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 Étrange gazon sauvage.

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Violet
L'indolente Damnée vermeille

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MessageSujet: Étrange gazon sauvage.   Mer 30 Nov - 13:32

- Aahhh...

Cela faisait déjà quelques heures que Violet s’était enfoncé dans la profonde forêt de Claurofyl sans aucunes raisons particulières. La nuit commençait à tomber... Elle s’était avancé à petits pas en détaillant le paysage pendant toute l‘après-midi, tournant sûrement en rond, ou faisant des allées retours incessant ; Les contours étranges de cette flore plus ou moins excentrique avait attiré son attention. A vrai dire, Violet ne s’y connaissait pas vraiment en botanique. Tout ce qu’elle constatait, c’était que des fleurs comme ça, elle n’en avait jamais vu de sa vie. Elle observait donc le moindre brin d’herbe ayant une forme légèrement hors du commun.

Mais une certaine fleur accrocha plus particulièrement son regard...
Elle était énorme, elle devait bien faire cinq kilos pour un mètre de diamètre environ... Ses gros pétales scintillant de couleur pourpre et bombés ainsi que son doux coeur bleu nuit avaient séduit Violet.
Elle s’en approcha donc, les yeux brillant d‘admiration. Sa main caressa doucement un pétale et rapidement, elle l’ôta craignant quelque chose. Une fleur si jolie ne pouvait pas qu’être jolie. Elle devait avoir une face caché... Une partie obscure et dangereuse...
Son doigt appuyé sur sa tempe droite, elle scrutait le pétunia géant, se demandant ce qu’elle pourrait bien faire... Le cueillir ? Non, trop gros et trop lourd. En prendre un morceau ? Pourquoi pas...
Alors, Violet tenta l’impossible.
Elle approcha sa main du coeur de la fleur, hésitant longuement. Son visage se crispait de crainte. Allait-elle mourir avaler par cette plante carnivore camouflée ?
Violemment, elle frappa de sa main le coeur de la plante, tournant le visage aussi sec en fermant ses yeux de toutes ses forces. Elle ne voulait pas voir... Elle ne voulait pas voir si sa main allait disparaître d’une seconde à l’autre.
Pourtant, elle laissa sa main dessus. Violet ne sait pas combien de temps, elle resta ainsi, immobile.
Mais, lorsqu’elle se décida enfin à ouvrir les yeux, une grand corps sombre se tenait devant elle.


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Alvaro
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MessageSujet: Re: Étrange gazon sauvage.   Jeu 8 Déc - 21:01

C'était devenu une habitude désormais. Lorsque Layca daignait m'offrir une vaste journée de congé comme maigre récompense à mes efforts, je m'adonnais désormais à l'amélioration de mes compétences d'alchimiste. Je n'étais bien évidemment pas un alchimiste légendaire pouvant transformer la poussière en or, mais j'avais appris néanmoins à dompter flore et faune de ce monde pour en extraire ce qui se fait de mieux dans le domaine des poisons. Concocter une mort lente et liquide faisait partie de ces étranges nouvelles capacités que je me vis attribué en arrivant ici. Oh bien sûr, l'amant de Shakespeare que j'étais portait déjà toute une admiration pour cette substance létale du temps ou j'usais les planches terrienne, mais quel meilleur terrain de jeu que celui où nous nous trouvions pour déployer mon talent ? Qui plus est, le poison était un élément qui me représentait avec une certaine fidélité. Fourbe, critique et discret, il s'enlisait tout doucement dans vos veines. Goutte après goutte. Vous apportant à chaque respiration un nouveau sentiment angoissant. Vos muscles se fatiguent, votre cœur ralentit, votre respiration se saccade, vos yeux voient cette faux qui s'approche. Vous portez votre main à votre cou...Vous comptez les secondes. Vous aimeriez de l'aide mais...Vous savez que vous n'en aurez pas. C'est la fin, il est trop tard. Le liquide a maudit tout votre organisme, vous offrez alors un dernier coup d’œil au monde de la lumière et...

