contenir une atmosphère plutôt glauque, encouragée par l'environnement peu accueillant des alentours. La raison pour laquelle il a été bâti en premier lieu reste toutefois couvert par le voile du secret, car il n'y a jamais eu de bateau naviguant dans les environs. Les idées ridicules de Belzeneff ne vont cette fois rebuter aucunement le Grand Méchant Loup qui, comme d'habitude, n'en fera rien des problèmes d'ordre logique de quelconque envergure terrestre. Ouvrant la lourde porte sauvagement rouillée du refuge oisif, le guerrier fut salué par l'odeur de la moisissure très importante de l'endroit ainsi qu'un effluve qu'il connaissait assez bien pour affirmer qu'il s'agissait d'un cadavre en décomposition depuis à peu deux mois. Habillement, il se creusa un sillon dans la puanteur en escaladant les marches qui menaient au sommet, afin d'arriver jusqu'à la source du carnage des sens, un squelette assez particulier à cause des griffes qui ornaient ses doigts. Tout de suite après, il reconnut la personne en question. Lui qui attendait une jeune paysanne nue aux formes avantageuses en train de sécher ses vêtements le débarrasser des siens pour ne pas qu'il attrape froid, le voilà attrapé dans les filets de la surprise. Virginie était couchée devant lui, comme si elle l'attendait depuis le début. Il s'approcha à pas feutrés de l'étrange découverte, et, bouleversé, était inapte de discerner une différence quelconque avec le cadavre à ses pieds et celui qu'il venait de jeter dans la mer. Quelle explication rationnelle décrivait la situation ? Et peut-on réellement parler d'explication rationnelle en étant à Alea Jacta Est, en compagnie de ce satané Belzeneff et de ses convives ? Sans même réfléchir, Xellos se retourna et ferma la porte derrière lui pour s'attaquer aux marches qu'il avait auparavant escaladées. Empreint d'une folie passagère, ses songes se remplirent de vilenie:
- Ah, c'est donc à ce jeu-là que tu veux jouer, Virginie ! Je souhaite tout de même que tu sois consciente du fait que tes yeux bleus ainsi que tes manières puritaines ne m’évoquent absolument rien. Tu m’aies aussi importante que ce grain de sel qui se perd dans l’ambroisie du breuvage nommé vin, sans jamais rappeler à l'ivre son existence ! Je veux que tu déguerpisses, à présent, tu es usée et je ne joue pas avec les jouets qui m'ennuient.
Sans décerner une porte sur le point de s'ouvrir, il continua son chemin, décidé. Là, au beau milieu d'une tempête endiablée, une rencontre peu commune allait avoir lieu: entre deux tueurs sans scrupules, vicieux et pourris jusqu'à la moelle, et allait nettement renverser l'échiquier. Une chose était certaine: cette rencontre n'allait engendrer que le mal, et il n'y point d'ambivalence qui ait lieu d'exister afin d'avouer la négation. Toujours est-il que la question repose sur les deux personnages: vont-ils s'entretuer, ou l'un deux en sortira bel et bien vivant ? La merveilleuse élue d'Oppse sera-t-elle la prochaine victime de la perversion sadique du Grand Méchant Loup, mangée comme un petit chaperon rouge aux airs niais, ou est-ce qu'au contraire, c'est Xellos qui sera trop occupé par sa Virginie magique et se verra éliminé du monde par une élue qui lui est hiérarchiquement supérieure, et ira jusqu'à rejoindra ses cadavres à lui dans la mer chimérique de ce monde déchu ? Ce soir-là, tout pouvait arriver ...


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Luz
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MessageSujet: Re: Le Grand Méchant Loup joue avec la nourriture [Luz]   Mar 30 Aoû - 23:08

J'entends sur les rochers
L'eau qui tombe à grand bruit.
Voici venir l'orage,
Voici l'éclair qui luit.

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Des nuages noirs s'amoncelaient comme une épaisse fumée, masquant entièrement le ciel colérique qui recouvrait les horizons en grondant au-dessus des flots agités. La mer tumultueuse s'écrasait avec violence sur les rochers dans un fracas assourdissant. Un vent puissant soufflait si fort qu'il en devenait douloureux, pareil à de fines lames qui vous traversent vivement le corps. A intervalle régulier, de vifs éclairs venaient illuminer le paysage sombre le temps d'un court instant.
Il s'agissait probablement de la plus impressionnante tempête qu'il avait été donné de voir sur les terres d'Alea Jacta Est, si bien qu'on aurait pu lui attribuer la fureur divine. Luz aimait l'orage, cette beauté brutale et dévorante, imprévisible et sauvage, incontrôlable et éphémère, qui repart aussi vite qu'elle n'est arrivée. Perchée sur les falaises, il n'y avait vu plus imprenable et plus somptueuse. Les vagues étaient si hautes et si agressives qu'elles semblaient prêtes à vous engloutir dans les profondeurs marines. La jeune élue était assise, les pieds se balançant dans le vide. Le vent qui fouettait sa peau pâle la laissait de marbre. Immobile, ses yeux rouges fixaient sans ciller le spectacle apocalyptique et dévastateur qui s'offrait à elle et dont elle profitait pleinement. Au loin, on apercevait le phare, éteint. Unique bâtisse des environs, il s'élevait majestueusement, isolé, presque macabre dans cet univers de chaos. Tout était désert, ce qui n'avait rien de surprenant au vu des conditions météorologiques. Personne n'aurait l'idée de s'approcher de la mer par un temps pareil. L'orage était effrayant pour ceux qui vivent sous son ciel, car l'homme n'a sur lui aucune prise, aucune arme pour s'en défendre.
L'élue se retourna. Derrière elle, on apercevait une forme immobile couchée au sol. Le corps d'un homme. Il n'était pas mort, seulement trop faible pour esquisser le moindre mouvement. Le tirant à elle, elle posa sur ses genoux sa victime agonisante qui, les yeux mis clos, tentait vainement d'articuler un mot. Probablement une supplique.
Au niveau du ventre, l'homme avait comme un trou béant duquel le sang s'écoulait inlassablement, se mélangeant à la pluie pour teinter la roche d'un rouge pâle. Il pleurait. De fines larmes se creusaient sur ses joues, le secouant de légers sanglots. Le pauvre devait avoir incroyablement peur. Peur de mourir. Nouvel arrivant de Layca sur cette terre, Luz fût sa première rencontre. Il ignorait encore que la mort ne faisait pas partie de ce monde. Il la craignait encore comme un mortel.

