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 Partition. /!\ [Morjane.]

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MessageSujet: Partition. /! [Morjane.]   Lun 9 Jan - 23:49


Buscar un tesoro.


J'ai perdu mon collier.
J'ai eu beau chercher, tout retourner dans la Forteresse, passer au crible mon royaume, celui des autres, buter des gens qui m'semblaient louches, pousser des millions de gueulantes, ça n'a strictement rien donné. J'ai perdu mon collier.
Je l'ai décrit à tout le monde. Personne n'était au courant de son existence jusqu'à maintenant, tout simplement parce que je n'aime pas parler de lui. Il est imprégné de l'odeur du passé. Il vient de là-bas, je l'ai volé à Maena. Il est bizarre. J'ai jamais osé l'ouvrir, bien qu'il soit de nature à pouvoir être ouvert. Il y a quelque chose à l'intérieur. C'est pas moi qui l'ait mis, et sérieusement, je n'pense pas avoir été un jour assez con pour faire une chose pareille. Il suinte une odeur de mort. Un parfum âpre, qui ne m'est foncièrement pas inconnu. Jamais j'aurai eu l'idée de m'offrir un tel cadeau. On me l'a donné, c'est évident. Quelqu'un m'aimait suffisamment pour m'offrir quelque chose. On en apprend tous les jours, après tout. C'est une cage. Une petite cage dorée, qui s'ouvre donc, et dans laquelle on peut y mettre n'importe quoi. Je te dis, y'a bien quelque chose à l'intérieur, mais va savoir c'que c'est. En fait, c'est sordide à admettre, mais ça ressemble un peu trop à un bout de chair pour ne pas en être un. Ça sent pareil. Ça pourrit pareil. C'est de la chair. C'est un morceau épais. Ça vient pas de sous la peau, du coup. Ça vient des entrailles, d'un organe. Y'a que moi pour me faire offrir ce genre de saloperies. Maintenant, les gens d'chez Layca me regardent vraiment d'un mauvais œil. Avant, certains espéraient que je puisse être différent de la rumeur, c'était avec plaisir que je démontais leur vénusté. Mais maintenant, plus personne ne sera là pour moi. Je suis définitivement seul, désormais. Humainement parlant. Mais j'me plains pas. Les dieux ont toujours fini par être seuls, au final. Il fallait bien qu'ça m'arrive. Qui plus est, j'ai étendu la peur de la Sirène plus qu'elle ne l'était déjà. Il faut croire que c'était encore possible. Que finalement, certaines nymphettes ayant trouvé refuge dans mes bras pour une nuit me trouvaient non seulement craquant, mais en plus diabolique. Je sais pas c'que c'est, et honnêtement je m'en fous. J'ai eu beau cherché partout, il n'était nulle part. J'ai farfouillé dans les tiroirs, j'suis même allé dans des pièces dans lesquelles je ne vais jamais pour vérifier. Au cas où. Personne n'était au courant de son existence. Je le porte toujours sous le sweat, je le porte toujours et ne l'enlève jamais. Personne n'aurait pu me le voler. Personne n'est suicidaire au point de toucher à ce genre de présent. Il faut se rendre à l'évidence. J'ai perdu mon collier.

J'ai perdu mon collier. Franch'ment j'y crois toujours pas. J'suis allé voir un garde dehors, lui demander s'il avait trouvé un collier aux alentours, il a rien trouvé, j'l'ai flingué. J'suis allé voir du côté des dortoirs, rien ni personne, mais en attendant les lits sont défaits, renversés, les affaires de tout l'monde éparpillées partout dans la pièce et dans l'couloir, et toujours pas ce foutu collier. Alors j'me suis dit qu'il était pas dans la Forteresse, normal après tout c'teps, et j'suis allé voir sur la panneau d'affichage les dernières infos sur les missions. Y'en avait plein, comme d'hab'. J'ai tellement pas l'habitude de fourrer l'nez dans c'bordel que j'm'y retrouvais pas au début. Finalement j'ai trouvé une partie qui résumait les dernières trouvailles, tout ça. Toujours pas d'collier. J'ai insulté l'tableau, va savoir pourquoi, et j'ai shooté dans le mur. J'avais les godasses en titane, j'ai rien senti, mais j'ai fendu l'mur alors j'me suis barré.
J'ai repensé aux missions qu'il y avait. J'les avait déjà toutes oublié, alors j'ai fait volte face et j'suis allé les lire. Y'avait vraiment de tout. Pour les feignasses, pour les pas feignasses, pour ceux qui veulent monter en grade, pour ceux qui ont déjà les couilles en or, pour distraire Belzeneff, pour le faire chier, et y'en avait une qui parlait le champs de Mars. Allez fouiller les environs et rapportez telle épée. Ah ouais, c'est vrai. J'me suis rappelé qu'il y avait eu un conflit entre deux convois ennemis, y'a pas un ou deux jours, du coup. J'me suis rappelé que j'y étais allé en renfort, et qu'on avait niqué les deux cargaisons de vivres, aussi bien du côté de la P'tite Madame que chez nous. On est tous doués. C'était pas du convois de merde, en fait, j'me souviens. Pris en étau, les chiens nous ont pondu plusieurs Bras Droits et Élus et on s'y attendait pas. Pas assez organisés, faut croire, j'suis arrivé qu'à la fin du conflit, j'étais parti cloper. Ben quoi, j'vais pas couver des mecs qui m'laisseraient crever volontiers. 'Fin j'ai buté les deux trois gonzes qui restait, puis j'ai essayé de tirer les vivres des décombres. Tu parles, que dalle. Alors j'suis rentré bredouille. Tant pis. M'en fous, c'pas moi qui pleurerais sur deux pâquerettes perdues dans un incendie. Mais j'dis ça, c'est vrai que les pâquerettes il faut les chouchouter. Ouais.
C'est là qu'j'ai compris qu'il fallait que j'retourne là-bas. J'bouge jamais mon cul d'la Forteresse, le seul moyen de le perdre, c'est d'aller en mission sur le champs de Mars, j'sais pas. 'Fin il restait plus que ça, et j'me sentais généreux -ou complètement anéanti par la perte de mon précieux remarque- et j'ai accepté de me charger de la mission en plus. Je suis d'une générosité à en faire pâlir les Bisounours, des fois, c'est navrant. 'Fin voilà. J'ai pris mon sac sur l'épaule, et j'me suis barré. J'avais toujours pas compris que j'avais perdu mon collier. Alors j'passais ma main sur mon torse, dans ma nuque, j'le cherchais. Si ça se trouvait, il avait fusionné avec moi et il coulait dans mes veines. Si ça se trouve, c'était ma chair à l'intérieur, et que ma carcasse balafrée réclamait son dû, je sais pas. Si ça s'trouve c'est ça. Naaaaaan.

Bien sûr que non. Regarde-moi ce connard, là. Va-y, profite bien. Profite bien de ta petite vie merdique avant que j'vienne te crever, salopard. T'es content, hein? T'es content, t'as trouvé c'que tu cherchais? Et qu'est' tu cherchais, hein? Ça? Mais j't'explique, misérable larve, ça va pas l'faire c't'histoire. Du tout. J'te laisse encore trente secondes pour déguerpir ton sale cul de d'vant mes yeux, et après j'te jure que j'te détruis. Un Oppsédé. J'y crois pas. Il va l'faire rouiller. Il va l'pourrir rien qu'en l'touchant. J'vois rien de loin. Rajoute à ça la barricade derrière laquelle j'me planque, ça t'donne un aperçu d'la situation. Mais j'suis pas con. J'suis pas con. Et dans tout c'foutoir de chair et de carmin, y'a un seul truc qui peut attirer l'attention comme lui est captivé. Et ce truc, c'est à moi. À moi, et à personne d'autre. MON collier. Ma cage à oiseau or. Mon collier. Juste, mon collier.
L'voir le toucher, le tenir dans ses doigts, comme la plus jolie des merveilles de c'monde, ça m'rend fou. C'est à moi. C'est à moi, l'enfoiré a pas à l'tenir comme ça. Pourquoi il l'a trouvé? Pourquoi? C'est à moi. C'est juste... Rah! Non! Putain, j'vais l'niquer, j'vais l'niquer j'te jure. Lâche ça. Lâche ça, lâche. C'est pas à toi. Son aura c'est celle d'un Oppsédé. En plus. Je sais que ça. J'vois vraiment rien du tout. J'vois de moins en moins. Mais je sais reconnaître la fascination qu'en j'en vois. Et ici, les armures rôties et les lames émoussées n'ont rien de fascinant à ce point. J'ai bien tout regardé, crois-moi. Ca fait des heures que j'suis là, à chercher ta putain d'épée pour ta putain d'mission. Y'en a des milliards, d'épées, ici, comment tu veux que j'trouve la bonne? En plus c'est genre une épée quelconque, un glaive de base. Il aurait été fushia ou phosphorescent j'aurais pu m'démerder, mais là sérieux c'est du foutage de gueule. Puis j'ai senti qu'j'étais pas seul, intuition t'sais. Alors j'me suis planqué derrière les ruines d'une barricade de fortune. Y'a des flammes qui dansent devant moi. Et cette silhouette est arrivé. Là, comme ça. Et elle a baissé la tête, s'est accroupie, et l'a ramassé. Il était là. Il était là, et c'est cette pute qui va s'le garder. Mes couilles que j'vais la bouffer en deux-deux.
Calme toi Maena. S'il te plait. Calme toi. Sérieux, fais pas l'con. Un Oppsédé tout seul est un Oppsédé pas futé. Et tu sais très bien qu'ils ne sont pas tous comme ça, du tout. Méfies-toi. Cash, j'suis seul, j'peux pas faire de conneries. Si ça s'trouve, il a toute sa marmaille derrière lui en soutient. J'peux pas. J'dois attendre. Il est seul, là, saute-lui d'ssus à c'te pétasse. Putain, ça m'rend dingue. J't'en foutrais moi des convois de merde par ici, ils savent très bien qu'c'est l'endroit rêvé pour chopper du Laycaïste, enfoirés. Zen, merde. Calme toi, aller. Oh non. Oh non. Où tu vas. Où tu comptes aller sale cleba/ RESTE LÀ, SALOPERIE!
J'me sens partir vers l'avant, sauter par-dessus mon rempart, courrir vers le voleur. Comme ça. J'veux pas m'arrêter. J'me dis qu'nous sommes seuls. J'veux juste le récupérer. J'veux juste mon collier. Il n'ira nulle part. Je l'empoigne, de dos, par la taille. On tombe en avant tous les deux. Je sens son souffle coupé sous le coup d'la chute. J'ai rien du tout. J'suis hanté par un démon, je crois. J'attends pas une seconde avant de me dresser à quatre pattes au-dessus de lui, le retourner de sorte à ce qu'il fasse face à ma fureur. S'il y a bien une erreur à éviter, c'est de raviver les foudres de la Sirène. C'est tout. Je lui serre les poignets, je lui bloque les jambes. C'est mon prisonnier. C'est mon jouet, à moi, et c'est mon collier. Je suis un pirate devant l'épave ectoplasmique du Hollandais Volant, devant les reliures oxydées du trésor de Barbe Noire. Je n'ai pas été aussi agressif, aussi âcre depuis des siècles. Ca me rend... vide.

- Pfff. Joues pas au plus balèze avec moi, et donne-moi ça. Il t'arrivera rien.

Un temps qui me parait une éternité. J'n'ai aucune idée de ce qu'il peut s'agir. Homme, femme, zombie, fantôme, et à la limite j'en ai carrément rien à foutre. J'ai un mal de crâne à en crever la gueule ouverte, à s'en fracasser l'front contre les murs. Rien à foutre. Je veux mon collier, et je veux qu'il se s'abaisse à me le rendre. Vite.

- T'attends quoi? Rends-le moi. Immédiatemment.

Un nouveau temps. Silence. Je le regarde. On m'enfonce un pieu dans la gorge. Il me calme, rapidement. J'aimerai vérifier que rien ne me transperce. Ni le coeur, ni la gorge. Je sais que rien de tout cela ne se produit. Attaque mentale? J'y crois pas une seconde.
Il me rappelle vaguement quelque chose.
Mais... Je te connais, toi. Je te connais.


Dernière édition par Maena A. M. Raphaëlita le Jeu 12 Jan - 22:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Partition. /!\ [Morjane.]   Mar 10 Jan - 1:31

-Beuark!

Morjane était poisseux, collant de sang mélangé à de la poussière et à des cendres. Une fois de plus, il revenait du champs de mars où il avait dû affronter des ennemis. Des laycaiens, ou quelque chose comme ça. Très franchement, il ne savait pas pourquoi il devait se battre contre eux. C'est vrai, ils ne lui avaient jamais rien fait de mal. A part lui couper deux ou trois petits bouts sur le champ de bataille. Et Castiel acceptait même de le recoudre de temps à autre! Pourtant, lui aussi il faisait parti de ces méchants pas beaux contre lesquels il partait guerroyer. Toute cette histoire n'avait ni queue ni tête pour le petit zombie tout mimi. Lui, la seule chose qu'il savait était qu'il préférerait être ami avec tout le monde au lieu de devoir se frapper dessus. Ce serait mieux pour tout le monde, et surtout ça ferait moins mal. D'ailleurs, en parlant d'avoir mal, Morjane sentait une douleur sourde le lancer au niveau du pied. A force de combats, il s'était habitué à encaisser les coups, à se faire découper et à se remettre en état et dans une certaine mesure il s'était même habitué à cette souffrance qui accompagnait chacune de ses batailles. A tel point que ça ne l'affolait même plus de souffrir le martyre. C'était devenu une partie de son quotidien au même titre que de devoir tuer des hommes qu'il ne connaissait absolument pas et pour des raisons totalement incompréhensibles. Mais bon, puisqu'on le félicitait quand il faisait des ravages dans le camps ennemi, il continuait à aller sur le front. Être félicité pour ses actes, en retirer une certaine reconnaissance, s'entourer d'amis et de camarades... Autant de choses auxquelles il n'avait pas eu le droit lors de sa vie précédente et dont il était devenu insatiable depuis son arrivée dans la cité d'Oppse.

Alors, une fois de plus, il était allé sur cette terre brûlée où rien ne pousse et une fois de plus, il avait fait de son mien pour anéantir les forces adversaires. Et une fois de plus, il avait récolter une ou deux cicatrices. Même s'il s'était amélioré depuis le temps, manier avec précision ses couteaux de jet tout en esquivant le coup des ennemis posaient quelques difficultés par moment. Il était encore loin de s'imposer comme le dieu de la guerre. Pour l'instant, il était plutôt le magicien de la couture : il cousait et continuait à coudre que ce soit ses vêtements ou ceux des autres. Et pour le coups, la jolie chemise et le bermuda qu'il s'était confectionné n'étaient plus que des fripes irrécupérables. Pareil pour les sandales qu'il avait chaussées avant d'aller sur le champ de mars. Tout ça, c'était bon à jeter à la poubelle. Dans sa salle de bain, Morjane se débarrassa de ces lambeaux de tissu qui lui collaient à la peau et sentait l'odeur terrible qui régnait continuellement sur le champ de mars. Une odeur de sang, de fer rouillé et de mort. La petite tête préférait de loin l'odeur des fleurs, des gâteaux et du propre.

Nu comme un vers devant sa baignoire, ses cicatrices multicolores de toutes les tailles et de toutes les formes, parfois cousues d'une main experte et d'autre fois d'une manière hasardeuse, était les seuls ornements de ce corps fin et svelte. Même dans cette tenue, on aurait pu le prendre pour une fille si on ne regardait pas aux bons endroits. Il était assez menus, avec une silhouette gracile. Son corps paraissait souple et tendre. Ce n'était pas étonnant que certaines personnes ne le croyaient pas lorsqu'il leurs disait être un garçon, un vrai de vrai. Morjane ouvrit le robinet d'eau chaude et il se mit juste en dessous du pommeau de douche : il voulait d'abord se débarrasser de la couche de crasse qu'il avait ramené du champ de mars avant de prendre un bon bain moussant. Son pied continuait à lui faire mal, mais il n'y prêtait pas attention. *J'ai dû mal me recoudre, ça doit être mal attaché. C'est pour ça que j'ai encore mal. Je me recoudrai mieux après le bain.* Tout en fredonnant pour se distraire de sa douleur, le petit zombie fit couler son bain moussant et s'y plongea. Il s'y prélassa un moment puis, n'y tenant plus, il décida de jeter un coup d’œil à l'endroit qui le faisait tant souffrir. Et c'est là, avec effroi et au milieu d'un petit nuage de bulle, qu'il découvrit qu'il lui manquait le petit doigt de pied droit. Voilà ce que ça lui avait valu d'aller se battre en claquette et de ne pas compter ses doigts de la mais comme ceux des pieds! Affolé par cette découverte, ce drôle de petit bonhomme termina de se laver plus vite son ombre, il prit à peine le temps de se sécher. Il s'habilla à la va vite avec un short bleu marine et un tee-shirt assez ample beige, qui d'ailleurs ressemblait plus à une camisole qu'à un Tee-shirt, enfila une paire de nus-pieds et prit une veste en fourrure de lapin qu'il enfila en sortant en trombe de sa chambre. Où il revint immédiatement pour prendre fils, aiguilles et ciseaux. Sur le chemin pour retourner sur le champs de mars, il croisa Lahja et en profita pour lui réclamer un bisou en prenant pour excuse le fait qu'il est mal. Avec une petite mine de chiot-abandonné-par-une-froide-et-sombre-nuit-d'hiver-dans-les-régions-arctiques, il racontait sa mésaventure et soit on se moquait gentiment de lui, soit on lui offrait un peu de réconfort. Certains lui donnaient même des bonbons. En tout cas, il remplissait bien son rôle de mascotte d'Oppse comme à chaque fois.

Une fois hors des murs de la cité, Morjane se dépêcha d'aller à la rencontre de son doigt de pied. Mais une fois arrivée sur les lieux où se dernière bataille avait eu lieu, le petit zombi se trouva bien désemparer. Ce n'était pas comme s'il avait perdu une main, un bras ou même un pied entier. Là, il s'agissait d'une toute petite partielle de son corps qui, seule, ne pouvait pas faire grand chose. Il se concentra tout de même pour faire bouger son doigt de pieds parti en vadrouille en espérant le repérer rapidement. Fouillant du regard le sol calciné du champ de mars, Morjane se demandait si un jour il serait à nouveau entier ou bien si cette toute petite partie de lui-même était perdue à jamais. A cette pensée, l'adolescent sentit une détresse sourde lui serrer la poitrine. Les larmes lui montaient aux yeux et c'est par un gros effort de volonté qu'il ne se mit pas à sangloter au milieu de ce champ de bataille déserté. Soudainement, un éclat doré attira son regard et détourna son attention. Curieux comme pas deux, il oublia momentanément son problème de doigt de pied manquant et se précipita vers la source de cet éclat. En grattant un peu parmi les cendres d'un corps calciné, il trouva une chaîne en or. Plus intrigué encore, il retira le bijou du cadavre brûlé et l'examina. Il y avait un petit pendentif qui y pendait. On aurait dit une petite cage en or renfermant un bout de truc indéfinissable et peut-être bien malsain. Étrange découverte en ce lieu où le seul métal que l'on pouvait trouver était celui des épées et des armures rouillées. Fasciné, il contempla le collier durant de longues minutes se demandant à qui il pouvait bien appartenir, s'il avait une histoire particulière, ce que le pendentif renfermait... Puis, un éclair de douleur lui rappela pourquoi il était revenu se promener sur cette sépulture géante qu'était le champs de mars. Il se releva et se dirigea instinctivement vers là où peut-être se trouvait sa partie manquante.

Et VLAN! Morjane, une fois de plus, tombe le nez en avant. Il mange la poussière, au sens propre comme figuré pour le coup, sauf que cette fois ce n'est parce qu'il a trébuché sur quelque chose ou sur rien du tout. Non, cette fois, une force inconnue a bondit sur lui alors qu'il se promenait innocemment sur le champ de mars à la recherche de son petit doigt de pied droit. D'abord projeté au sol, voilà que son mystérieux agresseur le retourne comme une crêpe et l'immobilise. Il lui tient les poignait, lui bloque les chevilles. Morjane se tend, resserre ses petits points blancs rafistolés au fur et à mesure des amputation guerrières. Déboussolé, apeuré, il fixe de ses grands yeux rosés celui sous lequel il se retrouve prisonnier. Il lui fait peur. Il lui en veut mais il ne sait pas pourquoi. Il lui ordonne de faire quelque chose, mais le zombie ne comprend rien à ce qu'il lui dit. Puis soudainement, son agresseur à l'air de se calmer. Et il lui dit qu'il le connait.