J'avais passé ma journée à la Bibliothèque. Cette dernière se révélait être une véritable mine d'information concernant l'univers – en perpétuel mouvement toutefois – d'Alea Jacta Est. Je ne sais qui avait pris le temps d'amasser autant de détails sur les plantes, les minéraux et les animaux environnants mais les descriptions étaient extrêmement riches et particulièrement intéressantes dans mon cas. Il m'était possible par exemple de savoir l'emplacement exact d'un type de plante particulièrement vénéneux et ainsi de pouvoir aller la rechercher pour continuer et perfectionner les mélanges. Mais ces recherches prenaient un temps fou, et mes carnets de notes se remplissaient à une vitesse folle. Ainsi, alors que j'avais débuté mes recherches de bon matin, le soleil avait déjà atteint son zénith dés lors que j'avais terminé de tracer le prototype de mon tout nouveau poison. Ce poisson allait être le plus puissant jamais fabriqué par mes mains. Une mort rapide et certaine attendait les futures victimes de ce dernier. Mais pour se faire, il allait me falloir rapporter à la forteresse un ingrédient qu'il manquait à ma collection pour le terminer. Cet ingrédient n'était autre qu'un pistil de Petunia Carnivorus, plante géante aux teintes pourpres habitant dans la forêt de Clorofyl et n’apparaissant à l’œil humain qu'à partir du crépuscule annonçant une nuit de pleine lune. Le reste du temps, cette plante se camouflait à l'aide d'un système se rapprochant de celui du caméléon, en faisant un ennemi particulièrement redoutable car impossible à distinguer. Elle se nourrissait en général de petits animaux trop imprudents, et de petits insectes en grande majorité, mais nul doute qu'elle ne dirait pas non à une main un peu trop courageuse qui viendrait lui titiller son pistil bleu nuit.

Par grande chance, la nuit qui allait suivre était une nuit de pleine lune selon mes prévisions. Ainsi, prenant arme et affaires, je m'étais attelé à la longue marche qui me séparait de la forteresse à la grande forêt protégeant le domaine d'Oppse. Cette forêt était particulièrement dense, et s'y perdre était relativement simple. Ajoutez à cela que s'y aventurer n'était pas une mince affaire, tant les lianes, insectes et autres joyeusetés venaient pimenter votre avancée. Mais comme je n'étais point un désaxé notoire, j'avais pensé à prendre avec moi une carte de la forêt et de multiples outils qui allaient me permettre de retrousser chemin, tel le petit poucet. La plante que je cherchai n'était pas très loin, mais le parcours n'en résultait pas des moins difficiles. L'orée de la forêt cachait déjà ses pièges et ses décors troublants, ainsi il me fallait rester vigilant et suivre ma carte avec attention. Depuis mon départ de la Forteresse, la journée avait suivi son cours, et désormais de merveilleuses teintes orangées venaient se refléter sur les différentes plantes arborant ce lieu onirique. Il allait bientôt faire nuit, et ma chasse n'en serait que plus facile, car lorsque le ciel orange laisse sa place à une vaste voute étoilée, la Petunia Carnivorus se mettait à briller de mille feux telle un festival de lucioles. Mais le temps n'était pas aux rêveries. Il me fallait avancer.

C'est alors que j'atteignis une frontière de liane qui entourait le point cardinal à atteindre. Quelque peu éreinté, je ne me permis toutefois aucun temps mort et la luminosité se réduisant progressivement, je décidai, avant de continuer et par pure mesure de précaution, de gratter une allumette afin d'allumer ma petite lampe à huile. Ceci étant fait, j'étais parti pour m’engouffrer à travers les lianes et atteindre enfin ce trésor végétal.

C'est alors que je la vis. Dégageant déjà une légère lueur, cette plante approchant les 5 kilos régnait au cœur d'un petit tronçon forestier. Sa couleur pourpre était fascinante. Les pétales violacés commençaient d'ores et déjà à briller légèrement et puis...

Que vois-je ?

Serait-ce... ?