- Chut, murmura-t-elle en lui caressant les cheveux. Inutile de t'agiter, tu vas mourir de toute façon et cela ne fera que l'accélérer. Regarde, profite de la vue.

Ses sanglots ne firent que redoubler. Agacée, la jeune fille le saisit par le cou et lui inclina la tête dans le vide, menaçante. Les yeux de sa victime s'écarquillèrent de terreur.

- Mais ferme la, à la fin. Je veux bien être gentille cinq minutes, mais je vais vite perdre patience, tu gâches toute la beauté de l'instant.

Reportant son regard sur le vide, elle soupira. La nuit était tombée. Il aurait fallu penser à rentrer à la cité, mais elle ne pouvait pas le concevoir. D'une part, le trajet, bien que faisable, serait fort désagréable part ce temps. Mais cela n'était qu'une excuse. En vérité, elle n'avait aucunement envie de quitter sa paisible solitude ainsi que ce merveilleux tableau que lui offrait la tempête.
Luz se redressa, levant avec elle son nouveau compagnon qui tenait à peine debout, grelotant. Le laissant au bord de la falaise, elle recula de quelques mètres en marche arrière. L'homme sembla un instant soulagé à l'idée que son bourreau le laisse enfin en paix, mais n'osa pas bouger. Cependant, la jeune élue s'arrêta net, et s'élança de plus belle vers le vide pour s'y jeter sans une once d'hésitation. Au dernier moment, elle emporta avec elle sa victime qui laissa échapper un cri d'effroi. Alors qu'ils s'apprêtaient tous deux à s'écraser sur les rochers, une gigantesque paire d'ailes se déplièrent gracieusement dans le dos de la jeune fille. Faisant le double de sa taille, elles étaient recouvertes d'épaisses plumes noires pareilles à celle d'un corbeau. Luz s'éleva dans le ciel, tenant l'homme à bout de bras. Redescendant en pique vers les flots, elle l'y plongea jusqu'a la taille. Elle ne pouvait pas voir son visage, mais devinait avec plaisir son incompréhension et sa terreur. Les vagues s'écrasaient sur lui à l'en étouffer, l'obligeant à boire la tasse par grandes gorgées, noyant ses poumons. Elle accéléra brusquement, fonçant droit sur les rochers. Se penchant vers le corps meurtri qu'elle retenait, elle murmura tendrement à son oreille.

- Mon cher ami, je pense qu'il est temps de nous dire au revoir.

Dans un léger rire, elle lâcha l'homme dont le corps s'écrasa brutalement sur la roche dans un bruit sourd avant de se faire happer par le courant et de disparaître définitivement sous l'écume.
Satisfaite, Luz plana encore quelques instants avant de retomber agilement devant le phare qu'elle avait observé auparavant de son perchoir. Poussant la lourde porte rouillée, elle y pénétra enfin. L'endroit était sombre, poussiéreux et très petit. Rien d'étonnant pour un phare, vous me direz. Il était évident que personne n'y avait mis les pieds depuis bien longtemps, ou très rarement pour s'y abriter comme aujourd'hui. D'ailleurs, l'endroit était réputé pour être abandonné depuis de nombreuses années. Certains même le craignait et n'osait pas y mettre les pieds. Il fallait dire qu'un phare sans bateaux était fort énigmatique et relevait probablement d'une invention peu amicale de ce fou de Belzeneff, ce qui n'inspirait confiance à personne. D'autant que les alentours étaient tout aussi peu chaleureux. Le paysage entier avait quelque chose d'effrayant, de presque glauque.
Enfin, il y faisait très froid, mais au moins on y était au sec. Luz essora ses longs cheveux blancs trempés par la pluie. Sa robe, tout aussi mouillée, collait désagréablement à sa peau. Elle emprunta les escaliers ou chaque marche grinçait sous ses pas. Espérons que rien ne s'effondre. Soudain, un bruit lui fît stopper son ascension. Un bruit de pas, assez lourd pour être celui d'un homme de forte corpulence. Voilà qui était bien étonnant. Qui, à part elle, pouvait avoir l'idée de s'aventurer en des lieux si peu accueillants, et par un temps pareil ? Un mince sourire se dessina sur ses lèvres de porcelaine. Un peu d'animation.
La jeune élue disparue dans le mur. Mieux valait se faire discrète et prudente pour le moment. Elle n'avait certes perçue qu'un seul bruit, mais il n'était pas impossible de tomber sur plusieurs partisans de Layca et de faire une désagréable et désavantageuse rencontre. Luz était curieuse, mais pas stupide. Sous sa forme d'ombre, elle se glissa doucement le long du mur jusqu’à ce qu'une voix grave lui parvienne.

- Ah, c'est donc à ce jeu-là que tu veux jouer, Virginie ! Je souhaite tout de même que tu sois consciente du fait que tes yeux bleus ainsi que tes manières puritaines ne m’évoquent absolument rien. Tu m’aies aussi importante que ce grain de sel qui se perd dans l’ambroisie du breuvage nommé vin, sans jamais rappeler à l'ivre son existence ! Je veux que tu déguerpisses, à présent, tu es usée et je ne joue pas avec les jouets qui m'ennuient.

