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 Naphtaline. [Kamui.]

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MessageSujet: Naphtaline. [Kamui.]   Dim 22 Jan - 23:45


They all lie...


Il sait se débrouiller seul. Il n'a besoin d'personne, et certainement pas d'moi.
J'ai halluciné quand on m'a d'mandé d'aller le chercher. Son petit protégé Alvaro devait être en mission à ce moment-là, et tous les autres Elus occupés. Puis, on envoit pas un nouveau ou n'importe qui chercher le grand Elu Primordial. Quoique j'ai envie d'me dire, où il est allé se foutre, lui. Sérieux. Il peut pas s'contenter de... ben, d'être là, à la Forteresse, dans ses beaux appartements j'sais pas quoi, à s'faire servir thé et autres gourmandises comme la petite princesse chérie qu'il est. Tu parles. Gardiennage mes couilles, j'devrai même pas avoir à me demander où il est. Mais qu'est-ce tu veux. C'est d'la faute de personne s'il n'en fait qu'à sa tête. En attendant, j'suis pas motivé. Quoique j'le suis jamais au final. Tant pis. Dis-moi juste pourquoi je suis sur mon sac, là. Ouais non parce que depuis tout à l'heure j'suis en train d'le remplir, sauf que j'comptais pas l'prendre à la base. Mais regarde-moi ça. Pourquoi j'ai un pantalon dedans, tu peux m'le dire? Oh puis merde, j'm'en fous. Pourquoi c'est à moi qu'on a demandé ça? J'ai pas à aller où qu'ce soit pour ses beaux yeux, j'suis Elu, j'fais c'que j'veux. J'adore la tête du type qui arrive vers moi, ouais, faudrait aller cherchez l'Elu Primordial. Ouais, d'accord, mais il est où t'sais quoi. Ben personne le sait. Voilà voilà. Genre il a disparu, l'Kamui. Bon, l'connaissant, il doit pas être bien loin. P't'être du côté de la forêt, de la clairière, tout ça. Il aime les endroits calmes, et je vois pas c'qu'il irait foutre ailleurs. Apparemment, il avait des choses à faire de ce côté là. C'est risqué, il aurait dû y aller avec une petite escorte au moins. Enfin. C'est plus proche de chez Oppse que de chez Layca. Y'a donc davantage de chance pour tomber sur des partisans de la Petite Madame dans ces coins-là. Alors ouais, d'accord, c'est l’Élu Primordial, fils de Layca j'sais pas quoi. Mais c'est avant tout Kamui.
Je fais plus rien. J'suis en bug, en transe sur mes draps. Enfin, j'veux dire. J'regarde mon drap. Mon lit défait. Va savoir. J'le regarde, c'est tout. Je me dis que c'est franchement con comme situation. Avec un peu de chance, il se ferait buter, et je serai vengé de son affront sur la corniche. Ouais, j'ai pas oublié. J'oublie pas quand on m'en doit une. Sauf que là, j'suis ailleurs. Je sais pas à quoi j'pense. Aller, ça y est, j'ai mal au crâne. J'ai découvert un truc, aussi. J'me suis pété les doigts connement, la dernière fois. Là, c'est presque guéri, mais j'ai toujours l'atèle. Faut que je refasse les bandages d'ailleurs. 'Fin. Depuis que je l'ai ai dans le broyeur, si j'ai mal, c'est qu'il va pleuvoir. J'te jure c'est vrai. Ça loupe jamais. Ils doivent avoir développé une fonction prévisions météo en s'affaiblissant, je sais pas. Mais pourquoi j'pense à ça?
J'sais pas quoi faire. Ah ouais, chercher Kamui. C'vrai. Putain. On pouvait pas embarquer un autre Élu, là dessus? Même un Bras Droit, ça suffit, puis merde aussi pourquoi l'autre il décide de foutre le camp tout seul? Si ça s'trouve il est allé s'perdre j'sais pas où dans Alea Jacta Est, il est p't'être pas du tout dans la forêt j'sais pas quoi, t'sais. Il est en retard à une réunion ou je sais pas trop qu... Ah ouais, merde! La réunion! Oh puis fait chier, de toutes façons j'y vais jamais à ces réunions débrieffing. Bwarf. J'sais pas quelle heure il est, mais la nuit commence à tomber. J'sens que j'vais devoir la chercher dans le noir, Blondie. Putain. J'espère que l'portail vers l'orée marche toujours, j'ai pas envie d'me farcir tout ça à pied. Ça met des jours à s'faire, mine de rien, c'est chiant. Non, Machin, là, celui qui m'a dit d'aller l'chercher m'a dit qu'il me le laisserait ouvert. Youpi. Ouais. Je passe le portail, je cours du côté de... de la clairière, c'est ça. On verra bien après. J'ai pris un cahier, mon stylo, mes post-it. J'ai fermé le sac. J'ai le paquet de clopes dans la poche, le briquet avec, la cage autour du cou et le pendentif quelque part sur moi. J'suis allergique au nickel, ma peau ne tolère que l'argent pur. Il est dans ma poche, lui aussi. Il est là. Il est au moins là. C'parti. J'me retourne, j'oublie le sac. Volte face, j'enlève le sweat. Il pleuvra pas, j'ai pas besoin de ça.

