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 Dans une révolution, on doit triompher ou mourir. [Maena]

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Xellos
Le Grand Méchant Loup

Le Grand Méchant Loup
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MessageSujet: Dans une révolution, on doit triompher ou mourir. [Maena]   Mar 22 Nov - 16:21

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Dans une révolution, on doit triompher ou mourir.


    Off through the new day's mist I run
    Out from the new day's mist I have come
    I hunt, therefore I am
    Harvest the land
    Taking of the fallen lamb

    Off through the new day's mist I run
    Out from the new day's mist I have come
    We shift, pulsing with the Earth
    Company we keep
    Roaming the land while you sleep

    Nose to the wind
    Feeling I've been
    All senses clean
    Back to the meaning of life
    Bright is the moon high in starlight
    Chill is the air cold as steel tonight
    We shift, call of the wild
    Fear in your eyes
    It's better than you realized

    Nose to the wind
    Feeling I've been
    All senses clean
    Back to the meaning of life

    I feel a change back to a better day
    Hair stands on the back of my neck
    In wildness is the preservation of the world
    So seek the wolf and not man
    Nose to the wind
    Feeling I have been
    All senses clean
    Back to the meaning, back to the meaning of wolf and man



Sa colère n’a jamais été aussi viscérale qu’elle l'était aujourd'hui devant la Chapelle Sacrée. En revanche, cela ne lui rajoute aucune pureté à cette sombre motivation, car la voici mêlée à une fierté qui fait bomber le torse du Loup, qui écrase ses victimes sous les semelles de ses chaussures et qui encourage sa salive à ridiculiser les plus costauds en un unique crachat. Il est le maître de la situation, le véritable marionnettiste de l’avenir de la Forteresse de Layca. Tout est déjà planifié depuis les prémices de ce monde, transcrit dans le missel du destin que Xellos ne manque pas de lire et relire à chaque pas. Il connait déjà les évènements qui vont suivre, il a appris à les mémoriser par cœur pour n’être jamais surpris par quoique ce soit. Présentement, la Forteresse de Layca recherche des traîtres parmi ses propres élus, tandis qu’il ne suffit que de pointer son nez dehors, et observer la grandeur du Grand Méchant Loup, tranquille et prêt à attaquer, avec ses fidèles troupes. Il allait saisir l’occasion à la perfection, après avoir goûté à une première victoire au nom de la Révolution, au cours de son dernier périple dans les Champs de Mars. En effet, ce que réalisera Xellos ne sera pas un vulgaire coup d’état digne d’un certain Napoléon Bonaparte, mais une révolution véritable, dirigée par un Maximilien de Robespierre tout au moins !
Pourquoi ferait-il une chose pareille, semblez-vous demander ? En premier lieu, il est un excellent stratège, tout ce qu’il peut imaginer est grandiose, car planifié jusqu’au moindre détail. Il n’y a pas de place pour quoique ce soit de nébuleux, lorsqu’il s’agit de planifier des batailles, et en bon général, Xellos ne tolère aucune négligence. En deuxième lieu, tous les dieux l’ont toujours haï, et il ne veut même pas se rappeler de ces ignobles élus qui ont toujours refusé d’accepter sa supériorité, le tenant à l’écard de quelconques décisions politiques. C’est ça, Xellos, contentez-vous de nous massacrer un maximum de soldats au service d'Oppse, mais après, ne pensez même pas à manipuler plus loin le jeu. A quoi bon tuer ces ignares, ce sont des travaux dignes uniquement de Sisyphe ! Le Grand Méchant Loup est censé être lui-même un dieu, et pas se plier aux ordres de vulgaires marionnettes pusillanimes ! Pour encore plus remuer le couteau dans la plaie, ils l’ont nommé Bras-Droit d’un gosse ignorant de tout ce qui se passe autour de lui ! Et ils ont poussé la moquerie à son comble, en lui précisant qu’il avait le droit d’empreinter les troupes de son élu uniquement s’il l’autorisait. Quelles balivernes ! Son égo n’a pas pu le supporter qu’un mioche qui ne connait rien à la guerre puisse contrôler ses moindres faits et gestes. Il est alors sorti, brûlant toutes les idées de changement qu’il a été assez sot d’imaginer, et a décidé de détrôner les auteurs de ses supplices. En dernier lieu, qui d’autre que le Loup mérite d’être autant vénéré ? Il va dicter au peuple de Layca comment déjouer les plans d'Oppse une bonne fois pour toutes, juste après avoir personnellement exécuté leur dieu inefficace. Il est presque aussi vieux qu’eux, et s’il y a bien une personne qui connait la guerre comme sa propre poche, ce n'est ni Arès, ni Mars. C'est Xellos, celui qui ne connaîtra jamais la rédemption, mais qui prétendra toujours de la servir à ses fidèles. Une telle révolution sera donc tout simplement l’instrument qu’il a choisi pour que ces déchets goûtent enfin à sa vengeance. Et cette dernière ne manquera pas de satisfaire même les plus avides spectateurs.
Derrière lui se tient plus d’un millier d’hommes, tous amadoués par ses mots et ses gestes. Ils le suivent à la moindre demande, puisqu’il est le mâle dominant, celui qui dirige la horde des loups sans scrupules ni faiblesse. Il leur a tous promis une vie dénuée de soucis financiers, baignée dans la gloire et l’éternelle adoration. Et voilà qu’il rafraîchit leurs naïfs espoirs, faisant quelques pas en avant, et brisant la huée de ses troupes.
- Peuple de la Révolution, je vous salue ! Nous voilà devant le lieu de culte de nos ennemis, le prélude de la fin de leur règne hostile à notre développement. Ils ont déjà depuis trop longtemps affabulé nos vies, masqué ce que nous devions réellement faire et qui nous devions éliminer. Mais n’ayez crainte, peuple de la Révolution, notre jour est arrivé. Au détriment de leur fortune, nous allons prendre le destin de ces landes en main ! Vos enfants ne seront plus jamais soumis à être des pantins dans les mains souillées des dieux comme ils le sont maintenant, ils ignoreront même l’existence de telles créatures ! Chacun de vous atteindra le statut de héros, et tous vos péchés seront pardonnés, effacés complètement de l’Histoire. Tout ce que vous ayez pu commettre jusqu’à aujourd’hui n’a aucune importance, vous pouvez très bien être des voyous, des voleurs, des traîtres, ou même des tueurs en série, vous faites à présent parti d’une seule et unique force : la Révolution !
Tandis que la cohue se calmait, les acclamations de la Révolution et du Général Xellos se multipliaient. Ils buvaient chacune de ses paroles, même ses mensonges et ses moqueries enrobées dans une fine couche d’admiration, pour ne pas brusquer les bêtes. Ils le vénéraient, et étaient tous prêts à faire honneur à la Prise de la Bastille, malgré son caractère grotesque qu’ils ne saisissaient pas, et ainsi démolir la Chapelle Sacrée. Il prenait tant de plaisir à entendre ces compliments barbares, qu’il aurait presque eu envie d’attendre un peu pour profiter de cette musique exquise. Ces mains décidées à abolir l’injustice tiennent des armes robustes qui n’attendent que son signal pour commencer le massacre. Ces regards à la recherche de victimes parcourent inlassablement l'intégralité de bâtisse mystique, situé à quelques mètres de leur emplacement. Ces pieds maintenant scotchés au sol veulent courir à en perdre le souffle vers l'ennemi. Il ne suffit que d’une étincelle pour que l’incendie qui allait changer l’Histoire fasse rage …
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MessageSujet: Re: Dans une révolution, on doit triompher ou mourir. [Maena]   Mer 30 Nov - 23:11


Collision.


- Monsieur...!
- Mais casse-toi, putain!

Il va me courir après encore longtemps, c'merdeux?! Non mais putain d'merde, là, lâche-moi! J'sais qu'tu m'aimes, m'enfin faut pas abuser des bonnes choses, vieux! Puis nan, j'réponds pas à un mec qui m'appelle monsieur. J'suis pas une épave, j'suis pas à l'agonie, j'ai un espèce de prénom d'archange absolument fantastique, j'suis désolé mais y'a aucune excuse pour qu'il ne m'appelle pas autrement que monsieur. Rah, mais il est où... Me lâchera jamais, ce con, jamais. Ca va partir en désincarcération cérébrale, l'histoire, ça va pas m'casser les couilles bien longtemps. Bon. J'm'en débarasse comment, moi? Niiii... Ah! Je sais! J'vais aller l'paumer dans les escaliers. Si, bon plan ça. J'ai tellement monté et descendu ces putains d'marches que j'connais tout par coeur. En plus j'suis une fusée, j'vais trop vite pour faire les trajets. C'parti. Héhé. J'l'entends encore beugler derrière moi. Monsieur Raphaëlita. Non mais on aura tout vu, j'te jure. Monsieur Raphaëlita... Et mon cul c'est d'la dorade? Ils peuvent pas m'appeller comme tout l'monde, ici? Maena, c'pourtant pas compliqué. M-A-E-N-A. Merde.
J'm'engage dans l'premier escalier. On est... au premier, là, déjà. J'sais plus. Non sérieux, j'sais plus mais j'm'en cogne. J'vais cavaler vers le haut, ça l'fera bien chier, haha. Putain, c'qu'il faut pas faire, ici. J'voulais juste fumer une clope, moi. Une seule malheureuse petite clope. Et ben non, faut croire que même ça c'est trop d'mandé. Pourtant j'suis pas l'plus casse couilles des gens ici, vraiment. Attends. Moi j'harcèle personne en hurlant monsieur toutes les cinq secondes. Mais moi j'dis ça... Pas moyen de s'perdre à la f'nêtre en plein jour pour pas sâouler les gens avec la fumée, pas moyen de cloper tranquille sans être poursuivi par un million d'larbins de merde venus te les briser pile au moment où tu peux éventuellement prétendre à la paix. Nan. J'le sens qui s'éssoufle. Fais voir où on en est... Oh, ben j'le vois même plus, dis. J'peux même ralentir si j'veux. T'sais qu'on a pas l'droit d'courir dans les couloirs de la forteresse, normal'ment? Loose. On s'en fout, j'l'ai semé. Yeah. Alors, c'qui l'meilleur? Héhéhé. J'peux même rallumer ma clope tranquille. C'parfait, Maena. T'es un dieu.

- Monsieur!