Plus prés. Encore un peu plus près et elle allait voir son visage... Elle passa à côté de lui sans qu'il puisse la voir, ce qui lui laissait tout le loisir de l'observer tranquillement. Il était visiblement seul. Un membre de Layca, au vu de son aura, et hiérarchiquement inférieur à elle. Il n'y avait donc rien à craindre... A première vue. Comme elle se l'était imaginé, c'était un homme, plutôt grand et loin d'être dénué d'une musculature imposante. Il avait les yeux vairons, un regard fort et qui avait quelque chose de fou. Les traits de son visage étaient durs et cruels. Il fallait bien l'avouer, cet étranger était plus que charismatique et aurait pu rebuter n'importe qui par sa simple apparence. Un véritable guerrier, au corps parcourus de nombreuses cicatrices qui laisse présager sa brutalité. La violence, voilà ce qui se dégageait de lui au premier regard.
Malheureusement pour lui, Luz restait très difficilement impressionnable. Elle ne connaissait pas la peur et le plus infâme démon ne faisait que susciter chez elle une excitation malsaine. Aucun regard meurtrier ne la faisait reculer, et l'être le plus sadique ne ferait qu'éveiller son plaisir et sa curiosité.

Bouillonnante d'impatience, la poupée décida qu'il était temps de révéler sa présence et de s'amuser un peu. Cette nouvelle rencontre s'annonçait bien plus divertissante que le misérable pleurnichard dont elle avait hérité plus tôt.
Elle réapparue à la verticale du mur dans lequel elle s'était dissimulée, ne laissant voir que son buste, le reste de son corps toujours disparût dans la pierre, et s'adressa d'un ton infiniment neutre à l'inconnu qui se trouvait devant elle.

- Parler tout seul, c'est un signe de schizophrénie, tu sais.

Spoiler:
 


Dernière édition par Luz le Sam 25 Fév - 18:33, édité 1 fois
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Xellos
Le Grand Méchant Loup

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MessageSujet: Re: Le Grand Méchant Loup joue avec la nourriture [Luz]   Sam 3 Sep - 23:10

I'd cut your name in my heart
Will destroy this world for you
I know you want me to