Une jeune fille se tenait là. Elle semblait en pleine réflexion et puis...Elle eut cette étrange réaction. Un crack sonore se fit alors sentir, et je pus apercevoir....Le poing de la jeune fille s'écraser sur le pistil que je cherchais. Ce précieux pistil qui allait me permettre de finaliser mon œuvre d'art. Il était désormais détruit. Et la jeune fille ne semblait absolument pas réaliser ce qu'elle venait de faire. Cette plante utilisait un piège banal propre à un bon nombre de plantes carnivores : elles patientaient, inconsciemment bien-sûr, qu'un organisme en tout genre vienne se poser sur son pistil en forme de ''cœur'' afin de pouvoir se renfermer sur sa proie et de finalement pouvoir la gober sans le moindre scrupule. C'était une sorte de mécanisme basé sur la sensibilité et un réflexe moteur qui permettait à la plante de subvenir à ses besoins. Sauf que voila. Le problème était que la jeune fille n'avait, hélas, pas posé sa main de façon délicate. Ainsi, non seulement sa pathétique petite main ne fut pas broyée, mais en plus, la pression de son poing fit éclater en morceaux cet organe indispensable de la plante. Si vous n'êtes pas trop lents à la détente, vous en conclurez donc que l'unique Petunia Carnivorus peuplant cet endroit répertorié était...morte. Me raclant la gorge et prenant un regard sévère je m'adressai alors à la jeune fille qui, semblant apeurée, avait daigné ouvrir légèrement les yeux :

''Hem hem. J'espère que tu te rends bien compte de l'acte intolérable que tu viens de commettre petite garce. Sache que cette plante que tu viens de...massacrer sans vergogne était un objet précieux qu'il me fallait récupérer. Et tu viens de le détruire juste devant mes yeux. Réalises-tu ?''

Je pris alors le temps d'observer la jeune fille en question. Ces longs cheveux étaient d'une couleur étrange. Ce n'était ni roux ni brun mais plutôt une sorte d'ersatz de...caramel fondu des plus étrange. Ces grands yeux innocents étaient particulièrement agaçant. Et ne parlons pas de son profil de petite minette banale et dénuée d'intelligence. J'avais encore une fois touché le gros lot. Et alors que je fis usage de mon nez, mon esprit put lire son aura et en arriver à cette triste déduction :

''Évidemment...Le contraire aurait été étonnant. Seule une pitoyable créature Oppsédienne aurait pu faire preuve d'une pareille imbécilité. Toutes mes félicitations. Sache que je devrais te tuer pour cet affront et parce que tu es concrètement mon ennemi, à défaut d'être moins puissante que moi. Mais je ne le ferai pas. Non. En contrepartie de ton action futile, tu vas m'aider à retrouver un cousin de cette plante pour que je puisse finir mon projet. Et ne t'avise pas de me contredire, sinon tu peux dire adieu à ta misérable vie, et crois moi, les chiens qui t'entourent au quotidien te confirmeront que je ne suis pas du genre aimable avec mes invités.

Croisant les bras, j'attendis alors sagement que la jeune fille daigne m'offrir une réaction. J'avais le don pour me mettre dans de beaux draps, et j'étais intimement convaincu que cette nuit allait être interminable...


Dernière édition par Alvaro le Ven 27 Jan - 16:21, édité 2 fois
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Violet
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MessageSujet: Re: Étrange gazon sauvage.   Jeu 26 Jan - 23:32

Devant elle se tenait un homme immense aux allures occulte. Il tenait dans sa main une lampe à huile des plus banale pour pouvoir s'éclairer en chemin. Il était tard à présent, la nuit se faisait noire, Violet ne s'en était pas vraiment rendu compte.
Vêtu de noir et ses traits impassible, il la dévisageait de ses deux petits yeux menaçants.