HEIN?! Mais d'où il sort, lui?! L'autre côté, merde, merde, merde... Putain! Mais c'est un complot, j'suis sûr! Dégagez d'là, merde! Foutez-moi la paix! Rah! Demi tour, tant pis. M'ont pris de court là, sérieux. C'pas fair-play du tout, c'est vil. Peuh. T'en fous, t'vas bien t'en débarasser, Maena. Saute par-dessus la rambarde, là. Ouais, ça devrait dissuader l'autre de te poursuivre. Oh merde, v'là qu'il s'met à courir. On fout l'camp, c'parti. Et barrière en approche, un, deux, troiiiiiis! Ah! Ouch, mes g'noux. C'bon, ça va, rien d'cassé. Lève-toi, putain. Vas-y cours. Cours, te retourne pas. Non parce que t'as toujours l'autre sur le qui-vive, là. Y'en a deux à mes trousses. Et vu comme le premier était, est toujours remarque, à fond, m'étonnerai pas qu'l'autre soit aussi hargneux. Alors décampe, c'est bon. T'vas pas pouvoir discuter. On s'en fout.
J'prends un couloir au hasard. J'arrive encore à me perdre dans la forteresse, quoi. J'ai vraiment aucun sens de l'orientation. Non puis même, sur le coup j'pense qu'à sauver mon cul. Alors j'peux bien aller où j'veux, du moment que j'les sème, ça m'va. J'ai rien fait, en plus. Non, sérieux pour une fois. Ca fait un moment que j'ai pas croisé Kamui donc que j'ai pas pu l'emmerder, j'ai pas revu non plus son clebard et c'est tant mieux... Ouais, en fait, depuis trois jours j'ai du parler à quoi. Deux personnes. Ah ouais, et y'a la gonzesse que j'ai chauffé aussi, la dernière fois. Non mais elle était concentante, rien à foutre. Franch'ment pour c'qu'elle valait en plus, pas d'quoi en faire un drame. Puis elle devrait être contente, merde! Elle s'est pas faite niquée par n'importe qui, quoi! Sérieux ça m'gave. Si c'est à cause d'elle que j'suis coursé, t'inquiète que je la retrouve et qu'elle va prendre cher dans sa gueule. Non puis j'veux dire, deux mecs c'est pas rien. Même quand j'loupais les réunions tous les soirs on m'a juste envoyé un boulet qui savait pas parler. Qu'est-ce qui me vaut autant d'attention, hein? J'ai été emmerdé une ou deux fois pour le matelas en plein milieu du couloir, mais ça c'était au début et maint'nant les gars ils en ont plus rien à foutre. J'ai tué personne depuis un moment. En fait c'est à peine si j'enlève le masque. Je sais pas c'que j'ai, mais quand j'le retire c'est pour fumer. Et encore j'dis ça, je fume plus des masses. J'oublis de plus en plus de choses, aussi. C'est un peu plus gênant d'ailleurs. Ben tiens, c'est p't'être pour ça que je suis autant sollicité, aujourd'hui. Ouais mais non, j'l'ai dit à personne, et de toutes façons personne ne me parle. Par définition, y'en a pas un qui peut être au courant, quoi. Boarf j'sais pas, m'en cogne.
Et ils arrêtent pas de brailler, mais vos gueules, putain vos gueules. Oh, une porte. Attends... Vas-y, respire plus. Laisse les passer. Ils étaient pas très loin, mais ils m'ont pas vu tourner, j'suis sûr. J'les laisse passer, et j'fais demi-tour. Comme ça ce s'ra fini pour de bon. Attends, ça va pas durer toute la journée. J'ai quand même toujours envie d'cloper, moi. Non mais. Aller, aller... J'vois leur ombres. Ah, ah, aaaaah... Et j'vois plus rien. J'les entends m'appeller monsieur plus loin. Je suis dieu, qu'est tu crois. Aller. Volte face et j'm'arrache. J'sais plus où aller, du coup. Y'a toujours moyen qu'ils me retrouvent. J'en ai marre d'la psychose, sérieux. J'vais aller... J'sais pas, moi. Dehors, j'pas envie. Non, y'a trop d'lumière, aujourd'hui j'ai mal aux yeux. J'ai toujours mal quelque part en ce moment. C'est pas super pratique, sûr. C'pas moi qui décide non plus. Enfin pas grave. J'me cale dans un coin, j'bouge plus et j'fume en paix. Ouaiiiiis.
Non. Non. Nooooon!
Trois?! Attends, non, c'pas juste! Hé! Merde, cours! Ah les vicelards! C'est dégueulasse! Merde! J'vais où, putain, j'vais où?! J'peux pas m'enfermer quelque part, j'pourrai plus déguerpir! Merde! Ah non! Mais si j'continue par là j'vais retrouver les deux autres! Merde! Cours, Maena, cours! Ah putain! Oh non ils m'ont capté! ILs m'ont capté bordel de TA SOEUR!
Aïe... Putain le plaquage... Bon, c'est bon, c'est bon, j'me rends...

Je-veux-fumer.
Mission de mes couilles. Tu parles, en plus. C'est à cause de mon connard de Bras Droit, Xellos. Quelle idée de le foutre Bras Droit, lui aussi, s'il est ingérable comme ça? Retrouvez Xellos et empêchez-le de mener à bien sa nouvelle crise révolutionnaire. J'ai qu'ça à foutre, moi. Non puis il est grand, il fait bien c'qu'il veut. Puis merde, c'pas à moi d'faire ça! Y'a Kamui qui est sûr de l'raisonner, puis même, Layca c'pas sencé être une divinité? Il peut pas l'foudroyer direct ou quoi? Franchement... Non puis on m'demande ça à moi genre j'ai une autorité sur lui. J'ai du l'voir deux fois à tout casser, on a jamais parlé d'autre chose que de plans d'attaque, j'le connais de rien, moi. J'sais juste que c'est un putain de teigneux et un gosse intenable. Ouais, super. J'fumerai jamais, on m'a confisqué mon paquet jusqu'à ce que je règle le problème. Fait chier. J'ai laissé le masque j'sais pas où, et du coup j'peux plus l'ouvrir. J'ai pas envie d'm'encombrer avec ce truc si jamais j'dois flinguer Xellos. J'pas envie d'me battre, moi. J'ai pas la foi, pour le coup. Non, sérieux. Y'a mille façons de l'faire taire, lui, pourquoi moi? Oh puis merde. Plus vite ce s'ra fait, plus vite j'pourrai m'en fumer une.
J'ai remis la capuche de mon sweat sur mes ch'veux. J'arrive près d'la chapelle, génial. J'aime pas c't'endroit. Il se dégage quelque chose que j'aime pas du tout. Comme un sentiment d'oppression, comme si on t'écrasait rien que parce que tu es là. Sans doute que c'est ça, le pouvoir de Layca. Même moi j'ai du mal à rester dans les parages. Alors les nouveaux ou les plus faibles, j'imagine pas comment ils doivent flipper. Tant pis. Ca n'empêche pas qu'ils soient tous là. À regarder MON Bras Droit. J'sais pourquoi il est sous mes ordres. Plus tard, il sera aussi charismatique que moi. Il a l'étoffe d'un leader, il le sait déjà. Xellos. C'est celui qui s'transforme en bête du Gévaudan, c'est ça? Ouais, sans doute. S'il décide de m'attaquer par surprise, j'vais vraiment en prendre plein la gueule. Faut être plus rusé qu'ça. Aller Maena, c'pas tonfort, mais réfléchis. J'vais m'fondre dans la masse. Du moment que j'me fait discret, y'en aura pas un pour me calculer. Trop omnubilés par leur commandant pour faire attention aux membres de leur parti, t'sais quoi. N'empêche que. Il doit bien y avoir un millier de gens, là. Aux alentours. C'est vraiment massif, comme délire, sans rire. J'en connais pas un seul. C'pas nouveau, tu m'diras. Mais arriver à dresser autant d'gens avec cette gueule de défoncé ça tient du miracle. T'imagines si j'veux faire pareil? Y'en a juste deux qui manqueront à l'appel, et ce seront les ennemis. Quoique de peur, ils se repentiront et rejoindront ma cause. Y'a d'quoi bander, sérieux.
J'en suis pas encore là, dommage. Ouais puis revendiquer quoi, comme cause, l'égalité chez les pingouins? On s'en fout, t'sais quoi. Bref. J'veux aller devant. J'veux me rapprocher de lui. Comme ça, se sera plus facile pour lui gueuler dessus. J'fais en sorte qu'on ne me reconnaisse pas. Ils doivent sentir l'aura, comme tout le monde. Et ce serait un miracle que personne ne me remarque, franchement. Soit ils sont stupides, soit ils sont tellement fascinés par Machin qu'ils ne se focalisent plus que sur lui. D'ailleurs, il va parler. Attention...

- Peuple de la Révolution, je vous salue ! Nous voilà devant le lieu de culte de nos ennemis, le prélude de la fin de leur règne hostile à notre développement. Ils ont déjà depuis trop longtemps affabulé nos vies, masqué ce que nous devions réellement faire et qui nous devions éliminer. Mais n’ayez crainte, peuple de la Révolution, notre jour est arrivé. Au détriment de leur fortune...

... Mais qu'est z'il fout? L'est pas sérieux, si? Il est vraiment con, en fait. Putain c'est qui l'abruti qui m'a r'filé un taré comme ça? J'veux pas, merde, c'est bon... AH NAN! Me touche pas s'pèce de gueux! Ah nan. Putain. Trop d'monde, fait chier, c'est dégueulasse. En plus tous aglutinés pour écouter le délire de l'autre nouille, là, ça va pas l'faire du tout putain. Lâchez-moi bordel. Lâchez-moi... Mais écoute-moi c'débile, là, il croit quand même pas qu'il va réussir, si? Il dit ça avec tellement d'conviction, ça fait vraiment genre il est persuadé qu'il va y arriver. Bon. J'vais l'laisser finir, hein. Ca la foutrait mal de s'faire griller maintenant, juste parce que j'me serai foutu de sa gueule. J'remets la capuche correctement. Faut pas que j'me fasse voir, sérieux. J'vais aller m'placer bien au milieu de la foule. Ni trop près, ni trop loin de lui. Au cas où. Ah non, putain, j'dois traverser ces misérables cloportes. Bwark... Me touche pas, toi, hein. Voilà, voilà, regarde ton copain Xellos, c'est cool. Ah non, c'est pas possible d'être aussi con... Pouah. Ca sent le prolétariat à des kilomètres. Qu'est-ce que j'fous là, moi...? Uh. Il a pas bientôt fini? Ca devient franchement casse-couilles, son truc. Attaque, qu'on en parle plus merde. Ou alors il profite de son pouvoir pour bien se noyer dans les compliments, tout ça. Pas un dans la foule, pas un, ne se doute un seul instant qu'il peut y avoir des taupes dans le lot. Là, je suis seul. J'ai besoin de personne. Si vraiment j'ai un problème, des gars sont planqués à l'extérieur, guettent, et préparent un assaut. On a déjà envoyé un messager tenir au courant quelques autres Elus, d'autres Bras Droit, et éventuellement Kamui ou un de ses proches. Mais Xellos est à moi. Pour le moment, ils sont tous à moi. En fait, les autres s'occuperont du reste de la marmaille s'il décide de les faire bouger. Moi, je veux Xellos. Je veux mon petit sous-fifre. Je le veux pour moi, que je puisse l'engueuler comme il se doit. Regard gorgé de stoïcisme en sa direction. Quelque part, aucune, aucune envie de taper. De l'autre côté, une irrésistible envie de me faire entrendre. Il a fini. Autour, tout autour, les corps qui se bouculent, qui me bousculent. C'est abominable. Mais ils se calment, un temps soit peu. Merci.
C'est à peine si j'entrouvre les lèvres.