On dirait qu'il neige mais c'n'est pas d'la neige. Ça virevolte et ça tournoie. Il n'y a pas la moindre once de vent. C'est en suspension. Ça lévite. Comme ça. J'aurai du m'en douter. J'aurai du m'en douter quand j'ai vu l'herbe changer. Partout, cette putain d'herbe est verte. Verte, mais verte. Là, elle est bleue marine. Même dans la nuit noire, l'herbe n'est pas bleue marine comme ça. J'ai pas spécialement le bleu aussi foncé. Il fait nuit. Ça n'date pas de si longtemps. Il ne sait absolument pas froid, ce s'rait même plutôt l'inverse. La fumée se laisse guider, elle aussi. Par le rien. Par le vide. Je suis vide. Je n'ai jamais vu cet endroit. Personne n'en a jamais parlé. On en sort, pourtant, des ragots sur tout. C'était pas là avant. J'l'aurai vu, sinon. Avec le nombre de fois où j'me suis exilé de la Forteresse pour voyager, je l'aurai vu. J'aurai trouvé. J'aurai su qu'il fallait que j'évite cet endroit. Au mieux. Au pire. Ça doit être le confessionnal privé de Belzeneff. Pas d'autre explication à cela. J'aurai jamais cru ça possible, tu vois. Juste. Voilà. C'est ignoble. Comme sensation. J'entends. Mmh. On t'attrape le coeur, et on te le serre, tu sais. On te le prend, on te le perce. Partout. Des milliers de fois. On le prend, on le compresse. On laisse ton ventre se tordre de douleur, on te cloue quelque part à la merci de tout le monde. De tous les regards de l'univers. Tu la connais, cette sensation...? Celle qui te dit que oui, malgré tout ce que tu as pu faire, tu es vivant. Celle qui te rappelle pas d'la manière la plus délicate que tu es là, que tu le seras toujours. Condamné à errer comme n'importe quel autre mortel sur cet échiquier à la con où tout n'est plus que mascarade, traîtrise, culte et violence. Là où tout l'monde se dit qu'au final, pour survivre, il faut devenir comme eux. Si puissants. Si majestueux. Si uniques. Alors qu'en fait, c'est juste leur moyen à eux de vivre ce désordre, cette folie.
Je sais pas quoi faire. Honnêtement. J'aurai jamais du venir ici. Comment j'suis arrivé là? J'aurai du faire demi-tour. C'est foutu, maint'nant, foutu. J'dois rester là. J'suis pris dans les mailles d'un horrible filet, et je m'en entiche. Le pire, c'est que j'aime ça. J'suis masochiste, en définitive. J'suis juste malade. Arrête, Maena. Te gratte pas. Arrête. Voilà.
Il y a des pétales de partout. J'ai jamais vu un arbre aussi grand de ma vie. Il n'est pas simplement planté là, à laisser tomber ces feuilles stupidement. Il y a quelque chose. Ce n'est vraiment pas un arbre. C'est léthargique. C'est... Mmh. Ferme pas les yeux. Respire pas. Non. Je peux. J'ai le masque. Je l'ai remis. La cigarette se consume seule. Des toxines? Nan. Que pour moi. Ça doit être... uh. Une drogue. Il y a un corps à ma gauche. Ou alors c'est une illusion. Ou c'est moi qui déraille. On vit entouré par le mensonge. J'en suis venu à l'extrême limite de ne croire en personne. Surtout pas en les autres, pas plus à croire en moi. Il y a un corps là-bas, c'est évident. Il y a bien quelque chose. Il y a la Lune. Du moins son équivalent ici. Il n'y a aucun nuage. C'est un endroit en dehors du temps. Je croyais qu'il était mort, mais il dort. C'est un endroit où trouver la paix. En y regardant de plus près, il n'y a aucune traces de bataille. Rien. L'herbe bleue est pure, l'air n'est que trop respirable. C'est cette pureté qui annihile les sens. Qui nous fait dormir. C'est là depuis longtemps? il n'y a aucune notion potentiellement logique d'heure, de temps. Y'a plus à réfléchir. Il faut se laisser guider, ici. Il est là. J'en suis certain. Ça se sent. Il est quelque part part là.
Je le savais, qu'il était pas net. Je le savais. Il ne va pas mieux que moi, au final. Il est aussi perdu que n'importe lequel des mortels tombé ici. Il a juste la place la plus chiante de l'échiquier. Il doit être encore plus mal que nous tous, au final. Petite Princesse adorée. Il est venu chercher sa dose. Il connaissait cet endroit avant nous? Il apparaît peut-être uniquement si l'un des fils des divinités s'y trouve. Qu'importe. J'dois le trouver. Kamui. L'arbre. L'arbre. Il a quelque chose de mirifique. Simplement enivrant. Je sais pas. Il respire quelque chose que je n'ai jamais respiré. J'ai mal au crâne. J'ai mal au bras. J'ai pas mal, je suis engourdi. Mais j'ai mal au crâne. Aïe, mais c'est quoi c'te... Le tronc? J'étais si proche? Mes mains... Ah, puis non. J'ai la tête trop lourde. J'la laisse tomber contre l'écorce. J'me fais pas mal. J'ai déjà trop mal, je crois. Les paumes contre le végétal. L'air irrespirable tellement respirable. C'en devient trop paradoxal pour moi. Tant pis. Pourquoi j'imagine des trucs pareils?
Les pétales qui ne se posent pas. Qui flottent, et avec lesquels la fumée s'accouple à merveille. Je suis ici à ma place. Le rosé des pétales qui doivent lui correspondre. Quoique. Non. Kamui, si je devais le représenter, ce serait... des ple... de quoi? Je... Hum. Des sanglots. On n'me la fait pas. Juste de l'autre côté. Juste, là. Derrière. Kamui, c'est quelque chose venu du ciel. C'est, petit. C'est polymorphe et ça fait pas de bruit. En soi, c'est quelque chose de discret mais de plaisant. C'est une petite chose insignifiante et relativement peu conséquente isolée. Mais ça fait plaisir, en général. Même si ça peut s'avérer plus chiant que n'importe quoi d'autre. Mais malgré son insouciance factice, c'est faible et ça le sait. Ça se donne des airs en public, mais au final, ce n'est rien de plus que le reste. Surtout s'il s'isole. Il est vulnérable et particulièrement fragile. Et il est condamné à tomber du ciel d'où il est né sans pouvoir se raccrocher à quoi que ce soit. Il se hisse très haut pour se faire le plus mal possible en tombant, et quelque part il en est conscient. Peut-être que c'est inné, chez lui. Cette volonté de se blesser ouvertement. J'en sais rien. Il pleure. Il tombe. C'est lui. Pas besoin d'aura pour vérifier. Les pétales chutent en silence, lui tente de couvrir ses sanglots. Ils ne sont pas beaux, ces pleurs. Il n'est pas fait pour ça. C'est un soleil. C'est une lumière. Pas une lueur. J'ai un poids sur la poitrine, sur le côté. Comme un impact soudain qui s'estompe, et qui reprend sans préavis. Une nouvelle boule dans la gorge. Mes maux à moi sont physiques. Les siens sont métaphores. Kamui, c'est une page de manuscrit arrachée, froissée, deux phrases posées dessus trouvées laides et inutiles alors qu'elles font partie des plus belles citations de l'oeuvre. Kamui c'est un nom qui, de base, ne lui va pas du tout. Mais il le porte avec autant de force qu'il le peut. C'est brave. Ça tombe. Indubitablement ça tombe. Et quand bien même il tenterait de ralentir sa chute, Kamui n'est pas un pétale. Les pétales lévitent, les dieux savent bien comment. Il n'est pas plus incassable que nous. Il tombe, ça tombe, quoi qu'on fasse ça tombe. Et ça finit par s'écraser.
J'ai la joue collée au tronc. demande pas comment. J'écoute. C'est plein de sentiments, je sais pas exactement lesquels. Mais c'est borné et ça pleure. Je lève les yeux vers la cime. Il n'y a pourtant rien à voir, j'sais pas pourquoi j'fais ça.