Elle avait la nette impression de se retrouver face à une statut récupérée du fin-fond d'une cave d'un grand manoir ayant appartenu à un Duc Irlandais.
Comme dans un musée, elle l'étudiait du regard. Dans le long silence, le temps défilait. A quelle vitesse ? Ça, elle n'en avait pas la moindre idée. Violet n'avait plus la moindre perception du temps ici.
Elle n'avait pas bougé depuis qu'elle avait remarquée que sous ses yeux -ou plutôt au dessus- cette masse de chair humaine l'observait.
Son bras toujours en appui sur la fleur, elle hésitait à bouger. Avec prudence, elle leva doucement la main du cœur de la plante et attendit. Devait-elle parler ? Ignorer sa présence ? Et, interrompant sa réflexion, l'inconnu prit la parole :

« Hem hem. J'espère que tu te rends bien compte de l'acte intolérable que tu viens de commettre petite garce. Sache que cette plante que tu viens de...massacrer sans vergogne était un objet précieux qu'il me fallait récupérer. Et tu viens de le détruire juste devant mes yeux. Réalises-tu ? »

Étonnée, elle dévisagea l'homme, la bouche entre-ouverte. De quoi parlait-il, De cette fleur ? Elle était en miette ?
Elle essaya de comprendre, et fit face à la fleur, afin de pouvoir regarder les sois-disant dégâts.
Effectivement... Ses pétales avaient perdu de leur éclats, et elle semblait fatiguée. Mais tout de même... Il n'y a pas de quoi en faire tout un fromage ! Ce n'est qu'une fleur ! Ça repousse... N'est-ce pas ?
Elle inspira afin de pouvoir parler, mais il l'arrêta en continuant son beau discourt.

« Évidemment...Le contraire aurait été étonnant. Seule une pitoyable créature Oppsédienne aurait pu faire preuve d'une pareille imbécillité. Toutes mes félicitations. Sache que je devrais te tuer pour cet affront et parce que tu es concrètement mon ennemi, à défaut d'être moins puissante que moi. Mais je ne le ferai pas. Non. En contrepartie de ton action futile, tu vas m'aider à retrouver un cousin de cette plante pour que je puisse finir mon projet. Et ne t'avise pas de me contredire, sinon tu peux dire adieu à ta misérable vie, et crois moi, les chiens qui t'entourent au quotidien te confirmeront que je ne suis pas du genre aimable avec mes invités. »

Violet sursauta de surprise. Sa grande bouche n'allait donc pas se fermer.
Par dessus le marché, ce misérable... était de Layca. Et digne de l'immaturité de ces imbéciles : menacer de mort une jeune fille pour pouvoir dégoter grâce à son aide, la sœur jumelle de la plante.
Quelle drôle d'idée tiens, il ne manquait plus que ça. Risquer de mourir pour 4 pétales bleues à paillettes ! Violet était bien dans un monde de fou... Mais, elle devait s'en sortir. Elle n'avait jamais eu affaire à des ennemis ici. Ni même à n'importe quel être humain. Elle s'était juste retrouver perdu ici, errant de forêts en... forêts.

Elle le scruta de haut en bas, un sourire forcé aux lèvres.
Les bras croisés sur sa poitrine, elle soupira. Et prenant son air le plus sérieux, elle réussit enfin à en placer une :

« C'est une... Blague ? »

Elle lui fit le sourire le plus hypocrite qu'elle n'est jamais fait... Soit. Elle reprit son sérieux et continua.

« Il est évident que je me suis retrouvée ici en premier. Cette fleur est donc la mienne. Vous n'avez pas à vous interposer entre elle et moi. »

Elle le regarda et jeta un œil en arrière, et tendit le bras, en désignant la plante.

« Les moindres dégâts que j'ai pus lui infliger ne regarde que moi et personne d'autre. Ce n'est pas un poux de Layca qui va me faire une quelconque morale. »

Elle le fixa quelques secondes, attendant la moindre réaction...
Quand soudain, venant de derrière elle, un cri strident et inimaginable éclata. En un bon, Violet se retourna, les yeux aussi rond que des billes.