- Xellos, j'peux savoir c'que tu fous?

Les phrases ont broyé leur petit être misérable commun. Ils ont tous explosé. De partout. Juste assez pour que de son poste, il puisse m'entendre. Je ne suis pas si loin, finalement. Les plus proches s'effondrent sans ordre autour de moi. Leur sève vient noyer la capuche, les quelques mèches libertines, la peau de nacre. C'est rien. C'est rouge. Je ferme les yeux. On peut choper des saloperies si le sang s'immisce en eux. Je deviens carmin à vue d'oeil. Les plus faibles sont morts. Plus de vie à quinze mètres à la ronde si l'on prend comme centre de cercle O Maena Aiolia Méryl Raphaëlita. J'me suis jamais senti aussi puissant. C'est quoi, Layca? C'est parce que je suis proche de la chapelle? AUcune idée. C'est peut-être ça, le sentiment de malaise à proximité du lieu. La force décuplée qu'on ne peut utiliser. J'en sais rien. J'entends des bruits monstrueux. Certains ne supportent pas le choc mené par pareille beauté, et visiblement ils en vomissent. Elégant et distingué. Un peu comme leur meneur. Les plus faibles s'évanouissent. J'entends l'impact de leur carcasses qui s'écroulent sur le marbre du plateau sacré. Tonnerre de Gaïa. Gaïa? Gaï... Peu importe. Une odeur de cadavre. Une odeur de pourriture. Une odeur de carmin. Le faciès bas. Sur le faciès, une texture de carmin. Une glissade tactile carmine. Les tâches s'infusent dans les bandages qui couvrent les lèvres. Intimité violée, quelque part. Le vent. La brise calme qui vient rugir au creux de mon oreille. Les corps. Toujours les corps qui vacillent et qui chutent. Le carmin qui arrive jusqu'à la bouche. C'est délicieux. C'est beau, comme scène. J'ouvre les yeux. Le soleil vient me brûler les rétines. Trop fort, les rayons. Trop lumineux. Pourquoi j'pense à ça? Y'a des organismes en parfait état autour de moi. Ca m'donne envie d'les ouvrir. Non.
Juste...
Juste.
Regarde-le lui.
Observe la foule qui le soutient.
Tu l'as réduite considérablement, et ce n'est pas négligeable.
Mais ce n'est pas fini.
Il est là.
Droit.
Fier.
Sûr.
J'attends. J'attends tes mots, tes gestes, vieux, avec le plus beau des sourires narquois. Je suis ton Elu, Xellos. Ne l'oublies pas.
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Xellos
Le Grand Méchant Loup

Le Grand Méchant Loup
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MessageSujet: Re: Dans une révolution, on doit triompher ou mourir. [Maena]   Dim 18 Déc - 13:37

Ich will die Ruhe stören
Ich will jeden Herzschlag kontrollieren
Ich will dass ihr mir alles glaubt



Être l’un des premiers n’était pas chose facile, malgré ce que les opinions des élus portaient à croire. Faire partie de cette singulière assemblée impliquait plusieurs éléments, aussi plaisants que désastreux. Tout d’abord, les Premiers étaient toujours préférés aux autres pantins pour porter le rôle d’un élu ou autre poste important aux yeux des divinités. Ils possédaient de très nombreux privilèges par rapport au monde d’Alea Jacta Est et à ses habitants. Cependant, là se divisaient les chemins de la sureté afin que la perplexité dépose son lourd fardeau sur les opinions des dieux et de leurs élus. A savoir : un ancien devrait-il être gratifié d’une peine plus légère pour un crime commis, ou au contraire, une peine plus grave au vu de son expérience ? La question persistait à apporter le chaos chez les élus, qui, impuissants, continuaient à se disputer les décisions et étaient soumis à rendre un jugement souvent sommaire et ambigu. Qu'en est-il alors de Xellos, la bête sauvage qui fait vaciller la balance de la paix au détriment des élus comme de leurs serviteurs ?
Dès le début de ce monde, il a toujours été un personnage difficile à cerner, contournant avec beaucoup de facilité la loi, et ne ratant aucune occasion pour montrer à quel point il est intouchable. Il jouait à son jeu favori : celui du chat et de la souris. En outre, comme d’habitude, il trouvait toujours un moyen d’en tirer profit et d’enrager ses supérieurs tout en gardant un rictus narquois aux lèvres. Ceci dit, les élus n’ont jamais appris à l’accepter, le tolérer était déjà une mission quasi-impossible. Il est de fait que le Grand Méchant Loup s’acquittait de bien funestes commissions plus que quelconque autre serviteur de Layca. Il avait la fâcheuse habitude de torturer, violenter et tuer les plus ingénus citoyens, après quoi il jetait leurs cadavres décomposés dans la mer. Or, il n’était jamais châtié pour ses crimes, sauf s’il s’agissait des proches des élus, ou de crimes particulièrement inhumains. Mais la limite de l’humanité ne cessait d’accroître sa valeur dans les préceptes uniquement destinés à être suivis par Xellos, l’esprit rebelle de ce qu’il appelait « la véhémence du peuple ». Quoiqu’il fasse, les bouches de ses supérieurs étaient bâillonnées avec succès, tandis que leur courroux s’était depuis longtemps transformé en la frustration d’un enfant qui, nonobstant ses volontés, ne reçoit toujours pas ce fameux présent dont il rêve la nuit. Mais ce n’était pas assez, il réclamait toujours plus, car sa perception s’élargissait en fonction de ses possibilités nouvellement acquises ; l’appétit vient en mangeant, la soif de sang vient en tuant. C’est en poussant le bouchon toujours plus loin qu’il finit par découvrir sa véritable mission, à savoir devenir le véritable Dieu de ces landes déchues. Il allait détrôner tous ces bouffons pathétiques, et deviendrait le Seigneur le plus grandiose jamais connu. Ce qu’il allait accomplir n’allait néanmoins pas être une simple révolte, parce qu’il avait plus d’un tour dans son sac. Des immondices si terribles que même les plus cruels malfaiteurs en ignoraient l’étendue … Mais pour ce faire, il avait encore une ribambelle d’autres objectifs à atteindre. Et la tâche allait s’avérer beaucoup plus rude qu’il ne l’avait imaginé …
D’une certaine manière, il était las d’assassiner des innocents sans but pendant tout ce temps, ce qui est facilement compréhensible en prenant en compte son âge et son expérience. En vivant sur ces terres, ses créatures découvraient doucement leur absurdité, qui n’était constitué que de batailles répétitives ainsi que d’une immortalité qui est pour eux comme le plus ardent des fléaux. Alea Jacta Est était simplement un autre nom pour définir l’Univers de Caïn, qui après avoir tué son frère, était soumis à mener une vie obscure et infinie. Personne ne pouvait le tuer grâce à sa marque gracieusement offerte par Dieu, c’est pourquoi il était obligé d’errer sans but pour le restant de ses jours. Un tel sort était bien pire que la mort, et c’est aussi ce qu’ont appris les habitants de ces landes durant leur séjour.
Voilà la genèse véritable de cette course au pouvoir qu’il s’est promis de terminer vainqueur, peu importe le nombre d’essais qu’il sera résigné à endosser. Il apparaît que chaque fois que la révolution refait rage parmi le peuple, il est plus près du but encore. Pour ce qu’il en est de la victoire, il n’a plus d’illusions, elles ont coulées au fil de ses aventures. Toutefois, il ne semble pas offusqué pour autant. Il connait déjà les répercussions que ses actes vont apporter à ses ennemis monarchistes. Pourtant, derrière leur masque d’hypocrisie, les élus ne peuvent regarder les tribulations du Loup sans songer avec inquiétude au devenir de ce monde. Ils lui enverront très bientôt des hommes chargés d’anéantir la Révolution. Et il ne sait que trop bien comment il va les accueillir …
Tandis qu’il termine son discours, Xellos attend secrètement à ce que l’ennemi porte le premier coup. Pourtant, rien ne se passe. Très bien, peut-être que cette fois, les autorités souhaitent à tout prix voir leur jolie petite chapelle démolie. Ça ne l’étonnerait même pas de les voir pleurnicher après sa destruction … C’est alors qu’il s’apprête à dicter les ordres à troupes qu’il entend une voix qui ne lui est pas inconnue. Il la connaissait tant, qu’il avait depuis longtemps perdu l’espoir qu'un jour il s’en débarrasserait, tellement son timbre lui était insupportable.
- Xellos, j'peux savoir c'que tu fous?
Une part de surprise était visible dans ses yeux vairons, mais elle a hâtivement été épongée par une soif animée de colère et d’excitation. Son bon vieux Maena et ses courageuses intentions dignes de l’Ingénu de Voltaire… En vérité, peu lui importait ses intentions, ce qui était vraiment vital pour lui était le fait qu’il s’agissait là de son élu. Ils avaient osé lui envoyer son propre élu ? Voilà une chose qu’ils n’avaient encore jamais tenté auparavant. Il devait bien reconnaître que cela lui plaisait, d’un certain côté … Maena était très amusant parfois, surtout pour ses manières très caractéristiques. Xellos, lui, à l’instar des grands artistes, gardait toujours sa pièce de résistance pour la fin. Mais ce n’était pas du tout le cas de son élu, qui préférait être sûr d’être pris au sérieux, et ainsi montrait ses cartes avant même le début du jeu. C’est précisément ce qui s’était passé ce jour-là. Il avait tant de toupet de tuer ces gens-là avec une phrase si banale … Il aurait pu certes leur promettre une meilleure mort, avec une citation d’un philosophe grecque ou d’un dictateur misogyne, mais il était largement trop désinvolte pour leur donner une mort au moins légèrement épique. Voilà le carnage que créaient ses misérables paroles de débutant : une partie impressionnante de l’armée révolutionnaire était anéantie, coulant sous les hurlements des blessés et le silence des morts. Et le monstre ne peut s’empêcher de déployer ses ailes maudites : un rire empreint d’une cruauté sans équivoque se fait entendre parmi les cris.
La foule ne comprend pas la source de sa joie. Qu’est-ce qu’il lui prend, est-il fou ?! Mais il l’est depuis bien longtemps déjà … Il applaudit ! Il applaudit l’artiste du massacre !
- Mes félicitations, mon très cher Maena ! Observe, observe l’étendue de la catastrophe dont tu es le sanglant instrument ! Peuple de la Révolution, voici une personne essentielle à la réalisation de notre plan ! Je vous présente votre Elu, Maena Aiolia Méryl Raphaëlita ! Les hommes sont stupéfaits, ils crient au traître, la cohue refait rage. Xellos, impassible, attend de continuer avec des manières dignes d’un envoûteur. Pardonnez-le pour ses manières qui laissent un peu à désirer … Voilà devant vous Mikhaïl Koutouzov et sa fameuse stratégie de la terre brûlée !
Les décibels dansaient un quickstep mortel, pendant que le Grand Méchant Loup s’obstinait à remuer le couteau dans la plaie de son nouveau rival. A présent, ils voulaient tous décapiter le pauvre élu de Layca.
- Pour avoir été capable de tuer tes propres troupes, il m’apparaît que tu t’abuses aussi bien sur leur compréhension que sur leur hostilité. Dois-je en déduire que tu es l’ennemi de tes propres hommes ? Je devine que tu es envoyé par les autorités misérables de notre monde ; nul doute qu’elles ont pu, bien au-delà de leurs capacités minables à appréhender la situation médiocre dans laquelle elles se trouvent, vu les turpitudes de mon passé, se permettre des conclusions plausibles à leurs yeux. Ils doivent être médusés par la peur d’affronter le catalogue de leurs incompétences, et je les comprends parfaitement. C’est pourquoi je suis ici, prêt à enlever leurs maux à jamais ! Et dans une révolution, on doit triompher ou mourir ; mourir étant impossible, nous devons triompher !
Curieusement, les hommes n’étaient pas très capricieux quant à ses paroles. Bien que leurs compagnons fussent morts, eux acclamaient leur maître encore plus énergiquement encore. Et deux mots suffirent pour que la fougue des troupes soit multipliée. Nunquam moribimur. Xellos les avait prononcés une seule fois, mais ce n’était pas le cas de ses guerriers, qui les hurlaient comme la plus significative des devises. La devise d’un assassin immortel qui ne cherchait que plus de douleur encore.
Ich will in Beifall untergehen.
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MessageSujet: Re: Dans une révolution, on doit triompher ou mourir. [Maena]   Lun 26 Déc - 6:12