Le cadavre pouvait disparaître aussi hâtivement qu’il était apparu, mais pour ce faire, Xellos se devait de reprendre pleinement son bon sens, aussi vague demeura-t-il encore en son âme. En définitive, les fruits de son imagination ne se manifestaient pas exclusivement en la forme de mirages, mais aussi en toutes autres sortes d’apparitions, qu’elles soient matérielles, mentales ou oniriques. Il n’avait alors rien à craindre : aucun mauvais esprit n’aurait jamais eu le courage de le pourchasser et d’attendre qu’il purge ses peines. Le monde d’Alea Jacta Est avait tendance à trop souvent se cambrer à de telles sottises que sont les hallucinations volontaires, ou même involontaires, qui éveillent à coups de fouets imaginaires aux amnésiques leur passé. Mais il y était pleinement habitué, et même si l’effet de l’étonnement était toujours en possession de ses songes, il osait espérer l’étouffer très prochainement. Du reste, d’âpres hypocrisies et de nouvelles conquêtes lui en donnaient toujours l’opportunité, et ainsi se déroulait sa vie, en évitant à chaque instant son destin, à savoir sévir parmi les ombres à tout jamais. Acharné et capricieux, il mordillait le sacrilège en se riant de Mère Nature avec la ferme intention de rester chez le peuple des vivants aussi longtemps qu’il y reste des hommes.
Hormis sa marche précipitée, personne n’aurait jamais remarqué son choc, car la pâleur naturelle de sa peau ne présageait jamais aucune émotion, et son visage demeurait de marbre, car il n’était enchanté d’aucune présence apte de faire apparaître un rictus sur ses lèvres désireuses, ou même l’éclat hautain de son mépris méphistophélique dans son regard. Soudain, une étincelle anima ses yeux froids, et tandis qu’un mouvement à peine visible le projetait vers l’arrière, ses poings étaient déjà prêts à combattre le fantôme qui venait l’ennuyer. En si peu de temps, chaque parcelle de son corps était déjà animée par le souffle d’un maître guerrier qui n’acceptait pas le refus. Une jeune enfant aux yeux écarlates sortit de nulle part, comme s’il n’en avait pas déjà assez de voir ces visions forgées dans le grotesque le plus morbide.
- Parler tout seul, c'est un signe de schizophrénie, tu sais.
Ses paroles dépourvus de toute expression ne disposait d’aucune grâce, et ces manières-là n’avaient pas forcément le dessein de lui plaire. Or, ses yeux, qui étaient occupés à parcourir la silhouette avec précision, voyaient une jeune fille qui prédisait une verve complètement différente. Elle était largement plus petite que lui, et donc ne laissait pas facilement voir le bas de son corps, à ce moment-là inexistant, qui avait la particularité d’attirer tout d’abord son regard vers ses traits, qu’il reconnaissait à leur ressemblance à une poupée de porcelaine, et leur cadre constitué de cheveux de neige, trempés, mais surtout uniques et avec grande aise reconnaissables. Son aura n’y était pour rien, il percevait à peine ces choses-là, mais ce visage, cette expression, ces yeux, tout trahissait son identité ! Le Grand Méchant Loup était depuis longtemps considéré comme l’ultime élu de Layca, du moins d’après ses admirateurs détraqués, et chaque élu, qu’il serve l’une divinité ou l’autre, se devait de reconnaître chacun de ses confrères. Bien sûr, nous pouvons nous égarer dans de longues discussions qui serviraient de plate-forme idéale pour l’évanescence tant attendue de son rang, mais ce n’est pas l’intention de Xellos qui en sera glorifiée. Il ne trouve aucune envie à être élu, et personne n’arrive à lui soutirer même une fébrile parcelle de cette rébellion. Toutefois, le refus ne sommeille pas dans son manque d’ambition, mais plutôt dans son absence totale d’intérêt pour les balades dans les cieux à bords de ses propres ailes d’ange gardien, bon pour la nature et courtois avec les femmes. Pour conclure, tout ça peut être bien vu chez certains délicats petits garçons peureux et androgynes, ou chez les jeunes succubes qui rêvent de dicter des histoires aux êtres pusillanimes, mais pas pour le Grand Méchant Loup.
Comment pouvait manquer à son devoir le plus vil des loups, et, même en compagnie de ricanements et de cynisme, ne pas reconnaître un de ses ennemis ? Il savait dès le début de qui il s’agissait, et sa joie féroce allait s’accroître encore au long de cette entrevue diabolique. Il admirait avec une faim et une perversité non dissimulées sa nouvelle proie, la maîtresse incontestée des ombres, la poupée démente au caractère bien trempé et aux manières extravagantes. Ses dents aiguisées étaient presque déjà en train de la dévorer, et le goût de sa chair pouvait bien être inhumain, il n’en avait que faire tant qu’elle était une adorable jeune fille à la beauté agréable et aux formes voluptueuses. Il n’y avait donc rien de sordide en le fait qu’à présent, il apercevait que seul son buste était visible, peut-être de gêne qu’il ne voit ce qui est interdit, ou même de peur qu’il ne dévore la jeune fille au moment-même où il posera son regard sur ses vêtements probablement tout aussi mouillés que sa mirifique chevelure d’ange. L’étalage qu’elle lui faisait dès le commencement de ses pouvoirs lui plaisait aussi, car il n’y avait rien de mieux que de connaître le plus de capacités possibles propres à ses ennemis, afin de constater leurs limites et de retirer leur vie en moins de temps. Elle avait le courage juvénile de s’approcher de lui si près, qu’il pouvait deviner qu’à ce moment précis, il avait le pouvoir de prendre le dessus sans gênes rien qu’en appuyant ses mains agilement sur le peu de corps qui était déjà sorti du mur épais du bâtiment. Ne précipitons néanmoins pas les choses, telle était l’une de ses règles fondamentales. Mieux vaut rôtir l’adversaire avec malice plutôt que de lui asséner le coup mortel dès qu’on en trouve l’occasion, à défaut de n’être plus qu’un simple chevalier, et non un vampire assoiffé de sang et d’amusement.
- Mais qui ais-je la chance de voir, au beau milieu de nulle part, tandis que mes songes s’égarent parmi des paysages bien plus captivants ? commença-t-il en se courbant assez pour procurer la sensation d’infériorité à la jeune fille audacieuse, sans jamais oublier de porter le plus vicieux des sourires, et le plus perçant des regards. Il avait bien entendu complètement ignoré ce que venait de dire Luz, étant trop préoccupé par la violente tentation qui le titillait de l’intérieur. La poupée d’Oppse, frêle créature en porcelaine que l’on peut casser pour toujours au moindre toucher, seule et complètement à ma merci ! susurra-t-il en levant sa main preste aux longs et fins doigts d’artiste comme pour frôler sa joue, mais en la retirant presque aussitôt pour la diriger vers son propre menton et ses lèvres, et en profiter en tant de prétexte pour s’approcher encore plus près d’elle, de manière à plonger ses yeux dans les siens avec tant d’ardeur qu’un esprit simplet aurait été tout de suite vaincu, et prometteur de faire absolument tout ce qu’il aurait demandé.
Émilie y avait succombé dès le premier regard qu’il avait posé sur elle, et s’était éprise de lui jusqu’à fuir ses proches pour le rejoindre dans les abysses les plus profondes des ténèbres. Son voyage à elle ne dura par conséquent pas très longtemps, car c’est à peine si elle avait goûté aux terribles pêchers meurtriers du loup qu’elle se retrouvait déjà immobile et inanimée à pourrir dans sa cave. Mais Émilie était aussi très jeune, et son désarroi se faisait contraignant à la longue. Même sous le poids de ses cruautés obscènes, elle n’essayait jamais de se défendre. Ses poings avaient toute la liberté de la battre jusqu’à sa mort, et c’est ce détail qui réveilla un courroux des plus ténébreux chez le Grand Méchant Loup, qui finit par déverser toute sa haine sur la pauvre petite. Des émotions de cette envergure étaient forcément mortelles, et il n’y avait même pas lieu de se poser la question pourquoi il avait fait ce carnage. Pourtant, l’élue qui se trouvait devant lui avait tout l’air d’être une de ces téméraires qui possédaient une hardiesse sauvage et n’hésitait pas à l’user dans toute son ampleur, sans modération. Il aimait jouer avec ce genre de fougue, et de contrecarrer leurs plans pour finalement les soumettre à sa puissance.
- Des histoires aussi farfelues que grotesques sont parvenues à mes oreilles au sujet de ce corps opalin, mais dis-moi, chère poupée, pourrais-tu m’offrir l’extase de vérifier par moi-même si ces dires qui m’ont été relatés sont fondés ? acheva-t-il par une proposition des plus déplacées, comme à son habitude, tout en se léchant goulument les lèvres en observant son repas.
Spoiler:
 


Dernière édition par Xellos le Dim 18 Déc - 9:05, édité 2 fois
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Luz
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MessageSujet: Re: Le Grand Méchant Loup joue avec la nourriture [Luz]   Dim 11 Sep - 22:31

- Mais qui ais-je la chance de voir, au beau milieu de nulle part, tandis que mes songes s’égarent parmi des paysages bien plus captivants ? La poupée d’Oppse, frêle créature en porcelaine que l’on peut casser pour toujours au moindre toucher, seule et complètement à ma merci !

Se penchant au-dessus d'elle, il affichait un sourire des plus malsain qui dévoilait aisément ses intentions.
Finalement, il était d'une affreuse banalité. C'était si commun ici de tomber sur de pauvres petits pions dont l'ego avait triplé de volume depuis l'arrivée d'un don, et qui se prenait désormais pour Satan en personne, cherchant à terrifier le moindre individu qui croisait leur route. Un brin de pouvoir et de puissance entre leurs mains irresponsables, et ils se pensaient déjà être un démon invincible qui écrase tout sur son passage. Ils avaient certainement oubliés qu'ici même, ils n'étaient encore que des humains manipulés, aussi faibles et impuissants que des asticots face aux Dieux qui tenaient leur existence entre leurs mains.