« … Elle... Gémit ? »

La fleur émana une lumière immaculée, éblouissant douloureusement les yeux de Violet, qui plaça son bras devant le visage. A travers ses yeux plissés, elle pouvait voir la fleur se débattre dans tout les sens en continuant de hurler à … la mort.
Violet ne se rendit pas compte de la distance à la quelle elle se trouvait de la plante. C'est donc dans un mouvement brusque, que la fleur attrapa violemment le bras de Violet, arrachant sa manche.
Elle eut un mouvement de recul et tomba en arrière. Sa main appuyée sur son bras, elle ferma les yeux.
Et tout s'arrêta. La fleur, désormais terne, se tût et s'étala comme un ballon dégonflé au sol.

Violet la fixa longtemps et regarda son bras... Quelques gouttes de sang ruisselaient le long de la main qui maintenait la légère blessure.


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Alvaro
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MessageSujet: Re: Étrange gazon sauvage.   Ven 27 Jan - 17:10

Je détestais perdre mon temps. Et je haïssais davantage encore d'être pris pour une bourrique simplette. Alors que je contemplais cette jeune fille aux cheveux roux, cette dernière, plutôt surprise par ma présence à première vue, imita mon geste et croisa ses bras tout en réagissant à mes mots. Me prenant alors pour un clown de pacotille, moi le grand acteur que j'étais, elle fit mention d'une vaste plaisanterie quant à ma présence. Inutile de préciser que ce vaste sourire qu'elle avait joint à cette question n'était qu'une pathétique mascarade. L'on ne pouvait me mentir quant aux gestes corporels prémédités et aucunement sincères. Après tout... Ce panel d'expressions se devait d'être mémorisé et bien acquis pour tout comédien qui se respecte. Rire, pleurer, sourire, crier, rugir... Je savais les reproduire sans problème, et par conséquent...Je savais détecter quand ceux-ci n'étaient guère naturels. Mais qu'importe ? Avais-je réellement besoin que cette jeune fourbe fasse preuve de sincérité à mon égard ? Son hypocrisie ne m'affectait guère. Non le problème était ailleurs. Soupirant à mon tour, j'écoutais attentivement l'argumentation que cet enfant avait à me donner.

« Il est évident que je me suis retrouvée ici en premier. Cette fleur est donc la mienne. Vous n'avez pas à vous interposer entre elle et moi. Les moindres dégâts que j'ai pus lui infliger ne regarde que moi et personne d'autre. Ce n'est pas un poux de Layca qui va me faire une quelconque morale. »

Je croyais rêver. Cet esprit puéril n'eut rien de mieux à me dire que de part le fait qu'elle arriva la première en ces dit-lieux, alors elle était en plein droit de s'approprier cette oeuvre de la nature sous mon nez. Mon regard à cet instant précis trahissait bien ces sentiments qui hantaient mon esprit. Totalement abasourdi par de tels arguments mièvres et dépassés. Haussant le ton, je tentais alors de la remettre à sa place.

''Excuse-moi ? Mon esprit pourtant attentif est-il entrain d'affabuler ou mes oreilles ont-elles bel et bien ouï que tu présupposais une quelconque priorité dans la possession de cette plante ? Penses-tu donc que les gentils ''poux'' de Layca sont des enfants de cœur près à concéder tes petits caprices d'adolescente pourrie gâtée ?''