Un monde où la paix existe.


Ca résonne comme des putains de claquements de fouet sur la peau.
Y'a des craquements. Partout. J'sais pas c'qui leur prend, mais en attendant, ils vont m'rendre sourd. Comme des bruits de portes qui claquent. C'est brutal. J'les sens venir vers moi. Tous, qui se marchent dessus. J'entends leurs semelles sur les graviers. Puis sur les corps. Chacun semble revenir à sa place. Devant Xellos le magnifique. C'est vrai qu'il a d'la gueule. C'est pas peu dire, remarque. Il sait parler, il sait convaincre. Il est pas spécialement beau, mais il est charismatique. C'est indéniable. Je ne fais qu'l'entendre, et ça suffit à mettre en joie je n'sais combien de ses partisants. J'savais pas qu'la rebéllion s'organisait même dans les rangs d'Kamui. 'Fin après tout c'est légitime. Entre la flippe qu'ils prennent tous les jours avec les oppsédés qui ont à leur tête tas d'muscles et stratège et les récentes disparitions causées par l'autre Belzy, c'est pas surprenant qu'certains en aient à chier d'se retrouver dans ces figures de cas là. Il leur faut un meneur, un tas d'muscles et un stratège. Kamui, il va bien cinq minutes, mais à part une gueule de gosse puceau et ses airs de petit prince tout sourire, y'a rien. Même son pouvoir à c'qui parait est con comme un placard. C'que j'en dis, moi.
Xellos. L'homme de la situation. J'suis couvert de carmin, j'me fis qu'à mes oreilles. Eux qui se brutalisent autour de moi, qui gémissent, que se sentent mal, puis qui hurlent, qui reprennent le dessus. Toujours ces frappes qui rebondissent dans mon crâne. Ca d'vient franchement insupportable. J'sais pas d'où ça vient, trop d'bruit aux alentours. Ils s'égosillent pour rien, il est trop loin. J'sais pas c'qu'il se passe, mais en tout cas ça sucite l'intérêt général. Sérieux. C'est moi? Ah ouais, p't'être remarque. J'avais zappé qu'j'avais tué des gens. Ouais, je sais, j'y vais pas à la fine. J'suis pas fin et j'ai une mémoire de merde. La réflexion, comparé à notre cher ami présent plus loin, c'pas mon truc. J'aime quand c'est sanglant, alors j'personnalise autant qu'je peux. Enfin, temps que j'suis là. J'vois tout en blanc. Non, sans déconner. J'vois que du blanc. Mes yeux sont ouverts, et j'vois rien d'autre que ce foutu blanc. P't'être qu'il neige à mort et que ça m'aveugle? Nan, j'y crois pas. J'sentirai les flocons sinon. Putain. Ils se collent tous à moi, c'est dégueulasse. Pour une entrée discrète, j'crois qu'c'est foutu, hein. Euphémisme, ô joie quand tu nous tiens. Bordel de fais chier, j'vois vraiment que dalle! Mais pourquoi? Pourquoi j'vois rien alors qu'il se passe rien? Mais d-... Raaaaaah mais va chier! Pas moyen d'être en paix quand on essaye d'réfléchir!
Mais... Mais putain! Quand est-c'que ça va s'arrêter, cette merde de bruit?! Sérieux, sors de ma tête, j'te jure sors de là! Non mais putain d'merde, là, ça d'vient vraiment casse couilles! Bon d'accord, ferme les yeux Maena. Vite. Putain j'me fais mal tout seul en les frottant, quel con. Et ouvre les. Troisième paupière. Ben voilà. Là j'y vois. C'est parfait, ça. Et il applaudit. Va savoir pourquoi, té.

- Mes félicitations, mon très cher Maena !

Trop d'honneur. Range tes répliques acerbes là où j'pense, enfoiré de toi. Nianiania. Je suis Xellos et j'me lance dans un monologue interminable pour pouvoir reconquérir mon auditoire! Pauvre con. Bien sûr qu'ça marche, il s'est démerdé pour ne recruter que les asticots de la Forteresse, les plus faciles à mod'ler. Forcément qu'ça marche, qu'es'tu veux qu'ça fasse d'autre. Il a tout prévu, ce p'tit salaud, tout. Avec ses beaux mots et ses mievreries en tous genres. T'inquiète qu'il rebondira toujours, pour ça j'lui fait confiance. Il est destabilisé par ma présence, quelque part. J'pense qu'il s'attendait, non, il s'attendait complètement à être interrompu par une attaque de la part de la caste Kamui et compagnie. Mais il ne s'attendait pas à me voir moi. J'suis symbolique, quelque part. Je suis la chaîne qui le retient prisonnier du poteau central. On m'avait jamais demandé à moi d'aller l'calmer. P't'être parce qu'on savait qu'j'en avais rien à foutre de lui je sais pas. En tous cas, on peut prendre ça comme un point de contrôle. Du genre "attention Xellos, là ça commence à faire beaucoup". Qu'es'il s'en fout, j'suis sûr, mais alors d'une force. C'est vrai. Xellos, celui qui tient tête à l'Elu Primorial d'Oppse sur le champ de bataille. C'est beau, comme rang, c'est vrai. Mais c'est un Bras Droit. Peut-être encore faible et un peu prétentieux pour pouvoir prétentre au titre de roi d'Alea Jacta Est.
Il me présente à ses collègues. J'dois faire quoi, là, une révérence? Mon nom complet, en plus, ça en jette. Maena, putain, ça suffit ça, Maena. Ils m'énèrvent tous. Arrête d'applaudir, ça fait con. Oh ben y'a qu'à d'mander, putain. Pardonnez-le pour ses manières qui... hé! C'est bon, ça va... T'vas pas commencer à décrire mon attitude face à ces sales pions et à leur chef factice, si? Ben si, faut croire. Et j't'emmerde.

- Voilà devant vous Mikhaïl Koutouzov et sa fameuse stratégie de la terre brûlée !

... De qui? C'est qui, ça, machin qu'il vient d'citer? C'est un révolutionnaire? Un chef d'Etat? Pourquoi il le cite? C'est quoi cette merde? Non mais attends t'es sérieux? Il me compare à qui, là? C'est qui c'type, c'est quoi son nom? J'te jure j'veux savoir là, c'est qui machin? Il était bien? Il vient d'où? S'tu m'dis qu'c'est un italien j'te casse la gueule. Non puis même, c'est un mec connu? C'est qui? Il a fait quoi? Si ça s'trouve c'était un philosophe ou j'sais pas quoi qui a inventé de supers phrases, écrites dans un putain d'livre de fou. La classe. Ou pas. J'te jure j'repars pas sans savoir qui c'est c'lui-là. Nan mais ça va pas, là, d'me comparer à n'importe qui. Ouais tu m'diras effet d'effet, hein. C'est cool de dire des noms de gens comme ça qu'personne connait, ça fait genre j'suis grand savant et tout, plus puissant qu'vous tous. Ben bien sûr qu'ça participe au dressage de bêtes. Ca marche en plus. Maint'nant ils veulent tous m'étriper. Si ça s'trouve le mec là c'était un gros connard et il me copare à lui. Putain, si j'suis pas foutu d'ret'nir son nom j'vais pas pouvoir débattre bien longtemps, moi.
Et encore un monologue, j'le vois v'nir gros comme ça. Putain Xellos, l'est payé qu'pour raconter sa vie et ses muscles c'est d'la marmelade. J'te jure, pro d'la gonflette. On dirait un politicien véreux, vu sous cet angle, c'est marrant. En plus ça la fout bien, ça, d'sortir un nom scientifique comme ça alors qu't'es pas foutu de t'souv'nir de qui c'est le mec qui s'dit être de ta famille qui arrête pas d'te harceler tous les jours. Ah ça m'donne la gerbe.

- Pour avoir été capable de tuer tes propres troupes, il m’apparaît que tu t’abuses aussi bien sur leur compréhension que sur leur hostilité. Dois-je en déduire que tu es l’ennemi de tes propres hommes ? Je devine que tu es envoyé par les autorités misérables de notre monde ; nul doute qu’elles ont pu, bien au-delà de leurs capacités minables à appréhender la situation médiocre dans laquelle elles se trouvent, vu les turpitudes de mon passé, se permettre des conclusions plausibles à leurs yeux. Ils doivent être médusés par la peur d’affronter le catalogue de leurs incompétences, et je les comprends parfaitement. C’est pourquoi je suis ici, prêt à enlever leurs maux à jamais ! Et dans une révolution, on doit triompher ou mourir ; mourir étant impossible, nous devons triompher !