Morjane papillonne de ses grands yeux. Il le connait? Vraiment? Bizarre... Il se souviendrait de quelqu'un avec des yeux aussi étranges que les siens quand même. Et pourtant, ce visage à demi-masqué ne lui dit rien de rien. Mais alors là, c'est le néant total. Et il est tellement occupé à essayer de se souvenir si oui ou non ils se sont déjà rencontrés qu'il oublie d'avoir peur de cet étranger violent. Il fait une petite moue de ses lèvres rosées et légèrement humides, fronce un peu le nez, signe qu'il remue ses souvenirs. Mais rien ne lui vient à l'esprit.

-Moi, je ne te connais pas. Je m'appelle Morjane, et toi?

Puisqu'ils ne se connaissent pas, autant faire connaissance maintenant. Le petit zombie fixait l'inconnu droit dans les yeux, avec son regard à la fois franc et innocent. Beaucoup de ses amis avaient essayer de lui expliquer qu'il fallait se méfier des étrangers, surtout des gens louches, mais Morjane avec sa naïveté légendaire n'avait jamais réussi à intégrer le concept. Pour lui, toute personne qu'il rencontrait était un futur ami. Pas un ami en puissance, non : un futur ami. Et quelqu'un de bien, certainement, même peut-être de gentil. Et ce, peu importe de quel coté de a barrière ils habitaient.

-Ah! Il est là!

Un immense sourire éclaira les traits doux du zombie lorsqu'il repéra du coin de l’œil son précieux. Doigt de pied, évidemment. Il rampait lentement, très lentement, dans sa direction. Sous l'effet du soulagement, il rouvrit ses poings et laissa tomber le pendentif sur le sol stérile. Avec un air enjoué sur son petit minois charmeur, il regarda l'inconnu d'une manière parfaitement insouciante.

-Dit, tu peux me lâcher? S'il-te-plait? Faut que j'aille recoudre mon petit doigt de pied droit maintenant que je l'ai retrouvé.
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MessageSujet: Re: Partition. /!\ [Morjane.]   Jeu 12 Jan - 2:13

/!\ Attention, ce poste est susceptible de contenir des scènes érotiques pouvant heurter les plus jeunes. À bon entendeur.


Son oreille baignait dans un flot de sang.


Il y a quelque chose qui me fait virer d'la boule, chez ce truc. Demande pas quoi, je sais pas. Mais y'a un truc pas net. J'hésite. J'mets un temps à comprendre c'qui s'passe. J'construis des phrases, toutes bancales, souvent maladroites, il manque des mots. Il manque des lettres et j'suis obligé de me reprendre. Je suis lent. Très lent. J'mets des espace là où il n'en faudrait pas et j'saute des passages vitaux. J'me perds dans mes propres dédales. J'aime qu'à moitié ça mais j'm'y fais. Non en fait j'ai horreur, une sainte horreur d'être comme ça mais j'ai pas l'choix. Sinon il aurait fallu que j'la ferme, alors bon. Y'a un truc qui m'laisse sans voix. J'aime pas m'remettre à la pensée. J'suis énervé là, j'avais pas envie d'me prendre la tête mais j'me retrouve face à un enfoiré d'Oppsédé qu'essaie d'attenter à la vie d'mon collier. D'ma cage. De ma cage. Ou non. Attends. Uh... De qu... merde... J'ai une chanson dans la tête. Putain, c'pas l'moment, là. I sense there... Encore cette langue à la con? J'en ai ma claque, putain. C'était p't'être ma langue, j'sais pas, mais bordel on entend que ça. Ca doit être la langue de référence, sinon. C'est la langue dans laquelle avat parlé Cas... Non. Non, n'pense pas lui. Chut. Voilà.
J'ai aucune idée de qui peut bien être ce type. Cette grognasse. Y'a une telle différence entre les deux c'affolant. Aucune, merde, aucune, c'est un efféminé, rien d'plus qu'une autre anbiguité d'la vie, qu'est-tu veux rester pur avec des corps qui prêtent à confusion partout?! J'en chie à chaque putain de fois que j'drague sachant qu'ici les gonzesses sont hargneuses comme des camionneurs et qu'les mecs passent leur vie à se couver les uns les autres. À croire que Belzeneff s'écalte à tous nous paumer sexuellement parlant. Crueeeeeeel. Faudrait t'sais une carte, un pass ou quoi, avec marqué notre sexe dessus. Simplification de la vie, j'te dis. Quoique franchement, il en faut pour me tromper sur l'sujet. J'sais pas, c'est un don, une faculté, une connerie du genre. C'est vital, ouais, je sais, mais au moins c'est là et j'en profite. M'en fous, j'suis bi. Héhéhé. J'ai l'impression d'avoir des percussions dans la tête. C'est un détail, mais ça fait mal. Carrément mal. T'sais le genre de grosse caisse, de batterie, de grosse bestiasse comme ça frappée avec toute la force qu'ell peut essuyer. Violent, le concert, méchant. Pourtant la mélodie est d'une douceur quasi bercante. Ca fait du bien. Y'a vraiment une espèce de double jeu dans mon crâne. C'est déroutant et franchement... Bizarre. Mais pas chiant. Jamais. J'me demande comment c'est possible, d'ailleurs. Mais ça se marie bien.
Je me calme et c'est ça qui m'rend fou de rage. Je n'ai absolument pas lâché ma proie.
Quelque chose me souffle que je n'ai rien à craindre. Je ne fais plus confiance à cet instinct. C'était la même chose qu'avec Castiel.
Putain, arrête avec ce nom. Arrête, arrête.

Une force sortie de nulle part. Un revirement de situation qui le laisse sans voix. Shéhérazade était pourtant si calme, si simple dans son accoutrement morbide, ses manières de reine. La lune n'avait pas bougé. Cela devait pourtant faire des heures qu'ils se cherchaient, se trouvaient, se perdaient de vue, se retrouvaient à un autre endroit du bâtiment. Ils avaient déjà entrepris de monter aux étages. Dans la chambre du gêolier. La Sirène n'était pas plus réticente que cela. Un rêve que de pouvoir le concurrencer, dans tous les domaines que cela soit. La princesse se laissa aller après cet élan de brutalité qui l'avait troublé. Depuis le temps, le bel aurait du s'en accomoder; preuve que le temps d'adaptation n'avait pas encore atteint son paroxysme. Qu'à cela ne tienne, il ne cessa sous aucun prétexte ses mouvements de va-et-vient, terriblement addictifs aux yeux de la bénie de cette nuit. La table n'était pas confortable. Ils avaient déjà comblé de leurs ébats le distributeur, le comptoir, le sol, la porte, le mur du couloir et les escaliers. Il ne restait plus que la table. Pas plus confortable que le reste, au final. Shéhérazade s'y était habitué, elle. Ne se plaignait pas.
Elle n'avait pas de quoi. Le sourire carnassier de son partenaire suffisait à l'emplir de toute la satisfaction nécessaire à son plaisir. Il ne lui manquait qu'une chose pour que tout soit absolument parfait. La giffle qu'il lui avait octroyé n'était qu'une malheureuse giffle; son poignet, bien que brisé, n'en demeurait pas moins blessé de l'intérieur. Il n'y avait que ses marques, à lui, qui avaient trouvé la force de rougir sous son joug destructeur. Il était encore trop précieux, pas assez violent à son goût. Il demeurait... passif. Simple. Se contentait de lui déchirer son intimité pour son seul bon plaisir. Il était égoïste. Cruellement égoïste. Elle était au bord de l'extase, et lui ne disait rien. Conservant un silence maladif. Elle aurait aimé qu'il hurle, lui aussi. Qu'il gémisse, au moins. Seuls ses râles à elle osaient profaner le silence religieux de l'hôtel. Son piercing l'enivrait sans qu'elle n'ait à le goûter de ses lèvres. Il restait pour le moins inaccessible aux mortels. Geika se sentait différente, à la fois des humains que de lui. Le commun des mortels n'était pas son royaume. L'aridité des déserts la berçait dans des illusions douces et propres à chaque plantes sacrilèges. Il se complaisait à son inverse dans un culte qui lui était avidement destiné. La Sirène, lorsqu'elle gratifiait ciel et terre de son chant mystique, se devait d'être écouté. Tandis qu'elle, vulgaire fleur des sables, virevolait seule au centre des cyclones et des ouragans de fortune qui daignaient parfois ébranler son domaine. Le culte du silence se devait d'être consommé chez l'amphibien dès l'instant que le désir insatiable de complaintes vaines et intarrissables se manifestait chez la succube. Il ne lui manquait que la preuve que malgré son statut misérable de muse esseulée rêvant de pureté, les faveurs ardentes du Princes des Dieux lui étaient aveuglement destinées. Il lui manquait le pacte de sang le liant irrémédiablement à elle et à son corps misérablement bénin, typiquement humain.
Il abandonna sa semance en elle une énième fois. Son échancrure se cassa, son torse d'ivoire s'accoupla avec ses formes inexistantes. Ses paumes fermes couvraient son épiderme lacté de caresses suintant les promesses vides des amants d'un soir, mêlées aux désirs inachevés des amoureux de toute une vie. Je n'ai pas trouvé en toi pleine satisfaction parce qu'une partie de toi ne me sera jamais accessible. Il parvint jusqu'à ses épaules, les pressa, les oppressa. Laissa glisser mollement ses doigts ailleurs. Le regard brodé de larmes de la fille des dunes sahariennes éclot enfin. Il quitta son corps, il déserta son intérieur. Ses lamentations lui brisèrent le peu de coeur qui lui restait.
Il l'attrappa, la dressa d'une main au collet face à lui, plongea sur sa proie comme un faucon et lui arracha l'oreille. Elle gémit. Seulement, ça. Il lui mâchait le cartilage comme s'il s'agissait d'un vulgaire morceau de viande. Elle avait mal, profitait de ce bonheur intense rêvant à son caractère éphémère. Le sang n'avait besoin de rien de plus pour couler. Couler. Couler. Les liquides fruits du plaisir et de la passion réunis en un seul et même couple. Un dieu océan et une muse désert. Les infinis, les sans-limites. Origine criminelle du tableau, alors qu'il s'infiltrait à nouveau en elle. Son oreille baignait dans un flot sanglant.


C'est... elle? Aïe, mon crâne... Quoi, quoi? Ca veut dire quoi, ça? Hein? Putain, j'vais encore l'oublier. Faut pas, faut pas... Faudrait que j'puisse noter, là, vite, mais qu'est tu veux que j'fasse avec Machin dans les pattes? Putain de merde... Regarde-le, regarde. Maintenant qu't'as son visage en tête regarde. Il a pas les ch'veux noirs. Il n'y resemble absolument pas. Mais c'est vrai! Quoiqu'ici t'as pas forcément la même apparence qu'avant. Merde. Mais, elle s'en souviendrait, si on avait couchés ensemble, non? Tu peux pas m'oublier quand t'as couché avec moi, c'est tout. Alors... Qu'est c'que ça veut dire? C'est quoi, ça? Il... Elle? Merde! Il va m'tuer, lui! Il a... Non, c'est pas possible. Il n'est pas du tout ressemblant. Il est recousu de partout, on dirait une poupée de chiffon maltraîtée. Ses yeux sont roses, en plus. Et ses cheveux... laids. Laids, pas d'autre mots. Il n'est vraiment pas attirant du tout. Mais y'a... une lueur. Un éclat, dans son regard. Quelque chose que je connais. Je sais pas. Mais il n'y a pas foule de gens qui savent regarder les autres de cette manière. Il n'y a pas foule de gens capables d'une telle vigeur dans un simple regard. Il brille. Elle brille. M'en fous. Ce corps cassé n'exprime rien d'autre que la pitié. Ces iris rosés et ces perles lustrées ne peuvent que suciter l'intérêt des plus grands joalliers. Il est la pâleur de l'ardeur. Elle sont les prunelles exactes opposées à celles de Castiel, et dégagent la même subtilité. Non, arrête Maena. Arrête tout de suite. Personne, personne. C'est un Oppsédé, c'est un chien à buter, arrête avec tes bons sentiments de merde.
J'arrive pas à être furieux, du moins méchant. C'est peut-être le collier qui renferme ma haine, en fait.

-Moi, je ne te connais pas. Je m'appelle Morjane, et toi?

Drôle. Si on avait niqué ensemble une nuit, franchement, à moins d'être sérieusement atteint, il aurait rien oublié du tout. Mais alors vraiment rien. Morjane. Comment elle s'appelle, elle? Ca commence pas quelle lettre... Non, c'est... Putain. Comment elle s'appelle... Faudra que j'lise la liste des noms, peut-être qu'elle y est dedant. C'est comme ça que j'ai retrouvé Syndel. J'espère qu'elle y est aussi. Ca commence par un -S aussi, peut-être. Ou pas. Ou alors c'est pas l'même alphabet. Je sais plus écrire. Je sais plus lire. Je sais plus rien. De quoi j'parle?
Morjane. Bordel, j'retiendrai jamais. Coutures, j'vais l'appeller. En plus t'es marrant, mais ça m'donne absolument aucun indice sur son genre, à c'machin. Va falloir que j'vérifie par moi-même, tu vas voir. Avec un peu d'chance, hein. Il paraît intrigué par autre chose que moi. J'aimerai lui gueuler que détourner son regard de moi dans un moment comme celui-là c'est signer son arrêt d'mort mais il ne semble pas vraiment enclin à m'écouter une seule seconde et c'est pas dans mon état que j'vais perdre patience. La larve. La moooort incarnée, j'te jure. On m'a drogué, pour qu'j'sois dans un état pareil. C'est un complot, je le sais, à moiiii. Haha. Mes couilles, Maena, cherche pas d'alliés t'es seul au monde. T'es seul, et on t'regarde même pas. On sait pas qui tu es. T'es un fantôme, c'tout. Tu parles d'une nouveauté. Il m'parle de p'tit orteil. Mais ouais. Genre y'a un p'tit orteil qui s'balade derrière moi, style "recouds moiiiiii je suis tout seul abandonné à mon triste sooooort!" haha. J't'imagines trop l'machin, bout d'chair à l'agonie, "sauvez-moi!" ou quoi, mode ver de terre qui rampe et tout, t'sais. C'est nul, j'dis que d'la merde en fait. Fous toi bien d'ma gueule, toi, en prime, tu vas vraiment pas faire long feu. Ouais, parce que j'viens d'décider que le premier qui m'fait chier -et les suivants, soit dit en passant- j'les flingue direct. J'cherche pas à comprendre. Tu m'fais chier, j'enlève le masque, j'te crève. Va y'en avoir du jus d'cerveau, aujourd'hui, mazette.
Résultat, j'peux pas rester en stress de cul toute ma vie. Et ouais, il a rien dit qui pouvait m'éclaircir. Tant pis pour lui, s'il avait pas voulu être victime d'attouchements. Oh puis merde, c'pour la bonne cause. La main droite, celle avec laquelle j'ai le plus de force, se colle à sa nuque. J'l'étrangle pas, mais j'l'enpêche de se relever. Il va pas m'filer des doigts, lui, j't'explique. La gauche s'balade sur son torse. Ca reste délicat, j'tâte pas non plus. Genre c'est d'la marchandise et tout, quoique vu sa tronche ça m'étonnerait pas qu'il soit refait à mort. Rien. Mais, en fait, rien. Il a un espèce de manteau d'fourrure, ça facilite pas la tâche non plus. Bon, ben on va descendre pour être sûrs, du coup. Eh ouais bonhomme. Aller, pari. Si c'est une donzelle, j'la viole ici, dans quoi... deux heures grand max'. Aller, ouais, c'parti. Mmh... Ses hanches sont fines, clair... Et, et, eeeeeeeeet... J'sens une toute, toute petite bosse. Juste là où il faut. Un tout pitit garçon. J'suis en train d'chauffer un mec, là, normal. Putain, j'en aurai bien serré une, t'sais quoi. Dommage.
J'enlève ma main de cet embryon d'engin, et j'la pose sur sa joue. Il me dit vraiment quelque chose, c'est fou. Mais, pas seulement le regard, ou autre, mais même le corps. J'l'aurai buté dans une bataille, p't'être. Non, j'pense pas. 'Fin remarque, j'en sais rien, j'suis du genre à détruire les boîtes crâniennes et à discuter après. Mais ça fait des siècles que j'suis pas allé sur l'champ d'bataille, mis à part la mission avec les convois. Et ça, j'ai bien pu regarder, il y était pas. Comment c'est, son nom, déjà? Oh puis merde, j'en sais rien et j'm'en beurre la raie. Récupère le collier et casse-toi, Maena.

- Tu m'dis quelque chose, vraiment. Tant pis. J'suis perdu. Et s'tu veux savoir qui j'suis, tu parles du masqué chez toi. Tu verras les réactions.

J'me suis légèrement penché sur lui, mais j'me retire. 'Fin, j'me redresse du moins. Et j'embarque avec moi le collier. J'enlève la capuche du sweat, dévisse deux rouages du masque, l'enlève. Juste le temps d'enfiler le pendentif, quoi, et j'le remets direct. Ca prend pas dix secondes, j'suis une fusée. Ma tignasse respire l'air pur, ça fait du bien. J'suis vraiment pas en forme. Toujours cette musique dans l'crâne. Il faut que j'retrouve les paroles. I sense there something in the wind... J'sais pas. J'comprends pas. Et j'ai mal à la tête. Mais ça, j'sais pourquoi. Bizarrement, hein.

- Tu sens l'haleine de crapeau. Ca sert à masquer les odeurs trop fortes, dans les potions. T'as quelque chose à cacher, j'en suis certain.

J'dis que d'la merde, je sais. J'm'en cache pas, j'm'en fous. Si ça peut l'faire chier, j'crache pas d'ssus. Je reste sur lui, mais je me contorsionne pour regarder derrière moi. Il a bien parlé de p'tit doigt de pied, non? Ah, ben ouais, y'a bien un truc qui gigote vers nous, c'marrant. Si c'est ça, c'est vraiment dégueulasse. C'est quoi ce mec, une poupée en kit? Un jouet? C'est sordide, putain. Bon. Aller, attrape-moi ce truc vite fait... Voilà, bwark. Jette lui d'ssus, voilà. Erk. J'me relève, lui fous la paix pour un temps. Il n'a plus qu'à s'redresser et à foutre le camp fisa.

- Et voilà ton orteil. Si c'est bien c'machin-là. Casse-toi avant que je n'm'amuse à t'courser.

J'enfile à nouveau la capuche, lui tourne le dos. J'dois retrouver cette épée à la con, moi. Et j'vais aussi trouver les paroles de c'te chanson de merde, et noter mon souven... Merde, j'me souviens de rien... Putain j'le savais qu'j'aurai du l'lâcher et noter direct, mainten'nant ça t'fait un souv'nir de baisé Maena, franchement... Pour un truc comme lui qui perd son orteil tous les vingt mètres, j'suis sûr, ça vaut vraiment pas l'c...
Attends. J'viens d'dire quoi, là?
Oh putain mais j'hallucine! C'est quoi c'mec qui peut s'démembrer comme il veut?!
J'reviens vers lui en courant, déjà en train d'partir. Non non non non non, reste là, reste là! Niéééééééé!

- Hé, euh... Machin! Attends! J'arrive à sa hauteur, le dépasse, et lui bloque le passage en me postant droit d'vant lui. Il ira pas plus loin. Surtout que j'joue la carte tactile et que j'pose mes deux mains sur ses épaules. Tu-bouges-pas. Comment... Dis, comment tu fais pour faire bouger tes membres détachés du corps? T'es mort? Non, tu... T'es quoi, en fait? Tu fonctionnes comment? Tu saignes pas, j'ai vu, t'es un zombie? Comme dans les jeux vidéos? Tu bouffes les gens aussi? Tu t'nourris d'quoi? Et puis comment tu fais pour vivre si t'as pas d'sang dans l'corps? Ou alors tu cicatrises hyper vite! T'as mal? C'est toi qui t'recouds seul? Comment tu fais si tu perds tes deux bras? On peut t'faire sauter l'crâne? Tu ressens la douleur?

J'marque un très légère pause. Un vrai gosse le jour de Noël, j'prends à peine le temps d'reprendre mon souffle t'sais quoi.