La colère avait quelque peu teinté ma voix, m'offrant alors un air des plus sévère comme meilleur atout de conviction. Je n'avais définitivement pas le temps de jouer avec elle. Lassé par cette discussion, je m'apprétais à tirer ma révérence et abandonner cette jeune fille à ses futiles activités, quand soudain son expression de surprise et un cri tranchant comme une épée aiguisée vint semer le trouble dans le calme de cette forêt gigantesque. Regardant derrière la petite qui s'était alors retournée, je vis que la Pétunia géante nous offrait une dernière réaction des plus violentes. Gonflant ses grands pétales et rugissant sans fin, je vis alors la terre humide sous mes pieds se fissurer peu à peu. N'ayant prévu une telle réaction d'ultime défense, je constatais avec admiration à quel point la Nature pouvait se révéler exceptionnelle. Restant toutefois sur mes gardes, j'anticipai alors l'immense racine pointue qui, ayant détecté le poids que j’exerçais sur le sol encore frais, se hâtait de tenter de me saisir dans son ultime râle carnivore. Un bond rapide et calculé avait réussi à me tirer d'affaire... Mais alors que je posais mon regard sur la jeune fille, je remarquai que cette dernière n'eut pas la vivacité d'esprit nécessaire, ou peut-être le talent, pour se tirer d'affaire. Son bras se vit immobilisé par la racine, et elle n'eut d'autre choix que de se jeter en arrière, déserrant l'étreinte de la plante, et tombant au sol. N'offrant alors qu'une vulgaire manche de son étoffe désormais maculée de sang. Mais pour combien de temps encore ? Nul doute que la plante reviendrait à la charge aussitôt, la tirant à nouveau vers une funeste destinée. La ramenant probablement de force à elle, la plante légendaire s’apprêtait sans doute à prendre son goûter. La noblesse aurait voulu que je sauve cette pauvre âme, mais elle était mon ennemie, et je n'avais pas à fatiguer mon corps pour quelqu'un d'aussi maladroit. Si elle trouvait le moyen de survivre à sa bêtise...Tant mieux. Si elle finissait engloutie dans ce dernier souffle végétal, et bien...Tant pis.

Mais le destin semblait être de son côté. Abandonnée à quelques centimètres seulement du cœur de la plante, cette dernière n'eut pas le temps de contre attaquer et s'éteignait finalement alors que les teintes orangées de ce soleil factice se reflétaient sur elle. Rugissant une toute dernière fois, les pétales s'écrasaient sur la boue forestière, dévoilant ce pistil tantôt fracassé dans un léger nuage de vapeur nauséabonde. J'observais alors ce jeune esprit, assis sur le sol et se remettant de ses émotions. Un rapide coup d’œil me fit remarquer que la plante avait néanmoins réussit à ancrer ses pics dans la chair, faisant ainsi ruisseler le liquide carmin sur son bras maigre. Camouflant de son mieux la blessure, celle ci s'agravait au fur et à mesure, augmentant peu à peu le flux de sang et s'égouttant seconde après seconde sur la terre, formant ainsi une boue rougeâtre au niveau des pieds. Peut-être était-ce un spasme protecteur résultant de mon enfance difficile, mais j'avais décidé de me rapprocher de la jeune fille, me munissant d'ores et déjà de mon équipement de premier secours.

''Tends ton bras et ne bouge plus. Tu as eu de la chance, les racines de cette plante, contrairement à l'ensemble de sa structure, ne sont pas vénéneuse. C'est donc une simple plaie à traiter.''

Sortant une petite bouteille au liquide transparent et le matériel pour bander la plaie, j'aspergeais aussitôt cette mixture sur la grande blessure. Lisant son expression de douleur sur son visage, je me hâtais de la réprimander comme il se devait.

''Allons. Ne fais pas l’enfant difficile. Ce n'est qu'un simple picotement dû au désinfectant. Tu préférerais finir ton séjour dans la forêt entièrement desséchée et empoisonnée de l'intérieur sans doute ? ''

Faisant un tour après l'autre, je serrais désormais le bandage afin de contenir l’hémorragie. Ce bandage parfaitement terminé, je me relevais aussitôt, m'apprêtant à repartir en donnant une dernière consigne en reprenant mon regard et mon ton des plus sévères.

''Une gamine telle que toi n'a rien à faire dans cette forêt. Rentre dans ta misérable Cité et restes-y. Je n'ai plus de temps à perdre avec toi. Adieu. ''

Me retournant, j'entamais alors ma longue marche au travers de la forêt. La nuit n'allait plus tarder à s'abattre sur ce royaume végétal, ne me laissant d'autre choix que de suivre le léger halo offert par ma lampe à huile encore bien chargée. Ayant perdu définitivement la seule plante répertoriée dans mes livres, j'allais devoir parcourir l'ensemble de la forêt dans l'espoir de tomber sur mon Saint Graal.
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Violet
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MessageSujet: Re: Étrange gazon sauvage.   Mar 21 Fév - 14:40