Feu ton âme, bénie soit la Lune.

La fumée.

Forme de l'air observable.
Variation visible des particules qui nous entoure.
Mélange de gaz, de particules et de vapeur se dégageant d'un corps en combustion.
Vapeur plus ou moins épaisse.
Rejet d'une combustion, ou d'une quelconque autre réaction chimique exothermique.
Preuve de présence de chaleur.
Fruit de l'haleine principalement pendant l'hiver, mais généralement sous basse température.
Ce qui n'a ni consistance, ni valeur.
Entité immatérielle que l'on ne peut saisir ou capturer à l'aide de ses mains.
Unique création en cette galaxie à être libre par nature.
L'incapturable par définition.
Source inépuisable d'expression de la langue courante.
Assigné à la présence du feu.
Nuage souvent blanc, gris, ou noir.
Création originelle capable de flotter, s'être en suspension, et de le rester par ses propres moyens.
Force inépuisable s'il n'est pas face à des facteurs atténuant ses compétences infuses.
Lot de connaissances qui lui sont propres.
Légèreté.
Écartèlement atomique permettant aux molécules déliées de se déplacer librement.
Malléabilité autre que physique.
Manquement aux règles primordiales de la vie.
Rebelle de la société.
Rejeton du vice humanoïde.
Émanation olfactive nauséabonde d'objet en combustion.
Terme utilisé pour désigner une chimère.
Moyen de communication rudimentaire.
Illusion éphémère créée directement au niveau du cerveau provoquée par l'absorption de corps hallucinogènes en train de brûler.
Action de dissipation, soudaine ou non.
Insuffisance.
Disparition, évanouissement, mouvement de départ imprévu.
Se dit d'un acte vain.
Passion lente et savourée, mais peu durable.
Possibilité de localisation dans l'espace.
Réduction du physiquement existant, du potentiellement palpable, à l'état d'insubstanciel, de phénomène que l'on ne peut heurter.
Innocence incarnée.
Qu'on ne peut pas toucher, et qui ne peut pas toucher.
Constamment suspendu en hauteur, n'atteint que rarement le sol.
Assemblement de résidus qui peuvent retomber.
Étouffement, suffocation.
Forme de souvenir, de préférence renié et par conséquent à oublier.
Sentiment de lourdeur, de difficulté, d'abandon, de non-aboutissement, ou encore d'impuissance.
Absence d'accroche, enivrement à son apothéose, sentiment de toute-puissance.
Ne peut être contenu que dans un récipient hermétiquement et solidement fermé.
Annonce de mauvaise augure.
Synonyme ou facteur de mensonge.
Perte négligeable d'un élément anciennement matériel ayant été par le passé important ou non.
Mélange de plusieurs composants différents.
Souffle d'un fait inexistant corporellement parlant.
Symbolisation de tout terme se rapprochant de près ou de loin à l'effacement, à la perte.
Brume apparemment colorée d'un camaïeu de teinte noir.
Fatalité réduite à l'état de poussière volatile.
Préparation à l'horreur.
Réduction de l'émotivité à son stade le plus restreint.
Mort.


Bruit.
Volte face. Arrête de t'gratter, putain. Ennemis. Y'a des Oppsédés dans l'coin. Ça se sent. Il ne peut rien faire. Ça fait combien de temps que j'suis là? Je l'entends toujours. Pas longtemps. Des Elus. Des Elus? Ici? C'est nouveau, j'le savais. C'est une mission de repérage, d'exploration. Qu'est-ce qu'il fout là? Qu'est-ce qu'il est allé s'perdre... Non, merde! Pourquoi envoyer des Elus ici? C'est si dangereux qu'ça? Qu'est-ce que... Des Elus, c'est n'importe qu... Arrête de t'poser des questions à la con et planque toi!
Ils arrivent. Ils sont là. Ils vont nous sentir. Non, Kamui sait cacher son aura. Je crois. Ils vont l'entendre pleurer. Ils vont l'entendre. J'dois faire quelque chose. J'suis complèt'ment paumé.
J'me retrouve face à lui. Tête baissée. Lui aussi. Il a du reconnaître mon aura, ou alors il s'en fout. Il pleure. C'est triste. Je m'agenouille, comme ça. Je le prends dans mes bras. Comme ça. Le serre. Fort. J'comprends pas. J'ai l'impression qu'il dort. Il est fin et malléable. Une toute petite poupée de chiffon. Une luciole. Contre moi, le rythme saccadé de sa respiration. Un sifflement qui ressemble fortement à un "chut".

- Tais-toi.

Murmure. Faible, enchanteur. Je m'en fous. Ils passent et il ne nous voient pas. Je guette. Je guette. Ils s'arrêtent. Ne bougent plus. Je les regarde. Ça va. Je le serre contre moi. Personne ne peut l'arracher à mes bras. J'comprends pas pourquoi j'fais ça. Réflexe défensif, peut-être.

- C'est fini, Kamui. Tout va bien, calme toi.

J'ai laissé tomber la cigarette. Une de moins. J'la fumais pas, de toutes façons, alors à quoi bon la regretter. Le corps n'est plus là. Le corps endormi. Les troupes non plus. Je n'ai pas cligné une seule fois des yeux. Je suis parfaitement calme. J'ai un mal de crâne à m'en fracasser la tête contre l'écorce. J'ai mal partout. J'y vois à peine trouble. C'est pas la myopie. C'était quoi. Tout ça, j'veux dire. Il y a un truc. Ça va pas bien.
Et si c'était juste... une illusion?