- J'veux tout savoir. T'es qui, en fait?
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MessageSujet: Re: Partition. /!\ [Morjane.]   Ven 13 Jan - 1:37

Un grand sourire aux lèvres, Morjane reporta immédiatement son attention sur son petit orteil droit qui avançait lentement. Très lentement. Mais alors là, vraiment très lentement. D'un autre coté, vous croyez peut-être que ça peut se déplacer rapidement, un petit doit de pieds sans pied pour le porter, tout seul perdu et apeuré dans un lieu hostile et presque inconnu? Bon, ok, un orteil ne peut pas se sentir seul et apeuré. N'empêche, qu'il allait pas vite. Et que le petit zombie était tout heureux de le retrouver avant que l'un des rares animaux nécrophages qui venaient rôdaient sur ce champ de bataille de le gobe. Les charognards faisaient désormais partie des ennemis naturels de Morjane. C'est un inconvénient de plus quand on est un mort-vivant : faire attention à ce qu'aucune hyène n'essaie de manger des bouts de son cadavre. Parce qu'après, c'est la galère pour le retrouver et de toute façon c'est franchement pas agréable. Bref, tout ça pour dire que le garçon était tout heureux d'avoir retrouvé ce qu'il lui manquait et qu'il attendait avec impatience que le gars du coté de Layca veuille bien le remette en liberté pour pouvoir aller le récupérer. Aussi, lorsqu'il sentit l'étau autours de ses poignets se desserrer, il s'apprêta à bondir... avant d'être à nouveau cloué au sol. De ces mains blanches aux longs et fins doigts plusieurs fois recousus, il attrapa le bras qui le tenait cloué au sol par la gorge. Il essaya sans succès de le faire bouger, de se dégager de la prise de cet inconnu. Mais la force brute n'avait jamais été son point fort et il comprit rapidement que ce n'était pas avec son manque de muscle évident qu'il allait arriver à se libérer. Le zombie, qui commençait à se rendre compte que cette position était pas des plus favorables en ce qui le concernait, chercha sur sa taille les couteaux de jet qui l’accompagnaient toujours. Sauf cette fois là. Dans sa précipitation, Morjane avait été tellement paniqué à l'idée de perdre son petit doigt de pieds à jamais et de souffrir perpétuellement à cause de cette erreur, qu'il avait oublié de prendre ses armes. Le petit zombie sentit la panique naitre en lui : et si l'homme masqué lui voulait du mal? Il n'avait pas vraiment de chance de gagner face à quelqu'un comme lui maintenant qu'il était désarmé en plus d'être immobilisé. Alors oui, il ne risquait pas de mourir, mais la douleur n'en sera que plus atroce. Si l'inconnu décidait de l'attaquer, le petit blond sentirait tout les coups qu'il recevrait. Il serait conscient de chacun de ses muscles se déchirant, de chacun de ses tendons cédant, de chacun de ses muscles se brisant. Et ce n'était pas parce qu'il considérait la douleur comme faisant de plus en plus partie de son quotidien qu'il l'appréciait.

Morjane serra les dents, se demandant ce qu'il allait faire, et tourna à nouveau son regard vers son petit doigt de pied droit. Une tâche blanche, immaculée, sur cette terre aride et brûlée. Facile à repérer. Lentement, l'orteil continuait d'avancer vers son propriétaire. Il suivait un rythme régulier, comme si chaque millimètre parcourut suivait le battement imperturbable d'un métronome. Le zombie sursauta lorsqu'il sentit l'inconnu lui... tâter le torse? Pas le frapper? *Il... il va pas me frapper? Pourquoi il m'a immobilisé comme ça alors? Il fait quoi, en fait, là?* Morjane, les yeux écarquillés, fixa son regard sur le visage de l'inconnu. Lui, il avait un drôle d'air. En tout cas, il avait surtout l'air fâché, mais pas que. Et cette façon de le toucher était bizarre. Il ne lui faisait pas les poches, se contentant de laisser glisser légèrement ses doigts sur son torse puis ses hanches puis... *Pourquoi il me touche là? Je cache rien dans mon slip! Il y a rien a volé ici! Rien d'intéressant du tout même!* Devenu écarlate, Morjane ne bougeait plus d'un millimètre. Il avait bloquer sa respiration sous l'effet du choque et il ne put s’empêcher de tressaillir lorsque la même main qui avait tâté ses parties les plus intimes se posa sur sa joue. Le petit zombie n'y comprenait rien. C'était juste... trop bizarre. D'habitude, en le prenait dans les bras pour lui faire des câlins, on lui ébouriffait les cheveux, on lui faisait des bisous sur la joue, on lui donnait des sucreries, on le taquinait sur une chose ou une autre... Mais on lui mettait pas la main au paquet! Pour le coup, c'était une grande première et le blondinet n'avait aucune idée de comment réagir. Tétanisé, il restait là bêtement allongé, à fixer l'autre depuis en dessous. Ses yeux clignaient à peine alors qu'il le voyait se redresser et attacher rapidement le collier qu'il avait trouvé autours de son cou. Apparemment, le propriétaire légitime de ce bijou n'était rien d'autre que l'étranger quo le chevauchait. Ça expliquait pourquoi il l'avait plaqué au sol puis immobilisé. Il voulait juste récupérer son bien. Certes, il aurait juste pu lui expliquer la situation et lui demander de bien vouloir le lui rendre, mais après tout c'était une manière comme une autre de le faire. Par contre, ça n'expliquait toujours pas pourquoi il avait touché son intimité... A ça aussi, il devait y avoir une raison. C'était juste que Morjane ne l'avait pas encore trouvée. Voilà, c'était tout.

-Même pas vrai! Je me lave les dents trois fois par jour, j'ai bonne haleine! Et puis, je cache rien du tout moi!

Voilà qu'une remarque idiote avait réussi à faire réagir Morjane d'une manière totalement puérile et à le sortir de sa tétanie. Au moins, voilà qu'il se reprenait. Appuyé sur ses coudes vue que le masqué était toujours assis sur lui, il montra les dents. Absolument pas terrifiant ni même réellement menaçant, le zombie signifiait juste qu'il n'avait pas trop apprécié ses remarques sans queue ni tête. Mais l'autre s'en contre-fiche. Il ne le regarde même pas, il préférait se tordre dans tous les sens pour regarder autre chose. C'en était presque vexant. En fait, c'était totalement vexant. Néanmoins, le petit zombie se dérida vite lorsqu'il reçu son petit doigt de pied, objet de sa quête en ses terres hostiles, dans la tête.

-Mon orteil! Merci

M'ouais, bof. Le masqué n'en avait rien à faire de ses remerciements et du grand sourire que Morjane lui adressait. Il lui disait déjà de déguerpir s'il ne voulait pas être pourchassé. Le zombie, à nouveau contrarié, se leva et tira la langue au laycaien qui lui tournait déjà le dos. Son petit bout désassemblé dans la main, la tête blonde fit demi-tour et commença à se diriger vers la cité d'Oppse. Il avait prévu de se recoudre dès qu'il aurait retrouvé le bout qu'il lui manquait mais là, ce n'était plus possible. Il allait devoir supporter la douleur jusqu'à son retour dans sa chambre, mais ce n'était pas pire que de s'attarder ici. Morjane avait beau être gentil, doux et attentionné; il n'aimait pas que l'on se moque de lui et qu'on l'humilie comme le masqué venait de le faire. D'un pas bien décidé, il s'en retournait dans sa ville. Jusqu'à ce qu'une fois de pus, le masqué de Layca vienne se mêler de ses affaires.

L'étranger un peu bizarre sur les bords se révéla être complétement bizarre en fait. Désagréable au possible d'abord, voilà qu'il avait attrapé Morjane par les épaules et paraissait surexcité, comme s'il venait de faire la découverte du siècle. Et le plus déstabilisant dans tout ça, c'est qu'il demandait au petit blond des choses à son propos. Et avec un enjouement quasi sur-réel. Là, ça devenait même carrément flippant. Peut-être encore plus que lorsque Morjane avait cru qu'il allait être passé à tabac par le même homme qui maintenant semblait être passionné par sa petite personne. Le zombie totalement décontenancé regarda le masqué avec de grands yeux, une fois de plus. Il ne répondit pas tout de suite à ses questions, se demandant quelle mouche avait bien pu le piquer.

-Je... te l'ai déjà dit. Je suis Morjane. Et... tu pourrais me reposer tes questions? Parce que là, il y en avait trop d'un coup, j'ai pas réussi à tout saisir.

Morjane lui adressa un petit sourire l'air de dire "désolé". Mais d'un autre coté, ce n'était pas vraiment de sa faute. Le laycaien l'avait mitraillé de toute une série de questions plus inattendues les unes que les autres en parlant à tout allure. La tête blonde se demandait ce qu'il lui voulait soudainement. Définitivement, il était un peu bizarre. Puis son orteil se rappela à son existence en gesticulant dans sa main. La douleur s'était fait sentir en continue, mais Morjane avait réussi à ne pas y penser. Aussi avait-il fallu que son petit doigt de pieds danse la samba dans le creux de sa paume pour qu'il ne l'oublie pas.

-Hum... Tu veux que je te montre comment je me recouds?

Le garçon se dégagea de la prise que formaient les mains du masqué sur ses épaules. Il se déchaussa, puis sortit de l'une des poches de sa veste en fourrure plusieurs petites bobines de fils de toutes les couleurs ainsi qu'un coussin à aiguilles. Il examina quelques secondes son matériel de couture avant de tourner son visage vers l'étranger qui avait refuser de lui donner son nom. Un grand sourire insouciant était de nouveau apparu sur ses lèvres, sa naïveté et sa joie ne disparaissant jamais très longtemps.

-Tu veux choisir la couleur?

Peut-être que comme ça, s'il faisait un pas vers lui, le masqué saurait se montrer amical envers lui et peut-être même qu'il pourrait devenir ami! Sait-on jamais! Une fois le choix du fil arrêté, Morjane attrapa une aiguille et se mit à se recoudre. Il faisait de son mieux pour ne pas montrer qu'à chaque fois que l'aiguille traversait ses chaires, une douleur se faisait sentir et s'ajoutait à celle qui le tiraillait depuis son dernier combat. Néanmoins, son visage tendu et fermé le trahissait. D'une main devenue experte au fil du temps et des rafistolages, le garçon se rapiéça et rattacha rapidement cet orteil qui lui avait voulu ce voyage au champ de mars. Une fois terminé, le zombie joua à faire bouger ses doigts de pieds dans tous les sens qui lui étaient possible, faisant des éventails avec, les resserrant en une pointe; comme pour vérifier que maintenant tout allait bien. Un sourire rayonnant au visage, ses yeux rieurs, il se tourna vers le masqué.

-Voilà, c'est fait! Et... pourquoi tu m'as touché... tout à l'heure?

Maintenant que sa préoccupation première n'était plus, à savoir retrouver son orteil et le rattacher, Morjane se souvenait de cet étrange façon qu'avait eu l'inconnu à le toucher. Et vue qu'il n'arrivait toujours pas à comprendre pourquoi il l'avait fait, il avait décidé de lui demander directement. Après tout, le masqué ne s'était pas gêné pour lui poser un tas de questions incompréhensibles, alors il pouvait bien lui demander une petite explication, non? Même si ça le gênait un peu et que ça lui faisait monter le rouge aux joues.
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MessageSujet: Re: Partition. /!\ [Morjane.]   Dim 15 Jan - 3:21


N'y touche pas.


-Je... te l'ai déjà dit. Je suis Morjane. Et... tu pourrais me reposer tes questions? Parce que là, il y en avait trop d'un coup, j'ai pas réussi à tout saisir.

C'est vrai, j'suis con. Il m'a déjà tout dit, et j'lui demande de répéter. 'Fin non, pour moi c'était très clair. J'lui demande pas son nom, ça j'm'en branle de toutes façons quoi qu'il arrive j'vais oublier, j'me connais. 'Fin non c'pas ça qui m'intéresse. Mais bordel, ce mec, aussi peu fiable soit son apparence, si peut s'faire détruire comme il veut il est immortel. Non mais sans déconner, c'quoi c'pouvoir de taré? Attends, c'est un zombie en fait le type, genre on t'shoote la tête tu survis et tout. Mais carrément, putain! Il est trop verni le mec! En plus il arrive à bouger toutes les parties d'son corps, c'est énorme! Oh putain j'suis à fond là, laisse tomber. Hahaha! Le coup d'l'orteil, c'est épique! T'imagine, si j'lui coupe la jambe? Et les deux jambes! Et si j'laissais que l'tronc! Ah ouais, énorme! Ou si... Ouais, vraiment que l'tronc en fait, san stête et tout! Et j'lui fait gicler les yeux des orbites! Et j'lui arrache les doigts... NAN! Les phalanges! Toutes les phalanges! Ah ouais à fond, va-y. Et pareil pour les orteils. Et puis... J'lui arrache les ongles. Ouais. J'lui arrache les membres, les doigts et les orteils je les déchire en phalanges, plus d'ongles, la tête, je la prends, je la coupe, je la scalpe, je regarde le cerveau, je vide les orbites, j'arrache le nez, je regarde s'il peut toujours parler, manger, boire, et j'lui arrache les dents une par une. Oh ouais ça claque, ça. C'est génial, putain. T'imagine il arrive à survivre comme ça? Et il est où son sang? Il saigne? J'l'ai pas vu saigner, j'vous pas de sang, nulle part. Y'en a pas par terre, y'en a pas sur lui, son orteil est nickel. Comme si c'était... seulement, décousu, quoi. Comme une poupée de chiffon, mais pour de vrai. Enfin sur un vrai corps, quoi. Un être vivant, ouais.
J'ai un zombie face à moi là. Putain j'en r'viens pas, j'veux aller chez Oppse. Layca t'es sérieux? Non mais j'veux l'même, là, merde. Si j'le kidnappe j'aurai trop d'emmerdes, l'horreur. Mais bordel j'peux pas laisser passer une occasion pareille! T'imagine s'il reste cantonné à la Cité après? J'suis foutu, j'pourrai plus jamais y mettre la main d'ssus! Non, j'peux pas laisser passer c'te chance, c'est trop merveilleux comme spécimen à étudier. Con j'ai envie d'disséquer, là... Bon alors. Alors. Alors comment j'fais? J'vais pas l'agresser direct comme ça, j'suis pas un goujat non plus. Quoique pour le coup j'pourrai faire des concessions. J'suis prêt à tout, là. Puis merde, m'en fous c'est un zombie, j'passe pas à côté d'une merveille pareille ça va pas. T'imagine comment ça doit être à l'intérieur? Oh l'foutoir. Les organes, c'est sans doute les mêmes, mais ils doivent avoir une capacité de régénération énorme putain. Les fous, t'imagine sir chez Oppse ils s'en servent comme cobayes? Ils pourraient créer une saloperie de remède miracle aux blessures ou quoi à partir de ses cellules ou quoi. J'ai entendu dire qu'ils avaient un laboratoire, chez eux, 'fin un truc du genre. J'en ai jamais vu chez Layca. C'est pitoyable. On perd des ressources de fou, si c'est vraiment comme ça. Après ouais, on a franchement une belle infirmerie, y'a tout c'que tu veux, j'ai rien à dire. Mais bon. Les soins c'pas tout non plus, va falloir songer à l'attaque un jour, et ça c'est par vraiment notre fort. On a quoi, deux grosses bêtes offensives, et encore c'ets les deux rebelles du clan. Avec ça on est pas couchés, t'sais quoi.
Putain mais comment ils font pour bouger les membres si y'a plus de sang pour les alimenter? Et c'pareil pour les organes! Puis même, il a des terminaisons nerveuses, ce type? Il ressent la douleur? Mais ça doit être ignoble alors s'il ressent absolument tout ce qui lui arrive! T'imagine toi sentir la douleur de ton petit orteil? C'est complètement con! Ou alors c'est vraiment un zombie jusqu'au bout et il est mort, en fait. Et donc il ne sent plus rien, tout est anesthésié en quelques sortes. Non mais t'imagines c'qu'on pourrait en tirer de ce type si jamais j'l'ouvre?! Pas permis quoi, faut que j'le fasse! Pitié, Layca, jure j'fais pas d'conneries, mais j'veux trop l'ouvrir. S'te plait, cash, fais pas l'con, j'ai trop envie là. Laycaaaaaaa. S'il te plaiiiiiiit. Je sais qu'tu m'aimes pas, mais imagines que ça peut aider tes partisants, tu s'rais pas d'accord? Bien sûr que si qu'tu s'rais d'accord je te dis! Putain! Son orteil bouge encore, j'le vois qui le réprimande. Limite c'est rien de plus qu'un gosse turbulent. Sauf que c'est un orteil, quoi. Ben qu... Roh, ouais, merde, je sais, y'a une marge entre un gosse et un orteil, mais c'est sorti du contexte, r'garde-moi ça! Recouds moi! Recouds moi! Attends, j'suis pas un génie dans l'art de la langue orteillienne, mais faut pas être un génie pour capter l'truc t'sais quoi. C'est des ondes en fait, y'a pas d'bruit mais c'est des ondes. Noooooooon! T'imagines si ça communique avec le cerveau ou quoi, les parties du corps! Parce que c'est bien des signaux nerveux qui sont envoyés et tout, nan? Mais si, y'a qu'ça! Oh putain et que si ça s'trouve ça peut communiquer et tout, pas forcément style téléphone avec échange des ondes, mais rien qu'avoir l'émetteur pour tout le reste ça doit être énorme! T'es sérieeeeeeeux!

-Hum... Tu veux que je te montre comment je me recouds?

J'ai même pas besoin de répondre qu'il sait très bien qu'j'attends que ça. Putain, faut pas que j'me rate. On va faire ami-ami, j'vois que c't'abruti attend que ça, et dès qu'il a confiance en moi j'lui saute à la gorge et j'la lui arrache. Est-ce qu'il peut parler s'il a la gorge arrachée? Oh putain oh putain oh putain, j'veux trop savoir.Et après j'le ramène à la Forteresse, je finis mes expériences, je compare avec les résultats des autres spécimens, et j'vois c'qu'on peut en tirer. On va pouvoir tout en tirer, c'est quasiment certain. J'ai pas de pronostics en tête, mais vu comme le sujet a l'air prometteur, j'en mets ma jugulaire à trancher que son corps à lui, c'est une bombe. Je laisse faire. Il sort des bobines de fils. ... Pourq... Ah! Ouais c'est vrai, il va s'recoudre j'avais zappé. Il a bien raison en fait l'orteil de réveiller tout l'monde, la mémoire c'est ignoble. 'Fin bon. Il me regarde avec ses yeux de merlan, et c'est limite si j'me marre pas comme un con en l'voyant avec c'te tronche. Faut pas avoir l'air suspect, t'as vu? Ouais ben si j'rigole comme un psychopathe ça va pas l'faire t'sais quoi. Donc merde.
Il me demande de choisir la couleur. Y'a toutes les couleurs du monde, sur sa palette. J'me demande comment il arrive à tout porter sur lui, d'ailleurs. J'vois qu'ça sort de son manteau, à première vue. D'ailleurs soit dit en passant, je sais pas qui a eu l'idée d'une horreur pareille, mais c'manteau est juste... abominable. Non vraiment. Déjà la fourrure c'est particulier, mais alors là même la coupe du vêtement est laide et ne met vraiment pas en valeur son porteur. 'Fin moi j'dis ça j'dis rien, s'il aime. Quoique tu m'diras c'est un zombie, il s'en fout d'être bien habillé et séduisant ou pas. Ah ouais! On voit qu'il est neuneu, mais y'en a d'autres des zombies comme lui? Comment ils sont? Ca explose bien, la cervelle de zombie? Comme dans les jeux vidéos et les films?! Oh putain! Et il est cannibale, lui? Sinon il peut jeûner? Il a des pouvoirs spéciaux? Putain j'suis à fond là! Les fils, les fils, va-y bouge Maena, bouge!

- Du rouge. Prends un fil rouge.

Il l'attrape, et se met à recoudre son organe. Si c'est pas épique, ça. Putain j'aimerai trop moi, pouvoir m'recoudre comme ça. J'sais pas coudre. M'en fous, j'aurai appris. Mais t'imagines le truc? Pouvoir se recoudre. Et genre il est tellement habitué à la douleur que c'est limite s'il ressent encore quelque chose tu sais. Epique, putain énorme. Ah non alors là c'est foutu, comme j'suis dans mon rêve là. Et imagines, j'ai ça rien que pour moi. Mon spécimen à moi, mon cobaye. Mon zombie de compagnie, docile, calme, parfaitement bien dressé. Le rêve, Layca, le rêve, il nous en faut aussi. Viens on les plagie, rien à foutre. C'est géniaaaaaal, comment j'en reviens pas, con. Un zombie. Comme dans mes souvenirs. En plus c'est bizarre, il me dit quelque chose.
C'est fait en quoi. Deux minutes à tout péter. Il fait pas comme j'l'aurai cru, de l'intérieur ver l'extérieur, tout ça. Lui il pince les côtés et il enfile, il enchaîne, comme ça. Le fou. J'vois pas comment ça tient longtemps, ça, mais putain si ça tient chapeau. 'Fin rien à foutre, l'essentiel c'est qu'il ne me manque rien à moi quand j'voudrais m'amuser avec. Et tu sais que j'ai toujours cette foutue musique dans l'crâne, dont j'arrive pas à retrouver les paroles? Non mais c'est catastrophique là aussi sérieux. Oh putain m'en fous, m'en fous, t'as pas compris? Rien à foutre, de ta connerie, rien à foutre. J'ai un zombie devant moi, alors ta chanson à la con, tu t'la gardes. Il me regarde tout sourire, tout content, et franchement j'ai du mal à me retenir aussi. Je joue la carte de la neutralité. Du moins de la passivité. Je fais rien. Je regarde et j'observe. C'est parfait ça.Grand sourire face à masque punk un peu trop flippant. On s'en fout tous les deux, pour le coup.