Ah bah on est sauvés, comme ça. Il oublie qu'ça vaut pour moi aussi, sa dialectique à la con. En plus t'as tous les autres babouins qui sautent sur place à côté d'moi, qui arrêtent pas d'brailler... Ah putain, j'vais péter les plombs. Combien tu paries que j'pète les plombs, hein? Combien? Aller, qu'on s'marre. J'te jure j'vais les éventrer et les bouffer. Layca, j'sais qu'tu m'aimes pas, mais sérieux, fais comme si c'était fiston qui t'le demandait. Fais-les taire. Tous. S'teuplait. Pitié. Layca, fais pas ta pute, hein? Dis-toi qu'ton fils m'aime bien. Hein? Hein?! HEIN?!
HEIN?? Mais qu'es'ils... Oulà, là ça pue pour de vrai. Des mouvements de foule, des hurlements... J'sais pas c'qu'il a fait, c'qu'il a dit, mais ça a l'air de plaire. Donc c'ets pas cool pour moi. Nan, j'y crois pas. J'te jure, c'est vraiment la crise. ca veut dire quoi, c'qu'ils gueulent? C'est pas une langue que j'connais. Nunka moribour? Qu'est-c'c'est qu'ça? C'est quoi c'te langue? Puis même, ça veut dire quoi pour qu'ils s'amusent à l'répéter j'sais pas combien d'fois? Oh putain qu'au final ils vont tous me faire chier. Là c'est sûr j'vais péter ma durite à un moment donné, c'est foutu pour la zenitude t'sais quoi. Bon. J'suis sencé faire quoi, là. Y'a toujours la marmaille à l'arrière prête à attaquer, mais j'ai aucune envie d'la dénicher d'là où elle est. Pour le moment, ils restent relativement calmes, ceux à la solde de Xellos. J'vois pas pourquoi j'leur balancerai des soldats à la gueule. Puis même, j'ai pas envie d'les sortir. J'suis pas là en temps qu'représentant d'Kamui. C'est pas pour lui que j'suis là, c'est bon. J'ai autre chose à faire dans ma vie quOUAIE! Putain ça va pas pousser comme ça?! Non mais j'y crois pas à ç... Ah. Ah d'accord. Ca s'la joue agressive. Très bien. J'perds pas mon temps avec la voix, j'y vais direct avec les poings. Aller, de un. De deux. De trois au sol. Ca va pas bien j'te jure, tu m'attaques pas comme ça, toi. Ils font trop d'bruit, merde, j'vais exploser. J'y crois pas à ça. Trop nombreux, autour. Trop. C'était un assaut? J'y crois pas. J'serai déjà en train d'être roué d'coups au sol, sinon. Même si j'suis puissant, ils sont trop nombreux pour une personne seul et s'ils veulent la frapper ils n'ont qu'à se jeter tous dessus pour le faire. Là, ils ne sont pas tous sur moi. À la limite une quinzaine, pas plus. Sur plus d'une centaine présente autour de moi. C'est un mouvement orphelin, c'est eux qu'on décidé d'se jeter sur moi. D'accord. Dans c'cas pas d'quartier.

- Lâche-moi.

Et explose. Et recommence. Encore. Encore. Encore. Ils font trop de bruit. J'supporte plus. Encore. Fais chier. Encore. J'en peux plus. Y'en a un, derrière moi, qui m'retire la capuche. Qui montre mon visage. En soi, rien de dramatique, j'suis beau qu'ça en peut plus ça peut que destabiliser. Sauf que sur le coup j'ai rien dit. Mais il y est allé tellement fort qu'il m'a arraché des ch'veux. Très. Très. Très. Mauvaise idée.

- Et fermez tous... VOS PUTAIN DE GUEULES!!

Effusion d'sang. Toujours sur moi. J'ai plus d'couverture, là, c'est vraiment pourri. J'suis couvert de carmin. Layca merci c'est pas d'la graisse, j'le sens quand j'pose mes doigts sur mes joues. Et Layca merci y'a plus d'bruit. Si ça avait été un ordre donné par Xellos, j'l'aurai pas fait. Mais là, c'était un reflexe populaire. J'me laisse pas écraser par ces esclaves. Surotut pas par des merdes pareilles. Maintenant Xellos c'est à mon tour. Ils font silence. Etrangement, d'ailleurs. Ils doivent flipper un peu. J'me rends pas compte d'à quel point j'ai pu être meurtrier, pour le coup. M'en fous.

- D'accord. J'sais pas par où commencer, là. Vous tous, bouclez-la pour de bon si vous n'voulez pas finir dans cet état. J'pose mon pied sur une des carcasses. J'te dis pas comment ça va puer l'rat mort dans un p'tit moment. Xellos. J'vais être franc avec toi. J'ai aucune envie d'me battre. Sérieusement. J'ai pas du tout besoin d'ça pour l'moment. J'me vois plus en train d'fumer tranquille, en fait. Fumer mes industrielles, et m'en lever quatre ou cinq. Profiter un peu, quoi. C'pour dire, j'suis vraiment pas dans l'optique révolution ou contre révolution, pour le coup. J'accompagne la phrase du geste. J'm'incline, comme pour faire une révérance. Ca dure pas bien longtemps. Pas pour m'foutre de sa gueule, c'est juste que j'vois pas l'intérêt d'garder la pose des heures. Navré d'te décevoir de c'côté-là. Après... Après quoi... Ah ouais, l'ennemi d'mes propres hommes. J'ai qu'un homme, ici, Xellos. Eux, ces bêtes de panurge que tu as dressé à la perfection je dois dire, ce sont les tiens. Les tuer, ça m'pose aucun problème. J'suis pas dans leur camp comme j'suis pas dans celui de tes ennemis. J'en ai rien à foutre de votre conflit. Toi, tu désires bien c'que tu veux comme tu veux. En attendant, ils sont toujours au pouvoir, et c'est pas avec des pions connement conditionnés à t'écouter déblatérer tes monologues qu'tu pourras faire quoi qu'ce soit. Surtout que j'veux pas dire, mais t'es Bras Droit. T'as beau être puissant, les Elus sont avec tes ennemis et de c'que j'peux perçevoir, t'as dans tes rangs au mieux des Bras Droits. Techniquement, tu f'ras pas l'poids. P't'être en duel, ouais. Jamais en équipe, surtout si tu la joues réaliste et qu'tu inclues les gars d'chez Oppse en prime qui s'dresseront automatiqu'ment contre toi si jamais tu viens les titiller. Désolé pour l'mal de crâne, j'me tais deux secondes.

J'ai pas l'habitude de parler autant, en fait. J'me donne mal à la tête tout seul, et c'est peu dire du côté d'chez les autres. Ca m'étonnerait pas qu'j'en ai buté deux ou trois d'plus, un peu trop affaiblis pour pouvoir tenir face à ma voix. Vraiment pas solides. J'reprends mon souffle. J'suis pas très bon orateur, j'oublis c'que j'veux dire, en fait. C'est complètement con, je sais.

- Qu'est c'que j'peux ajouter à ça. J'en sais rien. Xellos, j'te le redis. J'veux pas avoir à m'battre contre toi maint'nant, sérieux. J'suis en mode flemme activé, et en plus y'a aucun intérêt à l'faire. Sois assez intelligent et mature pour comprendre, j't'en prie. C'que j'te propose, c'est de discuter deux minutes. J'ai l'masque pas loin, si ça peut t'rassurer. T'as raison, j'suis envoyé par l'autre Kamui et sa tête de soumis, et j'ai même des hommes à lui planqués dans l'coin. Honnêtement, je te cache pas que j'fais pas ça pour lui. J'serai même plutôt content si ta rebéllion me permettait d'mettre la main sur ce mome pour pouvoir l'ouvrir. J'aimerai d'parler, Xellos. Sans que tu ais à t'planquer derrière une foule en délire. Même si ça donne un genre. T'as assez d'gueule tout seul pour m'affronter en face à face diplomatique, j'en suis sûr.

J'sais plus quoi dire. J'suis sûr qu'j'en ai déjà trop dit. Que veux-tu, j'suis pas très à l'aise avec les mots. m'enfin si ça peut l'raisonner trente secondes, ce s'ra déjà ça d'gagné après tout. J'peux pas faire des miracles non plus. J'sens que j'commence à saigner du nez. C'pas bon, ça. Finis, Maena. Si t'as oublié d'dire un truc, tu l'diras plus tard.

- J'peux te donner ma parole que je dis c'que j'pense sans déformation et que mes souhaits ne sont en aucun cas trafiqués, si ça peut t'apporter quelconque satisfaction. Après, libre à toi d'agir comme tu veux. J't'attends au milieu d'ton peuple d'la révolution. Tu peux descendre et m'rejoindre ou les laisser m'déchirer, à toi d'voir.
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MessageSujet: Re: Dans une révolution, on doit triompher ou mourir. [Maena]   Mer 8 Fév - 19:13

Tyger Tyger, burning bright in the forests of the night;
What immortal hand or eye
Could frame thy fearful symmetry?