Immobile, Luz écouta patiemment son interlocuteur, attendant sagement qu'il finisse son discours tyrannique visant à la faire frissonner. Il voulait être craint. Il pensait qu'il ne pouvait pas en être autrement. Que son regard démoniaque ferait fléchir Belzeneff lui-même. C'est bien triste, d'avoir tant besoin des autres pour se sentir exister. Malheureusement pour lui, il n'avait rien de démoniaque, et n'était pas destiné à autre chose qu’à servir de vulgaire pion parmi d'autres pour le compte d'autrui. Il restera misérable, comme tous, et rien ne pourra jamais compenser ça.

Avec son allure de frêle poupée, elle avait pris l'habitude que ses adversaires soient d'avance persuadés de faire d'elle ce qu'ils voulaient. Dès qu'ils faisaient un peu plus d'un mètre soixante, ils se prenaient déjà pour Hulk face à la jeune fille. De quels cerveau déréglé avaient-ils pu hériter pour penser que l'issue d'un combat reposait sur ce genre de détails insignifiants ? Les muscles, ça leur était peut être fort utile sur terre, mais ici même une fourmi comme Kamui pouvait les écraser. Ici, la force brute est secondaire, en particulier si la personne qui se trouve en face de vous use d'un don plus subtile comme le sien. Mais qu'ils se bercent d'illusions, elle se faisait toujours un grand plaisir de les faire brutalement redescendre de leur pied d'estal.

- Des histoires aussi farfelues que grotesques sont parvenues à mes oreilles au sujet de ce corps opalin, mais dis-moi, chère poupée, pourrais-tu m’offrir l’extase de vérifier par moi-même si ces dires qui m’ont été relatés sont fondés ?

- Oh, mon dieu, le grand méchant loup! S'écria t-elle en minant outrageusement l'effroi. Il me fait si peur, il a l'air si cruel et si puissant, je suis complétement à sa merci! Pauvre de moi!

La jeune poupée étira ses lèvres en un large sourire vicieux, avant de rire à gorge déployée et sans retenue. Elle ria comme ça pendant plusieurs dizaines de seconde, s'occupant à peine de la présence insignifiante de sa nouvelle rencontre. Peur ? Luz n'avait jamais peur, ni de la douleur, ni même de la mort. Il pouvait lui arracher les tripes si le cœur lui en disait, elle allait seulement réappaitre bien au chaud dans sa cité, et le trajet de retour sous la pluie lui serait épargné. Son sourire sadique, son regard de tueur en série, il pouvait lui en servir autant qu'il le voulait, elle ne frémirait pas. Qu'il la sous-estime, la chute ne lui en sera que plus vertigineuse.

- Si ce n'est pas adorable. Allons, pour te faire plaisir, je vais te laisser croire que tu peux me briser aussi facilement que tu le crois. Je ne voudrais pas abîmer ton ego et l'image de monstre carnassier et terrifiant que tu te fais de toi-même.

Luz se décida enfin à se révéler totalement et se dégagea complétement du mur. D'un geste nonchalant, elle épousseta sa robe, accordant à peine un regard à celui qui se trouvait devant elle.

- Ça aurait bien besoin d'un coup de balais par ici..., murmura t-elle plus pour elle-même avant de lever de nouveau les yeux vers Xellos et de reprendre d'un ton neutre qui n'exprimait pas la moindre intonation. Je sais très bien ce que tu te dis. "Elle se la joue impétueuse, mais elle finira comme toutes les autres par courber sous ma puissance. Et je vais même la violer quand elle sera morte, tellement je suis trop dark dans ma tête. Parce que je suis le maitre du monde, et rien ni personne ne peut me résister, hahaha...". Pauvre petite chose... C'est bien ridicule.


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Xellos
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MessageSujet: Re: Le Grand Méchant Loup joue avec la nourriture [Luz]   Mer 21 Sep - 19:05

Nie ucz ojca dzieci robić
Nie ucz zabójcy jak cię zabić.
Nie ucz księdza pacierza