-Et... pourquoi tu m'as touché... tout à l'heure?

... C'est où ça là? Ah! Là! Ah! Hahaha! Il est con, c'est rien, ça, j'vérifiais si t'étais pas castré, quoi!

- Ouais, pour ça, pardon. 'Fin j'tenais absolument à savoir si t'étais un mâl... un mec ou une fille. Puis avec le manteau, c'est assez dur à juger à partir du torse, donc j'suis allé plus bas. Ah non, t'inquiète, j'aime le sexe mai spas au milieu de l'odeur du sang et des armures calcinées. J'ai quand même un minimum de savoir-vivre, quoi.

C'te justification de malaaaaaaade, j'savais même pas qu'c'était possible, dis. Ben écoute, ça a le mérite d'être clair, hein, comme ça. Bon. Là faut dire quoi? Une conversation normale, ici, c'est quoi? Non parce que c'pas pour dire non plus, m'enfin on est sencés être un peu en train de se foutre sur la gueule là sachant qu'on est ennemis. Donc, euh, je suis censé faire quoi, là, tout d'suite? Lui parler, ouais. Mais encore...? Oh puis va chier, j'y vais en aveugle, on verra bien c'que ça donne.

- Tu m'excuses, je suis vraiment pas très doué pour prendre la parole tout ça. Puis, ton don a l'air franchement génial, alors j'me suis emballé. En quoi ça consiste exactement? Tu peux m'expliquer? Ah ouais, et si ça peut te rassurer, je ne compte rien divulguer aux gens du clan de Layca. Ca les regarde pas.

Je suis un menteur. J'adore ça. J'dois être un peu mythomane sur les bords, parfois, je m'emballe je m'emballe, et puis du fait j'raconte limite n'importe quoi. Le délire c'est que je mens hyper bien. Un don, une faculté, t'appelles ça comme tu veux. N'empêche que je mens quasiment à la perfection. Alors un cruchon comme lui n'y verra que du feu. J'm'assois en tailleur, j'suis au taqué, prêt à écouter. C'est limite si je sors pas les post-it pour pouvoir prendre des notes. Non, non, la mémoire est au taqué pour le coup. Sous emphétamines, en fait. Ou pas. J'me souviens même pas d'son prénom, la haine. Eh. Dis-toi que je suis en train de me familiariser avec la sociabilité juste pour pouvoir ouvrir un gars. Je m'humanise. Y'a du progrès partout, putain.

- En plus tu es tout coloré, avec tes coutures. J'ai trop de questions à poser. Ah! Si tu veux on peux faire des questions-réponses à tour de rôle! C'est toi qui vois.
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MessageSujet: Re: Partition. /!\ [Morjane.]   Dim 22 Jan - 20:47

Morjane en était convaincu désormais : le masqué était totalement, complétement, absolument bizarre. Mais vraiment. il lui disait pardon pour l'avoir tripoté mais il n'avait pas l'air de le penser. Mais ce qui paraissait le plus étrange pour le zombie qui affichait une mine incrédule, était la justification de l'examen pas du tout médical qu'il venait de subir. Le masqué voulait savoir s'il était un garçon ou une fille. Sérieusement? Pourtant, ça se voyait qu'il était une fi.. un garçon. Au premier coup d’œil, ça se voyait. Ou peut-être pas tant que ça. Mais c'était pas une raison pour le tâter comme il l'avait fait. On ne leur apprenait pas, chez Layca, que quand on veut savoir si la personne en face de soi est un monsieur ou une madame, on lui demande au lieu de la tripatouiller de partout? C'est quand même plus poli! Mais de toute façon, ils avaient l'air de faire et d'apprendre des trucs bizarres chez Layca. Rien qu'à voir comment le masqué se comportait. Un coup il s'en foutait du zombie et lui disait de déguerpir s'il ne voulait pas être pris en chasse, et la fois d'après il le regardait comme s'il était la huitième merveille du monde. Assez étrange, quand même. Sans compter qu'il commençait à lui raconter sa vie sexuelle alors que Morjanne ne lui avait rien demandé. De quoi embarrasser le petit zombie un minimum pudique et suffisamment innocent pour être qualifié de neuneu.

Le pire, c'est qu'il revenait à la charge, le laycaïste. L'oppsédé pas du tout efféminé eu un léger mouvement de recule lorsque le masqué se remit à le bombarder de questions. Pour le coup, Morjanne, passablement troublé, ne savait plus trop ce qu'il devait faire. Il regardait fixement, sans ciller même, le détective improvisé. Plus ça allait, et plus il trouvait que ce masqué était bizarre. Un peu plus et il pourrait presque lui faire peur. Mais avec sa naïveté et son optimisme légendaire, le zombie décida de laisser l'avantage du doute au masqué : il ne le connaissait pas, peut-être que ce coté pas très très normal était juste sa personnalité. Il était peut-être juste un peu hystérique et hyper-actif sur les bords et ne lui voulait rien de mal. Après tout il n'avait pas encore essayer de le frapper, de le kidnapper, de le torturer pour lui soutirer des informations confidentielles, de le tuer ou quoi que ce soit d'autre malgré le fait qu'il soit aux ordres de Layca. Peut-être que sous son allure de mec louche à moitié terroriste avec un masque collé à la bouche, il n'était en fait qu'un grand gamin tout excité lorsque quelque chose piquait son intérêt. Il ne devait certainement pas être une mauvaise personne. Surtout qu'il venait de le complimenter en remarquant qu'il était tout coloré à force de se recoudre avec des fils bariolés. Morjane, qui grâce à cette logique imparable était persuadé que l'inconnu en face de lui était une personne bien avec qui ils allaient pouvoir devenir copains, arborait à nouveau un grand sourire innocent et rayonnant de joie.

-Hummm... d'accord, on peut jouer aux questions-réponses. Mais je commence. C'est quoi ton nom?

C'est que, avec tout ça, Morjane ne savait toujours pas comment le masqué s'appelait et il n'aimait pas ça. S'ils voulaient devenir amis, l'une des choses de base à faire était d'échanger leurs noms. Dans tout les cas, ça l'intriguait alors voilà, au lieu de demander ce qu'il faisait ici, s'il était là en mission et essayer de glaner des informations stratégique sur les laycaïstes, il lui demandait son nom. Pour faire copain-copain. Morjane n'était définitivement pas fait pour le jeu de la guerre que Layca et Oppse, chaperonnés par Belzneff, se disputaient.
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MessageSujet: Re: Partition. /!\ [Morjane.]   Lun 23 Jan - 17:59


Le coeur trop ferme pour le pieu.


Comme s'il suffisait de questions pour s'lier à quelqu'un, j'te jure. Ouais m'enfin autrement, j'sais vraiment pas comment on fait. T'être qu'avant je savais, enfin qu'Maena sur Terre savait, mais en tout cas là maint'nant j'me souviens de que dalle et j'suis cooooomplèt'ment paumé quand il s'agit de tact ou de diplomatie. Quoi, j'suis formé pour taper, pas pour parlementer. La faute à cette guerre de merde, on dira, hein. Non mais. Puis de toutes façons j'suis certain que j'ai jamais su m'y prendre avec les autres. C'est vrai. Vu le physique de dieu que j'me paye, j'ai pas besoin d'approcher les gens, ils viennent tout seuls. Et d'leur plein gré, s'il te plait. Non parce qu'en plus, maintenant que j'ai des responsabilités, c'est bien marrant d'ailleurs, et ben on me course six fois plus qu'avant. Au moins. Et alors j'ai de tout, hein. Y'a même une donzelle qui m'a d'mandé un autographe une fois, j'ai halluciné. 'Fin j'l'ai envoyé chier une, deux, trois, quatre fois, après j'ai fait un point sur son poignet et elle était heureuse. Faut pas chercher, c'est une gonzesse.
À mon avis, là la situation s'ra quand même un poil différente. Bon déjà de base, nos rapports sont conflictuels. J'sais pas, Layca, Oppse, Alea Jacta Est, guerre, tout ça tout ça. Ensuite, ben faut dire que j'y suis pas allé de main morte non plus. Ouais, je sais, méchant Maena, sauf que tu voles pas mes affaires comme ça et qu'en l'occurence cette saloperie de collier est à moi. Bien. Après, ben le coup de la fouille. Roh puis merde, j'allais pas lui sauter d'ssus! Puis bon, il l'affirme lui même, ou pas mais rien à foutre, c'est un mec. Alors ouais, y'a plus viril, j'en conçois. M'enfin c'pas une raison pour être aussi choqué, ça va. On est deux hommes, et c'est pas un viol non plus. Petite nature, j'te jure.
Bon. Ok. j'suis censé attendre sa réponse, là, c'est ça? Ouais. Oh putain, et s'il refuse, j'fais comment? Parce qu'il peut très bien avoir envie de partir, aussi, et du coup j'vais devoir lui courrir après. Mais si j'lui cours après, il va vouloir me semer, et si j'arrive pas à le retenir, j'vais le perdre quelque part chez Oppse et là je serai légèrement dans la merde. C'est d'une joie, comme constatation. Mais imagine, ça peut arriver, non? Et si ça arrive, je fais quoi? J'le laisse partir? ... Nan, j'peux pas. Ce serait rater la seule occasion de disséquer un zombie, un vrai. Putain mais j'y crois toujours pas, quoi. Un zombie, là, face à moi. Bon d'accord, c'est pas exactement les même gueules que dans mon ébauche de souvenir, m'enfin un truc qui peut s'démembrer et se recoudre comme ça sans en ressentir les effets, moi, j'appelle ça une crevure de zomblard. L'affaire est réglée. Donc, j'dois pas l'laisser filer, ça m'rendrait carrément vert et j'serai inssuportable même pour moi jusqu'à c'que j'tombe dessus par hasard et que j'te le dégomme sur place. J'ai trop d'questions, j'vais en oublier les trois quart, ça m'rend fou. Mais c'est pas possible qu'il me fasse faux bond. J'veux dire. Il l'aurait fait avant, non? Moi j'l'aurai fait. Attends, un pète-couille qui se ramène comme une fleur genre coucou j'veux tout savoir sur toi alors qu'au final t'apprends rien sur lui, moi j'dis merde direct, j'le bute et j'me barre. Automatique, même. Enfin, il aurait pu faire largement pareil, nan? Ben... ben si, quoi. Merde. Alors il va me répondre. Putain. J'aime pas ça, les rapports humains, j'aime pas, c'pas normal de pas aimer, ben moi j'aime pas et j'vous emmerde tous. Voilà.
Tu peux m'dire pourquoi j'angoisse autant? C'est lamentable, franch'ment. J'ai rien à craindre, il va rien s'passer, mais non faut que j'me braque comme ça. Aller putain, zen Maena. Tu vas pouvoir l'ouvrir, t'inquiète.

-Hummm... d'accord, on peut jouer aux questions-réponses. Mais je commence. C'est quoi ton nom?

Je-suis-définitivement con, j'crois. Y'a pas d'autre mot, hein. La base, quand tu rencontres quelqu'un, c'est quoi? Ben d'savoir son prénom, voilà. Eh ben non! Pas chez moi! Rah mais va chier, pourquoi j'y ai pas pensé plus tôt! Forcément qu'tu donnes ton nom avant d'agresser les gens! Merde... Bon, il a pas l'air d'm'en vouloir, c'est cool. Ouais remarque, profite bien d'la situation parce que j'ai oublié son nom, à lui. Ca commence par quoi, comme son... j'sais plus, merde, attends. Nar... Mar... Marijane! Ouais, un truc comme ça! J'sais plus en fait. Marijane, ça existe ça comme nom? Quoiqu'en fait, j'ai pas à m'poser la question on est sur Alea Jacta Est, là. Tout est possible, c'est évident, hein? Bon. Marijane et ses yeux de biche, genre "et toi c'est quoi ton nooooom?". Putain, j'aime pas c'regard. Ca fait gamin attardé, sérieux. Puis avec c'te tronche, franch'ment, y'a d'quoi rêver. Un mec. Ca. Et y'en a qui trouvent que j'ressemble à une fille, j'te jure c'est vrai. Bon en général ils font pas long feu, t'sais quoi. Boom, direction Fontaine sans passer par la case départ. Tiens, ça m'parle, ça, pas passer par la case départ... Ca vient d'où? Mmh... C'est pas un film, une réplique ou quoi? Bwarf, j'sais plus du tout. Puis pourquoi j'me pose la question?! De toutes façons j'me souviens de que dalle, alors pourquoi j'm'obstine à retrouver des conneries?! Attends, ça fait six ans qu'j'ai cette putain d'musique gravé dans l'crâne comme un bon produit et que j'sais toujours pas d'où elle vient. Sérieux. Les paroles sont floues, la mélodie est floue, et pourtant j'suis sûr de la connaître. Le problème c'est qu'arrivé ici je connais plus grand chose en règle générale. Alors bon, j'veux bien faire des efforts, m'enfin c'est pas l'tout de se souvenir par ses propres moyens. Si seul'ment j'pouvais avoir accès à une communication avec le monde du passé, ça s'rait dix fois mi...
Attends. J'suis en train de m'égarer à fond, là, ouais. Bon. En face de toi, t'as genre le spécimen zombie de ta vie, Maena. Alors le laisse pas filer. Donne lui ton nom, et discute. C'est c'qu'il faut faire, apparemment. Va savoir, moi j'y connais rien en ressources humaines. Mais bon. On va dire que ça marche.

- Maena. Maena Aiolia Méryl. Maena, ça suffit. Si on t'a parlé de la Sirène, ben c'est moi. En général, du côte d'chez Oppse, on se souvient de moi comme ça.

c'est prononcé d'un ton presque je m'en foutiste, alors qu'en fait je suis au taqué. Je perds mon calme, et c'est pas bon. Pour un peu qu'il sache faire usage de son don de perception d'aura, il va bien pouvoir constater que je ne suis pas calme. Du tout. D'accord, faut que je reste simple. Pas besoin de grande fanfare. Il va finir dans mes bras, c'est obligé. Après j'le passe au scalpel. ... T'sais qu'ça m'fait du mal de dire ça? J'veux dire, j'sais pas. Y'a un truc, t'sais. Je sais pas. 'Fin, c'confus. J'ai envie mais j'ai pas envie. C'pas bon, ça, j'm'adoucis. Va falloir reprendre d'la consistance, Maena, ça va plus du tout, là. Et bordel de fait chier j'en ai plein le cul de cette musique de merde. Alors vite, que ça s'arrête... Aller! oh putain mais j'en peux plus, arrête, arrête. Oh puis merde. Concentre toi sur autre chose. Maena fais pas l'con. J'dois pas lui sauter d'ssus. Mais j'te dis, ça m'fait d'la peine de me dire que j'vais devoir le toucher. Il a quelque chose de... d'apaisant. C'est presque pas un ennemi, vu comme ça. Il a pas l'air agressif pour deux sous. Non, sérieux. Il a l'air gentil comme tout, niais qu'ça en peut plus. Il va s'faire rouler au taqué d'fois, lui, si c'est pas déjà fait. Tu parles, il est du genre à s'manger une tarte en pleine gueule et à tendre l'autre joue sans rien dire pour recevoir la s'conde. Ca m'fait pitié, quelque part, les gens comme ça. Pas foutu d'se défendre, de prendre leur revanche ou quoi. Les gens trop soumis, en fait. Tu parles, j'suis pas le chevalier servant d'ce genre de personnes, alors qu'est-ce j'en ai à foutre? Non, non non non, ça va pas du tout. Tu te concentres sur ton objectif Maena, à savoir choper son putain de corps quoi qu'il arrive. Alors merde.

- Alors, question réponse... À mon tour. Tu as des souvenirs concernant la Terre, ou tu es complètement amnésique?

Ca n'donnera strictement rien sur ce ton. De toutes façons, quoi que j'dise, ça n'donnera rien. Je sais pas parler. Même, je sais juste pas communiquer. C'est pas mon fort. Même, je suis gauche. Je suis con quand j'y pense. J'crois qu'ça va régler les problèmes quand j'parle, alors qu'ça fait que les envenimer. J'sers à rien d'autre qu'à alimenter le conflit. Je suis une machine à contrariétés. Qu'est-tu veux, c'est comme ça. J'assume. Il le faut bien, quoiqu'il arrive. J'ai plus rien à faire ici alors j'me barre. Et bien sûr j'tombe sur quelqu'un. Un inconnu. Et j'pète les plombs. j'vais trop loin. L'scénario est l'même à chaque fois, pourquoi j'm'étonne encore du résultat? c'est tellement évident qu'j'en peu plus. Tu parles d'un constat à la con. J'sers à rien, au final. Ca avancera à rien, c'que j'fais. Mais tu veux que j'fasse quoi, que j'attende qu'ça vienne tout seul? J'suis pas non plus abruti. Naïf, mais pas imbécile. J'sais pas à quoi j'm'attendais, tant pis. J'suis fixé, au moins. C'est déjà ça. Mais ça n'a pas donné c'que j'voulais, sans doute parce que j'n'ai pas su trouver les mots. Je n'sais jamais comment faire, ça change pas. J'aurai jamais dû. Jamais.
Mais c'est ma question. Alors Marijane, à toi d'répondre.
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MessageSujet: Re: Partition. /!\ [Morjane.]   Mar 24 Jan - 15:03

*Maena. Maena... aïoli quelque chose? Comme la sauce à l'ail avec des œufs et de l'huile d'olive? Celle qu'on met avec la bouillabaisse? On va se contenter de Maena. Maena. Maena. Maenamaenamaenamaenamaenamaenamaena.*

Mentalement, Morjane répétait frénétiquement le nom de Maena. Il le faisait virevolter dans son esprit, le tournait et le retournait dans tous les sens, de toutes les façons auxquelles il arrivait à penser. Il le roulait sur sa langue sans le prononcer, imaginant quel son et quelles intonations formeraient ce prénom la première fois où "Maena ♥" s'envolera de ses lèvres. Maena. Ou Mae pour les intimes. Maintenant, Morjane allait pouvoir l'appeler. La prochaine fois qu'il le verrait, il pourra le héler ou même courir vers lui en criant son nom. *Mae! Héhéhé* C'était quand même mieux que de l'appeler la Sirène. La Sirène, ça faisait pas très intime comme surnom, surtout si tout le monde dans Oppse connaissait l'homme au poêle masque sous ce doux petit surnom. Là au moins, si Morjane hurlait "Maeeeeeeeee ♥" en plein milieu d'un champ de bataille, le laycaïste saurait tout de suite qui était en train de l'appeler pour lui dire un bonjour tout amical bien évidemment. De toute manière, que pourraient être les bonjours du zombie à part amicaux et un brin neuneu peut-être? A bien y penser, le nom de la Sirène lui faisait vaguement penser à quelque chose... à quelque chose de pas très bon... Hum... Des gens jaloux auraient commérer sur son dos et lui aurait fait une mauvaise réputation, voilà tout. Mais de toute façon, la bulle dans laquelle vivait Morjane était purement hermétique aux ragots et aux observations purement objectives décrivant les mauvais points des gens. Alors, même s'il avait entendu de temps à autres le nom de la Sirène dans les murs de la citée d'Oppse, il n'avait à peu près aucune idée de ce qu'il représentait.

-Héhé. Je vais t'appeler Mae alors!

Avec le grand sourire rayonnant de bonne volonté et où transparaissaient des élans d'amitié et d'affection naissante accroché auw lèvres rosées de Morjane, le masqué n'allait certainement pas refuser que le petit bout de zombie tout débile gentil baptise d'un nouveau surnom. Qui pourrait refuser quoi que ce soit à un enfant avec un tel sourire angélique, à part un monstre innommable?

- Alors, question réponse... À mon tour. Tu as des souvenirs concernant la Terre, ou tu es complètement amnésique?

-Je me souviens de tout! Tout tout tout! De mon enfance, de ma famille, de ma maison, de l'hôpital et de...

La lueur d'excitation et de joie qui animait ses yeux se voila légèrement et son sourire si enfantin et vivant se figea un court instant. Il se souvenait de tout et ses souvenirs étaient peut-être un peu trop bien conservés. Morjane était toujours heureux de se rappeler de cette grande maison chaleureuse bien qu'un peu trop grande où il avait vécu toute sa vie. Le visage de ses parents et la sensation de leurs mains caressant ses cheveux lui revenaient. Les sourires bienveillants des quelques employés de maison se redessinaient dans son esprit. Il était soulager de se dire qu'il n'avait plus besoin d'aller à l'hôpital pour une perfusion de sang et que maintenant il ne risquait plus de saigner jusqu'à ce que mort s'en suive à la moindre égratignure. Morjane baissa les yeux, comme s'il se rendait soudainement compte qu'il avait encore un pied déchaussé. Il s'assit sur la terre noire et stérile du champ de mars et attrapa sa chaussette. Il l'enfila avec beaucoup d'attention et le visage toujours tournée vers le sol brûlé mis sa chaussure. Il la laça soigneusement, essayant de se distraire. Il ne voulait plus penser à son passé. Il ne voulait pas imaginer l'horreur et la douleur de ses parents lorsqu'ils découvrirent sa mort. Il refusait de se dire que leurs câlins furtifs, leurs petites attentions parfois un peu étouffantes étaient perdus à jamais. Morjane lutta pour refouler une vague de nostalgie qui le saisissait à la gorge. Il contempla ses chaussures une demi-seconde de plus, faisant semblant de vérifier que les lacets étaient bien noués. Il renifla discrètement puis se releva et fixa à nouveau son regard sur celui du laycaïste. Ses yeux étaient à nouveau aussi rieur et insouciant qu'à son habitude et un sourire toujours aussi enjoué. Comme si rien ne s'était passé.

