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 Sombres Nuages...[PV Andrew]

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Alvaro
Ψ Narcissique Impitoyable Ψ

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MessageSujet: Sombres Nuages...[PV Andrew]   Dim 11 Déc - 23:20

Un nouveau jour s'était levé. Les mêmes réflexes, les mêmes actions, les mêmes gestes revenaient encore et encore. Cette routine malsaine s'était profondément installée au creux de nos existences. Lève-toi, prends tes armes et va-t-en. Ne conteste pas les ordres, ne grimace pas, ne t'avise pas de fuir ni même d'abandonner. Évidemment, beaucoup d'entre nous avaient déjà goûtés à ces ''vices'' propres à l'humanité. Mais qu'avaient-ils gagné au fond ? Poussière. Car en ces lieux où le choix n'était pas une option, tenter de détruire ce système macabre de l'extérieur était peine perdue. Il était solide, impénétrable, indestructible, intouchable et la moindre égratignure s'effaçait aussitôt. On ne pouvait l'abattre en surface. Il me fallait trouver le moyen de l'anéantir de l'intérieur. De percer son secret et son cœur en passant par ses entraines nauséabondes. Or comment faire ? Faire sien les mécanismes de cette grande structure n'était évidemment guère suffisant mais constituait déjà un bon commencement et permettait de formuler un semblant de démarche. S'approprier les règles, les maîtriser et savoir ainsi comment fonctionnent ses organes internes me rapprocherait davantage de Layca et par la même occasion de l'entité maléfique et omnipotente que tous nommaient Belzeneff qu'en tentant pathétiquement d'aller à leur encontre sans réfléchir. La rébellion ne permettait qu'une seule chose : révéler ses plans et permettre aux dieux de nous réduire au silence et au néant absolu. Pour toutes ces raisons avais-je décidé de laisser les chaînes d’Aléa Jacta Est prendre possession de mon âme profonde afin qu'un jour, peut-être, trouver le moyen de m'en débarrasser définitivement.

D'épais nuages noirs surplombaient la montagne alors que je me perdis quelques instants ce matin-là à observer le monde à travers un hublot délavé de la forteresse. Ce temps incertain n'annonçait rien de bon et j'en fis alors un mauvais présage. Les dieux étaient-ils de mauvaise humeur ? Cela ne les avait apparemment pas empêché de m'attribuer une mission d'une extrême importance. Ce genre de mission qui, hélas, ne pouvaient être menées à bien que par la haute hiérarchie. J'eus l'honneur de me voir attribué la missive comportant les instructions en mains propres par l'élu primordial lui-même. Toutefois, son regard d’azur déviant et ses mains tremblant légèrement laissaient transparaître une inquiétude certaine. Ayant certainement pris connaissance du contenu de la lettre avant de la sceller et de me remettre l'enveloppe en personne, Kamui savait probablement vers quelles situations périlleuses je m’apprêtais à encourir. Entrouvrant à peine la dite lettre, ces lèvres ne prononcèrent que ces quelques mots avant de les condamner au silence religieux :

- Reviens sain et sauf, Alvaro.

C'était comme si au fond de lui-même, un mauvais pressentiment à mon sujet lui rongeait le coeur. Comme s'il savait pertinemment que quelque chose de spécial allait se produire. Quelque chose... Qu'il faudrait craindre. Son dernier soupire prononcé, l'Ange de Layca s'en retournait déjà à ses préoccupations quotidiennes, me laissant alors découvrir le long des couloirs biscornus de la forteresse les objectifs annoncés de cette nouvelle mission.

Spoiler:
 

Comme d'habitude, la missive n'était pas véritablement signée par son réel auteur. Je ne savais guère qui pouvait bien servir d'intermédiaire afin de retranscrire la soi-disant volonté du Dieu régissant cet endroit, mais le seul qui me semblait être en mesure de remplir ce rôle n'était autre que le Prince. Après tout, ne se disait-il pas être son propre Fils ? Mais ce ton strict et solennel ne me rappelait absolument pas l'élu primordial. Cette froideur et cette brièveté n'avait rien à voir avec la douceur habituelle dont il faisait preuve à mon égard. Et je ne me cachais pas réellement une légère déception à l'idée qu'il ne s'était permis la moindre familiarité envers moi alors qu'il savait pertinemment que ce courrier m'était destiné. Mais qu'importait au fond ? Je n'avais d'autre choix que d'accomplir les objectifs désormais, et la mission était claire et concise : s'introduire chez l'ennemi, découvrir le lieu où se cachent les plans et m'en débarrasser au plus vite sans me faire remarquer par le moindre Oppsédé. Nul besoin de préciser que tout ceci me semblait strictement hors d'atteinte et ce malgré mon rang d'élu et mes qualités en terme d'infiltration. Mais pouvais-je me permettre de douter ? Je n'en avais pas le droit. Les droits n'existent pas ici. Ainsi n'avais-je d'autre option que de m'y rendre sur le champ et d'accomplir tant bien que mal ce qu'on me demandait en évitant de me faire tuer. C'est ainsi que je m'empressais de finir ma traversée des longs couloirs qui me séparaient encore de la grande porte de la forteresse. Néanmoins...Un étrange sentiment se fit ressentir alors que mes pas résonnaient sur le parquet usé. J'eus cette étrange sensation que Quelqu'un m'observait. Un regard lourd et pesant s'était posé sur moi à cet instant, j'en étais persuadé. Tapi dans l'ombre quelque part, hors de portée de mon regard de Scorpion. Mais tout aussi étrangement, aucune aura ne vint effleurer mon sixième sens. C''était comme si cette personne était capable de se tapir dans un coin et d’entièrement camoufler sa présence. Me retournant quelques instants et scrutant les environ, je n'eus d'autre choix que d'abandonner cette recherche futile, car je ne pus conforter ce ressenti à une preuve tangible.

 ''Sûrement un simple jeu de mon esprit...Je dois être plus fatigué que je le craignais.''

Ne pouvant perdre davantage de temps à jouer à cache-cache, je repris alors ma route pour la Cité d'Oppse. Le voyage promettait d'être très long, et je ne devais pas jouer les flegmatiques. La Grande Porte à peine traversée, je constatais encore une fois à quel point le ciel affichait une humeur des plus maussades : cumulo-nimbus charbonneux et vents forts avaient pris possession du royaume des cieux, transformant ce havre de paix en potentiel calice du chaos. L'orage se faisait pressentir, pouvant éclater d'un instant à l'autre. Ce danger non-négligeable me fit hâter le pas dans le long périple qui berçait mon horizon. Par chance, la descente de la Montagne se fit sans encombre. Toutefois, dés lors que mes jambes épousèrent l'herbe virevoltante de la plaine d'Erbhefhöl, la terre d’accueil des anges vint me bénir de ses larmes incessantes. La pluie battait désormais son plein, trempant tour à tour chacun de mes vêtements et inondant la moindre mèche de cheveux qui peuplait mon crâne. Les gouttes glissaient le long de mes joues. C'était si beau...Et si triste à la fois. J'avais toujours fuit la pluie, car derrière ce voile majestueux de la nature se cachait toujours le cristal de la nostalgie et des douleurs du passé. N'était-ce pas commun aux êtres poétiques d'associer la pluie aux larmes ? Je n'avais pas été épargné par cette pathétique analogie, et je sentais d'ores et déjà mes membres faiblir au rythme des gouttes sur ma peau. Un être courant sur une herbe mouillée, n'ayant aucun refuge et inondant chaque parcelle de son corps... Tout ceci appelait en mon âme un sentiment écrasant. Je me sentais...Si seul. Abandonné sous une pluie torrentielle. La force quittait mon poignet engourdi par ce sentiment. Ma traversée solitaire avait-elle pris le pas sur mon esprit ? Poussant un immense soupire, je m'arrêtais alors quelques instants, observant alors quelques petits moutons multicolores galoper à toute vitesse pour se mettre à l'abri sous une pierre géante. Observant alors les paumes de ma main, je me demandais si mon visage n’accueillait réellement que les larmes des anges. Reprenant alors ma marche, le bruit sourd de mes pas vinrent accentuer cette tristesse. Un lien s'était tracé entre le ciel et mon cœur. Le monde sensible s'était mélangé à la réalité...

Je n'avais jamais aimé la solitude malgré les apparences. Et la pluie...Se bornait à me le rappeler.