Vue d'aussi près, elle lui avait tout l'air d'une créature très prosaïque. Sa peau ne perdait pas son éclat divin, mais semblait beaucoup plus humaine qu'il ne l'imaginait. Ce n'est pourtant pas comme s'il avait jamais vraiment eu l'espoir de rencontrer une vraie poupée de porcelaine. Il portait une attention très particulière à la diversité des êtres vivants qui habitaient ces terres dès le début, mais l'étonnement quant à leur forme et leurs songes, jadis immense, peinait aujourd'hui à survivre face à l'éternité. Xellos avait déjà tant vu, tant froissé, tant goûté, qu'il semblait presque las de vivre. Parfois, en voyant ses conquêtes agenouillées devant lui à implorer sa merci, il va même jusqu'à se demander s'il ne devrait pas essayer de laisser la vie sauve d'une d'elles pour voir le résultat et peut-être se divertir un peu. Mais dès qu'une telle chose arrive, elle ne finit jamais mieux qu'elle aurait pu finir s'il l'aurait tout de suite tuée. Sa perversion ne s'égare que plus loin encore dans son gouffre démoniaque, et la peur, l'aversion, ou l'amour fou dédié au syndrome de Stockholm le plonge dans une morosité des plus totales. Pourquoi est-ce le désir doit être aussi fugace dans ses mains ? Sa fantaisie serait-elle trop peu fructueuse pour lui présenter de nouvelles possibilités, ou est-ce une chose tout à fait normale qui arrive à chaque élu à un certain moment ?
Son ennui ne prenait que plus d'ampleur encore lorsqu'il découvrait les diverses réactions des individus qui croisaient son chemin. Il pouvait calculer le futur de leur entrevue en jetant un vague regard à leurs yeux. Luz par exemple, faisait surement partie de la catégorie des audacieuses penchées vers le sadisme. Grâce à sa position hiérarchique et son dévouement envers le premier élu d'Oppse, il était facile de deviner qu'elle devait se combler dans l'horreur quotidiennement. De ce fait, le Grand Méchant Loup pouvait d'emblée la considérer comme étant tout d'abord une ennemie, et ensuite une future victime. Car même les plus coriaces finissaient par se cambrer devant sa grandeur et lui vouer leur existence. Un tel processus peut durer des heures, des journées, des semaines, des mois, des années, et même des siècles entiers d’attente torturée. Et ce regard empli de repentir et d’un dévouement qui ne se laisse mesurer que par l’infini de ce monde revient satisfaire son égo aussi souvent que ses mains déchirent la chair fraîche d’une succulente trouvaille. L’étoffe d’un courage même chevaleresque ne signifie pas forcément que la personne qui en jouit possède une âme dépourvue de désir. La tentation d’être, même pour le plus fugace des moments, unique aux yeux de Xellos vaut mille meurtres au nom d’amour à sens unique, le rôle indomptable d’un renégat haï par sa nation et ses anciens amis, et des morts qui se laissent produire sans jamais rechigner, aussi dociles que des moutons offerts en sacrifice à des dieux qui n’ont que faire de ce genre de présents, et préfèrent nettement l’ambroisie. L’amour a beau être la qualité rédemptrice de ces personnes-là, personne n’écoutera de telles allégations.
Celles qui jusqu’à maintenant sont parvenues à fuir le courroux des élus ainsi que des dieux lui servent d'yeux et d'oreilles dans les endroits qu'il ne souhaite pas forcément visiter davantage, mais connaissent bien l'issue d'un tel phénomène qui est, elle, immuable. L’effusion de sang était, est et sera inévitable quoique les marionnettes fassent. Inutile de prouver excessivement votre allégeance, créatures de la nuit, le Loup devra tôt ou tard avoir son dîner. Car il n’est que trop imbu de lui-même, et son manque de vergogne perdra tous les ingénus de ce monde s’il le fallait pour enfin les inciter à comprendre.
- Oh, mon dieu, le grand méchant loup! Il me fait si peur, il a l'air si cruel et si puissant, je suis complétement à sa merci! Pauvre de moi!
Son rire lui fit perdre la route pendant un faible instant, mais très bientôt, ce sont ses lèvres à lui qui s’étirèrent pour restituer son rictus malsain. Qu’il sorte de ses gonds à une telle réaction ? Oh que non, il n’attendait que ça dès le préambule de leur rencontre. Ces notes de musiques auraient presque la faculté de le bercer jusqu’à un long sommeil vampirique, s’il n’éprouvait pas déjà une périlleuse extase face à tant de bravoure. Ses pupilles se dilatèrent, ses lèvres s’asséchèrent, et ses poings frémissaient, non d’épouvante ou de rage, mais de plaisir, prêtes à se jeter sur la petite à la seconde qui suit. Il passa sa langue avec la ferme intention d’agir le plus lentement possible sur sa lèvre supérieure, et écouta le reste du speech en retenant sa faim animale, et vu sous un tout autre angle, son rire qui ne souhaitait que se joindre au sien, ou peut-être l’éteindre dans un baiser mortel.
- Si ce n'est pas adorable. Allons, pour te faire plaisir, je vais te laisser croire que tu peux me briser aussi facilement que tu le crois. Je ne voudrais pas abîmer ton ego et l'image de monstre carnassier et terrifiant que tu te fais de toi-même. Je sais très bien ce que tu te dis. "Elle se la joue impétueuse, mais elle finira comme toutes les autres par courber sous ma puissance. Et je vais même la violer quand elle sera morte, tellement je suis trop dark dans ma tête. Parce que je suis le maitre du monde, et rien ni personne ne peut me résister, hahaha...". Pauvre petite chose... C'est bien ridicule.
Il était néanmoins déjà trop tard pour reculer … Xellos, qui s’était brusquement penché vers l'élue d'Oppse d’environs trente centimètres, avait saisi son visage de ses deux mains immenses, les pouces appuyés sous ses gonions, maintenant de cette façon parfaitement sa mâchoire inférieure, ses autres doigts posés sur ses joues. Comme pour vérifier si elle était humaine, et enfin avoir l’opportunité de palper sa peau. Une peau lisse et aussi douce que du cachemire, qui suinte la perfection sous tous les aspects possibles. Son parfum unique et enivrant lui avait tout l’air d’une promesse qu’il était désormais obligé de lui faire tenir, et ce regard furtif et interrompu la rendait plus magnifique encore.
- Pour me faire plaisir, tu te soumettras à moi et me laisseras même te briser si j’en trouve l’envie ? Miséricorde ! Et moi qui, déraisonnable, n’ai jamais cru un mot de ce que le peuple raconte à propos Astaroth et de ses disciples ! La distance qui les séparait s'amoindrit de manière à ce qu'elle puisse sentir la chaleur de son souffle sur ses tendres traits. Son regard se planta dans le sien avec plus d'ardeur qu'avant. Mais penses-tu que ton maître me laissera goûter un peu de son repas, ou sera-t-il jaloux ? Après quelques secondes, il lâcha sa mandibule pour poser agilement ses doigts sur ses épaules, caressant la naissance de son cou. Dis-moi, délicieuse poupée, où se sont posées ses dents lorsqu'il t'a faite sienne pour l'éternité ?
Tout cela avançait dans une mauvaise direction. Hélas, les dés étaient lancés. Nul autre dieu que le Destin ne pouvait définir la suite des choses.
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Luz
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MessageSujet: Re: Le Grand Méchant Loup joue avec la nourriture [Luz]   Ven 23 Déc - 3:31

Attention, quelques propos pouvant choquer vers la fin.

- Pour me faire plaisir, tu te soumettras à moi et me laisseras même te briser si j’en trouve l’envie ? Miséricorde ! Et moi qui, déraisonnable, n’ai jamais cru un mot de ce que le peuple raconte à propos Astaroth et de ses disciples !