-Et de comment je suis arrivé ici!

Morjane tendit ses bras au-dessus de sa tête et décrivit un arc de cercle, comme s'il essayait d'embrasser tout Alea Jacta Est. C'était devenu son monde, sa maison et contrairement à certain, il était heureux d'être ici. Vivant tout en étant mort, il ne craignait plus les ciseaux ou les feuilles qui peuvent nous couper. Saigner ne lui faisait plus peur : il ne saignait plus depuis qu'il était arrivé ici. Il avait dû laisser ton son sang dans son ancienne vie, sur terre. Seule trace de son passage sur la planète bleue.

-A mon tour! Alors... tu fais quoi ici?
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MessageSujet: Re: Partition. /!\ [Morjane.]   Ven 27 Jan - 21:51


Les restes de nos semelles.


-Héhé. Je vais t'appeler Mae alors!

... Ou pas, hein, c'est pas dérangeant. Non, t'es sûr? Mae? Ca fait con ça Mae. Genre mon prénom est trop long, trois syllabes. Ma-e-na. Rien à voir avec Jean François David de la Rose Ambrée, ou mieux, Vicomte Nathanaël des Romances du domaine Constantin de Rochefeuille. Mouhahaha. Vi-compte-Na-tha-na-ël-des-Ro-man... Ouais bon, rien à voir quoi. Alors POURQUOI, putain. Non mais sans déconner, Mae? Mais j'veux pas moi ça Mae, c'est nul. Mae. Maeeeeeeee! Non, nan, nan, j'suis désolé ça l'fait pas. Maenaaaaa! Oui, ça c'est la classe. Dans les couloirs, et tout, que j'me fais courser qu'ça en peut plus à cause de j'sais pas quel papier j'ai pas rendu ou rempli, t'sais quoi. Maeeeeeee, non, c'est moche ça, c'est nul. Bwark. Mae. Il veut vraiment m'appeller comme ça? Roh, regarde-moi c'te bouille toute choupinette. S'il te plait, laisse-moi t'appeller Mae, sinon t'es qu'une saloperie de crevure de merde qui est méchant et tout ça. C'est bon, j'connais l'refrain. Et puis quoi, encore, j'suis pas monsieur câlin. Maena, point barre.

- Maena, j'pré...

... Il... Qu'est-ce qu'il fait? Il a l'air... Bizarre. 'Fin... Ca fait combien de temps que je suis perdu, là? Pas si longtemps, si? Putain j'ai rien suivi. Il est... vraiment terne, je trouve. Son regard est bas. Il fixe un cube invisible sur le sol. Un point. J'préfère l'image de cube. C'est déjà en relief, c'ets mieux qu'un simple point. Il est bloqué sur ce truc qui l'occupe entièrement. Une petite boîte aux secrets gigantesques, t'sais quoi. Il se souvient. J'suis comme ça aussi quand j'me souviens. Je bug. Je... ouais, y'a qu'ça, j'suis tell'ment aspiré dans mon délire que j'oublie tout ce qu'il peut y'avoir autour. Alors là, il bug lui aussi. Il se souvient. Et vu sa gueule, il se souvient de tout. D'absolument tout. J'suis désolé vieux, j'sais pas c'que ça fait, j'peux pas compatir. Par contre, j'te soutiens. De loin. Du moins comme je peux. Pfff. Tu parles d'une connerie, les souvenirs. Il ne se rendra pas malade pour ça. Nostalgie passagère. Quand j'te dis que je sème la tristesse partout où j'passe. J'dis pas que des conneries, non plus.

Il porte des nus pieds. De vulgaires chaussures. Des trucs... vraiment laids. Enfin c'est mon avis, hein, mais j'supporte pas ces conneries. Tu vois, j'le verrai bien avec des talons. Aucun rapport avec son hermaphrodisme. Roh ça va, j'pense pas qu'à ça non plus. Mais j'suis sûr que ça lui irait bien. Il porte bien les très jolies chaussures. En toutes honnêteté. J'suis certain que j'aimerai beaucoup. C'est pas du tout mon style, hein, j'dis pas. Puis même. C'est féminin, quoi. Mais ça lui irait à la perfection. Ca lui va très, très bien comme style. J'vois bien une paire en particulier. J'suis sûr d'avoir déjà vu ça quelque part en fait, mais j'sais pas du tout où, et à la limite on s'en contre fout. Ce sont de tout petits souliers. Cuir et tissu à première vue. J'sais pas, j'suis pas couturier ni styliste. Mais ça m'a l'air d'être des matières de ce style. Alors quoi. Il porte ce qu'il veut, j'ai rien à dire là-dessus. Des Richelieu, je crois. Ca s'appelle comme ça. Talons hauts et lacets fins. C'est ça. C'est bien ça. Ben ça lui irait très bien j'trouve. M'enfin. Moi j'porte pleins d'chaussures. Ouais bon, en général c'est des rangers. Pas ma faute si c'est l'idéal dans l'coin, pas comme les nus pieds ou les sandales à la con. Après, ben... j'sais pas, j'aime bien tout. Les chaussures de sport des fois, quoiqu'c'est franch'ment moche avec c'que j'porte alors j'en mets pas des masses, les New Rock, le seul nom dont j'me souvienne, c'est ces espèces de monstrasses énormes que t'as l'impression d'avoir des tanks aux pieds mais sérieux ça a quelque chose de jouissif... 'Fin j'sais pas, j'porte de tout. J'm'habille n'importe comme aussi faut dire. Alors du moment qu'ça s'porte avec mon sweat ça passe. C'est con, au final. Pourquoi on a eu besoin d'inventer des chaussures?

Pour pouvoir les lacer. Ca fait toujours une occupation quand on s'emmerde. Regarde. Il les lace, là. Mais c'est nerveux. C'est précis mais nerveux. Il est complètement ailleurs. Ailleurs, dans le passé. C'est c'que ça m'fait aussi. J'comprends. Alors bon, j'respecte. Laisse-le faire. Laisse-le penser à ce qu'il veut. Il sera toujours temps de le ramener à soi plus tard. j'me pose pleins d'questions sur tout. J'suis déprimant quand j'm'y mets. Lui, il a pas c'problème là. Il se pose des questions normales, il vit ici en ayant un avis sur ce qu'il préfère, maintenant ou avant. C'est normal, de pouvoir avoir un avis. C'est pas donné à tout le monde. Ici, les trois quart tissent une toile qui n'a pas de début. On a pas de référence. On a plus de matière. On est élevé comme des bêtes à engrosser, à gaver pour être tués puis bouffés autant de fois qu'on l'souhaite. On a rien à poursuivre vu qu'on ne connait rien d'autre que ça. On sait qu'on vient d'ailleurs. Puis c'est tout. Les gens comme lui, eux, ils savent se trouver des préférences. Ils savent quoi penser d'ici. Ils savent. C'est tout. On les envie, en général. Moi j'les envie. J'rêverai de pouvoir lui demander en quelle année ils sont. Voir comment le temps passe ici. Voir s'il passe. Techniquement rien n'est là pour m'empêcher de lui demander ça. Même. Ca va être à mon tour de répondre. J'pourrai le faire, après tout. Mais j'sais pas. Y'a un truc qui bloque. T'être la peur. La peur de se rendre à l'évidence, de pouvoir calculer l'âge qu'il a, Maena. Ailleurs qu'ici, alors qu'ailleurs c'est ici. Tout brûle. Les souvenirs, les papiers. Y'a plus rien chez nous. On est voués à dépérir ici, comme ça, tous liens rompus. Et le pire, c'est qu'on n'ose pas franchement connaître. Celui qui a ses marques est heureux. Il sait qui il est. Il sait qui il a été. Qui te dit qu'Maena, c'était pas un abruti d'première qui s'laisser marcher sur la gueule sans rien dire? Il était p't'être toxico. Il était p't'être assassin. Il a p't'être été un beau salaud, Maena, bien avant tout ça. Bien avant maintenant. Ca ferait quoi, d'apprendre ça? Ca fait quoi, de se dire qu'ici tu es un Elu, l'une des personnes les plus puissantes de ce monde de merde, que tu peux tuer n'importe qui comme tu veux, que tu es au-dessus de tout, que tu as une importance, un nom, une place, que tu as été choisi pour faire partie de la minorité présente dans cette foutue guerre, alors qu'en fait, là-bas, tu n'étais rien de plus qu'un... qu'un mortel.


La couleur de tes coutures, de mes lacets.


Ca, Marijane est en train de le réaliser. Parce que ça fait pas longtemps qu'il est là. Tu sais comment j'le sais? Il a pas fui devant la Sirène. C'est si prévisible que ça fait même plus sourire. Tellement con, comme sentiment. La lassitude. La peine, quelque part. De te dire que tu n'sais rien, finalement. Que tu as beau vouloir connaître, tu ne le pourras plus jamais entièrement. Ceux qui viennent d'arriver et qui ont leur mémoire seront forcément condamnés à l'abandonner à un moment donné. Parce que le temps passe, là-bas. Peut-être pas ici. Mais ça passe. C'est ignoble de se dire que le temps s'est arrêté pour nous dès qu'on est rentrés ici. C'est vrai. On ne vit plus, quelque part. Bon, la majorité des gens du squat sont morts, ouais. Mais ça fait bizarre, de se dire que cliniquement tu es vivant, tu respires tout ça, mais que malgré tout tu es mort. C'est même pas logique de se dire ça. En attendant, preuve que ça en est, on le vit. Jeu de mots. Pourquoi nous, au final. C'est vrai. On avait rien de spécial. On a pas pu tous se rencontrer, on a pas vécu tous au même moment. Pour ceux qui s'en souviennent, on est tous tellement différents. y'a rien qui nous rapproche. Y'a rien qui nous prédestine à attérir ici ou pas. On sait pas. On sait rien. Mais si on est là, c'est qu'il y a bien une raison. J'veux dire, pour que ce soit nous. Pourquoi on a eu besoin d'être envoyé ici? On pouvait pas tout simplement crever ou rester en vie?
Faut croire que non. Alea Jacta Est, quand t'y es c'est jusqu'à ce qu'on décide que tu doives partir. T'es appellé. C'est tout. Peut-être qu'on en a besoin, au final. Comme une sorte de... de test. De Jugement Dernier pour une élite prédéfinie. Crèvera ou crèvera pas. J'en sais rien. Mais si on est là, c'est sans doute pour une raison. Tout comme on a du créer les chaussures à un moment donné.

Il a fini ses lacets, il lève les yeux vers moi et je les lève vers lui. On se regarde. Lui et son sourire. Moi et mon masque. Arc-en-ciel au-dessus de lui. J'dis rien, j'laisse faire. Il ment comme je respire. Je suffoque.

-Et de comment je suis arrivé ici!

Petit ingénu.

-A mon tour! Alors... tu fais quoi ici?

... Ouais, ça lui va bien.
Je ne cherche pas à comprendre la question sous toutes ses formes. Il l'a pose, j'y réponds. J'ai trouvé une autre question. Plus intéressante. Moins personnelle. Pas du tout personnelle. Sauf pour moi.
Aller Maena. Tout va bien se passer. Tu as toutes les cartes en main.

- ... Je cherchais le collier que tu as trouvé. Disons que j'aime pas perdre quelque chose, alors ça m'foutait les glandes de savoir que j'avais paumé ce collier-là. Maintenant, j'dois trouver un glaive particulier sur le champ de bataille. Ouais, un glaive, une misérable épée parmi toutes celles qu'il y a ici. Normal.

Un temps. J'ai les paroles bien en tête. C'est parfait. Absolument parfait. Un grand sourire sur mes lèvres. Je le sais, je le sens. Sous le masque. Je regarde mes chaussures depuis tout à l'heure. J'aime bien ces rangers. Noires. Entièrement noires. Simples, même pas élégantes, mais... Efficaces. Juste. Ouais. Des belles chaussures, un beau monde. Ce serait facile, comme ça. Presque trop.

- À mon tour. Je vais te chanter une chanson. Si tu la connais, dis-moi tout ce que tu sais sur elle. Mmh?

J'attends pas sa réponse. Je lève la tête, lui sourit. Inspire.

- I sense there's something in the wind, that seems like tragedy's at hand. And though I'd like to stand by him, can't shake this feeling that I have. The worst is just around the bend... And does he notice my feelings for him? And will he see how much he means to me? I think it's not to be.

Elle provient bien de quelque part, cette chanson. J'en peux plus d'l'avoir dans l'crâne. C'est insupportable, à force. Et pourquoi elle m'est venue face à lui? Je te dis qu'il me fait penser à quelqu'un, j'en suis sûr. Il y a quelque chose chez lui qui n'est pas net. Je le sais, putain, je le sais, j'en suis sûr. Il faut que j'trouve c'que c'est. Tu crois que ça viens de son physique? Même, c'est un zombie, et j'sais qu'Maena adorait les jeux vidéo. Ca a peut-être un rapport, j'sais pas. J'le vois bien décharner du zomblard, moi, Maena. Puis même. J'veux dire. D'où elle vient, cette chanson? Ca fait vraiment pas du tout jeu vidéo d'horreur où tu flingues tout l'monde pour rien. C'est même calme. On dirait une complainte. On dirait... des regrets. Des pleurs. C'est triste. Je sais pas ce qu'elle dit, la chanson. P't'être qu'il parle cette langue, Marijane. J'en sais rien. On verra bien.

- ... Alors?...


Dernière édition par Maena A. M. Raphaëlita le Mar 31 Jan - 23:25, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Partition. /!\ [Morjane.]   Mar 31 Jan - 22:47

Morjane dodelina de la tête tout en se balançant d'un pieds à l'autre, les mains nouées dans son dos. Il fit un petit tour sur lui-même, perché sur la point de ses pieds. Il répéta l'air une fois puis une autre. Il chantonna d'une voix fluette, faisant peut-être quelques fausses notes, mais faisant de son mieux. Il remuait ses souvenirs et les superposaient à la mélodie que Maena venait de lui chanter.

-I sense there's something in the wind...

Il se balançait. Il décomposait le rythme, étirait les notes jusqu'à ce qu'elles remplissent l'espace qui l'enveloppait.

-that seems like tragedy's at...hand?

Il transformait l'intonation au gré de ses envies et de ses hésitations. Il faisait rouler les paroles sur sa langue comme il avait fait rouler le nom de la Sirène quelques minutes auparavant. Il remuait ses mémoires au rythme de la comptine, se balançant doucement de droite à gauche, sans aucune brusquerie. Il donnait encore plus l'impression d'être une poupée de chiffon, totalement désarticulée. On aurait dit qu'il n'avait aucune volonté et aucune emprise sur son propre corps. Celui-ci se mouvait lentement, sans brusquerie, comme si le vent mortifère de ce champs de bataille sempiternel le faisait se mouvoir.

-And though I'd like... to stand by him... can't shake this feeling... that I have...

Ça lui faisait une drôle de sensation. Un léger sourire flottait sur ses lèvres. Ce devait être la première fois depuis son arrivée sur échiquier que quelqu'un lui parlait dans sa langue. Pas celle, universelle, que l'on utilisait instinctivement quand on devenait un résident peut-être permanent d'Alea Jacta Est. Non. Celle de son autre vie. Du temps où il était encore vivant. Celle d'avant. D'avant sa mort et d'avant son arrivée sur cette terre créée juste et uniquement pour que deux individus qu'il ne connaissait absolument pas puisse faire joujou à la gueguerre. Il chantonnait, fredonnait doucement, presque tendrement. Il aimait sentir les accents de son ancienne langue, ses lèvres se mouvoir pour épouser les voyelles et les consonnes qu'il prononçait tous les jours avant de revenir à la vie ici.

Des yeux remplis d'étoiles, brillants, fixaient les yeux vairons du laycaïste. Un sourire rêveur avait remplacé le sourire éphémère et flottant qui était apparu sur les lèvres rosées de Morjane lorsqu'il avait commencé à reprendre la musique. Très sincèrement, le petit zombie n'avait strictement aucune idée du pourquoi Maena qui avait demandé s'il connaissait ce chant en particulier. Pourquoi celui-là et pas un autre? Pourquoi lui poser cette question là au lieu de lui demander des informations à première vue plus pertinentes comme ce qu'il aimait faire dans la vie, s'il avait un passe-temps particulier, une passion pour les licornes qui font caca des arcs-en-ciel, s'il préférait les gâteaux aux fraises ou au chocolat, quels étaient les faiblesses de la cité d'Oppse, etc. non, il voulait juste savoir s'il avait déjà entendu une comptine. Et Morjane, dans sa grande innocence doublée d'une naïveté à toute épreuve, ne s'affola pas plus que ça à sa question. Il ne se fit absolument pas la réflexion que Mae devait être un crétin fini pour ne pas essayer de lui soutirer des informations sur son camp qui, de toute évidence, était censé être la cible de toutes ses attaques avec pour seul et unique dessein de le détruire. Non, il ne se fit aucune réflexion de ce goût là. Après tout, dans son éternelle pureté et foi inébranlable envers son prochain, il ne douta pas une minute de ses intentions purement amicales (surtout venant de la part de la Sirène à propos duquel il n'avait écouté aucune rumeur colportée aux quatre coins de la coté) ni de ses capacités intellectuelles.

-Ça me dit quelque chose. Je l'ai peut-être entendu à la radio? Quoique non en fait, c’est pas le genre de musique à passer à la radio ça. Alors dans un film. Ou un dessin animé. Voilà, ça doit venir d'un dessin animé. Pourquoi? Oh non!

Morjane colla ses mains sur sa bouche entre-ouverte. Ah bah non, voilà qu'il s'était fait entrainé par sa curiosité. Même s'il ne doutait pas des bonnes intentions de Maena le laycaïste à moitié homme (?), à moitié poisson d'après son surnom; il était quand même curieux de savoir pourquoi il lui avait demandé ce qu'il savait de cet air en particulier. C'était tout de même intriguant, surtout que cette mélodie fluette ne collait pas vraiment à l'image qu'il donnait. Peut-être qu'au fond, Mae était un garçon gentil et timide, sensible même. Néanmoins, ce n'était pas la question qu'il avait prévu de poser, mais alors là pas du tout. Le zombie mignon ouvrit de grands yeux et sentit ses joues se réchauffer sous le coup d'une petite vague de panique alors qu'il agitait ses mains, doigts bien écartés, devant son menton en décrivant de petits arcs de cercle.

-Ça compte pas, ça compte pas! C'était pas la question que je voulais poser. Et tu as pas encore répondu, alors elle compte pas hein! Du coup, du coup, il ressemble à quoi le glaive que tu dois retrouver?

Ni une ni deux, d'une manière suave mais sans appelle, Morjane saisit la main de Maena. Et il n'allait pas la lâcher aussi facilement que ça. Les câlins, les poignées de mains, les caresses flatteuses parfois, réconfortantes d'autre fois ou encore tendres et aimantes, les petits poutous, les bisous esquimaux, les bisous papillons qui chatouillent, les bisous qui claquent sur la joue... Bref, le contact humain, c'était un truc qu'il avait appris à apprécier ici. Et il y avait pris drôlement goût. Alors maintenant qu'il avait attrapé la main chaude et ferme de son nouvel ami, il n'allait pas la lâcher de si tôt. Et ni une ni deux, il se mit en marche.

-Je vais t'aider à trouver ton glaive! On n'a qu'à continuer les questions-réponses pendant qu'on cherche!

Et sans demander l'avis du laycaïste, il prit une direction purement au hasard. Il marcha fièrement, trainant plus ou moins son nouveau copain derrière lui. Il allait lui rendre service, l'aider, et ils allaient renforcer leurs liens comme ça. Et il était sûr que ça allait lui faire plaisir. Après tout, chercher une aiguille dans une meule de foin, ou un glaive dans le champ de mars, c'était toujours plus agréable de le faire quand on avait quelqu'un pour nous aider et avec qui parler. Une, deux, une, deux. Un pieds devant l'autre, puis l'autre devant le pieds. Jusqu'au moment où on trébuche sur le crâne d'un digne inconnu mort au combat dont la dépouille a été abandonnée aux rares charognards arpentant ses plaines stériles. Et vlan, un Morjane qui tombe. Et re-vlan, un Morjane qui entraine un Mae de fort bonne humeur, n'en doutons pas, dans sa chute.