Les répercussions de simples paroles jetées au vent, comme toute autre création de nos sens, peuvent bien souvent s’avérer plus influentes que nos présomptions les plus judicieuses. Cependant, il apparaît que le cas du Grand Méchant Loup en nécessitait bien plus pour mériter de percevoir une quelconque omission dans ses actions aussi méthodiques que réfléchies. Ces bêtes folles de rage qui se jetaient à l’unisson au cou de leur victime qui les avait manifestement traînées dans la boue bien plus douloureusement qu’elle ne le croyait semblaient lui apporter un certain réconfort. Or, l’unique sentiment qu’il se devait de ressentir à ce moment-là n’était nullement la satisfaction, mais plutôt la compassion. Oui, espèce de brute, ressens donc quelque chose pour ton allié, il a toujours été loyal envers toi ! Du moins … vos aboutissements étaient si lointains qu’ils n’ont jamais contribué à exciter ton indignation. Le jeu n’en vaut pas la chandelle, au vu de la situation dans laquelle ton unique allié, ou plutôt unique figure neutre parmi les élus de Layca t’a placé. Il y a des instants quand il faut savoir faire face à la réalité et éprouver un certain scrupule à quiconque le mérite et il se trouve que tu viens de faire la très charmante rencontre d’un d’eux. Du reste, une telle décision contribuera toujours à l’amélioration du bien-être des autres, n’est-ce pas ? Et le bien-être des autres, en particulier celui de Maena, est quelque chose de mille fois plus précieux que tout but égoïste et chimérique. Seulement … est-ce donc une thèse qui aboutira à des conclusions aux yeux d’un loup qui n’a que faire de la vie des autres ? Le monde peut bien s’efforcer à les lui faire comprendre, mais à quoi bon ? C’est absolument vide de sens, puisqu’on ne peut modifier la nature vicieuse d’un meurtrier aussi bien que l’on ne peut changer l’eau en vin. Lire des histoires fantastiques est bon pour ceux qui en ont le temps et l’envie et c’est loin d’être le cas de Xellos. Croirez-vous véritablement qu’il serait apte de prendre en compte ne serait-ce que pendant une seconde une possibilité à ce point ridicule ? Il faudrait alors reconstruire à zéro son âme, arracher ses racines de la terre qui lui sert d’abris et planter son végétal dans d’autres landes plus favorables à sa tant attendue floraison. Quant à cette fleur qui naîtra tel le phœnix à partir de ses cendres ... Ô la malheureuse ! Elle lui fait si cruellement défaut, son inexistence ne manque pas de déchirer tout ce qui se trouve en travers de son chemin. Ceci dit, le Grand Méchant Loup n’a rien d’une plante et son cœur ne fleurira tout simplement jamais. Outre la déception et la défaite écrasante du naïf qui, en tout bien tout honneur, se destinerait à essayer de lui rendre la vie, le courroux du démon serait bien assez violent pour lui enlever toute volonté.
Pas la peine de tenter de le raisonner, les enfants, il a déjà pris sa décision quant au sort de son élu. Il le fixe sans émotion, oisif et pris de torpeur comme s’il regardait la plus lassante des scènes. Mais il suffit d’être un tantinet plus observateur que la moitié de cette audience de bourreaux pour décerner au fond de ses pupilles l’exultation la plus sombre. Maena utilise une fois de plus son don de destruction massive pour en finir avec les attaquants les plus proches. Cela ne durera pas bien longtemps, semble vouloir lui transmettre Xellos. Il observe son corps recouvert d’humain avec une faim qu’il cherche pourtant à dissimuler en s’enveloppant dans un voile mystérieux de patience. Un loup ne perd jamais son instinct, disait toujours son ami. Toutefois, Xellos n’était pas esclave de ses sens, loin de là … Il n’allait même pas s’abaisser à décomposer les odeurs de manière à créer le parfait portrait olfactive du parfum sanguinaire de la mort. Ses narines restent immobiles, toujours est-il que la voix de la proie de ses spectateurs ne le laisse pas égal.
- D'accord. J'sais pas par où commencer, là. Vous tous, bouclez-la pour de bon si vous n'voulez pas finir dans cet état. J'te dis pas comment ça va puer l'rat mort dans un p'tit moment. Xellos. J'vais être franc avec toi. J'ai aucune envie d'me battre. Sérieusement. J'ai pas du tout besoin d'ça pour l'moment. J'me vois plus en train d'fumer tranquille, en fait. Fumer mes industrielles, et m'en lever quatre ou cinq. Profiter un peu, quoi. C'pour dire, j'suis vraiment pas dans l'optique révolution ou contre révolution, pour le coup. Navré d'te décevoir de c'côté-là. Après... Après quoi... Ah ouais, l'ennemi d'mes propres hommes. J'ai qu'un homme, ici, Xellos. Eux, ces bêtes de panurge que tu as dressé à la perfection je dois dire, ce sont les tiens. Les tuer, ça m'pose aucun problème. J'suis pas dans leur camp comme j'suis pas dans celui de tes ennemis. J'en ai rien à foutre de votre conflit. Toi, tu désires bien c'que tu veux comme tu veux. En attendant, ils sont toujours au pouvoir, et c'est pas avec des pions connement conditionnés à t'écouter déblatérer tes monologues qu'tu pourras faire quoi qu'ce soit. Surtout que j'veux pas dire, mais t'es Bras Droit. T'as beau être puissant, les Elus sont avec tes ennemis et de c'que j'peux perçevoir, t'as dans tes rangs au mieux des Bras Droits. Techniquement, tu f'ras pas l'poids. P't'être en duel, ouais. Jamais en équipe, surtout si tu la joues réaliste et qu'tu inclues les gars d'chez Oppse en prime qui s'dresseront automatiqu'ment contre toi si jamais tu viens les titiller. Désolé pour l'mal de crâne, j'me tais deux secondes.
S’il considérait sérieusement Xellos en tant que son propre homme, il y aurait peut-être quelque avantage à tirer de sa sympathie … Il est toujours meilleur d’avoir plus d’alliés que d’ennemis, mais n’oublions pas qu’il vient de massacrer une bonne quantité de ses alliés à lui. Pouvait-il vraiment le laisser faire sans rechigner ? En outre, il venait encore lui servir le bon vieux monologue du statut trop bas, comme si un simplement titre et des ailes de petit ange du paradis allaient lui apporter quoique ce soit de plus que ce qu’il possédait déjà. Toutes ces histoires à dormir debout comme quoi il n’était pas en mesure de s’attaquer aux autres bouffons ne l’intéressaient plus, il avait jadis passé bien trop d’heures enfoui dans ses craintes de défaite. Aujourd’hui, il n’a plus peur de rien, parce qu’il contrôle les arcanes de la vie aussi bien qu’il sait que personne ne pourra jamais l’arrêter. C’est un monstre bien trop indomptable pour être attrapé dans un filet, aussi solide soit-il. La prise de la Bastille l’attend, alors pourquoi diable est-il en train d’écouter le discours plein de répétitions ennuyeuses de ce traître ?
- Qu'est c'que j'peux ajouter à ça. J'en sais rien. Xellos, j'te le redis. J'veux pas avoir à m'battre contre toi maint'nant, sérieux. J'suis en mode flemme activé, et en plus y'a aucun intérêt à l'faire. Sois assez intelligent et mature pour comprendre, j't'en prie. C'que j'te propose, c'est de discuter deux minutes. J'ai l'masque pas loin, si ça peut t'rassurer. T'as raison, j'suis envoyé par l'autre Kamui et sa tête de soumis, et j'ai même des hommes à lui planqués dans l'coin. Honnêtement, je te cache pas que j'fais pas ça pour lui. J'serai même plutôt content si ta rebéllion me permettait d'mettre la main sur ce mome pour pouvoir l'ouvrir. J'aimerai d'parler, Xellos. Sans que tu ais à t'planquer derrière une foule en délire. Même si ça donne un genre. T'as assez d'gueule tout seul pour m'affronter en face à face diplomatique, j'en suis sûr.
Enfin, le moment est arrivé pour que le rictus légendaire se peigne sur ses lèvres de l’éphèbe en guise de réponse. Il baissa sa tête pendant un bref instant en faisant tomber sa chevelure sur ses yeux, puis emprunta le chemin qui se créait de lui-même grâce à la vénération manifeste provoquée par sa puissance. Ses fidèles serviteurs sont de sages hommes et savent quand leur maître veut corriger un traître. Aussi majestueux que dangereux, ses pas n’étaient en rien prompts. Il marchait avec un calme olympien, en dépit de l’immense danger que semblaient illustrer son corps entier, qu’enveloppait son long manteau noir qui lui conférait plus d’allure encore. Il était craint et respecté, mais était-il vainqueur dans tout cela ? S’efforçant de ne réfléchir qu’à sa cible, Xellos semblait ne pas s’attarder sur la commisération. La fin justifiait les moyens, après tout …
- J'peux te donner ma parole que je dis c'que j'pense sans déformation et que mes souhaits ne sont en aucun cas trafiqués, si ça peut t'apporter quelconque satisfaction. Après, libre à toi d'agir comme tu veux. J't'attends au milieu d'ton peuple d'la révolution. Tu peux descendre et m'rejoindre ou les laisser m'déchirer, à toi d'voir.
Le voilà devant lui, aussi vulnérable qu’insignifiant, mais ne lui sera-t-il donc réellement d’aucune aide ? Il le dévisage longuement en silence, faisant contraste avec son dernier monologue.
- Très bien, mon cher Maena, supposons que je te croie. Tu es bien conscient du fait qu’un allié de ton rang me serait de la plus grande importance, n’est-ce pas ? Mais plus encore, je prends en compte que, en tant que mon élu, ta présence est absolument vitale à la réalisation de mes plans. Quoique tu dises, ce sont tes hommes et j’ai besoin de toi afin d’atteindre les sommets. Car vois-tu, je sais parfaitement bien que tu veux la même chose que moi ; du reste, la même chose que nous tous, réunis ici. Et tu dois te rendre à l’évidence : tu n’es nullement ici pour menacer la Révolution, car tu en fais déjà partie.
La dernière pièce manquante, le bijou final du chef-d’œuvre de sa vie : il se trouvait face à lui, enfin prêt à écouter sa proposition. Il ne lui restait à présent plus qu’à lui faire comprendre la vérité une bonne fois pour toutes. En revanche, cela aurait été bien trop facile si Maena s’avérait être l’allié idéal, il le savait bien. Pourtant, l’obstination ardue et la soif de pouvoir entraînait Xellos à refusait de faire volte-face, maintenant que la plupart de ses cartes étaient dévoilées aux éblouissants iris bleus, - qui semblaient avoir dérobé la couleur mystique du ciel glacial de Scandinavie -, de son très cher élu. Et malgré sa sympathie et son entreprise qu’il voulait parfaite jusqu’au moindre détail, le Loup ne se faisait pas d’illusions pour autant : il savait mieux que quiconque que ce duel n’avait qu’une issue. Chaque chose viendra en son temps, il suffit de connaître la vertu de la patience et le tour est joué. En outre, la patience ne se trouve pas justement être la plus simple des choses de ce monde d’immortels tous baignés dans l’ennui et appréhendés par la haine elle-même ? Il ne reste plus qu’à attendre en silence, tout en cachant son as de pique bien au chaud dans la manche de sa chemise …
Enfin, le Grand Méchant Loup lui tendit la main tout en fixant ses yeux avec insistance.
- Alors, qu'en dis-tu ? Serais-tu capable de devenir mon allié, pour le meilleur et pour le pire de notre si chère Révolution ?
Mais les murmures de la Chapelle Sacrée susurraient des malédictions emplies de crainte et d'acrimonie qui agaçaient non seulement par leur présomption, mais surtout par leur véracité les esprits réunis devant l'édifice sacré du monde d'Alea Jacta Est. Ils répétaient tous en chœur une terrible ritournelle qui, chimérique, était bien résolue à les détruire tous sans exception.
Serais-tu capable de sceller un pacte avec le Diable ?
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MessageSujet: Re: Dans une révolution, on doit triompher ou mourir. [Maena]   Lun 13 Fév - 2:08


Aphasie.