- N'ais pas peur. C'est fini, maintenant.
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Kamui
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MessageSujet: Re: Naphtaline. [Kamui.]   Jeu 26 Jan - 20:35

Les forces. La gravité. L'inertie. Ces grandes constantes qui martèlent votre monde pour en faire plus qu'un simple amas de poussière. Ces éléments qui se sont acheminés. Le néant appelant le vide, le vide appelant la création. La toile de l'Univers étalée d'un blanc infini ne demande qu'à miroiter de toutes les couleurs de la vie, de l'existence. Des étoiles au firmament, chaque poussière stellaire donne une apparence nouvelle à cette œuvre tout droit sortie des profondeurs de l'inconnu. Vous n'avez d'autres choix que de constater que la nature régit le Monde sans que votre choix ne soit une seconde impliqué. Vous rêvez du commencement. Rêvez de compréhension, d'absolu. De la faille du temps, l'espace s'est ouvert à son plus bel art. De la plus petite des planètes, à celle miroitant d'un bleu océanique, bercée par la glace et le vent. L’atmosphère se réchauffe, la vie apparaît. Vous n'êtes pas seul. Vous ne le serez jamais... Et la machine du Destin se met en marche. Un avenir absolu. Parfait. L'eau source de vie, les créatures charnelles s'exhibent à l'air salvateur. Les destinées se croisent. Rencontres sur le fil, liens indestructibles. De vos géniteurs à votre meurtrier, tant de souffles croiseront le votre. Tant de regards se perdront au fond de vos pupilles confiées comme le trésor d'une éternité préservée au sein même de vos entrailles. Le monde vous prodigue l'intégralité de ses valeurs. La diversité, les différences. Tout vous sépare. Pourtant tout vous rapproche. Pourquoi la limite opposant l'amour et la haine est-elle si floue ? Pourquoi le monde n'a-t-il pas qualifié ses standards de façon plus complexe... ? Le charme. L'attirance. L'attraction. Comme deux aimants qui éternellement seront voués à s'opposer. Il est des choses contre lesquelles même la volonté humaine ne peut rien faire. Nous possédons de la puissance la plus abstraite de ce Monde. Nous sommes le bijou d'un hasard. Fruit miraculeux d'un mélange hésitant. Le pouvoir qui repose entre nos mains, qui sommeil au plus profond de la conscience de chacun. Cet être en puissance, réminiscence d'un tout divisé. Disséqué. Disséminé. Pourquoi le bien qui nous est si précieux doit-il être ainsi éparpillé... ? Pourquoi le cœur de l'Homme est-il voué à retourner à l'essence même de sa création. Poussière. Mais jusqu'à ce néfaste jour, vous n'avez pas le choix. Les cartes sont jouées, et vous n'avez qu'un unique dé pour vous défendre... De un à six... Quelle est votre meilleure option... ? Peut-être est-ce de ne pas le lancer. De garder tout ceci pour vous. D'enfermer une fois de plus toutes vos émotions, toute la raison de votre simple identité. Cacher à la face de chaque individu qu'au fond, vous êtes vous aussi comme eux. Vous êtes soumis à la pesanteur. Vous êtes soumis à la vie. Vous êtes soumis au sang qui coule... Lutter ne vous mènera nulle part... Pourtant parfois... La faiblesse vous ronge. Vipère perfide qui s'insinue jusqu'au plus profond de votre chair. Rendant aux cendres d'une mythologie trop bien gardée la raison du souffle. Laissant aux mythes le simple battement d'un cœur. Enfiévré. Presque dément... Et charmé par les délices d'un ailleurs factice... Les jeux sont faits...

Vous succombez.

Inexorablement soumis à ce don de l'Univers. Je n'avais aucun moyen de L'affronter. Lui aussi avait réussi à me prendre au piège... Lui aussi verrait l'erreur que je suis.

Pourquoi cette nuit là n'avait-elle pas simplement été comme les autres ? Pourquoi avait-il fallu que cette simple situation se transforme en un tel drame ? Il n'y avait pas de raison. Pas d'explication tangible. Pourquoi m'étais-je retrouvé là-bas ? Pourquoi mes ailes m'avaient-elles guidées jusqu'à cet endroit ? Pourquoi avais-je cédé à cette envoûtement...?

La nuit venait à peine de sonner ses premières heures. Nombreux sommeillaient d'un repos salvateur entre les draps tant appréciés du dortoir de la Forteresse. Combien s'étaient plaints ? Combien n'avaient trouvé confort idéal dans ce lieu commun à tous ? Homme ou femme, nous n'avions pas réellement le choix. C'était ainsi que Layca voyait ses troupes. Un amalgame soudé d'êtres tous si variés. Un ensemble indivis prêt à tout pour venir en aide. Les demoiselles criaient d'effroi devant l'impudeur de ces messieurs. Ces derniers n'hésitaient que trop rarement à détourner le regard quand les oiselles osaient un instant dévêtir leur chair. Tout ceci pouvait sembler d'un voyeurisme condescendant. Mais il en était ainsi. Et jamais n'avais-je souhaité être séparé de ces pions qui sans relâche luttaient pour la foi de mon père. Toutefois, bien que ce lieu soit peuplé en tout instant, et bien qu'il n'y ait pas réellement d'autres endroits ou trouver le sommeil dans de dignes conditions. Aucun ne pouvait de ce fait décemment m'accuser de ne pas me mettre à leur niveau. Je subissais les mêmes troubles que tout à chacun. Du ronflement de certains aux rêves agités d'autres. Malgré cela, malgré ce nid qui permettait de se ressourcer, je ne pouvais nier passer plus de temps enfermer dans cet âtre me servant de bureau plutôt que dans ce lieu réconfortant bercé par Morphée. Combien de fois avais-je terminé mes nuits sans sommeil sur la méridienne carmine disposée là, dans un coin de cet amoncellement de dossiers. Combien de fois les feuilles s'étaient-elles enfuies de mon emprise, s'étalant sans vergogne parmi tant d'autres documents déjà classés...? Je n'osais plus les compter. Le temps n'était à mes yeux plus qu'une illusion faite d'astres aux lueurs opposées.