Mais il me fallait avancer. Le choix n'existe pas ici. N'est-il pas ? Il me fallait faire taire mon cœur. Pour le bien de la mission. Les lamentations ne s'avéraient jamais utiles dans le cadre de la violence et du sang.

Alors que la forêt de Claurofyl n'était plus bien long, l'astre céleste commençait lentement sa chute. Cela allait sans doute me faciliter la tâche, car même si la nuit n’arrêtait pas certains courageux – ou fous selon le point de vue – le nombre de guerriers faisant preuve d'un trop plein hardiesse diminuait sensiblement dés lors que les premiers signes nocturnes se faisaient pressentir. Rajoutez à cela qu'il était nettement plus aisé de faire preuve de discrétion dans un environnement totalement obscur et dénué de lumière. De plus, m'étant déjà infiltré dans cette région boisée par le passé, j'avais une plus ample connaissance des lieux, et accéder a la cité n'allait pas s'avérer incroyablement difficile. Par chance, Astaroth n'avait pas exagéré dans la disposition de gardes forestiers. Ainsi mon avance ne s'était pas rapproché des douze travaux d'Hercules. Mais la Nature s'était bornée à s'opposer à mon œuvre, ainsi la pluie, qui n'avait pas cessé de marteler les arbres de la Forêt, avait rendu la terre boueuse et difficilement praticable. Salissant mon pantalon jusqu'aux chevilles, je commençais lentement à manquer d'énergie. Ma force physique n'étant hélas pas inépuisable, je ressentais, a mon plus grand dam, que je n'allais pas tarder à frôler mes limites. Mais je n'avais pas le droit de flancher. Pas maintenant. Un Élu ne pouvait se le permettre. Et me laisser aller en ces terres interdites ne pouvaient que m'amener vers une Mort certaine. Poussant un long soupir tout en déblayant mes cheveux de la pluie qui commençait à s'y entasser, je suivais ma route, coupant lianes et branches, et cherchant de mon mieux la lumière qui annoncerait le début de la fin de cette longue mission.

Vinrent alors cette lueur tant désirée. Le Soleil ayant pris la peine de tirer sa révérence entre temps, je fis alors face à un ciel des plus obscurs et opaques. Pas une seule étoile n'était visible. Ici aussi, ces sombres nuages avaient décidé de s'imposer en tant que Roi célestes. Et pire encore, la pluie continuaient encore de s'abattre sur mon épiderme fatigué. Mais tout ceci n'était pas suffisant pour cacher l'immense cité qui s'affichait alors à l'Horizon. Illuminée par de nombreuses torches, cet immense château, dont l'architecture s'inspirait fortement de notre Forteresse, se fondait dans ce décor lugubre. M'avançant alors discrètement, j'eus cette impression, de par la forme du bâtiment, que j'étais un gladiateur pénétrant dans un Colisée et s'attendant à affronter les dangers les plus fourbes. Devais-je aussi m'attendre à lutter contre des lions ?

Il me fallait éviter à tout prix de me confronter à ces dit lions. ''Se tailler la part du lion'' était proscrit par mes objectifs. Discrétion et silence devaient inspirer chacun de mes mouvements. Réajustant mon masque contre mon nez, je glissais alors, tel une ombre, de piliers en piliers, me glissant discrètement à travers les brèches et pénétrant sans un mot à l'intérieur de la citadelle, je m'efforçais d'éviter de croiser qui que cela soit : mon aura, bien que réduite à mon maximum, n'allait pas m'empêcher d'être découvert si je me rapprochais trop près de l'ennemi. Mon autre tactique consistait tout simplement à administrer de nombreux coups du lapin voire égorger d'un coup d'épée vif et bien placé et de façon furtive les opposants faibles et naïfs qui se dressaient sur mon chemin. Un Élu de mon envergure pouvait tout à fait gérer ce genre de besogne sanguinaire, et c'est sans trop de mal qu'au détours d'un escalier en colimaçon bizarrement déserté, j’aperçus la fameuse pièce imposante qui gardait les plans. Je découvris alors en entrouvrant la porte un immense coffre en bois se tenant là. Surpris de constater qu'aucun garde ni cadenas n'étaient présent pour me compliquer la tâche, je restais vigilant. Mais n'ayant d'autre choix que de prendre ce risque, j'ouvris alors le coffre rapidement et découvrit que son contenu était bel et bien l'objet que je recherchait. Mais alors que mes doigts fins et crispés se mirent à parcourir le parchemin sacré, un rire glauque et sonore s'éleva. Maintenant le papier d'une main et dégainant mon épée d'une autre, je me retournai pour constater avec effroi que ma longue démarche n'avait apparemment pas été suffisamment discrète. Un éclair effroyablement bruyant s'était alors abattu sur la cité, nous plongeant l'espace d'un instant dans un halo de lumière intense et d'une blancheur divine. Ce léger clignement me permit alors de voir qui se cachait derrière se rire tapi dans l'ombre de la porte que j'avais traversé. Un être d'une taille impressionnante se tenait là, bras croisés, la bouche riant a gorge déployée. Ses cheveux longs abritaient alors un cache œil. Et puis cet élément me sauta aux yeux. Son oeil regorgeant de sadisme affrontait alors mon regard, telle une bataille intense entre deux lames d'acier. Et sa pupille reptilienne...Pas de doute. C'était lui. La pluie dehors s'était alors intensifiée, une averse violente frappant sans arrêt aux carreaux avoisinants, tandis que d'un claquement de doigt, le géant qui me faisait face ordonna a ses larbins de s'occuper de moi.

- Semblerait-il que le petit oisillon s'est fait prendre en cage. Pauvre naïf que tu es. Attrapez-le.

Trois brutes se jetèrent alors sur moi. N'ayant d'autre choix que de me battre, je tentais tant bien que mal de les repousser. Mais au fond de moi je savais d'ores et déjà que la bataille était perdue d'avance. Mes coups d'épées étaient futiles et je reculais de plus en plus. Devais-je me rendre ?

...Devais-je abandonner ?

Jamais. Au nom de ma liberté...Au nom de ce en quoi je crois...Au nom de Kamui.

Je ne devais pas faiblir.

Mais je ne pouvais vaincre. J'étais bien trop affaibli et sans pouvoir faire usage de mon don j'étais voué à l’échec. Et puis... A force de reculer aux assauts incessants de l'ennemi, mon dos tendu avait fini par se coller à la vitre froide et cruelle qui s'opposait à moi. La pluie qui s'abattait sur la fenêtre vint alors faire germer une idée en mon esprit. J'avais encore en ma possession les plans volés. Ainsi... Si je ne pouvais vaincre... Il me fallait fuir. Et si la porte était bloquée... Alors je n'avais plus qu'une seule et unique issue.

La fenêtre.

Ne réfléchissant plus, je bondissais alors sur la fenêtre, la transformant en une poudre de morceaux cristallins qui s’éparpillèrent alors dans l'espace infini. Je sentis mes membres se lacérer au contact du verre et de ma peau. Et puis, je me laissais alors tomber. Le Démon avait voulu être Ange, mais le Démon n'a pas sa place dans le royaume des cieux. Il ne peut se baigner dans la lumière divine. Le Démon ne peut déployer ses ailes. Il est condamné...

A pourfendre le sol.

Dans le fracas chaotique de la pierre, mes membres se perdirent un instant dans le monde de la douleur intense. Mes jambes et mes bras n'étaient plus aptes à se mouvoir par eux-mêmes. Me sentant quitter peu à peu le domaine du réel, un seul et unique son me perforait les tympans à m'en ravager l'âme : Un rire. Un rire glauque et démoniaque. Un rire perfide et infiniment cruel. Était-ce là le rire de la défaite ? Était-ce là le doux son du cauchemar ? Je ne su jamais à qui avait appartenu ce rire. Et dans un dernier râle de douleur, je me perdis dans l'ombre de la réalité. Allais-je mourir pitoyablement, alors que j'étais si près du but... ?