-Aïeeuuuuh...
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MessageSujet: Re: Partition. /!\ [Morjane.]   Dim 5 Fév - 19:31


À ces fuyards.


Et tournoie.
Démembrée, déchirée. Décousue, désunie. Rapiécée.
Poupée.

Celle qu'on trouve jetée aux ordures, celle qui tombe du caniveau après des siècles de bons et loyaux services. Dense et pleine. Verte. Forêt. Il y a quelque chose au loin. Lis entre les lignes. Texte. Colline. Des feuilles mortes étalées au sol comme un tapis orangées. Gris. Lune. Des tombes. des tissus, lâches. Des fresques sur tes doigts. Des mouvements imprécis et instinctifs. Animal? Gémissement plaintif. Toi qui fuis la colline. Toi qui l'observe. Toi qui te démembres pour lui. Toi qui ne saignes que ton rembourage. Coton et paille. Tu te recours et tu te lèves. Te caches derrière les tombes vierges et couvertes de mousse. Les ronces te déchirent, et tu ne souffres pas. Les coins de ta bouche te font sourire malgré toi. Tirée. Le coeur que tu n'as pas et que tu rêverais d'avoir pleure. L'horloge au creux de toi sonne ton glas. Tes doigts dansent autour du lierre de la pierre. Funèbre.
Lune pleine. Regards.

Lointains. Funestes. Déchue. Tombée de ta tour métallique, échappée du Diable. Toi que l'on a persécuté. Toi que l'on a violenté. On t'offre cette vie en compensation de celle que l'on t'a ravi aux côtés de l'homme de tes rêves.
Lisbeth...? Tu as un nom que l'on oublie. Tu n'es pas très présente. Tu es là quand il le faut et tu t'enfuis vite, crainte, timidité. Peut-être demain. Ca ira toujours mieux. Une nuit sous une flamme géante. On appelle ça géante gazeuse, mais tu ignores pourquoi. Tu plains les vers qui n'ont plus rien à manger sous terre que des cadavres et qui cherchent la chaleur dans ce corps qui ne sera jamais complètement tien. Tu n'es qu'un jouet. Un pantin. Tu as servi et tu resserviras. On t'a jetté dans cette benne en priant pour que l'on te retrouve, petite esseulée. Petite étoile rêvant de pureté. Tu n'es pas la plus brillante, tu n'es pas la plus grosse. Mais tu vis. Tu essaies. Tu survis. On te voit, joviale dans tes haillons rapiécés. On te voit, et ta maigreur nous fait pâlir. On t'a vu rayonnnante de bonheur dans la chambre juvénile, on t'a vu à l'agonie dans cette tour de fer et d'acier. Tu préfères le lit à la cuisine. Tu pleures les débauches qui t'ont déchiqueté tellement de fois. Recousue par le temps. Broyée par les vies qui te sont grâcieusement offertes. Tu as été, tu es, et tu seras. Jamais nous ne t'oublierons. Jamais nous ne pourrons tirer un trait sur ses pas chancelants, baignés par l'effluve du baiser de l'astre nocturne. Jamais pareille rumba ne nous sera si familière. Tu danses pour lui, que tu rejoins sur le sommet de la colline. Cimetière.

Une dernière demeure à votre convenance.
Mais ça ne s'achève jamais. Toujours une vie. Encore. Et encore. Et encore. Et tournoie. Et encore.
Si c'était quelque chose entre les choses, comme
l'espace en tilleul et laurien, dans le jardin,
comme l'air froid sur les yeux et la bouche
quand on franchit, sans plus penser, sa vie,
si c'était, oui, ce simple pas risqué
dehors...
Pensée subtile, mais quelle pensée,
si l'etoffe du corps se déchire, la recoudra?

Mais ce ne sont que des mots, hein?
Tu te souviens de moi?
Là où tu es, à ta place de roi, y'a-t-il encore une place où me mettre? Non, sans doute trop occupé pour ça, j'imagine. Bien. Regarde-toi. Ca fait pâle figure, ici, tu n'trouves pas? C'est ta place en ce monde. Quoi. Faut bien quelque chose en attendant l'cercueil. C'est... Circée qui a demandé le caveau familial. Va savoir ce qu'elle prépare, encore. Mais pas pour l'instant. Regarde-toi. Ta stèle. Quoi, elle n'est pas assez bien à ton goût? Ca va, t'as pas encore fini ton travail ici. Je sais que tu reviendras. Si tu n'es pas déjà revenu. Tu sais ce qu'il se passe, ici...? J'essaie de comprendre, mais j'ai du mal. On se bouscule pour te voir. Ton lit est couvert de fleurs et de cadeaux que tu n'ouvriras sans doute jamais. Je te jure. Ils ne m'ont pas laissé entrer, tu sais. Non. J'ai essayé de te voir. Ils n'ont pas voulu. J'étais normale pourtant. Enfin autant qu'possible. Mais vraiment, je n'comprends pas pourquoi ils ne m'ont pas laissé te voir. Tu n'as rien fait, si? Oh, puis merde. Tu fais toujours tout de travers de toutes façons. Ca part dans un sens, ça revient, puis ça repart... T'as un bon jeu de jambes pourtant. Qu'est-ce que tu dois être gauche pour la valse, Maena...


Mets ton habit de mystère, et tournoie. Et tournoie.

-Pourquoi? Oh non!

Te voir et penser. Disparaître sans laisser de traces. Le souffle dans ma nuque, et ton parfum. Fruits rouges. Je te connais. Je le sais, que je te connais. D'où tu viens, toi...?

Elle fut, de son temps, la succube favorite de Lucifer, et il n'était pas rare de la voir partageant sa couche. Elle demeure encore à l'heure actuelle la courtisane la plus proche qu'il ait pu avoir. Ses enfants sont ceux que tu connais. Celles, plutôt. Les poupées. Elle se considérait comme le jouet du Diable, et en un sens, elle n'avait pas tout à fait tort. Alors bon. Elle jouait de ce statut. Et pourtant, elle était raisonnable, en un sens. Pas comme toutes les autres effarouchées qui la jalousaient comme personne. Ah, au pays des démons, quoi. Elles l'ont trouvé, et elle s'est défendue comme elle a pu. Sans succès, tu m'diras. M'enfin elle aura essayé, ça joue en sa faveur. Bref, au moment où elle a posé genoux à terre face à ses bourreaux, l'une des succubes s'est approchée d'elle et lui a dit : "Si tu aimes tant que ça être son jouet, alors tu en deviendras un, Lisbeth. Pour l'éternité." C'est alors qu'elle fut transformée en poupée, puis envoyée sur Terre sans possibilité de retour. Sauf qu'en fait, Lucifer n'est pas complètement stupide. Ouais, je sais, utile comme remarque. Et du coup, il a fini par apprendre quel traîtement avait été infligé à sa dulcinée. Il est allé gentiment engueuler les démones, et pour les châtier comme il faut, ben il les a transformé en poupées. Ouais. Et le comble, c'est qu'il les a obligé à prêter allégence à Lisbeth, celle qu'elles haissaient le plus au monde. Depuis, toutes les poupées obéissent à Lisbeth au doigt et à l'oeil. C'est marrant, non? ... Ouais, je sais, tu t'en fous. J'sais vraiment pas pourquoi j'perds mon temps à t'parler, tu répondras pas. M'enfin quoi, j'aime bien être là. Ca fait cinq ans, là. Cinq putains d'années que j'me bats pour cet instant. Mais ne t'inquiète pas. Je serai là désormais. Mmh? Putain, t'avais pas autant de cicatrices que ça, toi, avant...

Je traîne sans but mes vieux os fourbus,
Je me languis de l'inconnu.
Pouvoir et gloire sont bien dérisoires,
Face au néant de mon désespoir.

Je sais pas où me mettre. Tu es là, face à moi. Durant tout ce temps... Comment est-ce possible... Je... C'est tellement confus, désolé... C'est juste, te voir, c'est... Tu te souviens, de nous deux...? Je... J'me souviendrai toujours de toi, dans l'arbre. Tu te souviens...? Quand tu m'épiais. C'était un cerisier en fleurs. Et tu t'y étais cachée. Tu portais ce superbe kimono blanc, et tes cheveux étaient toujours aussi sombres, noirs. Longs. Tu me faisais penser à... Kayako. Ouais, c'est ça. Kayako. Ou Samara. Je sais plus. Une des deux. Peut-être les deux remarque. Oh merde. Alors tu me vois. Tu étais là depuis tout ce temps. Depuis combien de temps...? Je n't'ai jamais vu ici, si...? Non, je t'aurai reconnu... Je... Menteur. C'est faux. Faux. C'est faux, ce que tu dis, faux. Tu me mens. Tu m'as menti. Méryl. Non... Non, je...

-Ça compte pas, ça compte pas! C'était pas la question que je voulais poser. Et tu as pas encore répondu, alors elle compte pas hein! Du coup, du coup, il ressemble à quoi le glaive que tu dois retrouver?

Je ne t'ai pas menti... Si? Je... Non...! Toutes les questions que tu m'as posé, je... J'y ai répondu, j'ai pas ment... J'ai... J'ai menti, mais quand...? Tu... Ah bon? Mais je... Non! Non, pourtant, non! Je suis sinc... Non? Je... Tu as oublié. Tu m'as oublié. Je ne pensais pas te revoir ici! Je... Non, vraiment, je ne savais pas! Depuis combien de temps tu es là? Longtemps? Je... Cinq ans, tu dis? Cinq? Mais... Mais que... En quelle année était-on? Quand est-ce que... Mais depuis quand, que s'est-il passé?! Réponds-moi, putain! Réponds-moi, j't'en prie! Ca fait cinq ans que je suis ici? Vraiment? Mais je... Tu es là, tu dois bien savoir que le temps n'est plus le même ici que sur Terre! Tu le sais, non?! Je... Réponds-moi.

- ... Un... Glaive?...

Réponds-moi. Mais c'est fait! Putain! Arrête ça, arrête ce jeu-là! Tu... Je ne sais pas quoi dire, ça fait si longtemps... Je... Oui, tu as raison, j'ai oublié... Je n'me souviens de rien, je... J'avoue, oui, je suis désolé... Mais comprends-moi, je ne sais pas comme j'en suis arrivé là, et toi, si ça se trouve, tu as... Mais non, bien sûr que tu te souviens de tout! Je... Je suis navré! Vraiment! Je ne sais pas comment s'est arrivé, mais c'est arrivé, c'est tout! Et puis, je revois quelques passages de ma vie, oui, mais rien de... Enfin... Il n'y a jamais rien eu sur toi jusqu'à présent... Je... Je suis désolé...

- Quel glai...!

Ta main qui prends la mienne. Soulève. M'emporte. Ne pas rester là, décamper. C'était ça. Il y avait bien... C'était...

La lune dans une coupe de saké.
Tes cheveux noués par les baguettes de coutume, tu déposes devant les yeux ébahis des dieux et de la Lune ton précieux. Celui qui te faisait rêver. De tous, il était ton favori. Noir et or, aux motifs simples. Quelques fresques aux reliures dorées, et un cercle d'une géométrie irréprochable au centre. Une fois plié, sa dimension astrale était réduite à néant. Sur ton présentoir, il était toujours grand ouvert. Aux yeux de tous. Tu venais de le refermer. Ainsi. Au lieu de cela, tes manches furent dénouées par tes ongles longs, les cordelettes étrangleuses abandonnées, et entre leurs coutures se distinguait une nouvelle bouteille. Aucun respect, tu attaquas l'ouverture avec les crocs. Ta puissance fut sans équivoque. Une coupe était déposée au sol, près des mémoriels. Tu t'en entichas, versa le nectar à la surface, sur tes doigts, le long de tes formes. Tu étais trempée. Tu sentais l'alcool à en avoir le vertige. Sans attendre, tes yeux versèrent une dernière larme. Le reflet lunaire au creux des mains. Elle le bu sans plus attendre, le jeta contre le mur du fond. Il se brisa en un millier d'éclats tranchants. Sur le socle, une lame, deux. Sans hésiter, elle s'en empara, les accrocha à sa ceinture.

Comment peux-tu encore imaginer ça, je... Je ne comprends pas! Où va-t-on? Que... Comment tu t'appelles...?
Marijane, c'est faux. Lisbeth c'est faux. C'est tellement, tout est tell...
Try as I may, it doesn't last,
And will we ever end up together?
No, I think not, it's never to become,
For I am not the one...


-Je vais t'aider à trouver ton glaive! On n'a qu'à continuer les questions-réponses pendant qu'on cherche!
- Questions-réponses? Mais comment tu t'app...!

À découvert. Mis à nu. Quoi? Pourtant la fuite était parfaite... La vierge et son adonis s'aventurant dans la forêt pour y vivre pleinement leur amour... Non? C'est pas ça? Elle s'est prit les pieds dans un obstacle et sa chute a créé la chute du conte de fée. N'en est plus un. Vivre arrachée. Vivre recousue. J'aurai tellement aimé pouvoir la retenir, mais sa danse était si parfaite que... Que...
Son visage à quelques centimètres à peine du mien. Le masque salvateur, qui nous évite le baiser volé. Merci. L'un au-dessus de l'autre, je fais attention à ne pas l'écraser. Comme je peux. Son bras s'est démis. Paille et coton à découvert. Ne pas bouger. Je sais.

- ... Sally... Sally, c'est... C'est ça! Sally, amante de... Jack! Qui l'épie dans le cimetière, qui rêve de sa passion interdite! C'est ça! C'est ça! Je savais que j'te connaissais! Tu... Tu lui ressembles beaucoup. Tu es joli.

Redresse. Je me lève, regarde autour de nous. Personne à l'horizon. Parfait. Récupère son bras, lui tend ma main pour l'aider à se relever. C'est d'un compliqué, de se souvenir, ici...

- Le glaive a une garde en acier, avec des motifs floraux. C'est tout. Debout. On te recoud et on y va. Je ne cache plus mon sourire. J'en ai marre, à force. Mon collier me brûle la poitrine. Et pose-moi toutes les questions que tu veux. J'aime pas ce jeu.
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MessageSujet: Re: Partition. /!\ [Morjane.]   Jeu 9 Fév - 22:55

Et voilà. C'était déjà la deuxième fois que Morjane le zombie se retrouvait cloué au sol par Maena la Sirène. Oui, bon, cette fois c'était la faute du petit garçon anciennement hémophile, mais il n'empêche que le laycaïste était encore une fois allongé sur lui, son visage à quelques centimètres, millimètres même, du sien. Le mort-vivant démontable et remontable à l'infini était gentiment allongé sur le dos suite à sa chute, fixant de ses grands yeux rosés les yeux vairons de son nouvel ami. Il papillonna un peu des yeux, ses cils longs et recourbés battant vivement, surpris de se retrouver encore une fois dans cette position. Puis une grimace déchira son visage d'angelot pas très catholique. Une douleur fulgurante lui remonta de l'épaule jusqu'au crâne. Une douleur qu'il connaissait bien. Il sentit tout son corps se tendre en un réflexe de survie inutile alors que ses nerfs à vif, tordus et arrachés sans ménagement, sonnaient l'alarme. Qu'il pouvait haïr cette douleur devenu vaine. A quoi ça lui servait, de souffrir le martyr à chaque fois que l'un de ses membres se faisait tordre ou sectionner, maintenant qu'il était déjà mort? Un peu de chaire fraiche et de sang encore chaud jaillissant d'un jeune cadavre voir d'un vivant suffisait à lui faire repousser n'importe quel organe, quelques bouts de ficelle et une aiguille conduite d'une main experte suffisait à recoller les morceaux. Un faible gémissement lui échappa, passa dans la fine ouverture que ses lèvres à peine entre-ouverte offrait. Il n'avait pas prévu de se faire mal comme ça. Il ne s'y était pas préparé. Et il lui fallut quelques secondes, peut-être une minute, avant d'arriver à reprendre le contrôle de son être. Ses muscles faciaux formèrent douloureusement une sourire insouciant. Ses muscles se relâchèrent peu à peu. Et ses joues rosirent miraculeusement vue le manque de sang dont il faisait preuve. En tout cas, il les sentit se réchauffer en entendant ce que Mae lui disait. Il était joli. Il n'avait aucune idée de Sally et il ne connaissait pas de Jack, à part pour le grand-père qu'il avait croisé durant plusieurs mois dans les couloirs de l'hôpital. Mais il n'en était pas mois que le masqué lui avait dit qu'il était joli. Pas mignon, ni adorable à la manière d'un enfant, mais joli. Un sourire ravi, un peu timide et embarrassé mine de rien, mais rayonnant qui illuminait ses pupilles apparut sur son visage.

-Me... Merci!

Morjane ne chercha pas à retenir la Sirène contre lui lorsqu'il se releva. Pourquoi aurait-il fait ça? Il était déjà sur son petit nuage après avoir entendu qu'il le trouvait joli. Un vrai petit bonheur pour le zombie qui avait une certaine tendance à être infantilisé. La douleur atroce qu'il ressentait était passé au second plan avec juste ces quelques mots qu'il venait de recevoir et qu'il commençait déjà à chérir. Sans hésiter, il glissa sa main dans celle de son supposé ennemi. Non non, définitivement, Mae n'était pas quelqu'un de mauvais. Les gens qui colportaient ses horribles rumeurs devaient avoir mal interprétés ses actions, ils ne connaissaient pas ses raisons. Il n'avait qu'une version des faits, c'était pour ça qu'on racontait d'horrible chose à son sujet. Du moins, il lui semblait qu'on racontait d'horribles choses sur le compte de la Sirène. Morjane avait beau n'écouter aucune des rumeurs qui ternissaient l'image des uns des autres, il n'empêchait qu'il entendait certaines choses au détours des couloirs sans le vouloir. Et ce surnom si particulier avait terminé par lui rappeler quelques souvenirs. Il serra la main faussement accusée d'être cruelle et sanguinaire qu'était celle de Maena, et y trouva un appui pour se lever. Debout, il le regarde sans détour, son sourire enjoué et rayonnant collé aux lèvres.

-Fleurs et acier! Compris!

Puis ses yeux qui voyaient presque tout en rose glissèrent vers le bas. Il regarde l'autre main de la Sirène, celle qui tenait son bras arraché. Une couture mal faite avait dû lâcher. Encore une. C'était assez dur de trouver un fil de bonne qualité, fin, brillant, gorgé de couleur et robuste. Les ressources étaient rares sur Alea Jacta Est. Il fallait savoir se satisfaire de ce que l'on trouvait et de ce que l'on arrivait à matérialiser. Il fit une petite moue, pinçant ses lèvres et fronçant le nez. il soupira rapidement, d'une manière un peu contrariée. Se recoudre un bras, surtout au niveau de l'épaule, n'était pas une chose facile. S'il le faisait lui même, aucun doute : il allait faire des bêtises. Il n'arriverait pas à voir l'endroit où il planterait son aiguilles. Ses points seraient irréguliers, trop serrés par endroit, trop lâches à d'autres moments. L'aiguille serait parfois plantée trop profondément et d'autres fois elle passerait trop près de la surface de sa peau pâle.

-Hummm... Ce serait plus simple si Castiel était là... D'habitude c'est lui qui me recoud les bars. Tu le connais?

Morjane pencha la tête légèrement, se demandant si son complice de couture connaissait nouvel ami au masque. Il fit basculer sa tête de l'autre coté, la penchant au-dessus de son épaule gauche sans lâcher les yeux de Mae de son regard franc qu'aucune trce de malice n'assombrissait.

-Tu crois que tu pourrais me le recoudre? Tu sais comment coudre? C'est facile, tu verras! Tu plantes l'aiguille et fiouuuu... tu la fait passer dans mon bras pour la refaire sortir et tu replantes l'aiguille et fiouuuu... Pas compliqué!

Le garçon fouilla dans l'un de ses poches. Il en ressortit son coussin à aiguille, une bobine de fil vert amande, une petite paire de ciseau de couture en acier. Il tendit le tout à Maena et attendit qu'il les prenne avant d'enlever maladroitement sa veste en fourrure. Il la laissa tomber par terre et la lissa pour pouvoir s'assoir dessus. De toute manière, elle était déjà complétement sale à force de tomber sur ce mélange de terre gorgée de sang et de cendres qui recouvraient le champ de mars. Lorsqu'il fut content de son œuvre, il s'assit en tailleur sur la fourrure. Il était prêt, la Sirène pouvait commencer à le réassembler.

-C'est pas grave si c'est pas très bien fait. Je demanderai plus tard à Castiel de me recoudre si les points ne tiennent pas très bien. Et dit, pourquoi tu aimes pas ce jeu? Et c'est qui cette Sally? Et Jack?