Pourtant cette nuit là, j'avais pu rejoindre les autres. Retrouver cette ambiance réconfortante de certains se chamaillant, d'autres riant. Plusieurs avaient déjà trouvé les terres enjôleuse du pays des songes. Jay avait étreint son compagnon duveteux depuis des heures déjà, sa couverture remontée jusqu'à ses oreilles, poussant parfois de petits couinements. Iris semblait jouer d'un jeu inconnu en compagnie de Lise et Beth. J'eus beau chercher Alice du regard, elle n'était pas présente lorsque j'avais pénétré dans le sein siège de la nuit. Et Alvaro... Pourtant le rouge vint-il sobrement brûler mes joues lorsque son faciès endormi fut l'objet de l'attention des iris azurées ? Quelques mèches d'ébènes cajolaient ce visage aux traits fins. Il semblait pour une fois avoir un sommeil lourd. Le souvenir d'une missive lui ayant été remise dans la journée me revint... Une mission. Voilà donc la raison de ce sommeil prématuré. Lui qui n'hésitait que rarement à se faufiler dans le dortoir lorsque tous demeuraient impassibles face au monde de la conscience. Il n'était que trop peu commun de croiser ce visage apaisé. Veillant à ce qu'aucun n'ai porté son regard inquisiteur sur moi, j'effleurais du bout des doigts la joue aux légères teintes basanées, repoussant doucement une mèche voilant ses paupières irrémédiablement closes. Retenant un faible soupir, je vins me glisser sous ces draps qui n'avaient plus été froissés depuis de nombreuses Lunes. Fermer les yeux.. Faire abstraction des rires légers, des soupirs et sons gutturaux... Rouvrir les yeux... Poser un regard sur mon Élu... Sourire. S'endormir.


Une note. Suivie d'une seconde. Mélodie singulière. Est-ce un rêve... ? Ou est-ce la réalité... ? Ma tête résonne. Mais ça ne vient pas de moi.

Réveillé d'un hoquet, me redressant, le souffle agité au milieu des draps froissés, je fus ramené au monde du juste par le chuchotement suave d'une voix bien connue.

''Que t'arrive-t-il Kamui.. ?''

Relevant l'azur sur les iris rougeoyantes, je m'interrogeais l'espace d'une seconde sur l'éveil de mon Élu... Combien de temps avais-je dormi... ? Était-ce déjà l'heure pour lui de quitter les lieux.. ? A en croire sa tenue de mission soigneusement pliée sur son lit aux draps tirés, il devait s'être réveillé il y a peu. Dans un souffle crispé je prononçais

- Tu n'entends pas...?

Posant un regard rapide sur le dortoir bercé par la quiétude, l'impression que ce son ne provenait pas de la pièce me semblait naturelle. Me relevant sans même enfiler mes souliers, j'enlevais mon haut sans cérémonie, dévoilant sans m'en soucier les bandages immaculés. Enfiler une chemise d'un geste mécanique, négligent. Faufiler une main preste au milieu des mèches d'or, ce fut une fois de plus la voix concernée, et peut-être troublée d'Alvaro qui me ramena à la réalité. Posant mes pupilles sur ce regard surpris, ses sourcils froncés, son interrogation ne se fit pas attendre.

''Qu-que fais-tu ? Ce n'est pas une heure pour...''

L'interrompant en posant un doigt sur ses lèvres en signe de silence, je prononçais à peine.

- Ne t'inquiètes pas. On m'appelle.

Sans un regard, sans une parole de plus, je quittais le dortoir.

La mélodie semblait s'amplifier. Une berceuse... Sonate... Des notes carillonnées... Légères. Imprécises. Sulfureuses. Ensorcelantes.

Sans même l'avoir réalisé, les ailes déployées, j'avais déjà rejoint les cieux. Quitté la Forteresse. Quitté toutes mes accroches. Traîné sans le comprendre vers l'inconnu. Le jouet des forces terrestres m'invitait. La grande roue de l'attraction m'appelait. Les battements de mon cœur s'harmonisant à ce rythme calme, lascif. Une ancienne ritournelle, emportée par le vent. D'où venait-elle... ? Où allais-je... ? Était-ce un piège... ? Je m'en moquais.

Les plumes blanches disparurent. Emportées par la brise glaciale de la clairière. La forêt de Claurofyl. Pourquoi ? Et ce son entêtant. Cette mélodie incessante qui me vrillait la tête. Effleurant du bout des doigts mon front en sueur, mes yeux scrutèrent sans comprendre le lieu dégagé. Pourtant... Cette musique ne pouvait provenir que d'ici... Je l'entendais si clairement... Oppressante. Écœurante. Je pouvais la toucher du bout des doigts. La sentir se mêler à mon souffle rendu court. L'air me semblait chargé d'une chaleur inconnue. Tropicale. Humide. Foulant de mes pieds nus l'herbe trempée, mon regard fut attiré par la couleur mordante d'une feuille d'érable. Chatoyante. Brûlant d'une lueur subtile... Inconnue. S'approcher. Ne pas se méfier. Je me penchais lentement en avant, dans un mouvement cérémonieux que je ne pouvais m'expliquer. Mes doigts touchèrent enfin le contour abrasif.

Vapeurs d'étoiles.

Rouvrant ces paupières que je n'avais aucunement le souvenir d'avoir fermé, un rire bien connu s'éleva. Moqueur. Félon. J'avais été trompé.

Portant mon regard vers les cieux, la mélodie s'était enchevêtrée en un bruissement diffus, puissant. Insupportable. Des rires, des pleurs. Des cris, des larmes. Et cette mélodie. Toujours la même. La cime enflammée de cet arbre inconnu. Cette feuille devait en provenir. Luisantes. Fascinantes. Tout semblait si onirique. Si parfait... Alors pourquoi mon encéphale semblait-il en ébullition ? Pourquoi mes oreilles bourdonnaient à m'en rendre fou. Saisit d'un mal de cœur intolérable, ma silhouette se crispa. Ployer. Mes doigts s'agrippèrent à l'écorce. Chaleur.