J'entrouvris alors à nouveau les yeux. Mon corps tout entier était douloureux. Je souhaitais me tordre dans tous les sens pour apaiser vainement cette flamme qui me rongeait. Mais mon corps ne répondait pas. Et me replonger dans la lumière me fit alors remarquer que contrairement à ce que j'avais espère, je ne m'étais pas retrouvé dans la fontaine des fées. Ainsi...Je n'étais pas mort. Mais alors...Que s'était-il passé ? Tout autour de moi me semblant tordu et informe. Je ne comprenais rien. Des ombres s'agitaient autour de moi. Ma bouche pâteuse refusait de bouger. Je crois...Que j'étais attaché... A une sorte de poteau. Mes bras avaient été immobilisés et mes jambes aussi. Un vent froid parcourait alors mes entrailles et effleurait ma peau...Nue... ? Et puis ce rire revint. Me plongeant à nouveau dans la peur et l'incompréhension. Un filet froid parcourait de nombreuses zones de mon corps. Était-ce...Du sang ? L'angoisse me prenait de cours. Et puis. Des coups. On me frappait encore et encore. Le rire s'intensifiait. Mes forces me quittaient peu à peu. Je voulais mourir. Maintenant. Je voulais revenir à la forteresse. Je voulais le retrouver. Le prendre dans mes bras. Restez à jamais près de lui. Je souffrais. J'étais seul. Abandonné. Que faire ? J'avais mal. Le sang coulait encore et encore. Le rire était là, proche. Les ombres grandissaient, la lumière se tamisait peu à peu. Et puis... Une brûlure. Une forte brûlure sur la poitrine. Le fer chaud vint alors embrasser ma peau pour la marquer à jamais. Le cauchemar m'infligea sa morsure macabre pour que jamais je ne l'oublie. Pour que jamais je ne puisse faire l'impasse sur ce pitoyable échec. J'avais perdu.

J'avais failli à ma mission. Kamui...Sauras-tu me pardonner... ?

...J'ai tant besoin de toi...Prends ma main...Je t'en supplie !

Un dernier soupire vint couronner l'acte final. Parmi la brûlure et le froid, le sang coula a flot. Destin tragique de conformiste crachant sur la révolution. Le cavalier est mort, vive le cavalier !

J'étais couché, la main tendue vers le plafond. Comme sortant d'un cauchemar, ma respiration était saccadée et abrupt. Venais-je de crier... ? Un liquide froid se frottait désormais à ma joue endolorie. Il allait et venait sans cesse. Et puis mes yeux s'ouvrirent à nouveau sur le monde laissant alors retomber mon bras sur cette flaque qui m'entourait dans un immense bourdonnement aqueux. De petits bruits aigus et apaisants se firent entendre ici et là. Mes bras et mes jambes pouvaient à nouveau bouger. J'étais si bien allongé là sur l'eau. Tout ce qui m'entourait...Me semblait si familier. Avais-je fait un cauchemar ? Je ne savais point. Mais mes doigts parcourant cette eau avaient deviné mon emplacement. Et si j'étais là...C'était pour une seule et unique raison.

Me voici à la fontaine des fées.

Me relevant péniblement, je constatais que j'avais retrouvé l'entièreté de mes vêtements et de mon équipement. La magie de cet endroit était réellement fabuleuse... Alors que j'avais été torturé sans pitié, mon corps n'avait plus aucune égratignure. Du moins c'est ce que je pensais. Car une brûlure vive se fit sentir au creux de ma poitrine. La marque avait donc survécu à ma Renaissance. Mais le moment n'était pas aux questions. Il me fallait me lever. Il me fallait...prévenir Kamui de mon échec.

Encore essoufflé, je fis alors cet effort pénible, entouré alors par de multiples fées qui virevoltaient par-ci par là. La fontaine des fées représentait l’échec à mes yeux. Un lieu ou seule la honte pouvait immerger de nos âmes. Nos orgueils se noyaient dans ce bassin onirique. Mais pourtant... Cette sensation familière était des plus agréables. J'étais rentré...Chez moi.

''Je dois informer Kamui de mon retour...Et de mon échec. Dépêche-toi Alvaro...Tu n'as pas de temps à perdre...

Mon orgueil et mon moral avaient néanmoins été amoindris par toute cette histoire. Je me sentais au plus bas et à bout de forces. Qu'allait-il advenir de moi après un pareil échec ? Qu'allait-il bien pouvoir me dire... ? Moi qui m'était juré de le protéger et d'être son élu le plus fidèle. Je m'étais fait avoir comme un amateur.

Et alors que mon crâne divaguait au son de mes pas sur le carrelage humide, ce sentiment me frappa à nouveau. Mon cœur fut oppressé à nouveau par ce voyeurisme latent. Encore ? Qui pouvait donc bien m'observer ? Mais cette fois-ci, quelque chose avait changé. L'être ne se cachait plus. Il me laissait désormais apercevoir l'ampleur...de sa puissance. Il était là, dans cette fontaine. Il était tout près...Il était....

Derrière-moi.

L'orgue de mon esprit se mit alors à vibrer sous les échos de cette puissance.Il se mit alors à rire. Un rictus malsain. Ce même rire qui avait hanté mon esprit tantôt. Je me retournai alors pour découvrir qui se cachait derrière cette aura maléfique. Un courant froid vint heurter mon corps. Il se tenait au fond de la pièce. Les bras croisés. Sa langue pendante et ses dents tranchantes alimentaient son ricanement animal. Une grande capuche rouge abritait sa chevelure d'or imposante. Ses muscles semblèrent avoir été forgés dans l'acier. Une vision démoniaque s'était présentée à moi.

''Qui... ''

Ses yeux d'azur n'avaient aucune humanité. Ils étaient avides de violence, de sang et de perfidie. Une créature sanguinaire se distinguait dans cet être qui semblant m'attendre calmement dans ce lieu de résurrection. Que me voulait-il ? Bien malgré moi je me sentis tout à coup menacé. Comme si je pouvais pressentir que cette rencontre n'allait pas se contenter d'être un simple échange de banalité. Et puis... Je l'avais déjà croisé auparavant. Lorsque je n'eus d'autre choix que d'emmener Kamui à l'infirmerie, je l'avais croisé, au détour d'un couloir. Mais je n'avais guère pu constater...A quel point cet homme, si tel il pouvait en porter le nom, semblait inébranlable.

''Qui est-tu ?''

Mes membres tremblaient malgré moi. Je me devais de rester digne et de le défier du regard. Mais je n'étais pas dupe. Son aura en disant long sur son statut et sa force. Il n'était pas un simple pion. Il semblait...impénétrable, intouchable et indestructible.Pouvais-je seulement rivaliser ? Il me fallait savoir ce qu'il cherchait. Tel en était mon rôle d'élu. Je ne pouvais pas perdre la face. Pas deux fois.

''Réponds-moi ! Qui est-tu ?! Que veux-tu ?!

Et détachant ses bras, la créature se mit alors à approcher. Son souffle maléfique vint trancher mon esprit. Dégainant mon épée, je l'attendais. Près à me battre et à réagir. J'étais abattu, fatigué et démoralisé. Mais je ne pouvais me laisser surprendre et envahir par la peur. Abandonner ne faisait pas partie du contenu de la promesse que je fis au Prince.

''Ne penses pas que ta petite capuche m'effraie. Je n'ai pas le temps de jouer au petit chaperon rouge avec toi. Alors cesse ce petit jeu immédiatement !''

Et le silence s'imposa l'espace d'un instant. Ce fut comme si de sombres nuages s'étaient alors abattus sur ma destinée. L'orage était prêt à frapper mon âme, tel le fer chaud qui embrasse la peau à jamais.

Était-ce là la raison de ta mauvaise augure...Kamui ?


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Andrew
Sulfureux et indestructible prétendant de Kamui

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MessageSujet: Re: Sombres Nuages...[PV Andrew]   Mer 25 Jan - 12:30

Destruction

Les rumeurs et les racontars sont à l'homme ce que l'oxygène est à la survie même de l'existence. Un principe envers et contre lequel nul n'a jamais su démarquer son indépendance. Misérable vermine rampant sur le sol crasseux de l'humanité, polluant cette molécule si indispensable de leur frivole souffle. Ces créatures turpides, il les avait piétinées tout au long de sa vie. Écrasant en un amas de poussière toute trace de mépris ou dé déférence. Il n'avait pas été élevé pour entendre le son de la voix de la vermine. Seule le son torride de son timbre pouvait bercer l'oreille émorfilée de cette perfection. N'était-ce pas déjà un bien grand honneur qu'Andrew leur accordait par sa prestigieuse nature ? D'une ascendance noble, qui pouvait donc tenter d'entacher son aloi ?