Le glaive pouvait bien attendre quelques instants. Des petites jambes n'allait pas lui pousser pour partir se cacher. Et personne d'autres que le zombie et le masqué n'était présent sur le champ de mars. Autant s'installer aussi confortablement et prendre le temps d'être recousu.
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MessageSujet: Re: Partition. /!\ [Morjane.]   Lun 13 Fév - 0:23


Allégresse.


Des notes. Des notes qui n'ont de cesse de me bercer. Virevoltent. Virevolte. Isolée. Isolées. Il y a comme... Un air de déjà-vu. Son visage m'inspire. Tu sais pourquoi? J'aimerai tellement comprendre ce qu'il m'arrive. J'aimerai comprendre ce qui fait que j'agis de la sorte. Il y a quelque chose, tu sais. Tu fais blocage. Un mur. Ritournelle. Farandole. Un mouvement circulaire, tu noteras. Toujours ce rond. Ce cercle. Cette chose qui se répète, comme un cycle. On dirait que... tout est condamné. À revivre la même chose, à des moments différents. Comme si ta vie était déjà scellée. Était déjà prévue. Comme si tu n'avais rien d'autre à faire que de suivre le mouvement. Peut-être que c'était prévu. Peut-être que tout était écrit. Peut-être que tout s'écrit en ce moment-même. Pour moi. Pour lui. Pour eux. Pour les autres. Ici ou ailleurs. Ici et ailleurs. Peut-être que ce n'est qu'un cercle, après tout. Une ronde. Un temps. La musique est aussi simple que ça, en fait. Sans doute. De toutes façons j'en sais rien, et y'a pas moyen d'le savoir vraiment. D'un autre côté, regarde ce que c'est devenu. Tu crèves, tu ressuscites. Aussi simple que ça. Tu reviens. Tu vis la même chose à des moments différents. Tu as changé, entre temps, c'est ce qui fait que c'est différent. Mais c'est toujours la même mélodie. Toujours le même refrain chanté avec une voix différente. C'est triste de dire ça, en fait. Ça fait très condamnation. Autrement, j'm'en fous. J'suis là. Voilà. J'ai épuré tout ce qu'il y avait à dire, au final. La même partition.
J'en ai assez de me répéter. J'en ai marre de vivre ce jour sans fin.
Tu sais, depuis combien de temps je n'ai pas dormi...?
Depuis combien de temps tu me bouffes?

Toujours la même sonate usée. Toujours les mêmes notes, les faux raccords, des cadres mal placés, les notes dégueulasses, la partition tâchée. L'encre indélébile. Les coutures défaites. C'est le même atelier qui ruisselle de bordels en tous genres. La même chose. Ce qui me sauve, j'en sais rien. Rien ne me sauve. J'suis con. On n'est pas là pour moi. Et quand bien même on le s'rait, j'le verrai pas. Tu sais pourquoi? Parce que j'ai jamais rien vu. J'ai jamais rien pu voir. Et j'grandirai jamais plus. J'veux plus grandir si c'est pour saigner comme j'ai pu saigner. J'veux plus ressentir ça. J'veux... J'sais pas. J'veux pas. J'vois pas pourquoi je verrais les gens autour de moi maintenant. Je me suis toujours sorti du bourbier seul. J'm'en suis toujours tiré. J'ai besoin de personne. J'ai plus goût aux gens. J'les envierai plus. J'ai pas à jalouser qui qu'ce soit. J'ai personne à regarder. J'ai personne à voir. Je suis seul. Je suis seul, désormais. C'est égoïste. J'n'ai pas changé. Toujours le même foutoir dans mon crâne. Toujours le même chantier en activité. Toujours la même sonate usée.
On tombe et on s'relève, c'est comme ça. Toujours la même. J'suis lassé de tout ça. J'en peux plus, si tu savais. J'me sens... vide. Comme toujours. J'vois plus pourquoi j'me pose encore la question. J'vois pas pourquoi j'le redis. J'ai toujours été qu'une loque. j'ai toujours été qu'une ombre sans couleurs, âpre. J'ai même plus la place de témoin, j'vois rien, j'comprends rien. Je suis un vieil acteur. Je suis là depuis combien de temps, maintenant...? Ça doit fait un bail. Uh. Qu'est-c'tu veux qu'j'en dise, moi. J'veux plus rien voir. Même. J'ai plus grand-chose à voir. Les macchabées, la guerre, le carmin. Ma vue est de plus en plus pourrie, j'y vois de moins en moins bien. C'est qu'il doit bien y avoir une raison, non. Tout s'éloigne. J'n'ai plus rien à mirer. J'ai plus besoin de ça. Tout s'éloigne. Seul avec mes propres notes. Seul. Je savais que j'finirai comme ça, de toutes façons. C'était écrit.
Tu ne sais plus rien de ce que j'ai pu ressentir. J'ai l'impression... Je me fais des idées. Mais... Tu me parais si loin, désormais...
Tu crèves de tant de rien. Qu'est-ce qu'il y a? Rien. Désolé.
Je t'ai arraché le bras. Désolé.
Je t'ai fait heurter le sol. Désolé.
Je t'ai brisé le crâne. Désolé.
Je t'ai ruiné le buste. Désolé.
Je ne t'ai pas écouté. Pourquoi ne t'ai-je pas entendu plus tôt, Sally...? J'aurais réfléchi avant de monter dans ce traîneau. J'aurais su que c'était une mauvaise idée. Mais vois-tu, toi qui as encore des yeux vivants, tu peux te permettre de voir les choses. Parce que tu ne fais que te douter des choses. Parfois, tu es surpris. Ça fait partie de la vie. Tu vis. Mes pupilles se meurent sous mes paupières. Je n'vois rien. C'est égoïste, j'n'en ai cure. Regarde mes yeux, Sally. Tu les vois..? Non, bien sûr. Tu sais pourquoi? Parce que je n'en ai pas. Deux grands orbites vides. Le néant intersidéral incarné en deux orifices dépourvus de globe. Tu es la géante gazeuse qui manque à mon système solaire. Le bonheur qui a déserté mon cadavre d'épouvante. Tu es l'étoile de mon ciel. Tu es la pièce perdue d'un puzzle déchiré et qui ne sera jamais achevé. Tu es la démystification des grandeurs. Tu es la raison. Tu es la logique qui me manque. Tu es l'ordre qui me fait défaut. Sans toi, ma lumière, le brouillard m'envahit. Je suis coincé au sol. Je ne flotte plus comme je pourrais le faire. Je te parle mais tu n'écoutes pas. Tu es si loin...
On tombe et on se relève. Toujours les mêmes accords. On s'y fait, à force. Perdre, gagner, perdre. Cycle décrit par le brillant de tes yeux.
Tu as quelque chose qui me plaît. Tu as quelque chose de particulier.

Il me remercie. Trop d'honneur. Agrippe ma main. Je le hisse debout. Sur la même marche. Il est plus petit que moi. Pas de grand chose, mais il est plus petit. Je garde sa main dans la mienne. De la chair qui s'apparente en fait bien plus à un tissu repris et cousu des milliers de fois qu'à de la chair. C'est presque perturbant comme délire, en fait. Et tu souris. Tout le monde sourit. Je sais pas comment vous faites pour sourire, les gars. Surtout dans un moment pareil. Parce que j'veux pas dire, m'enfin il m'a laissé un bras dans la paluche, là. Et il trouve le moyen de s'arracher un sourire. Et tu sais c'qui m'rend fou? tu sais c'qui me fait vriller d'la boule complet? C'est qu'il est sincère, putain. Il est sincère. Et ça m'tue, ça. Ça m'tue qu'on puisse être sincère comme ça. J'comprends pas. J'dois pas être fait pour comprendre le bonheur. J'abandonne pas. Mais j'le laisse aux autres.
Là tu vois, ça m'déplairait pas de foutre le camp avec son bras. Ça changerait du quotidien, disséquer un zombie, putain. Puis c'est toujours un bras à ouvrir et à décortiquer. P't'être qu'en fait c'est juste magique, qu'il n'y a pas de réel mécanisme derrière tout ça. Ça veut dire que les zombies en fait sont des êtres magiques. Énorme. Ou alors c'est propre à la race des poupées de chiffon. Faudrait demander à Sally, là. Il est juste devant moi, tranquille, à visiblement chercher des yeux quelque chose. Qu'est-ce qui peut bien attirer son attention comme ça, à l... Le glaive. Ah ouaiiiiiis. Pas con. Il voulait m'aider à l'chercher, c'est vrai. Il est con d'ailleurs. Ça pourrait être une arme pour le trucider, rien à foutre. Ah mais c'est vrai j'suis con, c'est un zombie, il peut pas crever comme ça. Non puis vu comme il a l'air neuneu, lui, doit pas y avoir assez dans la caboche pour comprendre les subtilités de son don. J'imagine que lui poser des questions là-d'ssus s'ra aussi utile que d'demander à un chien hargneux d'lâcher son os. Qu'est-c'tu veux, on peut pas tout avoir. Mais alors là ce serait merveilleux t'sais quoi. Non, c'est certain, j'perds mon temps. Il y connaît rien, ça se voit. Dommage. Et il me regarde, ça y est. Ouais, bon. C'est bien ce que je pensais, l'épée. J'suis pas motivé, mais lui il a l'air chaud. J'ferai semblant de chercher et c'est lui qui f'ra tout l'boulot. Bon plan, ça, ouais.
Il s'intéresse finalement à ce que je tiens et qui lui appartient. Il serait temps, mine de rien. Un gros silence. J'hésite à tousser ou quoi pour meubler. Aller, vieux, ça devient franchement psycho, là, accouche d'un truc à dire je sais pas.

-Hummm... Ce serait plus simple si Castiel était là... D'habitude c'est lui qui me recoud les bras. Tu le connais?

...
La prochaine fois, on ferme tous les deux notre putain de gueule. Tous les deux. D'accord? Oui, d'accord.
Il y a des musiques qu'on n'oublie pas. Trop puissantes, trop symboliques. Il y a des sons que l'on ne peut plus entendre. Trop d'émotions. Trop de souvenirs. Des partitions sans anicroche, c'est rare. Moins que des partitions sans silence. Je ne sais vraiment pas quoi dire. Vraiment pas. Un goût de cendres dans la bouche. Comme s'il venait... d'annihiler tout ce qui me compose. Eau, organes. Tout. Comme s'il venait de me vider. Un grand coup à l'arme blanche dans l'ventre, tu sais, histoire de bien tout enlever, et me remplir d'énormes pierres. M'en faire avaler, parce qu'on me laisse l’œsophage, on touche pas à ma gorge. Quitte à faire de moi un homme pierre. Un homme roche. Un homme triste, stoïque. Un homme inébranlable. Ça m'convient pas. C'est un nom que j'ai du mal à entendre. Que j'ai du mal à comprendre. J'essaye d'm'y faire, mais j'y arrive pas. Trop de malaise quand je repense à cette nuit. Mal au ventre. Mal au front. Mal au crâne. J'passe ma main dans mes ch'veux. C'est là que c'est fendu. C'est par là que tout a commencé. Que tout démarre. J'aime pas... savoir ça. J'aime pas me dire ça. J'aime pas y repenser. Je ne le connais pas vraiment, non. Je n'connais rien à son propos. Je suis un menteur. Ça doit être pour ça qu'on réagit de la sorte. Aucune idée. Je suis un menteur, alors. Je dois mentir, à son sujet? Je dois lui mentir, à lui? Ce serait simple du fuir. Je dois jouer avec les mots. Mais je n'sais plus faire maintenant. J'ai p't'être jamais su faire en fait. Je... Non. Attrape ce qu'il tend, et recouds lui le bras. Il ne te demandera rien d'autre. Après, tu cherches ce glaive, tu te casses d'ici. Et tu n'y penses plus. Et tu ne souffres plus.
Facile. Très facile. Après tout, hein? C'est l'histoire de quoi... Une minute? Deux? Le temps de renouer les liens. Le temps de recoller les morceaux déchirés d'une partition qui me poursuivra sans doute jusqu'à la fin des temps. Faire souffrir, mourir, faire souffrir, mourir. De temps en temps l'ouvrir, s'en vouloir, se taire. L'ouvrir, la fermer, écouter, ne pas entendre, oublier, négliger, ne pas comprendre, s'en manger une, laisser tomber, perdre espoir, se relever, tomber. Faire souffrir, vaciller, s'écrouler. ce sont des mouvements simples, en fait. Tu fais passer le fil et tu tires. Tu plantes l'aiguille dans le tissu et tu la fais ressortir. Toujours pareil. Uh. Toujours pareil...

- ... J'vais l'faire...

On n'entend pas les murmures aussi timides. On n'entend plus grand chose venant de moi. On voit beaucoup, on raconte énormément, mais on parle sans savoir. On dit le nom de l’œuvre sans jamais l'avoir écouté. C'est comme ça. Ça fait partie des classiques sans pour autant être vu. Destinés... À rester des légendes. De simples... mythes, oui. Est-ce qu'on a besoin d'être autre chose que ce que l'on est déjà? Est-ce qu'on... a vraiment besoin de changer les choses? Pourquoi s'évertuer à crever l'évidence. C'est comme ça, pas besoin de modifier quoi que ce soit, si. Je le recouds et je me casse, je m'arrache avec lui sous l'bras, je l'ouvre, j'le déchire, j'en fais mon clebard attitré, il devient ma chose, ma poupée, mon jouet, mon pantin, ma marionnette, ma propriété, mon dû, mon présent, mon cadeau, mon précieux, ma nef, ma...
Violent haut-le-cœur. Faut qu'j'me calme.
Il est assis, il attend. J'pose un genou à terre, j'suis trop grand. J'ai l'habitude de coudre les gens, mais en général c'est pas exactement pour les sauver. Pas tout à fait. J'devrai m'en sortir. C'est qu'une fois de plus. Comme quoi tout est pareil, alors que tout est différent. C'est un cycle qui se répète, avec des éléments divergents. C'est tellement étranges, en fait. C'est logique et parfaitement incongru en même temps. J'vois pas pourquoi j'y prête attention. J'devrai pas. J'me répète.

-Et dit, pourquoi tu aimes pas ce jeu? Et c'est qui cette Sally? Et Jack?

Je commence mon travail. C'est simple, au final. J'suis toujours minutieux. J'aime quand les choses sont bien faites, j'supporte pas le boulot bâclé, pour moi c'est du foutage de gueule. Alors il aura une couture propre et belle. Une couture digne de ce nom quoi. J'fais attention. J'oublie le reste. Toujours similaire. Ça transperce la peau, une fois, deux, une nouvelle fois, encore, toujours, encore, toujours. À force, la mélodie est tellement répétée qu'elle est connue par cœur. Ça donne quelque chose de magnifique. D'impeccable. De parfait. De triste, peut-être. De lourd, à force. Même la beauté, la perfection, finit par s’essouffler. C'est là qu'il faut changer de rythme... Non?

- ... Tu aimes les histoires, les contes...?

Je n'ai pas répondu à sa question. Si j'avais pas les doigts occupés, j'me les boufferai. Ou j'me gratterai. Je sais pas. Sans doute les deux.

- ... Et pour ta gouverne, je le connais. Pas beaucoup, pas autant que j'le souhaiterais. Mais je le connais. Mais tu aimes les contes? J'peux t'en raconter un si tu veux. C'est dans mes cordes.

J'arrive au moment où j'ai suturé le haut de l'épaule, où il faut que je continue l'aisselle. Je lui lève le bras, pas d'gène. C'est beau, ça tient bien. Peut-être un peu trop bien. C'est vrai que je serre. Mais à force de bouger le bras, ça va se détendre tout seul et ça deviendra plus souple. Suffit de laisser faire le temps. Le fil va s'abîmer rapidement vu son état, les fibres devenir plus relâchées, c'est naturel. Non. Vraiment. Ça sera bien. Tout sera bien. Comme d'habitude. Comme d'habitude.
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MessageSujet: Re: Partition. /!\ [Morjane.]   Mar 29 Mai - 13:13

Un point, deux points, trois points... L'aiguille perçait puis le file suivait. Morjane ne put s'empêcher de froncer les sourcils. Il avait beau l'habitude d'être cousu et recousu, il n'empêchait pas qu'il appréhendait toujours la piqure de l'épine de fer dans ses chairs, transperçant impitoyablement sa peau pour mieux le rafistoler; le tout joyeusement accompagné par une petite douleur devenue familière bien trop vite. C'était bizarre quand même! Pourquoi ressentait-il encore la douleur? Après tout, avoir mal n'était rien d'autre qu'un signal destiné à nous prévenir lorsque le corps était en danger. Mais dans le cas du mignon zombie, ça ne servait strictement à rien puisqu'il lui était presque impossible de mourir. Voilà une énigme que Morjane, la poupée définitivement pas masochiste contrairement à ce qu'on pourrait penser, - toutes ses cicatrices étaient le résultat de malheureux accidents et non pas de jeux quelque peu particuliers - n'était pas prêt de résoudre malgré toute sa bonne volonté. Le presque immortel se laissait aller à sa petite méditation sur le pourquoi du si bon fonctionnement de son système nerveux tout en regardant l'aiguille filer de l'épaule au bras puis du bras à l'épaule entre des doigts plus agiles qu'il ne l'aurait cru. Maena savait étonnement bien coudre. Le petit zombie s'était quelque peu attendu à devoir aller dans les prochains jours rendre visite à Castiel pour lui demander de bien vouloir le rafistoler comme à son habitude : Morjane avait eu la vague impression que la Sirène ne participait pas souvent à l'atelier couture. Se laissant faire avec un certain contentement, il se retrouva avec le bras en l'air. Ouch... les points étaient peut-être un peu serrés...

-Hummm... Oui, j'aime bien les histoires. Tu vas m'en raconter une? Quelle genre d'histoire? Une histoire qui parle de princesse, de dragon, de tours enflammées et d'un chevalier?

Et vive les contes de fées. Le zombie aimait ça, les contes de fées où la gentille d'abord en fâcheuse posture termine par être reconnue comme étant la princesse légitime et trouve l'amour de sa vie, lui assurant ainsi un avenir heureux et prospère. Il aimait aussi les histoires où le grand méchant loup, après avoir failli dévorer toute la famille du héros, terminait par rencontrer le courageux chasseur qui rendait justice sans la moindre hésitation. Et celles où les héros déjouent les pièges des ogres par leurs ruses. Et celles où... Bref, Morjane, celui qui était vivant mais déjà mort, avec ses grands yeux débordant d'étoiles et qui pouvaient pratiquement lancer des rayons laser composés de petit cœur à à peu près n'importe qu(o)i, premier distributeur officiel de câlins et de bisous de la cité d'Oppse, membre VIP du club officiel des fans de "mon petit pingouin, emmène moi sur ta banquise magique", citoyen émérite de Lalaland; ce même Morjane aimait les contes de fée. Et il s'employait à toujours éviter de penser à la véritable signification de ces histoires. Il ne cherchait jamais à décrypter la symbolique pourtant parois évidente qui les remplissait comme il ignorait consciencieusement toute la cruauté qui en faisait leur relief.

Alors voilà, son bras au-dessus de sa tête, son regard, tellement honnête et pur qu'il en devenait carrément inquiétant, braqué sur le visage de Mae comme les phares d'une camionnette par une nuit de nouvelle lune sur une buche suicidaire qui décide de se figer en plein milieu d'une petite route de campagne sinueuse et truffée de nids de poule; le zombie attendait que son nouvel ami commence. Et dès qu'il eut commencer son récit, le mort-vivant (tellement amical que ça en devenait carrément suspect au point où on commençait à très sérieusement craindre pour sa santé mentale si un jour il en avait eu une) resta suspendu à ses lèvres. Tout ouï, il ne fit pas attention au léger pincement qu'il ressenti lorsqu'il rebaissa son bras totalement rattaché au reste de son corps. La couture était un peu trop serré, mais ça allait s'arranger avec le temps.
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MessageSujet: Re: Partition. /!\ [Morjane.]   Ven 8 Juin - 17:32


Amphigouri.


Blaireau. C'tout, blaireau, quoi.