Un battement.

La mélodie persistait. Tout ce qui m'entourait sembla disparaître. Le blanc. Le vide. Néant. Seul l'arbre aux feuilles andrinoples demeurait. La douleur s'était dissipée. Tout comme les cris et les pleurs. Seule la mélodie s'enhardissait. La tête tourne. Se concentrer. Ne pas lâcher prise.

J'observe d'un regard torve cette toile blanche qui s'étend indéfiniment sous mes yeux. Une première tâche vient en salir les contours diffus. L'encre semble s'étaler. S'insinuer. Danser. Sous mes yeux voilés, les ombres chinoises se dressent, acolytes frivoles et éphémères d'un charme au divin méconnu. La chevelure des princesses se tisse en un entrelacement de fils d'obscurité. Quelle est donc cette scène qui prend vie devant les yeux magnétisés ? L'azur s'embrouille. Les contes aux broderies arrachées s'élèvent. Les princesses se succèdent.

Blanche Neige. Cendrillon. La Belle au Bois Dormant.

L'encre s'étend sans s'essouffler. L’œuvre grandiloquente de l'existence. Le mensonge préservé près des yeux poupons. La réalité jetée aux yeux médusés de l'adolescence. La haine. Le mépris. La jalousie. La colère. Le désarroi. La séquestration. Le sommeil. Le viol. La mort. La mort. Toujours la mort. Inlassablement.

Mes genoux cèdent. Les larmes s'écoulent sur cette mélodie ébruitée. Les cris. Les pleurs. Encore. Toujours. Le souffle saccadé. La scène se répète à l'infini. Rappel tambouriné des applaudissements d'un art dont j'étais le seul témoin. Le seul protagoniste.

Combien d'heures ce mal m'a-t-il été infligé ? Combien de temps le monde s'est-il arrêté ? Combien de temps ai-je souhaité en terminer... ? Les ongles profondément ancrés dans la chair de porcelaine. L'hémoglobine fauve brûle la chair. Souille les corps. Enlaidi les formes. Déchet d'une humanité brisée. Je n'avais plus que les larmes et le sang pour expier mes péchés. Plus que mon souffle douloureux, mes souvenirs indéchiffrables pour murer ma peine. Plus que la réalité comme accroche.

Pourquoi... ?

Pourquoi...

Des doigts se resserrent sur mon corps. Suffocation. La respiration s'emporte. Les sanglots se succèdent. Voilà enfin venir ma fin ? La faucheuse a-t-elle assez joué de mon âme déchirée ? Pourquoi est-ce si chaud... ? Pourquoi ma voix ne veut-elle qu'étouffer ? Pourquoi suis-je ainsi asphyxié... ?

Un mouvement, une secousse. Une nouvelle mélodie se mêle à ce refrain démoniaque qui me hante. L'écho d'une voix.

Il faut ouvrir les yeux. Voir... Mais l'encre s'écoule. Étendue fluide qui petit à petit s'approche. Se noyer dans cette écume abyssale. Être tiré vers les profondeurs de ce bassin d'obsidienne. Je ne veux pas... S'agripper. Accrocher. La voix résonne à nouveau.

- C'est fini, Kamui. Tout va bien, calme toi.

L'encre se résorbe. La toile blanche persiste. Des mèches de jais se dessinent. Des paroles rassurantes. Suave.

- N'ais pas peur. C'est fini, maintenant.

Les yeux rivés sur ces longues mèches d'ébène, l'azur vidé de toute conscience. Un seul mot échappe à mes lèvres.

- Alvaro...

Sauve-moi.

Mes doigts crispés cherchent à tâtons ce corps que je ne fais que deviner. Le toucher... Le retrouver. Une main au poignet ensanglanté détend ses doigts. Au creux de la paume, cette unique feuille d'érable, froissée, pliée. Ma seule attache avec le monde extérieur. Ma seule attache avec toi... Passerelle atemporelle d'un monde à l'autre. Artefact du sort destructeur de Belzeneff.

Le blanc ne s'estompe pas. Les mains crispées s'attachent à l'invisible. Une étoffe. L'ossature d'une clavicule. Le bout des doigts effleure la chair glacée de ce que je suppose être une joue. Me vois-tu... ? Es-tu toi aussi une chimère... ? Les larmes coulent à nouveau, une plainte m'échappe.

- Aide-moi...

Glissant ma main sur ce visage fin, la feuille d'incarnat frôla l'épiderme invisible.

Viens me chercher. Viens me sauver...

Viens me retrouver.

La force d'attraction irrésistible. Drainé vers un Univers d'immaculé tâché par la seule mémoire d'une vie déchue. Ouvre la porte de l'Enfer de ton passé.

Succombe à l'envoûtement des divinités.

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MessageSujet: Re: Naphtaline. [Kamui.]   Dim 29 Jan - 1:25


They are all liars...