Très certainement pas ces clabaudages incessants. Toutes ces entités malpropres, sordides raclures de la rue. Entre souillons, ne s'étaient-ils tous pas merveilleusement trouvés ? N'était-il pas dès lors une évidence pour lui que de fuir ces parasites. Arpenter les même lieux qu'eux n'éveillait en lui qu'une démente pulsion meurtrière. Peut-être avait-il égaré tout l'or de ce précédent monde. Mais désormais, il disposait d'un argument bien plus véloce pour faire ployer chaque ruffian qui hantait cette geôle. Odeur nauséabonde de la perfidie Humaine. Croulant, bavant sur le marbre d'un domaine qui n'est pas le leur, Andrew n'aurait aucun mal à briser chaque membre de tout être qui croiserait son passage. Car les Divinités avaient daigné lui offrir ce que la Terre lui avait arraché.

Le pouvoir.

Mais si l'or, la gloire et l'alcool étaient le fief d'une réussite notoire pour cet acariâtre terrestre, une ombre demeurait à ce capricieux tableau. Une seule et unique chose échappait à ces mains d'acier. Pulvériser les os aurait pu le soulager. Pourfendre crânes et squelettes en une comptine emplie d'une ribambelle de voyelles. Hurlements de douleur. Déjection gutturale, gargouillis informes. Sa messe était faite. Alors pourquoi être doté d'une pareille force s'il reste éternelle échappatoire à ces larves ? Leurs viscères couvrent le sol. Mais le murmure de la rumeur n'a pas pour autant cessé. Les morts jonchèrent le sol, mais le glas sordide de sa défaite n'en laissait pas moins un goût amer sur sa langue perfide.

Les palabres alimentaient sa haine, fourneau abrasé et destructeur. Léchant du bout des lèvres le sang maculant ses poings, il relâcha le corps livide qu'il maintenait par le col. S'éloignant de ce sanglant spectacle effacé par le mysticisme de cet univers, les mots résonnèrent dans la tête d'Andrew. Comme la dernière volonté d'un défunt.

« Il paraît qu'Alvaro l'impitoyable a jeté son dévolu sur l’Élu Primordial ! J'ai entendu un Élu, tu sais là, le fou avec un masque. Ouais lui. Il disait qu'il les avait croisé ensemble près de l'infirmerie un soir. Et il jure avoir entendu la porte être fermée à clé. Tu peux l'croire ? On nous dit pas tout ici t'façon... Hé, t'es qui toi.. ?! Lâche-moi co... »

Ferme-la, vermine.

Il avait alors arpenté la Forteresse de fond en comble. Alvaro, disait-il... ? Qui pouvait bien être cet enflure qui daignait effleurer SA Princesse.. ? Quelle était la raclure qui avait posé ses mains sur SA propriété ? L'adamantium bouillonnant, les poings serrés à l'extrême. Le tatoué se jura d'éradiquer jusqu'à la moindre poussière de ce déchet.

Il arracha des gorges et des membres pour savoir quelle était cette sulfureuse qui osait approcher sa tendre moitié. Éviscérer. Éventrer. Dépecer. Broyer. Mais rien. Rien ne semblait vouloir lui indiquer quelle était la proie sur laquelle s'abattrait son courroux sans bornes.

Et au détour d'un couloir, il entendit sa voix. La voix de sa douce. La voix de cet Ange. La voix de ses rêves. Poursuivant aguerri, chasseur bestial. Il aurait reconnu le son de cette mélodie à des lieux. Les mers auraient pu séparer leur deux chairs, la trace griffant son cœur, la marque perforant ses entrailles ne brûlait que d'elle. De ses iris océaniques. Ses longues mèches aussi précieuses que le plus riche des métaux. Le trésor inestimable du fruit défendu de ses lèvres...

Fiel. Viscéral. L'âme calcine jusqu'aux dernières braises d'une croyance absolue. Brisures. Éclats. Froissés. Piétiné.

Au détour d'un couloir, c'était elle. Et Lui.

Lui qui avait arpenté ce couloir, serrant si vigoureusement son fardeau. Lui qui avait osé le darder d'un regard promettant la mort... Lui qui l'avait défié de son aura pestilentielle... Lui qui voulait voler sa dulcinée.

Alors il en était ainsi... ? Leurs deux êtres si proches. Ce sourire berçant ces lèvres convoitées. Cette aura émanant de cette pourriture. Cet être putride. Exécrer. Le poing du blond vint s'encastrer dans le mur de pierre. L'impact frappant d'un symbole éternel sa haine. Il aurait sa peau. Il le détruirait.

Andrew tuerai Alvaro.

Épier. Poursuivre. Traquer. En apprendre plus sur l'objet de son dégoût. Apprendre commence rassasier sa soif de vengeance. Attendre l'instant propice pour le réduire au néant.

Andrew était un fauve. Prêt à déchiqueter quiconque se mettrait sur son passage. Quiconque tenterait de l'éloigner d'Elle.

Ce jour n'était qu'une trop belle occasion.

Le vent de cette mission risquée pesait sur la Forteresse... Qui n'avait ouï dire de ces fameux plans... ? Peu osaient prononcer les mots qui fâchaient, mais quel dupe se serait laissé prendre à ce piège de la hiérarchie... ? Qui n'avait pas aperçu le visage nerveux de l'Ange. Ses traits fatigués, sa chevelure ternie par l'absence de soleil engendré par tant de journées scellé dans son antre. Perdre ainsi de son éclat n'était pas digne de sa grâce. Mais ses doigts remettant la missive à l'aberration de la nature, Andrew ne put réprimer son envie d'homicide. Mais avant cela...

Se saisissant au vol de la belle abandonnée, les couloirs de ce dédale n'étaient qu'un trop beau piège pour si tendre proie. Les doigts charnus plaqués sur ces lèvres parfaites, le souffle rauque effleurant l'oreille divine, le dément laissa sa langue effleurer ce lobe désirable avant de souffler d'une voix rendue avide.

« Dis-moi tout ce que tu sais... A moins que tu ne veuilles que nous achevions notre petite rencontre fortuitement écourtée de l'autre jour... ? »

Elle ne sembla même pas se débattre. Avait-elle senti la présence de son bourreau... ? Et elle ne daignait même pas montrer son envie de fuir... Elle n'attendait que ça... Gourgandine. Se pourléchant les lèvres, carnivore face à ce met tant désiré, les doigts quittèrent le visage pour se perdre sur ce torse ferme. Ses doigts se faufilant sous l'étoffe boutonnée d'une chemise qui n'en disait que trop sur le galbe parfait d'une taille outrageusement fine, Andrew profita avec jalousie de ce précieux bien arraché du Ciel. Les dents venant mordre avec passion cette gorge dévoilée, avait-elle seulement confiance de la convoitise qu'elle éveillait en chaque instinct prédateur.. ?

Au diable les détails de la mission... Arrachant la Douce aux bras de son univers paisible, il put enfin épancher sa soif d'elle. Satiété. Assouvir la jouissance d'un fantasme trop longtemps retenu. Pénétrer cette chair parfaite et l'abandonner à son triste sort... Peut-être se souviendra-t-elle de ses cris et gémissements à chaque fois qu'elle poserait son regard sur la méridienne de velours carmin qui habillait le domaine de son labeur... ? Eu égard au temps qu'elle passait enfermée dans ce bureau, Andrew n'avait aucun doute quant à la probabilité que les tâches de sang ornant l'étoffe duveteuse marqueraient son âme au fer rouge.

Un rire sinistre lui échappa. Funeste présage.

Les griffures jonchaient son torse. Pectoraux zébrés d'encre et d'hémoglobine. Glissant son pouce sur le coin d'une lèvre bafouée par les dents d'une vouivre un peu trop hargneuse, trop ardente. Tirer son épingle du jeu... Jamais cette expression, aussi sotte soit-elle, n'avait revêtu à ses yeux autant de sens. Abreuvé d'une satisfaction qu'il ne tarderait à embrasser à nouveau, il disposait désormais de toutes les informations dont il avait besoin... Pauvre elle... Oubliée sur le divan d'un orgasme mérité. Elle saurait désormais que les voluptés du désir charnel n'épuisaient pas que l'être mais aussi l'étant... Andrew s'était ainsi permis, invité par le manque de contestation de la la nue créature inconsciente, de s'octroyer une rapide lecture de l'épais dossier éparpillé sur l'ébène de ce pupitre des maîtres. C'était donc aigrefin qu'un dernier baiser spolié à la belle endormie, la bête s'était mise en quête de l'hérésie.