De ses grands yeux troublés, Violet suivait le chemin qu'empruntait le fluide rouge le long de son bras. Elle était hypnotisé... Impossible pour elle d'en détacher son regard. La chaleur du sang caressait sa peau au fur et à mesure que sa course se précipitait d'avantage. Violet posa un doigt sur la plaie et appuya légèrement dessus. Sa mâchoire se serra, mais malgré la douleur, elle continua. Elle porta son doigt ensanglanté au niveau de ses yeux et scruta le liquide rouge qui s'en échappé, goutte par goutte. Oubliant le douloureux picotement de sa blessure, la fascination de Violet à l'égard du flot d'hémoglobine qui ruisselait, n'en devenait que grandissante. Un léger goût d'acidité dans la salive lui donna rapidement l'eau à la bouche... Violet était dans un état second.
Un sourire s'afficha sur son visage. Mais l'homme se rapprocha d'elle et elle en reprit ces esprits. Hébétée, elle secoua doucement sa tête, ne comprenant pas tellement ce qui venait de lui arrivait.
L'inconnu sortit une petite bouteille de se qui paraissait être un désinfectant et se rapprocha davantage de Violet.

« Tends ton bras et ne bouge plus. Tu as eu de la chance, les racines de cette plante, contrairement à l'ensemble de sa structure, ne sont pas vénéneuse. C'est donc une simple plaie à traiter. »

Violet ne comprit pas. Elle regarda l'homme, se demandant se qu'elle devait faire. Hésitante, elle finit donc par y tendre le bras.
Le désinfectant brûlait le bras de Violet. Elle serra sa mâchoire et crispa son visage de douleur, tout en fermant les yeux de toutes ses forces.
Quand elle les rouvrit, elle découvrit un bandage autour de sa plaie. C'était un véritable travail de professionnel. Elle posa sa main dessus puis releva la tête vers l'homme.
Violet hésitait à le remercier. Son geste l'avait vraiment touchée. Après tout, il n'avait pas eu l'obligation de resté ici et de lui porter secours. Et d'autant plus, porter secours à une ennemie...
Mais avant même d'être sorti de sa réflexion sur le scrupule de sa reconnaissance et de placer le moindre petit mot, l'homme se releva.

« Une gamine telle que toi n'a rien à faire dans cette forêt. Rentre dans ta misérable Cité et restes-y. Je n'ai plus de temps à perdre avec toi. Adieu. »

Il lui tourna le dos, et commença à s'éloigner. Assise par terre, Violet le regarda partir, impuissante et seule dans l'obscurité de la forêt.
Non. Cela ne pouvait pas se finir comme ça. C'était trop... Facile.
Violet prit une profonde respiration et se releva en titubant légèrement... Quand soudain, un bruit l'alarma. Elle s'immobilisa, coupant son souffle, craignant le pire.
Doucement, elle tourna sa tête dans la direction du bruit étrange. Au dessus de l'arbre sur sa gauche, se tenait un hiboux au plumage sans plumes. Il ressemblait à un insecte munit d'une carapace tout en ayant l'allure d'un oiseau de nuit.

« Ahh, quelle horreur... », chuchota Violet.

Violet regarda furtivement dans la direction ou l'inconnu était parti. Grâce à sa lampe à huile, elle le repéra assez rapidement.
Il se trouvait à environ huit mètre d'elle... Et c'est sans réfléchir que Violet se mit à courir dans sa direction.

« Attendez !! Attendez... »

Désormais, elle était juste derrière lui.

« Je... Je vais vous aidez à retrouver une semblable de... De cette chose. Hum, je veux dire, de la fleur. Mais ne vous faites pas des idées. C'est simplement pour vous remercier de m'avoir soignée. J'espère que vous n'en voyez pas d’inconvénient. »

Après tout, elle lui devait bien ça. Il fallait que se soit un marché juste. Une Oppsedienne ne devait pas avoir de compte à rendre à un élu de Layca, sauf dans ce genre-là. Ainsi, ils seraient impartial.
Et puis seule, dans une forêt des plus étranges, dans un monde tout aussi étrange... Qu'allait-elle devenir toute seule ?..
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