Et qu'est-c'que j'vais bien pouvoir lui raconter comme connerie, moi, maint'nant? Les contes, non mais tu t'fous d'moi, j'suis pas foutu d'penser à un truc joyeux d'temps en temps et j'ai pas assez d'mémoire pour m'souvenir de la trame d'une histoire pour gosses. Alors bon, c'pas comme si j'étais dans la merde hein, mais presque en fait. Bordel, j'ai vraiment rien dans l'citron moi des fois. Et l'pire, c'est que con que je suis, je m'inquiète de savoir quoi lui répondre. Genre j'en ai quelque chose à foutre. Et l'pire, tu sais quoi, non mais sérieux. J'm'en fais, ouais. C'est sincère, quoi. Je m'demande vraiment c'que je vais pouvoir lui raconter. Parce que je vais lui raconter quelque chose. Que ce soit l'histoire de cette dévergondée de Pocahontas ou l'histoire de Monsieur et Madame Chaussure et leur jeune Pantoufle qui vont en vacances à la plage, j'vais lui raconter un truc. Non mais faut vraiment s'faire chier, putain.
Alors alors alors... Bon. Qu'est-ce qu'on a, autour... On a des ruines, du feu, des cadavres, du sang, un champs de bataille... Ouh, très joyeux ça dis-moi. Marijane, t'aimes les contes macabres? Non parce que là c'est bien parti quoi. Sinon, ben y'a... Y'a nous. Ouais, nous, aussi. En dernier recours, ouais, plus prudent. Surtout que lui, à part faire le zombie ou la grognasse, j'sais pas à quoi il peut bien servir. La distrib' de câlins au pire oh puis va chier, pas avec nous puis c'est tout. J'suis venu chercher mon colier et un glaive. On peut pas faire quelque chose avec ça...? Mmh... J'vois pas quoi, en fait. P't'être la quête d'un artéfact perdu, une connerie du genre. J'sais pas moi, y'a un explorateur qui s'appelle... Billy, voilà, qui va chercher une amulette sacrée dans... bah dans une caverne, tiens. La grosse grotte lugubre et tout, remplie de monstres et de méchants pilleurs de cavernes ou quoi. Et Billy il y va direct, parce qu'il est brave le Billy, c'est un chic type, normal, c'est un héros. Et puis... Et puis j'sais pas bordel, y s'plante tout seul avec son avion et il meurt comme ça, puis sa dépouille elle est récupérée par des cannibales nécrophiles et puis voilà, fin. Voilà voi... Eh mais non, tu peux pas t'planter en avion dans une caverne, 'fin ça rentre pas. Oh ben y se crash en y allant, dans la grotte, voilà! Va pas m'emmerder, lui, si?!
AÏE! Non mais ça va pas, 'spèce de salop'rie?! J'me suis piqué, voilà, bravo! Ah ben c'est fabuleux tiens, maintenant je saigne! C'est malin, voilà! Ben ma couille, j'ai d'la chance de pas être hémophile j'te l'dis. Aiguille de merde, pour mettre quelque chose dans l'trou ah ça t'inquiète qu'il faut le brevet d'secouriste et un diplôme d'anesthésiste mais pour attaquer les gens, ça, pas b'soin d'formation hein! Va t'faire foutre, c'est dangereux ta conn'rie. Ah putain, ça résoud pas mon problème ça, qu'est-c'que j'vais bien pouvoir foutre... C'est pas mon truc, ça, les histoires... Surtout à l'oral en fait, à l'écrit j'pourrais m'en sortir, mais alors comme ça, là, en impro, c'est vraiment galère... Puis j'suis con aussi, une histoire, j'suis pas conteur à m'balader dans tous les pays du monde et à m'nourrir des mots des gens! On est même pas sur Terre, en plus, qu'est-c'tu veux que j'ai des histoires à raconter? À la limite j'pourrais prendre une des anecdotes de ma vie et en faire un conte, té. ... Mais non, y'a rien de fun dans ma vie ça sert à rien. Bon. Euh, là j'avoue, je dèche hein. Non je sais pas du tout... Un glaive on a dit, pourquoi pas une guerre... pour des gauffres? Ouais, le royaume de Croissant est envahi par les démoniaques sorciers de Pain Perdu, et demande l'aide de l'empire de Chocolatine pour s'en sortir. Et Seigneur Pancake, le dieu du truc, il vient et il arrache tout. Ouais non c'est d'la merde, d'accord.

- Quel genre d'histoire? Une histoire qui parle de princesse, de dragon, de tours enflammées et d'un chevalier?

Ah me fous pas le stress, toi, t'es calu. Non mais j'sais vraiment pas, là, j'suis en gros bug. J'sais pas quoi dire, là. Mais j'vais pas m'avouer vaincu face à l'ennemi cherche pas. J'vais bien trouver un truc à raconter, et j'vais pas montrer ma destabilisation là, tu m'auras pas comme ça vil. Cherche pas. J'vais y arriver. Et arrête de perdre ton temps avec des considérations inutiles pauvre con! Bon, euh... Une tour, ouais, un château... Ouais mais c'est trop commun ça c'pas intéressant... Euh... Une ville, et un super-héros! Non nul, ça, nul. T'as un mec, c'est un paysan, et il cultive... Les fèves. Parce qu'il est sur la côte près de la mer, et il a des champs de fèves, et il survit que grâce à ça. Et il a pas d'nom, il va m'emmerder sinon. Et un jour, il est vraiment dans la merde, j'sais pas pourquoi, et y'a une femme, une très jolie femme bien sûr, qui sort de l'eau, genre comme ça, elle respire pas, et elle sort de l'eau comme ça. Et ils tombent amoureux tous les deux, et ils se marient. Et la femme, elle tisse des paniers. Et ces paniers, ils sont faits d'algues parce que Machine elle passe sa vie à côté de l'eau. Et fait, elle finit par révéler à Machin qu'elle est une des filles du peuple de la mer, et que l'art qu'elle produit possède un pouvoir hypnotique. Parce que ouais, les paniers qu'elle tisse, ils sont magnifiques et se vendent très bien. Pas d'quoi devenir riche à million, mais suffisamment pour avoir de quoi se nourrir d'autre chose que de fèves. Donc elle vend ses paniers, lui ses fèves, et ils vivent comme ça pendant un moment. Plusieurs années plus tard, t'as le mec qui sort à la gonzesse que c'est une feignasse, parce qu'en fait ils ont eu des enfants et que depuis elle passe sa vie au bord de l'eau avec ses mioches et elle en fout pas une, même pas un p'tit panier de temps en temps. Et pu...

Merde j'ai plus d'fil. Merde j'ai fini d'coudre! Ca fait quinze fois que j'reprends le même truc t'sais quoi! Putain, arrache ça, il va crever tellement c'est serré...! Niiiig j'y arrive pas...! Putain m'faudrait un ciseau, là, ou un couteau, un truc pour couper... J'peux pas prendre le risque d'enl'ver l'masque, j'vais lui fair epeur et y va s'barrer en courant le gus, j'fais comment, là, tu m'expliques?! Rah bordel j'en ai marre, y'a qu'sur moi qu'ça tombe ce genre de conn'rie... Y'a pas quelque chose par terre, un truc, j'sais pas... 'Fin pour couper quoi, j'demande pas la lune! Ah, c'est quoi ça...? Un morceau d'conserve, j'suis sûr. Il est un peu carbonisé mais ça devrait faire l'affaire si je scie le fil. Vu comme il est j'pensais pouvoir le craquer rien qu'en tirant dessus mais putain c'que c'est rigide, on dirait pas comme ça, ça paye pas d'mine le salaud. Gnééééééééééé et voilà.
Et j'ai oublié c'que j'racontais. Putain de bordel de merde.

- ... Alors... Ouais. Ouais c'est ça vieux. C'est l'histoire d'une princesse.

Mais quelle idée t'as eu de commencer à baratiner, trou du cul? Maena, y'a des fois où je te hais. Mais je te déseste, mais tu peux pas savoir à quel point. J'soupire, tiens, j'me déprime tout seul. Me voilà bien dans la merde, ça c'est sûr. Et jure que y'a rien pour m'tirer d'affaire, hein, voilà. Solo. Et je tousse. Pour gagner du temps en fait. Je lorgne ses jambes, j'sais pas pourquoi. Comme si ça allait m'apporter la réponse à mes emmerdes tsé, c'est beau d'rêver.

- ... Mais cette princesse elle est un peu particulière, parce qu'elle est belle comme un coeur, mais elle est toujours malade. Elle est toute blanche tu sais, cadavérique comme tout, et elle sort pas beaucoup parce que ses parents, le roi et la reine, ont très peur qu'elle se blesse quelque part et qu'elle souffre toute seule sans personne pour l'aider ou quoi.

Ou l'art de rebondir en toutes situations. Y'a des fois où, franchement, en toute modestie, je suis fantastique. J'ai un don pour ça, j'crois. 'Fin un don qui varie sur le moment quoi. Non parce que des fois c'pas l'cas du tout faut pas croire.
Et faut pas croire non plus que je sois fasciné par ce que je raconte. C'est pas parce que j'aime ça que je m'installe aussi confortablement devant l'autre. C'est pour rien que je suis aussi calme face à lui. C'est angoissant, tant de zenittude. C'est... ouais, c'bizarre en fait. Mais j'ai besoin de me dire que... j'sais pas. J'ai b'soin d'être au minimum dans l'ambiance. D'être concerné, quoi. Ca peut paraître con, ça l'est d'ailleurs, mais c'est comme ça.

- ... Du coup elle est chez elle tout le temps. Et ça la gave, au final, parce qu'elle vit cloîtrée entre quatre murs et c'est pas son truc. Comme toutes les merdeuses de son âge, seize ou dix-sept ans quoi, elle rêve de voir le monde, de visiter, de voyager, de recontrer des gens et de s'faire des amis... Une vie d'ado normal en somme, si on tient pas compte de son statut relativ'ment chiant de princesse. Elle tente à plusieurs reprises de s'barrer de là. Parce qu'elle supporte plus l'ambiance au château, surtout pour ça en fait. Et parce qu'elle se fait chier à toujours devoir obéir aux vieux. Alors pour la punir, le roi et la reine l'enferment dans la tour du château, un bâtiment gigantesque, et bien sûr ils la séquestrent dans la pièce la plus haute, seulement fardée d'un trou en guise de fenêtre.

Baratinage, baratinage. Et l'pire c'est qu'c'est fini, là, j'sius à fond. M'enfin.
T'sais quoi? La princesse, c'est lui. Ouais ben va chier, avec une gueule pareille t'es pas un mâle j'suis désolé. Bon. Va falloir que j'me fasse une palette de personnages, aussi. J'sais c'que j'veux, mais après comment j'le vois j'en sais rien du tout. Euh... Aller j'pioche au hasard. Y'a deux cailloux là bas, le caillou A et le caillou B, et sous chacun d'entre eux y'a une herbe. Depuis tout à l'heure je vois lesdites herbes céder sous le souffle du vent qui arrive une fois d'temps en temps. Si c'est l'herbe du caillou A qui s'envole, j'en prends un d'chez Layca, sinon c'est de chez Oppse. C'parti ma couille.

- Tout ce qui lui reste comme compagnie, excepté la servante qui vient deux fois par jours lui apporter le repas, ce sont ses vêtements. Mais comme elle est moyennement coquette, elle passe plus sa vie à dormir qu'à coudre ou quoi. Elle prend soin de ses cheveux, pas plus, 'fin c'est vraiment l'emmerdemment maximum pour la donzelle.

Vole, vole, voooooooole... Et va chier, l'caillou B a gagné. Bon qui j'connais moi d'chez Oppse...? L'autre là, l'Elu, que j'ai oublié son nom normal, euh... Et y'aMachine sinon là, attends... Attends, non, j'l'ai rencontré dans l'enclave t'sais? Lavi, Levi, Leni, une conn'rie comme ça. Ouais, original ça, ça peut faire un bon trip!

- Jusqu'à c'que, un jour, ouais, un blond vienne épier la tour de son pied. Pas bien grand, mais mignon comme tout, et il attend au pied d'la tour comme ça, tout seul, genre c'est normal. Finalement la princesse croise son regard en passant la tête par sa meurtrière, sa cannionière, 'fin c'que tu veux, ils se voyent. Et t'as Blondin qui est visiblement content de voir que la tour, un peu à l'écart du château, est habitée, et qui saute pour s'agripper au rebord de la fenêtre. Fenêtre qui n'est pas à moins de trente ou quarante mètres du sol, tu m'diras : mah comment est-ce possible?!

Comment j'm'attarde sur des détaaaaaaails c'est affligeant j'te jure. Boh au moins il en aura eu pour ses thunes, qu'il vienne pas s'plaindre après. Puis ça l'met en confiance et tout. J'le vois, il est juste envoûté là. Sérieux. Il décroche pas son regard de moi, il boit tous mes mots. C'est ça, d'avoir une voix divine et des paroles unanimement fascinantes. Hahaha, tout-puissant.

- Eh bien parce que Blondin n'est pas n'importe qui, mais j'y reviendrai plus tard. Princesse le voit agrippé au rebord et l'aide à rentrer dans sa piaule. Là ils commencent à discuter, machin, et Blondin explique être non pas un mage, non pas un paladin, un serviteur ou une autre connerie du genre, non... Blondin est un dragon. Pour Princesse il fait plus lézard handicapé qu'autre chose mais bon, si monsieur dit qu'il est un dragon on va pas l'contrarier. L'endive et la niaise, visiblement ultra contents de se rencontrer, discutent. Blondin lui dit que sa mission c'est de capturer des princesses, tout ça, 'fin le lot habituel d'un dragon d'son espèce quoi. Sauf qu'en ce moment c'est festival pap'rasse avec les autres représentants des peuples fantastiques et lui, en temps que titulaire du titre de député de la race draconnique, il se doit d'y assister. Il raconte à princesse nunuche à quel point les sirènes peuvent être casse-couilles avec les filets d'pêche des marins, oh combien la polémique entre dragons et chevaliers est grande, sans parler du conflit entre les nains et les trolls pour les parcelles de territoire rocheuses. Entre les fées, pixies, dryades et autres salop'ries des forêts qui se confondent et qui réclament la parité avec toutes les autres races, les lycanthropes qui plaident non coupable à tous les meurtres et accidents survenus les soirs de pleine lune, les resencements en tous genres, Blondin n'en pouvait plus et partait décompresser dehors à chaque pause.

J'sais vraiment plus quoi raconter là c'est terrible. Va-y, meuble, meuble, ça vient tout seul. C'est funky en fait le boulot d'conteur. Ca détend.

- C'était donc un de ses temps de pause qui lui avait permis, grâce à ses ailes de puissant dragon -bizarrement caché sous son haut informe et carrément trop large pour lui- qu'il était parvenu jusqu'à la tour et qu'il avait espéré avoir un peu de compagnie. La séance reprenait dans une heure et il fallait à peine vingt minutes pour retourner à bon port, c'était encore large le temps de discuter. Princesse lui raconta alors ses propres péripéties, bien moins rocambolesques ça va sans dire. Et Blondin sembla touché par le récit de la grognasse. Ni une ni deux il lui tendit un arc et un carquois plein de flèches et les lui offrit, sous prétexte qu'elle pourrait penser à lui avec. Princesse refusa d'abord par peur de se blesser ou quoi normal, mais Blondin insista tellement qu'elle finit par céder. Après avoir profiter des minutes qu'il leur restait, le dragon s'envola et laissa princesse toute seule. Chaque jour le dragon revenait à la même heure, l'heure de la pause, vu que le festoche des papiers et des réunions n'était toujours pas fini. Et le jour de cette dernière réunion, la dernière pause donc, Dragon annonça à Princesse qu'il allait devoir retourner chez lui dans un pays très lointain et qu'ils ne pourraient sans doute jamais se revoir.

Quelle tristesse j'te jure. Bon, va m'falloir un autre personnage dans pas longtemps, j'fais comment? Mmh... On va en prendre un d'chez Layca, vu que y'a déjà deux mecs de chez la Ptite Madame. Alors voyons voir...

- La grognasse était évidemment très triste hein, c'est une gonzesse, alors elle se met à chouiner comme pas possible. Blondin réfléchit alors. Et s'il conviait la princesse dans son château? L'idée pouvait fonctionner puisque les nouveaux quotas de kidnapping pour les dragons étaient de treize princesses maximum simultanément et qu'il n'en possédait pour le moment que deux en attendant qu'on vienne les chercher. On a pas idée d'à quel point ça peut être chiant une grognasse isolée, alors deux dans la même pièces j'te raconte pas l'merdier. À la limite le pire que ça pouvait lui apporter ce sont des tensions sup' entre les monarques, les chevaliers et lui. Temps qu'à faire il avait rien à perdre. Il propose donc l'idée à machine qui est au comble du bonheur et qui accepte, heureuse de pouvoir enfin quitter cette tour sordide. Elle fit donc ses bagages, prit l'arc et le carquois en priorité, puis se laissa enlever par Blondin puis mener jusqu'à sa demeure.

Sérieux je sais pas qui choisir. J'ai beau réfléchir y'a rien qui m'vient à l'esprit... Bon en même temps j'connais pas la moitié des gens d'mon clan. Non c'pas vrai, j'les connais, mais j'me souviens pas d'leur prénom alors forcément ça beugue un peu. Puis parfois me souviens même plus d'leur gueule alors c'est dire à quel point j'suis dans la merde. Puis m'faudrait des critères, des caractéristiques, j'sais pas... d'quoi choisir mon bordel, j'vais pas tirer ça au hasard ce s'rait débile.

- Très vite le roi remarque l'absence de sa pauvre fille chérie et sonne l'alerte dans tout le royaume. Des patrouilles de recherches sont organisées, sans succès bien entendu, et comme la famille royale balise menu on fait appel au consulat des chevaliers pour qu'il envoit un de leurs poulains sur le terrain pour qu'il s'occupe de cette affaire. Et répond à l'appel...

Le mec qui fait le moins chevalier d'la Forteresse? ... La question s'pose pas.

- ... Une espèce de lavette rousse, qui arrive au château à dos d'un machin arc-en-ciel, et qui s'fait appeller le Chevalier aux Gnufs. Ce blaireau avait la réputation d'être non pas un branquignol, non pas non plus un coureur de jupons ou autre trucs du style, mais il figurait parmi les chevaliers les plus inutiles et les plus incompétents de toutes les promotions cheval'resques, de la plus ancienne à la plus récente. Le roux était donc d'une efficacité redoutable pour ce qui était de chier ses missions. Le roi pas franch'ment satisfait lui promet qu'il n'aura jamais la main de sa fille si jamais, par un quelconque miracle, il arrivait à la sortir de là VIVANTE c'qui n'est pas une mince affaire, et le roux sembla soulagé par cette nouvelle. Bref, chevauchant ses gnufs adorés le roux part pour la demeure du dragon pour arracher de ses griffes l'innocente et naïve princesse.

Navré Nedict, vraiment navré. J'te r'vaudrai ça.

- Tout semble bien s'passer, mais pas pour tout l'monde. Le roi est vraiment pas satisfait du chevalier envoyé sur le terrain, et du coup essaie de se faire rembourser ou de mobiliser un autre type. On lui dit que c'est pas possible, il râle et du coup fait appel au pays voisin, le pays de la mer. Là-bas, il y a un chevalier qui est aussi prince merveilleux, aussi bien physiquement que pour ses capacités sur le terrain... et en dehors. Ce prince décide de répondre à la demande du roi, et part le rejoindre.

Voilà, j'te l'avais dit qu'on s'rait quittes. Oh quoi, d'toutes façons je sais pas c'qui va s'passer après, alors bon autant en profiter pour redorer l'image. Puis hé, j'ai encore rien dit. Presque. Oh ça va si j'peux même plus être un personnage d'temps en temps.

- Sur la route du palais royal, le bel éphèbe chevalier croisa, sans savoir qui il était, le chevalier roux et ses vaillants gnufs. Et quand il arriva au palais du roi et de la reine pour prendre les rênnes de sa mission, qu'il s'entretenait en privé avec son employeur, déboula dans la pièce une femme pour le moins bizarre. Elle portait une robe très courte et déchirée, des cheveux longs et visiblement sales, mais il y avait mieux: gigantesque, elle était en plus de tout ça voutée comme un bossu. Le chevalier si propre sur lui la reconnut très vite: c'était la princesse du pays souterrain, une de ses groupies. Le pays souterrain, c'était le lieu à éviter à tous prix. Les habitants étaient restés à un stade de l'évolution bien loin de celui des autres pays, et il fallait dire que bon, ben la viande là-bas était pas bien fraîche. Le chevalier passait le plus clair de son temps à envoyer bouler cette pot-d'colle de première tellement elle était pête couilles et gluante, mais rien n'y f'sait, elle était scotchée à lui comme un gros chewing-gum. C'est donc avec cette potiche aux basques qu'il partit en direction du repaire du dragon kidnappeur de princesse.

J'reprends mon souffle. C'est qu'c'est intense comme histoire, sérieux. Puis là j'avoue que j'sais plus vraiment où aller. J'ai une piste m'enfin rien d'bien concluant. Puis quelle heure il est? Pas qu'j'ai des trucs à faire mais presque... Euh, y'a rien pour lire l'heure ic... Bah tiens, va faire nuit dans pas longtemps. Le soleil va pas tarder à commencer à descendre. Putain l'soleil va bientôt s'coucher?! Mais j'suis grave à la bourre, là!

- Ah putain oui quand même. Au boulot vieux, on a un glaive à trouver. Et t'auras la suite si t'es sage.

Sinon j'me fait démolir la gueule en rentrant et j'ai pas envie d'avoir à tuer quelqu'un, j'suis fatigué. alors va chier, je trouve ce machin et j'me casse. C'est quoi c'plan d'raconter des histoires à un zombie, sans rire. J'vais pas bien, moi...
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Partition. /!\ [Morjane.]

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