Les minutes s'écoulèrent. Sable éternel d'une plage noyée d'une océan au ressac acharné, entraînant au cours de sa course sans fin les miettes d'un univers démoli. Les divines créatures auréolées de lumière, lucioles immortelles flottant dans ce berceau de la renaissance. Nul doute n'apparut à Andrew qu'Il ne tarderait point à présenter le bout de son museau, ce chien. Combien avaient éveillé en cette montagne d'acier la joie d'un massacre imminent, alors qu'il ne s'agissait de misérables lampistes... Tapi dans l'ombre la plus absolue, adossé au renfort rocailleux de cette caverne source de vie, bras croisés. Il le vit apparaître.


Seul. Perdu. Abattu... Ressuscité d'une mort infâme pour mieux périr des flammes d'un Enfer qu'Andrew avait imaginé et conçu pour sa seule personne.


Un cri, un souffle erratique. Comment ne pas sourire face à pareille faiblesse... ? Minable rampant qu'il était, Alvaro... Il n'attendait que ça. Le voir se lever. Et réaliser.

Sa voix effrayée, son regard chassant la présence intruse de la personne turpide d'Andrew. Le tatoué n'attendait qu'une chose. Que son vis-à-vis succombe à ses propres angoisses. Ce fut le son de la voix apeurée qui finit par faire réagir le blond. Tout se temps détaché d'une scène bien trop pathétique, un rire guttural s'échappa. Puissant. Lugubre.

Hétaïre grotesque perdue dans son rôle baigné d'absurde. N'avait-il pas honte de porter le nom d'Homme ? S'approchant d'un pas lourd, la large capuche carmine ombrageant son visage peint d'un sourire de complaisance, il se lécha les lèvres, comme prêt à mordre. Arracher la chair.

Le sifflement d'une lame dégainée, vile attaque quoi qu'inutile. Andrew ne manquerait pas de répondre à sa provocation.

Le rire s'accentuant à la fin de cette tirade digne d'une déplorable comédie burlesque, les mains bandées s'entrechoquèrent, le plat de la paume émettant un son distinct. Applaudissement. Brisant ce vide acerbe d'un apathique geste de mépris, le blond cessa tout geste lorsque ses pas le menèrent à portée de la lame tendue. Tremblante.

L'étoffe fut repoussée d'un air de défi, les orbes céruléennes mordant les iris carmines d'une pointe de provocation. Et la voix s'éleva, railleuse.

« Quel sublime jeu d'acteur. Je m'y serai presque cru... ! Que dois-je donc offrir à pareille prestation ? Les honneur du peureux... ? Ou peut-être la misère de l'échec... ? Ho excuse-moi... Tu n'as pas eu trop mal... ? Ton cri de fillette semblait si douloureux. »

Dévoilant une dentition parfaite d'un sourire goguenard, levant les mains au ciel d'un geste de dédain total, Andrew souffla sur le ton d'une ironie tranchante.
« Oh, pardonne ce manque de politesse... Je n'ai pas daigné me présenter à ta majestueuse personne. Alvaro c'est ça... ? »

L'éclat océanique se glaçant en un instant, une main bandée vint empoigner la ridicule lame pointée en sa direction. Serrant sans une once d'hésitation cette agression à son intégrité, le tatoué éructa.

« Qui je suis... ? »

Arrachant d'un mouvement brusque la lame des mains de son propriétaire trop peu assuré, la projetant dans un éclat singulier contre le sol humide de la source, l'animal cracha, le regard rendu meurtrier.

« Ton pire cauchemar. »

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MessageSujet: Re: Sombres Nuages...[PV Andrew]   Jeu 26 Jan - 22:12



Un monstre. Une véritable bête assoiffée de sang se tenait devant moi. Le bruit de ces pas lourds perçaient ce lieu sacré et me plongèrent dans une étouffante atmosphère aux allures de véritable Enfer. Digne enfant de Belzebuth, le blond continuait son avancée vers ma pauvre âme damnée. Ces yeux implacables ne présentaient aucune faiblesse. Son corps tout entier semblait indestructible. Son torse dénudé présentait une infinité de légères cicatrices et autres griffures pour le moins surprenantes. Une telle puissance ne saurait jugé utile de cacher aux yeux du monde son aura, se permettant ainsi de faire connaître à toutes ces pauvres âmes fragiles que l'apocalypse s'était abattue sur la forteresse. Alors pourquoi diable étais-je incapable de discerner sa provenance et son rang ? Était-ce là un piège de ce fourbe d'Astaroth ? Ne s'était-il donc pas lassé de ma torture, fallait-il qu'il envoie en ce lieu interdit à ces putrides infidèles son bourreau démoniaque ?

Cette créature ne semblait pas être de ce monde.

Cela était impossible. Alors même que je jouissais des privilèges et responsabilités d'un élu, je me sentais néanmoins largement dépassé au simple contact de mes narines face à cette haleine mythologique. Avais-je simplement les capacité de rivaliser ? Mais pour quelle bonne raison pouvait-il en avoir après mon existence ? Car les yeux de la bête trahissaient sa volonté inconsciente : il m'attendait, tapi dans l'ombre, attenant ma venue comme un meurtrier se languissant de pouvoir trancher la gorge de sa victime prédéfinie au coin d'une ruelle abandonnée. Mais tout tueur se cherchait une bonne raison d’exécuter sa sentence., aussi ignoble ou futile soit-elle. Haine, vengeance, désir, folie...Jalousie. Tous avaient quelque-chose à répondre lorsque nous leur demandions ''Pourquoi?'' J'en tirais donc pour conclusion qu'une bonne raison de me traquer hantait l'esprit caché derrière ces longues mèches d'or qui n'avaient pour le coup rien de princières.

Malgré leur incroyable ressemblance physique, ce démon encapuchonné était le stricte opposé de l'élu primordial. Le regard tranchant, un corps saillant, des gestes n'appartenant pas au registre de l'être humain lambda... Je ne voyais là rien qui pouvait me rappeler cet être cher en qui j'avais déposé mon entière existence. Aucune douceur ni raison ne motivait cette malédiction vivante. Si la paix était l'étendard du Prince, seul le Chaos saurait représenter une telle âme. L'angoissante obscurité qui m'enveloppait désormais étouffait peu à peu la lumière qu'avait injecté l'élu primordial dans mon cœur. J'étais seul face à ce néant impitoyable.

Une voix rauque perfora le silence. Effrayant les fées qui bénissaient ce lieu baignant dans la lumière, ce ton lugubre ouvrit les portes de l'Enfer d'un simple son guttural. Maintenant ma lame fermement, tentant tant bien que mal de gérer cette tension, la Bête vint apposer son torse à quelques centimètres de ce fer froid qu'il ne semblait craindre. Cet excès de confiance ne fit que me convaincre que la peur était introuvable dans le dictionnaire de ses convictions. Son cœur se tenait là, à quelques millimètres d'une Mort certaine. Mais je fis le choix de rester immobile. Évitant ainsi un éventuel piège qu'une telle attitude laissait entendre.

« Quel sublime jeu d'acteur. Je m'y serai presque cru... ! Que dois-je donc offrir à pareille prestation ? Les honneur du peureux... ? Ou peut-être la misère de l'échec... ? Ho excuse-moi... Tu n'as pas eu trop mal... ? Ton cri de fillette semblait si douloureux. »

Faisait-il référence à ce violent réveil que fut le mien ? Tentant de me déconcentrer par la provocation facile, j'ignorais tout simplement ces palabres peu valorisantes à mon égard, continuant de fixer l'étoffe rougeâtre que ma lame mordait sans cesse. Pas un mot n'avait su dépassé la frontière de mes lèvres tendues. Relevant mes rubis ardents sur cette glace impénétrable, je n'offris à la Bête qu'un regard sévère en guise de réponse.