Il n'y a en réalité plus rien à en découdre. C'est là et c'est là, c'est tout. J'aurai jamais dû ouvrir ma grande gueule, tu sais. J'aurais jamais dû le faire.
Je blesse les gens tout le temps. J'comprends pas ce que je fais de mal, mais je le fais. Et j'm'en donne sans doute à cœur joie, ça, comme tout ce que j'fais. J'suis un salaud, quand j'y pense. Un bouffon comme on en fait plus. Je parle beaucoup, regrette rien. J'envoie et on reçoit. On peut brûler la lettre, ouais. Mais les autres sont trop polis pour ça, j'en suis certain. Alors on déchire l'enveloppe et on souffre de tant d'amabilité. On lit et on souffre de ces mots fades, crus. On souffre tout le temps. On m'écoute. Le monde est masochiste. Les gens le sont. J'comprends pas comment on peut encore m'écouter. Comment on peut encore m'accorder le don de parole. Personne ne m'a jamais tranché la gorge. Je dis pas que je m'en plains, mais j'trouve ça bizarre. J'suis qu'une ordure pour eux. Je suis un problème auditif. Les mauvaises ondes d'Alea Jacta Est, celles qui bouffent le cerveau sans broncher. Et c'est pas le masque qui va les rassurer. Les ondes sont là, toujours. C'est comme si elles guettaient le moment opportun pour bondir sur leurs victimes. Toujours.
C'est à chaque fois comme ça. La ritournelle de mes mots n'apporte que la douleur. La mélancolie. Le mal-être. Physique, mental. J'comprends pas. Je n'comprends vraiment pas. On aurait dû me priver de ça bien avant. J'comprends pas, je sers vraiment à rien en plus. Je suis Maena quand je leur parle. Je suis la sonate vénéneuse qui s'immisce en eux comme une intraveineuse de stupéfiants. Je suis un poison à mon échelle. Je suis une débâcle. La débauche. Et ils reviennent vers moi. Ils se retrouvent à nouveau dans mes bras. J'ai beau leur souffler de déguerpir, rien n'y fait. Ils reviennent, ils sont là. Certains ne partent jamais, qu'importe ce que leur inspire le masque. Je suis Maena et je porte la plus lourde des carapaces. Le plus encombrant des boucliers. Je me protège, mais avant tout je les protège. J'essaie d'être le moins égoïste possible. C'est dur, de voir au-delà de la première personne. J'essaye, et du peu que j'y arrive, ils détruisent cette barrière. C'est de leur faute, mais c'est surtout la mienne. Je devrai résister un peu plus. Je devrai faire plus attention. Très bon à l'offensive, quitte à négliger la défensive. Je n'ai jamais bien compris à quoi elle servait. Eh bien maintenant je le sais. J'aurai aimé le connaître avant, le secret. Pouvoir contrôler ce don pour moi, cette malédiction pour eux. J'aurai aimé savoir me taire. J'aurai dû savoir le faire de nature. Mais j'suis sûr que le premier geste à mon égard a été de m'en foutre une pour me faire pleurer.
Un cri que je n'ai jamais poussé. Un cri qui résumerait toute ma vie sur Terre. J'étais peut-être muet, qui sait. J'étais muet, cliniquement ou mentalement. Je faisais peut-être semblant. J'étais peut-être un type silencieux, qui l'ouvrait jamais. Arrivé ici, non seulement je savais comment faire pour me faire entendre, mais c'est devenu nécessaire. Comment veux-tu survivre ici en laissant le vent tout emporter? Tu n'peux pas. C'est une voix qui s'élève au-dessus de tout. C'est quelque chose qui Non, j'refuse. Il y a sans doute un autre moyen. Je ne devrais pas parler. J'n'aurais pas dû avoir ce don là. Tu sais quoi, j'suis perdu. J'pensais pouvoir me maintenir un temps soit peu hors de mes questions, mais en fait c'est pas possible. Il m'écoute. Il voit les gens crever autour de lui, et il m'écoute. Il sourit. Il sourit, il entend, il bouge, il descend de son piedestal. Il arrive vers moi. Non. J'le crois pas. J'veux pas. Dégage. T'as pas à m'écouter, Xellos. Enfin si... Mais non. Tu m'comprends, non?
J'aim'rai pouvoir m'dire que c'est pareil que la musique, mais ça l'est pas. En musique, t'as des notes devant toi. T'as des signes qui te guident, une ligne directrice, enfin tu sais où aller, tu sais quoi jouer, t'es pas perdu. La musique n'est pas un substitut des paroles. C'est impossible. Tu peux faire transparaître des sentiments, mais rien n'est pareil. Ce n'est pas une voix. La note ne trésaillera jamais comme peut trésaillir la voix. L'air peut-être d'une brutalité dégueulasse que le message à passer peut-être le plus noble, et ça, la voix ne l'exprime pas de la même façon. C'est si puissant, une voix. C'est ce qui sort des entrailles de l'être. C'est ce qui te libère, ce qui te fait ressentir ce qu'en toi tu enfouis. Il y a quelque chose de magique, c'est vrai. Mais putain, c'est pas pareil. J'ai jamais réussi à exprimer autre chose avec ma voix que la douleur, la souffrance. J'aimerai dire des choses, et je n'y arrive pas. J'aimerai être clair mais ça ne vient pas. Et toutes ces subtilités, j'ai beau les ressentir, rien ne va. La musique est guidée, la voix pas. Tu es grand lorsque tu sais parler. Le langage est un don. Pour ça, mon don n'est qu'une condamnation, plus encore que le masque qui essaye d'en préserver les autres. Alors pourquoi sont-ils tous attirés par ce qui est irrésistiblement mauvais?! Pourquoi ne peuvent-ils pas comprendre que c'est dangereux, que je suis un vrai maléfice?! Pourquoi?! Pourquoi ne parviennent-ils pas à la conclusion, si pénible soit-elle, que je n'dois pas être approché?! Pourquoi sont-ils tous irrémédiablement enjôlés par les artifices du serpent? Pourquoi... Ne se contentent-ils pas de ce qu'ils ont...? Le bonheur... le plus simple qui soit...

Se laisser guider par les mots que l'on entend pas. Enivrer l'auditeur par des phrases sans peines ni démesure. Ne rien calculer. Ne rien prévoir. Les yeux dans le vide. Le voir avancer. Le voir, être pris de violents soubresauts. Ne pas savoir quoi faire. ne pas savoir quoi dire. Se laisser aller à l'automatisme. Moyen de défense le plus sûr en ce instant délicat. Être là et pleurer ses déboires. Ne plus savoir quoi ajouter. Regarder la scène, être fier d'être spectateur. Pleurer de longues cataractes lorsqu'il s'agit de muter en acteur. Tu es là et tu dois remplir ta part du contrat. Tu es là et tu ne peux plus fuir. Tu es là. Muet. Mais tu es là. Te sentir vide et au final ne se manifester qu'au travers de quelques pensées mal interprétées. Muet et incompris. Le langage des signes n'a rien donné. Tu as eu beau lui offrir tout ce qu'il attendait, rien n'y a fait. Le langage oculaire n'est pas plus efficace. Tes battements de cils, trop fugaces, n'ont pas eu la portée que tu espérais, et te voir n'a en rien changé son comportement. Il te reste l'objet, que tu refuses de saisir. Trop impersonnel. Trop codé. La langue est un cri que tu pousses à la naissance. Il déterminera de ta volonté, de ta franchise. Tu es né silencieux. Tu dormais. Tu étais prêt à venir malgré ton avance, tu es arrivé sans comprendre, sans chercher à comprendre. Tu étais déconnecté. Tu n'étais pas là. Tu étais déjà perdu dans tes rêves. Tu étais dans un bateau à la dérive, qu'une claque a fait chavirer.
Tu as sombré à peine né. Tu as avalé l'eau qui t'étais confié. Tu as pleuré. Tu as versé toutes les larmes que tu as pu. Tu as pleuré, oui. et c'est la seule, la seule et unique fois où tu as pu hurler avec toute la sincérité de ton corps, de ton esprit, ce que tu ressentais.
À cet instant, tu étais un être vrai.
Alors que la Sirène dormait, l'humain était né.
Je ne veux pas te voir aussi près, Xellos. Dégage. Tu veux prouver que tu n'as pas peur de moi? C'est fait, c'est fait, je t'assure. Fuis. Fuis, maintenant. Xellos, s'il te plaît... Ne viens pas par là. Ne viens pas vers moi. J'n'ai même pas le masque près de moi, Xellos... Ne sois pas stupide. S'il te plaît. Xellos. Je ne peux pas t'offrir ce que tu attends. Une arme... Une arme. Je n'suis pas une œuvre consacrée à la destruction massive. Je ne suis pas un génocide. Peut-être, oui, maintenant que j'ai été trafiqué, mais... Mmh... Xellos... Je n'veux pas avoir à te faire entendre ma voix. Regarde, je suis certain que c'est elle qui t'attire. Il n'y a rien chez moi qui puisse t'intéresser outrepassé cette maudite voix. Xellos, tu es un matérialiste. Tu sais ce qui te plaît, tu sais ce que tu veux. Non. Même pas matérialiste. T'es qu'un gosse. T'es qu'un gosse qui fait passer le temps bien trop vite pour atteindre Noël tous les deux jours. T'es qu'un gamin avide de cadeaux Xellos. Tu as trop de lettres à envoyer. Xellos. Tu en demandes trop, et les timbres reviennent chers. Tu n'peux pas tout avoir. Enfin si, Xellos. Mais il te faut comprendre que... Tu peux tout avoir, mais pas en même temps. Tu... C'est égoïste de penser que tout te revient. C'n'est pas vrai. Et ta fausse place de chef ne m'inspire aucune confiance. Xellos, tu transpires le faux. J'préfère quelques mots lâchés par inadvertance et par instinct que tes discours récités et trafiqués. J'préfère l'absence de référence et de vocabulaire que leur présence lourde et presque déviante. Je sais que je suis étrange. Mais c'est c'que je pense. Sois plus sincère avec toi-même, Xellos. Tu n'devrais pas te cacher derrière cette foule. Tu n'devrais pas te laisser ronger de la sorte par ces sentiments qui te bouffent. Tu pourrais l'ouvrir, Xellos. Tu peux, toi. Tu as cette chance. Alors au lieu d'user du geste, pitoyable et inutile, use de ta voix. Par expérience Xellos, si tu savais à quel point j'aimerai pouvoir le dire sans te heurter. Je suis tellement maladroit, je suis désolé... Je sais qu'elle n'est pas plus belle que la mienne. Mais elle est sincère, Xellos. Putain pourquoi ne parviens-tu pas à comprendre ça? Pourquoi trouves-tu encore le moyen de te réfugier dans les sornettes déblatérées par un vieux serpent sénile qui ne sait que siffler?!
Recule! Mais recule! Non, non, foutu con de... Recule, j'te dis, dégage! Dega...!