L'acide sulfurique sur les doigts. Recouvrant mes gants. J'ai pas de gants. Pourtant j'les vois. J'les vois, là, comme ça. Sur moi. Sur mes mains. Je sais qu'il n'y a pas de gants. Je sais que quelque chose ne va pas, ici. C'est une drogue. C'est une putain d'hallucination. Ils ont tous disparus, l'espace d'un instant. J'te jure qu'ils n'étaient plus là. Aucun d'entre eux. Ni les ennemis, ni l'allongé. Et là, ils sont à nouveau ici. L'allongé, surtout. Les ennemis peuvent se planquer. Mais lui ne bouge pas. Il est pas censé bouger, en fait. C'est tout, ça s'arrête là. Une pendule accrochée dans ma tête. Une sonate. Une mélodie. Peut-être vraie. Peut-être fausse. Carillon. Triangle. Ça envoie... quelque chose de faux. Tout est truqué. Les pions adverses me regardent. Je les regarde. On se fixe. On se mire. On se voit parfaitement. On le sait, je veux dire, on le sait qu'on se voit, c'est évident. Et on ne bouge pas. Aucun de nous. Ils se parlent entre eux, comme ça. Comme s'ils n'avaient rien vu. Pourquoi je pense à ça... Ils devraient nous sauter dessus, c'est évident. C'est tellement évident qu'ça m'donne envie d'gerber. Des gants en plastique. Des gants en plastique qui me vont parfaitement bien. Les gants en plastique ne me vont jamais aussi bien. C'est à ça que je sais que c'est faux. Ces putains de visions sont si réelles que j'en ai encore plus mal au crâne. Et il se met à pleuvoir. Les pétales restent en suspension. Tout n'est qu'un putain de mirage. C'est faux. Faux. Je le sais. J'aurai eu mal aux doigts s'il allait pleuvoir. J'ai pas de gants. Y'a pas d'acide. Y'a pas d'ennemis. Y'a pas d'endormi. Y'a rien. Y'a rien, ici. J'me demande bien ce qu'il y a, au final. Si ça s'trouve, même l'arbre, c'est une illusion. Les pétales aussi. Les feuilles. Le tronc. L'herbe. Tout est faux. On ne peut plus rien croire. J'essaye, pourtant. J'me dis qu'il y a des gens en qui l'on peut avoir encore confiance. Un temps soit peu. Mais faut s'rendre à l'évidence. Ça n'existe pas. Ça n'existe plus. Avec cette mentalité de partage on n'a jamais rien construit qui vaille le coup d'être vu. On est jamais mieux servi que par soi-même. Tu sais qu'c'est la seule phrase du style, proverbes j'sais pas quoi, dont je me souvienne d'avant? Rien que ça. On m'a tout enlevé, tout, et ce qu'il me reste? Mon égoïsme. Mon sens d'avarice. Ma putain d'solitude.
Celle qui me ronge.
Parce que ça m'bouffe. Sans personne pour m'entendre, je n'suis plus rien, en fait. Ouais, j'l'ai compris, ça. Y'a pas longtemps, certes. Mais j'l'ai assimilé, ça y est. Et t'sais quoi? J'me dis que j'suis d'une faiblesse à en crever. Regarde, ça m'poursuit. Ça m'poursuit partout, où que je sois. Quoi que j'fasse. Ils sont là, ils pourraient nous voir. Mais putain ils sont face à nous, là. Limite. Limite ils sont à quoi, trois pas. Ils sont juste là. À ma droite. Entouré de ces saloperies de pétales qui flottent. C'est quoi, c'te connerie, aussi? Pourquoi des pétales? T'en vois où, toi, des fleurs?! Y'en a pas! Y'en a pas, c'est tout! C'est juste un putain de mirage de merde! Encore un, toujours un! Forcément qu'y a de quoi péter les plombs, ici! Tout l'monde te ment! Les gens, les lieux, tout! Qu'est-c'que tu peux croire? Tu crois qu'on t'entend, mais y'a personne! Lève les yeux, regarde autour de toi, merde! Y'a rien! Rien, personne! Tu crois pouvoir en niquer un ou deux, ou trois, ils arrêtent pas d'changer, t'es paumé, et c'est parce qu'ils sont pas là! Ils n'existent pas! C'est un monde de faux, de mensonges, de pures farces! Ce n'sont que des putains de simulacres, hypocrite, hypocrite...
Ils...
Tout n'est que mensonge...
Une saloperie...
Calomnies...
Qu'est-c'que j'dois faire, putain...?...
Mais quoi?...

Les poumons qui se rétractent. Le souffle court. J'attends que ça passe. J'attends. J'ai toujours fait que ça. J'ai horreur de ça. Être là, ne rien faire. Voir les autres évoluer sans avoir la force ni même la possibilité d'en faire de même. Tu attends. J'me sens fatigué. Horriblement fatigué. J'attends. J'attends, c'est tout. Quand on me demandera ce que j'étais en train de foutre, j'répondrai que j'attendais. Que j'avais dans mes bras une toute petite chose morte de peur, tremblante, froide, et que j'attendais que ça passe. Qu'on se sente libres. Libres de se lever. Libres de rentrer. Au final, c'est peut-être pas mal, finalement. D'être comme ça. Passif. Se contenter de regarder les autres jouer pendant qu'on s'boit une grande tasse de caféine. Forte. Et attendre que la fumée se dissipe. Se mêle aux mobiles de fleurs qui composent ce ciel dégagé. Attendre qu'une feuille tombe. Attendre qu'elle se pose, tant est si bien elle se pose un jour. Attendre là. Juste. Patienter. regarder les ennemis nous regarder. Regarder cet idiot se relever, rentrer chez lui. Alors qu'en fait, rien de tout cela ne se produira.
On est prisonniers, Kamui. Prisonniers des pétales. Prisonniers de l'arbre, de la musique. Du son et de l'image. Mes yeux et tes oreilles. Peut-être l'inverse. Peut-être les deux. Captifs. Otages. Tous les deux.
Ou moi. Simplement moi.
Si ça s'trouve, c'est une illusion, lui aussi.
Ma poitrine se soulève dès l'instant où ma vue se trouble. Ce n'est plus la myopie. Les personnages sont tous clairs. J'y vois très bien, alors que j'y vois toujours flou. Un peu. Tout est trop précis. Mes gants me serrent. La musique est parfaitement bien accordée. La fumée ne se disperse absolument pas. Regard furtif vers le cylindre en combustion abandonné. Toujours au même point. Il n'a même pas rétréci. C'est faux. C'est faux...
Il faut que je me calme. Mais si ça s'trouve c'est faux. Hein? Bien sûr que non. Je n'pleure pas, c'quoi ces conneries. Je ne pleure jamais, j'vaux mieux qu'ça. Non, j'm'abaisse pas à ça. J'ai quand même ma fierté d'mec. Alors non, j'pleure pas. C'est l'pollen. C'est la pluie d'pollen qui tombe de l'arbre. J'suis allergique au pollen. On va dire ça. Hein? Ouais, j'suis allergique au pollen. Ça m'donne les larmes aux yeux et ça m'fait trembler... Bien sûr que oui que j'suis allergique au pollen! Bien sûr que oui, tu crois qu'QUOI?!