L'homme s'était penchée au dessus d'elle, attrapant sa mâchoire entre ses doigts d'une main, caressant sa joue de l'autre. Son toucher, presque tendre en apparence, était pourtant malsain. Mais elle ne preta nullement attention au regard peuplé de vices qu'il posait avec insistance sur elle, comme s'il savourait avec jouissance les derniers instants de contemplation malsaine avant de la dévorer.

- Mais penses-tu que ton maître me laissera goûter un peu de son repas, ou sera-t-il jaloux ?

Luz resta silencieuse et immobile, son visage était resté figé dans sa neutralité. Elle ne l'écoutait presque plus, et ne voyait pas d'intérêt à répondre à ses provocations stériles et superficielles. Provoquer pour provoquer, c'était son passe-temps favoris, mais il fallait que ça soit bien fait, que ça ait du sens. Là, c'était juste ridicule. Ce n'était même pas amusant.
Lui arracher les tripes serait un véritable délice, mais ce dont elle révait par dessus tout, c'était de l'humilier, de le rabaisser au point qu'il se répugne lui même. Briser sa fierté, son orgeuil, démanteler l'image qu'il se fait de lui même et le rendre incroyablement misérable, pour lui prouver sa faiblesse, pour lui prouver qu'il n'avait aucune légitimité à être si arrogant. Insignifiante et minable créature.

Elle avait entendu parler de son don, la lycantrophie berseck, c'est comme ça qu'on le nommait. D'aprés les rumeurs, il n'avait plus aucun contrôle sur lui même lorsque ça se déclanchait, et celà le rendait d'autant plus riddicule. Elle avait toujours méprisé ceux qui ne doivent pas leur puissance à leurs propres capacités à contrôler et faire évoluer leurs pouvoirs. Il n'avait aucun mérite. Ce n'était pas une bête assoifée de sang, juste un chiot qui avait muté.
Elle sortit de ses reflexions au moment ou elle sentit des doigts parcourir la marque encore visible que lui avait laissé Astaroth.

- Dis-moi, délicieuse poupée, où se sont posées ses dents lorsqu'il t'a faite sienne pour l'éternité ?

Étrange. Il avait fait de nombreuses remarques au sujet d'Astaroth. Il semblait presque se comparer à lui, et d’après ses dires on pouvait voir qu'il avait prêté clairement attention aux rumeurs concernant l'élu primordial d'Oppse. Elle avait du mal à déterminer exactement ce qui se dégageait de cet intérêt visiblement assez prononcé pour son maître, mais pouvait y déceler comme de l'admiration. En un sens, Astaroth était le genre de personnage charismatique et cruel à qui il voulait ressembler, à qui il pensait ressembler. Peut être s'identifiait-il à lui. Si c'était le cas, ça n'en serait que plus pathétique. Comment même osait-il se comparer à lui ? Comment envisageait-il ne serais-ce que de lui arriver à la cheville ? Ils n'avaient rien en commun, si ce n'est d'être prétentieux, mais l'un pouvait se le permettre, l'autre pas.

- Je t'aurais bien répondu entre mes cuisses, mais désolé, la vérité est beaucoup moins excitante.

Xellos fût brusquement attiré au mur de dérriére par les lianes d'ombre qui s'en échappaient et le maintenaient maintenant fermement contre la pierre par la taille, les bras, les jambes et le cou. La prise était solide, même pour un tas de muscles comme lui. On ne pouvait s'en dégager par la simple force physique, encore moins un bras droit. Seul la magie marchait contre la magie, et il ne sortirait probablement pas de là à moins de se transformer. C'était précisément ce qu'elle souhaitait. Luz fit quelques pas vers lui.

- Le plus décevant, c'est qu'au final tu n'as rien d'intéréssant. Tu es juste déséquilibré, avec un complexe de supériorité bien trop développé, ça s'arréte là. Et les deux ensemble, ça donne ça, cette espéce d'animal stupide et innondé de pulsions incontrôlables que tu es. Il n'y a rien à creuser, tout ce dont tu as besoin, c'est d'une sérieuse psychothérapie. Des problémes d'enfance avec maman et le complexe d'oedipe ? Tu n'as pas pu la baiser quand tu avais quatre ans, et tu te rattrapes aujourd'hui avec tout ce que tu trouves ?

Elle s'avança un peu plus, et ce fût son tour de prendre la machoire de l'homme entre ses doigts. Elle élargit son sourire.

- Ou bien, es-tu trop perturbé par ce jeune garçon qui, d'aprés ce que j'ai entendu, prétend être ton frêre ? Qu'es-ce qui te fait tant fuir ? Ne me dis pas que vous aviez des relations incestueuses quand même ?

Elle pencha son visage jusqu'a venir murmurer à son oreille, la frôlant de ses lèvres glacées.

- Allez, transforme toi. Qu'on fasse une remake de la belle et la bête.

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MessageSujet: Re: Le Grand Méchant Loup joue avec la nourriture [Luz]   Lun 13 Fév - 15:03

Den Teufel spürt das Völkchen nie,
Und wenn er sie beym Kragen hätte.