« Oh, pardonne ce manque de politesse... Je n'ai pas daigné me présenter à ta majestueuse personne. Alvaro c'est ça... ? »

Comment pouvait-il connaître ce nom alors que nos deux âmes ne s'étaient jamais croisées auparavant ? Cette histoire s'assombrissait au fur et à mesure. L'écho meurtrier de mon nom provenant de cette gorge motivée par le Mal résonnait inlassablement dans ma tête. Rares étaient les occasions ou l'Ennemi jouissait d'un surplus d'informations supérieur aux miennes. Mais pour cette confrontation, je n'eus d'autre option que de m'incliner. Ce monstre aux mèches d'or en savait hélas bien plus sur moi.

Puis vint ce geste. Rapide, subtile, féroce. Sans la moindre hésitation, le Démon empoignait alors le bout de mon arme, ne craignant pas de faire pleurer sa chaire au contact aiguisé de ma lame. Surpris par un tel geste, ma concentration perdit de son intensité, me forçant à relâcher mon étreinte sur la garde de a rapière. Alors même que la Bête entamait la réponse à ma principale question, cette dernière me fit l'honneur de démontrer l'entière ampleur de mon erreur en me désarmant d'un simple soupire. Mon poignet ne put rivaliser avec une telle force. Voltigeant à travers la pièce, le claquement froid de ma fidèle épée sur l'eau bénite me plongeai dans un état de stupeur et de relative frayeur. Mais il fallait que je reste calme. J'étais un Elu de Layca. Et au nom de ceux en qui je crois, je ne pouvais faillir aussi facilement. Mon orgeuil et mon honneur ne me permettraient pas un deuxième échec. Se présentant comme n'étant autre que mon pire cauchemar, je décidai de substituer cette angoisse naissante par ma plus grande force. Cette arrogance salvatrice serait ma seule clé vers cet esprit calme et affuté qui me permettrait de vaincre. Si la force n'allait certainement pas me suffire, il allait falloir me faire preuve d'une intelligence à toute épreuve.

''Oh. Voyez-vous ça. Il semblerait que cette brave bête sache mordre. C'est ce cher Astaroth qui t'as appris à faire bonne impression ou tu es du genre auto-didacte?''

Cherchant indirectement à confirmer mes doutes, je jouais le jeu de la provocation, guettant ainsi sa réaction afin de définir si cette étrange personnage était réellement le brave toutou de ce borgne de dragon ou si j'avais à faire à quelque chose de bien pire que cela. Mais chaque grain qui s'écoulait au fond du sablier temporel me confinait à cette stricte impression que cette Bête ne prêtait allégeance qu'à sa propre et unique âme corrompue. Une telle puissance ne pouvait se voir munie des mêmes fers que nous autres. Mais à cette réflexion se succédèrent de nombreuses questions à son sujet. Et parmi elles, une seule se démarquait. Ce monstre aux dents parfaitement acérées était-il à l'origine de ces nombreuses rumeurs au sujet de Kamui ? Un spasme vint alors m'abattre. S'il était réellement l'assaillant de l'élu primordial, alors l'Ange de Layca courrait un grave danger. Je ne pouvais décemment pas perdre face à lui. Il me fallait le protéger. Quel qu'en soit le prix. Et pour cela...Je n'eus d'autre choix que d'abattre toutes mes cartes.

Perçant l'étoffe qui recouvrait mon dos, un halo de lumière se dégageait de ces orifices naissants provoquant un immense flash d'une seconde à peine. Je dévoilai ainsi ces ailes que j'avais si longtemps protégées du regard de ce monde. Dégouté de n'avoir eu d'autre choix que d' en arriver à ce stade, je les laissais s'exprimer pour la première fois depuis d’innombrables lunes. Les différentes teintes de pourpre qui les composaient brillaient de mille feux composant ainsi un véritable améthyste fait de plumes et de magie. Je haïssais ce cadeau des Dieux. Véritable témoin de ces chaînes qui me ravagent jour après jour, je les bannissais de mon existence, m'interdisant alors d'en faire le moindre usage. Mais avais-je réellement une autre option que celle-ci ? Même si je n'étais qu'un Homme indigne de porter un tel grade, il me fallait me substituer à un Ange pour pouvoir faire face à ce véritable Diable. Montrer qu'il ne fallait pas sous-estimer un Élu de Layca.

''Tu fais bel et bien face à Alvaro Crescent ignoble créature. Sache que ton petit numéro n'est pas en mesure d’impressionner un véritable Elu de Layca. ''

Nos deux respirations se mélangeaient formant un opéra malsain et regorgeant de tension. Séparé par quelques centimètres uniquement, il était impossible pour nos deux regards de ne pas croiser le fer. C'était une lutte sans merci entre l'incendie de la Justice et le blizzard du Mal. Une réaction hâtive aurait été de se lancer à son encontre, abattant mes poings et mes pieds sur l'ensemble de ses muscles. J'aurais pu tout aussi bien invoqué ma lyre et faire apparaître mes braves pantins. Mais avant de risquer le tout pour le tour dans le domaine du physique, il me fallait jouer mes cartes sur le champ de la psychologie.

''Je ne me fais évidemment pas d'illusion quant à tes beaux projets. Tes yeux et ta voix transpirent d'un désir se rapprochant de la démence de mettre fin à ma vie ici et maintenant pour une raison obscure.''

Ne bougeant pas le moindre muscle de mon corps entrainé, je maintenais mon regard tranchant sur ma proie. Il me fallait tirer mes épingles du jeu et en apprendre le plus possible. Ne pouvant réellement disparaître, j'avais pour seule arme mon vocabulaire de scorpion pour tenter de lui tirer les vers du nez. Cette immortalité était ma réelle force. Peu m'en importait la douleur, les Dieux me feraient revenir inlassablement le hanter.

''Néanmoins, j'imagine que tu as bel et bien conscience que ce sanctuaire me permettra de renaître éternellement de mes cendres...''

Un léger rictus vint ponctuer ma tirade. Ne sachant réellement si je pouvais tenir tête à cette Bête au corps à corps, je savais néanmoins qu'au-delà de la douleur, il ne pouvait gagner cette bataille éternelle. Les dés étaient jetés. La partie ne connaîtrait jamais de fin. Et cette conclusion fit taire à jamais la peur en mon esprit. Aussi puissant soit le Jugement Dernier, il ne pourrait abattre le scorpion devenu phénix.

'' S'il ne peut réellement m'exterminer... Que pourrait donc bien me vouloir ce Pire Cauchemar à l'air si menaçant ? Alors si nous en venions plutôt aux faits veux-tu  ? Que cherches-tu avec tant d'ardeur Monstre ?''

Convaincu par mes propres arguments, je me préparais à l'assaut imminent avec dignité et convinction. Puisant ma Foi dans cette lumière salvatrice que m'avait offerte Kamui, j'épousais ces ailes d'Ange, prêt à me battre contre cette menace infernale. Je me devais de répondre aux attentes. Je me devais...De le protéger. Je ne pouvais permettre qu'un tel monstre puisse mettre la main sur l'hôte de mon cœur. Jamais. Il me fallait puiser toute ma puissance dans ce crédo auquel je m'étais incliné. Car par-delà l'échec et la douleur, une devise n'en restait pas moins permanente au cœur de cette Forteresse d'acier. Pour chacun des êtres ayant reçu a bénédiction des Dieux et répondant au titre d’Élu...

L'Honneur était la dernière chose que nous perdions.

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MessageSujet: Re: Sombres Nuages...[PV Andrew]   Dim 22 Avr - 17:37

Possession

Passé les femmes et la gloire. Il était peu de choses dont Andrew savait se délecter avec hardiesse. Il ne pouvait nier son penchant pour les courbes épicuriennes et sveltes se balançant en une houle suave, hypnose satirique d'un univers de chair et de jouissance spasmodique. Empoigner des hanches charnues, parcourir de ses lèvres cette peau offerte. Nul ne savait lui résister. Lui qui disposait de tout ce dont il désirait. Lui qui enfiévré s'enorgueillissait des pierres et métaux qui soustrayaient aux larves avachies par le labeur leurs terres si choyées. Piétiner ces fourmis pour ne leur laisser qu'un dernier souffle de vie. Les voir se débattre furieusement pour vivoter. Subsister. Sensation délectable du joug infernal. L'autorité divine que peut imposer un homme à un autre. Deux êtres d'une égalité supposée. Mais la toile de fond ne permet pas à tous de triompher. Il est deux races d'hommes. Ceux qui dominent, et ceux qui ploient.