- Très bien, mon cher Maena, supposons que je te croie. Tu es bien conscient du fait qu’un allié de ton statut me serait de la plus grande importance, n’est-ce pas ? Mais plus encore, je prends en compte que, en tant que mon élu, ta présence est absolument vitale à la réalisation de mes plans. Quoique tu dises, ce sont tes hommes et j’ai besoin de toi afin d’atteindre les sommets. Car vois-tu, je sais parfaitement bien que tu veux la même chose que moi ; du reste, la même chose que nous tous, réunis ici. Et tu dois te rendre à l’évidence : tu n’es nullement ici pour menacer la Révolution, car tu en fais déjà partie.

Les yeux dans les yeux.
Jeu ophtalmique. Un, deux, trois, soleil. Le terrain laisse à désirer, mais les deux équipes sont tellement envoûtées par le principe qu'elles en omettent l'extérieur. Chacun a réussi à piéger l'autre. Procédé, semer le doute sur soi chez l'adversaire. Raisons différentes. La fratrie Gecko et les vampires étaient bien intrigués les uns par rapport aux autres, mais pas exactement pour une logique similaire. Lui devait se douter de quelque chose à son sujet. Elle n'est pas normale. Elle, se posait plus de questions que nécessaire à propos de l'homme qui lui faisait face. Que veut-il obtenir pour se déplacer lui même. Qu'est ce qu'il veut débusquer dans le coin. Pourquoi. Pourquoi s'attarder sur une créature aussi insignifiante qu'elle. Il n'avait rien à gagner, à le faire. Ça n'avait pas de sens. C'est confus. C'est confus et c'est gênant. Il le sent, et décide de mettre un terme au jeu. Il se force. Ça se voit. C'est étrange. Il n'a pas à se forcer, ou à feindre une quelconque retenue. Pourquoi simuler l'attrait à son égard. Il se retourne, et s'en va. Il la laisse là, toute seule. Non, rien n'a changé, depuis. Il est resté exactement le même.
Les yeux dans les yeux. Combien de fois devrais-je le penser pour te le faire comprendre, pour te le faire parvenir, Xellos...? Cela ne marche pas... Cela ne marche désespérément pas...

- Alors, qu'en dis-tu ? Serais-tu capable de devenir mon allié, pour le meilleur et pour le pire de notre si chère Révolution ?

J'ai rougi. J'ai rougi comme une putain des bas quartiers à qui on fait une saloperie de compliment. J'ai rougi, et maintenant j'détourne le regard. Je suis con. Je suis sérieusement atteint. J'attends quoi, là, une parole? Un geste? Fous toi d'ma gueule, y'a rien qui viendra m'sauver. Entrer dans sa Révolution. J'en sais rien. J'ai pas envie d'y réfléchir. J'ai envie de rien. Je ne veux pas penser. Il est là. Il est là, et il croit sérieusement qu'il va arriver à me convaincre avec les yeux, avec ces yeux-là, de rentrer dans son mouvement quasi anarchiste. J'en sais rien. Mais non. Non... Moi j'voulais pas qu'il avance. J'voulais pas qu'il s'approche. Ça aurait été tellement plus simple d'envoyer ses chiens m'égorger sur place, pourquoi a-t-il fallu que je l'ouvre? J'ai tout fait de travers. J'n'ai fait que semer le doute, j'n'ai fait qu'augmenter le quiproquo, semer la confusion en l'ouvrant. J'n'aurai jamais dû hériter de ce pouvoir. Jamais. Rejoindre la Révolution, c'est ça? Et filer droit vers une guérilla sans plus grand intérêt que celui de la guerre instaurée de base. S'abandonner à l'art divin du chant et choir dans les bras musclés de ce démon, de cet éphèbe à ma solde. Se faire recruter par son propre larbin, regretter l'éternité durant de n'avoir pas brûlé cette lettre soit-même avant de l'envoyer.
Le silence est d'or quand la parole est d'argent. C'est ça? Je n'ai pas le plaisir de pouvoir goûter à l'or. Je n'connais que le sang et les pleurs versés par la parole. Ma foi. Si c'est considéré comme de l'argent, c'est que je suis déjà tombé assez bas pour ne plus être vu que comme un accessoire d’extermination sophistiqué et efficace. Rejoindre les rangs d'une Révolution de malheur, à quoi bon craindre les répercutions. Craindre les châtiments divins? Les plaies? Nous n'sommes plus sur Terre. Nous n'sommes pas à la merci d'une entité geôlière. J'n'ai plus rien à attendre de qui que ce soit. J'n'ai plus rien à redouter. Surtout pas lui. Xellos. Non, vraiment. Mon sourire est traître, n'est-ce pas? Certainement pas lui. Certainement pas le gouffre dans lequel il veut me tirer. Je ne peux pas descendre plus bas. L’Enfer j'y suis déjà.

Les azuréens rivés sur les fenêtres hétérochromes. Un semblant de rictus gravé sur le faciès. Ni enjoué, ni moqueur, ni rien de tout cela. Un sourire triste. Des yeux tristes. Mélancolique. Un soupir à fendre l'âme de ceux qui se gardent de toutes émotions. Les épaules basses, le regard bas. J'n'aime pas devoir répondre à des questions aussi significatives. La voix transperce, et est d'autant plus cinglante qu'ici, à cette distance, il n'y réchappera pas. Je ne donne pas l'ordre à la garde offerte par le gosse de s'approcher. Ils doivent sans aucun doute penser que je vais renier Layca, rejoindre les rangs de mon Bras Droit. Je sais pas. J'ai quand même ma fierté d’Élu. Mon petit honneur personnel. Je sais pas. Je devrai faire venir le masque, mais ce serait lui offrir des mots sur une réponse qui de toutes façons ne pourra lui convenir. Ce ne sont que des histoires d'appropriation. De... D'adaptation. Je sais pas. Ce n'est vraiment pas ce qui me plaît. J'n'ai rien à dire, c'est ça? J'dois m'y faire. Ouais. Tu parles d'une connerie.
Je fixe sa main, tendue depuis tout ce temps. Je l'attrape. Ne la serre pas. J'ai enveloppé avec ma main le dos de la sienne, lui fait rencontrer ma joue. Pose mon autre main sur la sienne. Tu es gentil de m'accorder tant d'importance dans tes plans. C'est agréable de se voir sollicité. Plébiscité. J'ai perdu le sourire. J'essaye de conserver un semblant de respiration, lutte pour qu'elle ne s'arrête pas tant les battements de la pompe à sang son faibles. C'est lent. C'est pensant. J'épouse sa main collée à moi, me frotte à elle. C'est stupide. Ça rime à rien. Et pourtant c'est ce que je veux. Je ne me risque plus à le regarder, tente à nouveau après avoir guidé ses phalanges hors de mon derme. Hors des bandes. J'y arrive pas. Mes doigts ne perdent pas leur emprise. L'une caressant sa joue, l'autre capturant sa main. Je sais pas c'que je fais. J'le fais. Il doit bien y avoir une raison, après tout. Peut-être pas claire pour tout le monde. Mais... Je dois bien vouloir lui dire quelque chose, comme ça. Je conduis sa main sur son torse. La plaque contre ses pectoraux. C'est idiot. Retire celle qui loge sur son visage. Lâche prise. Le laisse comme ça. Voilà.
Le menton incliné légèrement vers le haut. L'art de la rhétorique. Un sourire tellement confus que je n'sais vraiment pas de quoi il a l'air. Le regard en bas à gauche, en bas à droite, dans le blanc de ses yeux. Expiration profonde. Rien à dire, tout à lui confier. Il n'attend pas de gestes qu'il ne comprendra pas, je sais. Mais c'est tellement dur de dialoguer lorsque chacune de nos paroles est vouée à devenir assassin.

Ça risque... de te faire souffrir un peu. Désolé.

- Tu n'as pas besoin de moi, Xellos.

Mal de crâne, sans doute. Pardon. Je me tais. J'attends. Un peu. Lève le bras gauche à l'horizontale et appelle d'un signe de la main deux soldats. J'appelle surtout le masque. J'attends toujours. Il règne un silence mortel. Quand je sens le masque s'écrouler dans ma main, je regarde le valet qui me l'a rapporté. Pas de merci. L'un n'a pas osé franchir les rangs à la botte du Loup. Celui se trouvant à mes côtés est pâle comme un cadavre. Un nouveau sans doute. Impressionnant, n'est-ce pas. Ouais. C'est comme ça qu'on apprend. J'prends à peine cinq secondes pour remettre ma cage autour de la gueule. T'as vu, Xellos? Dans ce conte là, c'est la Sirène qu'on dote d'une muselière.
Mes pupilles écorchées plongées dans les siennes bicolores. J'ai déjà vu ces yeux ailleurs, sur le champ de bataille. Ce n'serait pas ceux de... Comment il s'appelle, déjà... Ah, merde, j'l'ai sur l'bout d'la langue, celui qui se dit de sa famille... Je suis certain qu'il a raison, en plus. Le mec, là. J't'assure. Je sais pas pourquoi. C'est l'instinct qui me dit ça. Peut-être qu'on en saura plus dans quelques temps. Va savoir.

- Si un jour tu as besoin d'aide, je serai là. J'agirai de loin. Au moins, il n'y aura pas d'autre candidat au poste de meneur de la Révolution.

Certains l'adorent, certains lui vouent un culte, certains préféreront avoir l’Élu le plus malfamé de la Forteresse comme capitaine. Il n'aura rien à craindre, comme ça. Ça me semble être un bon compromis. Ouais. C'est peut-être bizarre, mais ça me semble être le mieux à faire. Du moins, j'aurai fait ce que je considère comme correct. À lui d'apprécier ou pas, il ne tardera pas à me faire savoir ce qu'il en pense.
J'vois un poing voler vers sa figure, l'arrête juste à temps.

- On frappe pas les gens qui ont rien fait. Ça s'appelle le respect. D'accord?

Mais il est pas encore parti, lui? J'pensais qu'il aurait foutu l'camp après m'avoir filé le masque. Faut croire que non. Et en plus il se sent pousser des ailes, le gars. Tu frappes pas un type qu'a rien d'mandé, ça va pas. Il veut répliquer, j'le vois ouvrir la bouche. Hola non ma gars, tu vas pas m'faire la morale. J'l'empêche de parler en posant la paume de ma main sur ses lèvres. Nan. Puis j'vais pas lâcher son poignet, il s'rait capable de lui envoyer son coup quand même. Il est con, ce bleu, il va s'faire mal tout seul avec ses conneries. Puis il cherche même pas à s'défendre. C'est un nouveau, hein, faut pas chercher.
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MessageSujet: Re: Dans une révolution, on doit triompher ou mourir. [Maena]   

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Dans une révolution, on doit triompher ou mourir. [Maena]

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