Gentille petite poupée, que pourrais-tu changer à ton triste sort de jouet ? Tu sais mieux que quiconque que ta vie est liée par ton rôle de vulgaire marionnette dans les mains d’enfants capricieux. N’es-tu pas agacée d’une telle impuissance, ne voudrais-tu pas disperser ses éléments à l’aide d’une explosion dévastatrice, afin de devenir une vraie petite fille ? Mais comment être une vraie petite fille, lorsque l’on ne connait ni la vie, ni la mort, ni même le bonheur ? Inutile d’essayer, voilà que tes capacités sont bien trop limitées.
La faim du loup vicieux est pourtant justifiée, il ne veut que plus d’amusement encore, mais il se joue du triste sort de la poupée. Quelle cruauté, dirait-on, alors pourquoi tout le monde est déjà persuadé de connaître l’issue du spectacle ?
- Je t'aurais bien répondu entre mes cuisses, mais désolé, la vérité est beaucoup moins excitante.
Elle commence enfin son attaque, la maligne. Dans l’exubérance de sa soif, le loup paraît presque intéressé par son récit, mais serait-elle à la hauteur de le compter de manière à l’intimider ? Après tout, elle avait bien le droit d’essayer, tout comme chaque autre misérable être de ce monde déchu, même si une victoire serait bien entendu le fruit de l’impossible … Le Grand Méchant Loup éprouvait cependant une certaine curiosité à découvrir la façon dont l’élue d’Oppse allait se pencher sur le problème. Car bien que les bruits qui circulaient à son sujet ne soient pas de bon augure, elle demeure tout de même une créature bien vulnérable et ne saurait certainement pas franchir les limites du stéréotype que l’on cherchait à lui fixer.
Se plaisant à admirer l’élue dans sa torpeur, Xellos se sentit soudain attaché par de mystérieuses lianes d’ombre au mur. Ne pas saisir la source de ce léger désagrément physique nécessitait une niaiserie des plus aiguës. Il était bien clair que l’énigmatique don de sa proie venait d’enfin montrer le bout de nez, après qu’il lui avait dévoilé des intentions bien insolites, tout en dissimulant la vérité sur son intérêt pour elle derrière un ciel orageux impénétrable. Nul ne pouvait mieux attiser les flammes qu’un souffle bien orchestré. Ce que l’animal devient brutal après avoir senti l’odeur succulente de la chair fraîche devant ses narines ! En outre, il en va de même pour un loup-garou de son rang et il est bien inutile de préciser qu’un état de turbulence trop majeur a le défaut de nuire aux capacités d’analyse de son possesseur. Toutefois, est-ce vraiment le cas de Xellos, ce démon qui ne connait ni lois, ni moralité ? Il ne se soucie pas le moindre du monde de passer outre ses convictions, parce qu’il n’en possède pas, il est aussi libre que l’air !
Cela dit, la belle savait manifestement parfaitement bien ce qu’elle faisait, après tout … Au-delà de ses procédés plutôt biscornus, elle s’avérait être un adversaire de taille.
- Le plus décevant, c'est qu'au final tu n'as rien d'intéréssant. Tu es juste déséquilibré, avec un complexe de supériorité bien trop développé, ça s'arréte là. Et les deux ensemble, ça donne ça, cette espéce d'animal stupide et innondé de pulsions incontrôlables que tu es. Il n'y a rien à creuser, tout ce dont tu as besoin, c'est d'une sérieuse psychothérapie. Des problémes d'enfance avec maman et le complexe d'oedipe ? Tu n'as pas pu la baiser quand tu avais quatre ans, et tu te rattrapes aujourd'hui avec tout ce que tu trouves ?
Et dire qu’il la prenait pour une candide poupée en porcelaine incapable de voir les choses autrement qu’avec la plus placide des bénignités, il voyait maintenant qu’il nageait en pleine erreur. Et c’était loin de lui déplaire …
- Tu lis en moi comme dans un livre ouvert, ricana-t-il, subjugué par ses propos effrontés. Déjà petit je croulais sous la testostérone et le temps n’a fait qu’approfondir mon Déluge ! Tu imagines dans ce cas à quel point ma faim me ronge, attaché à ce mur tel un chien devant sa nourriture …
Tandis qu’elle s’avançait vers lui, elle prit sa mâchoire entre ses doigts, en imitant le geste du loup à merveille. La contempler en action était trop jouissif pour être innocent …
- Ou bien, es-tu trop perturbé par ce jeune garçon qui, d'aprés ce que j'ai entendu, prétend être ton frêre ? Qu'es-ce qui te fait tant fuir ? Ne me dis pas que vous aviez des relations incestueuses quand même ?
N’était-ce pas clair depuis le début que l’intérêt malsain que peut éprouver à son sujet Xellos doit être obligatoirement associé à son bras-droit, qui se trouve être nul autre que l’imbécile qui a un jour espéré faire partie de sa vie et lui a débitée une histoire ridicule selon laquelle ils partageaient le même sang ? Son élue est automatiquement jugée comme étant la personne qui lui est la plus proche, ainsi donc il était tout-à-fait naturel qu’elle fera l’objet de sa curiosité.
- Eh bien, il était temps que tu arrives à cette conclusion. Comme si le personnage du premier élu d’Oppse m’impressionnait vraiment au point de vouloir passer ses élus au crible d’un examen … Je n’en ai que faire en vérité. Tâche de ne pas me sous-estimer, autrement je serais forcé de m’en remettre à des manières de correction très rudes, lui confia-t-il sur un ton menaçant. C’est le gosse primitif dont tu viens de parler qui attire mon attention. Vois-tu, je cherche à percer le mystère de sa fascination à mon égard et j’ai jugé bon d’en apprendre plus long sur lui grâce à sa merveilleuse élue.
La véritable raison était en fait plus que facile à deviner, s’il s’avérait que la poupée ne la connaissait pas, le jeu serait déjà depuis longtemps terminé. Heureusement, elle a fini par admettre sa compréhension.
- Allez, transforme toi. Qu'on fasse une remake de la belle et la bête.
Une telle proposition demandait le rire le plus moqueur, Xellos n’allait nullement se refuser ce plaisir. Son rictus fourbe aux lèvres, il ne pouvait s’empêcher d’apprécier sa trouvaille de plus en plus.
- Je vois que le courage ne te manque pas, succulente poupée ! Mais ce que tu es drôle comme enfant, je ne puis te décrire ma sympathie à te voir pleinement consentante à signer ton arrêt de mort. Néanmoins, avant que je ne te déchire en morceaux je souhaitais encore récolter quelque information de ta bouche. J’ose espérer que tu comprends qu’avant la distraction vient toujours le devoir … Son sourire s’estompa promptement pour faire place à une expression plus grave. Alors, ma jolie ? Qu’en penses-tu ?
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Le Grand Méchant Loup joue avec la nourriture [Luz]

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