Pour Andrew, aucun entre-deux ne pouvait être envisageable. Les hérésies et aberrations devaient en retourner à leur origine. Poussière. Souillure terrestre.

Pourquoi certaines créatures se débattaient-elles, impétueuses et exaltées pour tenter de se démarquer de ce seuil ridicule de la misère humaine ? Êtres décharnés qui s'évertuant à échapper à cette condition détestable se rebellent et s'offusquent de leur position inférieure. Mordre la poussière n'est pas à leur convenance ? Qu'ils périssent donc. Occis par les flammes méphistophéliques.

À ses yeux, une seule chose pouvait assombrir l'horizon idéal de ses projets. Ces êtres viciés par le malin, rongés par les dogmes, brûlés par de vains desseins. Lui en était la parfaite représentation. Cet être inepte, utopiste. Bien au-delà d'une simple idée de sédition, lui voulait dérober ce qui lui était si cher. Ce cinoque quémandait un objet dont il était déjà le maître. Arracher l'usus, s'octroyer l'abusus et jouir de l'usufruit.

Lui n'était au fond pas différent des pouilleux pavant les rues du Monde. Un sourire carnassier vint étirer le faciès du blond. Oui, il allait se délecter de cette chair faisandée. Il saisirait le cœur et d'une poigne implacable lui arracherait toute once d'espoir.

Apercevoir cette lueur blafarde au fond de ces orbes érubescentes était un profond délice. Quel est donc cet émoi qui pourfend ces iris vaniteuses ? Est-ce donc le trac des premiers instants sur les planches ? Ou bien serait-il simplement en train de tremper ses bas face à l'intimidation ? Démuni de ton aiguille à coudre, pourvu de ce visage efféminé. Les orbes céruléennes auraient souhaité calciner la chair jusqu'à la moelle. Profaner ce corps piteux qui osait le défier.

Le blond retint un rire rauque lorsque sa proie tenta vainement de se débattre, usant d'un stratagème saugrenu. Spéculait-il seulement à ce qu'Andrew soit assez sot pour répondre si commodément à pareille subterfuge ?

Ramenant sa main à lui, observant la paume dont l'entaille provoquée par la fluette lame se résorbait au contact d'un liquide métallique aux allures poisseuses, Andrew eut un sourire mutin. Il voulait jouer au plus malin ? Ce bellâtre ne savait sciemment pas à qui il s'adressait.

Le visage du tatoué se releva lentement, faisant face à ce désuet protagoniste. Une mine perdue vint effacer toute trace de sarcasme de ce tableau d'horreur. Les affres du Mal s'estompèrent alors que les doigts du blond vinrent effleurer son torse imberbe en un geste désabusé. Prenant une voix ridiculement moqueuse, il souffla l'air de rien.

« Pardonnez-moi très cher, je ne pense pas comprendre vos propos. Astacrotte ? Autodidacte ? Eh bien mon ami, quel trouble vous gangrène donc ainsi ? Auriez-vous pensé un seul instant... »

Détachant lentement sa main des arabesques encrées sur sa chair, celle-ci se serra en une poigne ferme, de fines lames d'adamantine pointant aux jointures blanchies de sa main.

« Que je sois une menace ? »

Ce mouvement de recul, ce frisson qui vint parcourir cet être fallacieux. L'engrenage de la défaite semblait tourner en la défaveur de ce pitoyable ténébreux. Pour confirmer la thèse d'Andrew, la créature à la chevelure d'ébène fit la chose la plus misérable que l'être humain puisse faire en situation périlleuse. Dévoiler toutes ses cartes.

Le son de l'étoffe se déchirant, un halo de lumière. Et la voix voulue assurée de ce saltimbanque. Andrew n'eut qu'un mot pour qualifier ce fastidieux spectacle. Vermine. Comme le geste infructueux d'un papillon dévoilant les affres de son ramage éphémère. Tentant vainement d'apeurer ses prédateurs en quête de quelques misérables heures de subsistance. Mais petit insecte. Sais-tu seulement que ta fin est proche ?

Faisant face à ce bouffon endimanché, Andrew prit le partie de croiser les bras et d'écouter cette basse opérette. Peut-être pourrait-il obtenir une quelconque information croustillante ? Bien que l'idée lui semble improbable, il écouta d'un oreille distraite, plantant l'océan polaire de ses iris au plus profond de cette lave en fusion qui daignait le défier.

Les paroles étaient finement choisies. Comme les parures que revêtent les dames pour affrioler et ravir les désirs des incubes. Le brun aurait-il caché cette passion pour le tapinage ? Plus le blond écoutait les babillages futiles de l'autre, plus il semblait ne plus réellement porter une quelconque attention à ses propos. La tirade sembla enfin toucher à sa fin. D'un ton monocorde, Andrew cracha .

« Tu as terminé ? Loin de moi l'idée que tes dialogues soient un peu trop pompeux à mon humble goût mais... »

Détournant lentement les yeux, un air ennuyé dépeint sur ses traits était prononcé. Le visage détourné, un regard perçant vint se planter sur son interlocuteur alors qu'il éructa.

« Tu es hypnagogique. »

Sa main vint s'insinuer au milieu des mèches d'or alors qu'un sourire moqueur tendait à poindre. D'un geste vif, cette même main se saisit d'une peste féerique qui s'évapora au contact de la peau damnée. Il aurait tant aimé en rire. S'esclaffer à gorge déployée de cette prestation pathétique. Pourtant, au fond du regard céruléen s'étendait une exécration sans bornes. Comment ce parasite a-t-il pu... ? Inconsciemment, son fiel s'intensifia. Sans qu'il ne le réalise, un caprice lui rongeait les sangs. Il voulait le pulvériser. Le réduire à néant. C'en était trop.

L'eau crépite au rythme fracassant des rangers percutant la surface aqueuse de ce nid à volatiles répugnants. L'autre ne recule pas. A-t-il réellement osé le provoquer ? La langue glisse sur les lèvres charnues, amère, avide, aigre. Le colosse s'arrête à un simple pas du roi pantin. Le regard légèrement baissé, laissant la glace taquiner la lave, un sourire mielleux. Et une voix atrabilaire.

« C'est effectivement toi, Alvaro. Un Monstre dis-tu... ? Andrew suffira. Mais là n'est pas la question. »

Une main au poignet bandé s'éleva, effleurant de son dos cette joue parfaite. Une humeur moqueuse lisible sur son visage. Effectuant un mouvement, paume face à la peau de son adversaire, les doigts agrippèrent docilement une mèche d'ébène. Un souffle résonna dans l'accablante quiétude de ce lieu de repos.

« Tu crois peut-être que ta mascarade peut l'envoûter... ? »

Andrew ramena lentement sa main à lui, laissant le bout de ses doigts effleurer la chair tendre et blême de ce visage. Les ongles rendus adamantine, de fines aiguilles vinrent érafler le faciès de ce félon chérubin. L'index souillé rencontra la langue taquine, sous le regard que le blond jaugea de choqué de cet Apollon indigent. Dans un son génésique, l’appendice s'échappa de la bouche insatiable. Le regard céruléen encore joueur s'assombrit sous l'augure de son algarade.

Un main râblée vint s'aplatir brutalement sur le buste de son rival officieux. Plaquant le brun en un choc étouffé contre la paroi murée se tenant derrière lui, Andrew profita de cet instant d'incompréhension pour se pencher à l'oreille de celui qu'il abhorrait de façon imminente. Le timbre tremble d'un courroux sans nom, la main bloquant son assaillant de ses griffes puissamment plantées dans son pectoral. Un grognement féroce et ténu lui échappa, prononcé d'un ton dirimant.

« L'Ange est à moi. »

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MessageSujet: Re: Sombres Nuages...[PV Andrew]   Jeu 16 Mai - 22:52

Andrew. Que pouvait bien se cacher derrière ce regard maudit par les enfers. Tout chez lui n’évoquait nul autre sentiment que la haine et la destruction. Son regarde inhumain, sa gestuelle, son arrogance. Rien ne laissait transparaître la moindre trace d’un cœur humain. Une bête féroce, une créature démoniaque sans cœur se tenait là, devant moi, misérable et fébrile humain que j’étais. J’avais pourtant confiance en ma propre force et en mes convictions. Mais l’air s’était alourdi, et mes propres perceptions n’avaient de cesse de m’alerter face à ce danger trop grand pour moi. Mon corps tremblait malgré moi. Ses griffes me tenaient prisonnier de ce funèbre destin. Ma poitrine resserrée tentait de résister à la douleur qui s’immisçait le long de mes veines. En vain. J’étais pris au piège et abandonné à moi-même. En toute objectivité je ne pouvais pas terrasser un monstre pareil. Certes mourir de sa main n’était pas ma première préoccupation. Je n’avais pas peur de rejoindre les ]]enfers, car en bon laycaiste que j’étais je jouissais de l’immortalité en ces lieux. Non, ma véritable peur n’était autre que de laisser pareil démon en liberté dans notre Sanctuaire. Il ne devait pas faire un pas de plus en ces lieux. Pas un seul. Car mon cœur savait. Oui il savait quel était ses noirs desseins. Andrew arpentait jour et nuit ces lieux dans la seule idée de le retrouver.

« L'Ange est à moi. »

Ces mots vibrèrent au fond de mon âme. Plusieurs fois l’écho avait retentit, assourdissant, puissant, menaçant. Ce râle abject était un vent de mort et de désolation qui s’était établi au creux de mon oreille. Ce démon en avait après Kamui. Nul autre Ange ne correspondrait à pareille description. Je ne pouvais pas me tromper. Alors la clé du mystère venait de se résoudre…Et de piétiner mon cœur. Il n’y’avait plus que des débris. Mon corps tout entier s’était figé, comme pris dans le temps, comme avalé par la stupeur. Le Démon traque l’Ange. Non…Impossible. Mon hypothèse s’était confirmée. Kamui était donc en réel danger. Un tel regard ne m’évoquait qu’une violence et un désir des plus déviants. C’était tout simplement intolérable. Ce monstre…Ne devait pas mettre la main sur l’élu primordial. Il n’avait pas le droit de le toucher.
Tant que je vivrais. Tant que mon souffle persistera. Tu ne mettras pas la main sur Mon Ange.

J’étais encore plaqué contre le mur, cette main froide me retenant contre mon gré. Mais cette fois, la peur cédait lentement sa place à une colère des plus sombres. Je ne pouvais m’empêcher de le revoir. Son sourire, ses yeux, ses larmes, son corps… Tout son être, piétiné par ce monstre, détruit, arraché… Impuissant face à ces ténèbres. Cette image était intolérable. Il me fallait le tuer. L’éloigner de l’élu primordial, de celui qui faisait mes joies et mes peines. Peu importe le moyen, peu importe s’il me fallait le traquer jour et nuit. Peu importe s’il fallait se battre pour l’éternité.

« L’Ange ne t’appartient pas, Andrew. »

Serrant les poings, je relevais mon visage meurtri par la douleur pour ne faire qu’un avec ses yeux démoniaques. Cette fontaine bénie par la lumière n’était plus qu’une Ôde à la haine. La Violence la seule issue. Le Sang la seule conséquence. La mort l’unique châtiment. L’Homme devait prendre le Diable à son propre jeu. Ne disait-on pas qu'il fallait parfois vaincre le mal par le mal? Si seulement tu pouvais brûler dans un feu ardent Andrew. Périr dans d'atroces souffrances, toi maudit créature. Pourriture que tu es, comment oses-tu donc vouloir poser ta main sur un visage si doux. Tu ne mérites que mon courroux. Tu ne mérites que la douleur la plus atroce et la plus lente. Que la foudre s'abatte sur toi malheureuse Peste que tu es..!

« Il ne t’a jamais appartenu et ne t’appartiendra jamais. Car l’Ange est Libre. »

Mon souffle était saccadé. La colère altérait le son de ma voix. Mon corps et mes bras étaient encore immobilisés par cette force titanesque. Que pouvais-je faire ? Transpercer la bête en plein cœur était devenue mon obsession. Mais mon épée n’était plus à ma portée, s’étant étalée sur le sol dans un cliquetis bruyant alors qu’Andrew m’avait plaqué dos au mur. Et pourtant… Aucune issue n’était envisageable. Ma colère avait beau ronger mon âme, mon corps et mes muscles n’étaient pas de taille à me sortir de là. Un léger filament nacré vint ponctuer ma bouche. Les griffes tranchantes de la Bête avaient fortement meurtri ma poitrine refroidie et tremblante.

« Tu pourras me tuer autant de fois que tu voudras Andrew…

Un sourire s’affichait sur mon visage. J’avais perdu la bataille il est vrai. Mais il était hors de question que je perde cette guerre et que je laisse ce démon asservir l’Ange qui m’apportait lumière et bénédiction à ma pitoyable existence. Au fond de moi-même, je me savais vainqueur. Non pas de la mort, ni même du Diable lui-même. Mais j’ai juré allégeance à Kamui. Et cet amour véritable que je ressentait à son égard était ma plus belle épée. Mon arme la plus fatale. Mais également ma plus grande bénédiction et par-là même ma plus grande force. Mais ce blond assoiffé de sang n'avait sans doute jamais eu l'occasion de goûter à la lumière, trop enivré par l'obscure déraison qui l'anime. Tu n'étais qu'un être profondément pathétique Andrew. Un pantin articulé autour du Malin.

« L’Ange sera toujours à mes côtés, quoique tu fasses... »

Ma respiration perdait de son ardeur peu à peu. Chaque mot me coûtait un peu plus. Le sang continuait de perler le long de mes lèvres, un goût métallique se mélangeait désormais à ma salive. Le coup que m’avait assené mon agresseur avait été plus violent que prévu. Le froid m’envahissait peu à peu. Un froid qui m'était familier. Mais mon coeur n'ayant pas été frappé de plein fouet, ma vie n'était pas encore réellement menacée. Sans doute voulait-il m'éteindre à petit feu. Mais qu'importe la douleur. Qu'importe que le sang coule et jaillisse de mes veines. Ma détermination était bien trop forte pour m'agenouiller devant lui.

« Et je reviendrai te traquer jour et nuit s’il le faut. Tue moi Andrew, achève moi, torture moi tant que tu peux. Tu n’auras jamais son cœur ni son âme. Car tant que je respirerai je m’assurerai d’en être le garant. Tu auras beau y croire, son corps et son âme ne t’appartiendront jamais. »

Je relâchais mon corps tout entier. Je fis également disparaitre mes ailes. Je m’abandonnais à ce puissant sentiment qui me rattachait à Kamui. Après tout, Andrew ne savait pas ou il se cachait n’est-ce pas ? Pour l’instant je me devais d’attirer son attention. Je ne pouvais pas le vaincre certes, mais je pouvais le provoquer continuellement. Le faire voir rouge et l’empêcher de traquer sa proie. Ces fées virevoltantes étaient mes alliées. En ces lieux j’étais immortel et prêt à renaître de mes cendres continuellement. Toi non plus tu ne peux me vaincre réellement Andrew. Tu étais également pris au piège.

« Alors, qu’est-ce que t’attends, petite tafiole… »



Je me demande ce que tu étais en train de faire. Sans doute te décarcassais-tu l'esprit à aider ton prochain, comme tu le faisais si bien. Etais-tu entrain de courir à droite à gauche? Ou peut-être étais-tu entrain d'enguirlander l'un de tes sous-fifres. Non, c'était tellement rare chez toi. Mes avis que tu étais plutôt entrain de soupirer dans un coin de la Forteresse. Peut-être priait tu ton Père. Ou peut-être pleurait tu au nom de la liberté? Qui sait... Serais-je assez fou pour envisager que quelqu'un avait réussit à te faire sourire. Ces sourires étaient si radieux. Quel dommage qu'au final je n'aie eu que si peu d'occasions d'y faire face. Trop fier, trop orgueilleux. Et parfois même trop méfiant. N'avais-je au fond pas perdu mon temps à essayer de tout résoudre par moi-même, sans tenter de te rapprocher de moi? En étais-je seulement capable? Est-ce qu'il t'arrivait parfois de penser à moi avec la même ardeur qui me caractérisait? Si seulement j'avais les mots pour exprimer ce que je ressentais. Si seulement j'avais la force pour te protéger... Si seulement j'étais suffisamment bon à tes yeux...


...Pourvu que tu sois loin d’ici…Kamui…
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Sombres Nuages...[PV Andrew]

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