Parce que tu sais ce qu'il se passe, toi...? J'y comprends rien. Plus rien. C'est peut-être fait exprès, après tout. Tout est souvent programmé, comme ça. On n'oublie rien, on fait tout, on assiste à tout, on subit tout, on s'excuse de tout, on ploie devant tout. C'est le rôle des pions sur l'échiquier. Libérer la Reine et puis quoi. Se laisser mourir. Quelque part. Revenir à la prochaine partie, en espérant que les autres pions auront permis à Dame d'avancer un peu plus loin dans les retranchements ennemis. C'est ce qu'on appelle l'esprit d'équipe. Ou l'équité. Ou le soin. Ou la croyance. Ou la passion. Ou l'illusion d'un bonheur factice qui gèle devant tant de murs. Tant de frontières. J'ai essayé, pourtant. Mais j'arrive pas à enlever ces gants. Ils serrent, ils compriment. Ils voilent. Et j'm'en fous. Tout va de travers. Plus rien n'a de logique. J'ai le ventre qui se serre. Je suis malade. Je me rends malade. J'vais finir avec un ulcère. Un cancer. J'me dirai que c'est ma faute, de n'avoir su rester, de n'avoir su lever les armes au moment opportun. Ouais. Bien sûr que j'aurai pu. C'est pas de voix dont je manque. C'est pas de mauvaise volonté dont je souffre. C'est ce poids dans l'estomac qui m'empêche de croître. Tu sais, il y a des choses qui n'iront jamais bien. J'irai jamais bien. Va savoir, après tout. Mais ça n'ira pas avant des années. Ça n'ira jamais. J'trouverai un moyen de ne plus souffrir avant. J'suis pas patient. J'suis pas aussi... ouais. Aussi calme qu'on peut l'être. Je ne suis pas le modèle à suivre. J'ai tout perdu en entrant sur cette voie. J'en viens à m'en rendre malade. Écoute. Écoute le thorax qui se soulève. Écoute le soupir las des poumons en manque de tabac qui réclament leur saloperie de caveau. Achevez-moi. Achevez-nous. Que ça s'arrête. Que ça prenne fin pour de bon.
Non, pas toi.
Toi, tu restes là.
On m'oubliera. Comme chaque jour passant sur Terre la présence des vivants à ses côtés s'amoindrit. Comme toujours évaporé, un bon souvenir, une voix dans un micro chancelant, des doigts déliés sur soixante treize touches noires et blanches, sur trente-deux cordes pincées, enroulés autour du pinceau, du fusain ou du stylographe noir qui bave. Désaccordé. Désenchanté. Et là. À ma place, et pourtant inconnu. Un public qui tourne le dos, qui m'ignore. Moi. Délogé. Licencié. À la jugulaire arrachée. À la gorge acerbe. Aux ongles crochus et à la langue vipère. Ils savent qu'ils me rendent fous à ne pas me regarder. Ils le savent très bien, c'est pour ça qu'ils le font. Les ennemis. Il n'y a pas d'union. Il n'y a plus de sphérisation, de globalité, de cosmos, de liens. Tout n'est que pure ineptie. Tout n'est que façade, mascarade. Rien de tout cela n'est réel. Je suis en train de disparaître dans ces mots recouverts, étranglés par les gants. Tachés par le carmin. Ton carmin.
Je suis las de cette épilepsie qui ne veut m'achever. Je suis las de ces paragraphes désabusés, réprimés, commandés, calculés, stylisés, domestiqués, trafiqués. Harmonieux. Trop harmonieux. Ou alors trop peu.
Assez de regarder dans le miroir cet être au masque lourd et au regard d'acier, au corps généré pour séduire, au contenu trop encombré pour attirer l’œil. Les abysses ont toujours eu mauvaise réputation. Quelque part, j'vois pas pourquoi je m'obstinais à penser le contraire.
Je disparais. Je disparais sous cet écran de fumée. Mes cheveux sentent la cendre. Nocive. Presque répugnante. Je suis un noyé qu'on accable. Je suis un cadavre en putréfaction qu'on continue d'exposer à la chaleur torride d'une guerre perdue d'avance. Je suis les chroniques de l'esthétique. Je suis le cap Nord-Nord Est variation deux point zéro. Je suis un numéro de série plus qu'un nom. Je suis une silhouette plus qu'un corps. Je suis une rumeur plus qu'un esprit. Je suis le reflet dans l'eau qui s'enfuit quand on plonge.
Mais toi. Toi. Il te reste des choses à faire ici. Tant et si bien tu sois prostré à un rang qui ne te sied guère plus que ta place dans cette foutue guerre. Tant et si bien que ton rôle soit de commander la mort de spectres dont tu t'es sans doute épris dans ta folie éparse de gaieté sans bornes. Mélodie au carillon. Sang sur tes poignets. Je ne te lâcherai pas. Trop d'estime pour toi, à présent. Je dois y rester. J'n'ai plus rien à apporter à ces lieux. Ce n'est pas ton cas. Je ne t'ai jamais été clairement dévoué. Je n'aurai pas dû l'être, c'est ainsi. Maintenant, je commence à comprendre. À comprendre que de nous deux, l'illusion n'est pas la bonne. Je serai tes yeux lorsque tu perdras la vue. Je serai ta voix quand les mots te manqueront. Je veux être là pour toi. Parce qu'ici, tu es mon sauveur. Tes pleurs résonnent comme le chant divin de celui qui me conduit hors de l'eau. Tu n'es pas plus puissant que moi, ici. Nous sommes à valeur égale. À regards équidistants. Nous sommes là. Je ne te fixe pas, tu te plaques au tronc pour ne pas t'évanouir. Nous ne sommes pas liés. Nous ne le seront jamais. Toutefois, ce sont tes spasmes qui accompagnent la cadence défragmentée des morcellements de ma pompe à sang. C'est le flux dans tes veines, le ruissellement de tes larmes qui m'apportent, avec certitude, l'espoir que je ne sois pas seul. Le rebuts, le pion lambda, le repli de justice face au maestro de ce concerto dépravé, esseulé. Rêve de pureté. Et tes doigts qui ne peuvent s'absoudre du mirage dans lequel tes sensations te propulsent. Te perdre ici serait déshonneur et disgrâce. Déformaté et contestable. Tu es celui qui, par ces phalanges maigres soulignant mes traits, me prouvent que je suis toujours présent. D'une certaine manière. Qu'il me reste une chose à faire. Je deviens soliste de ce concert ridicule lorsque j'enlace tes épaules frêles d'un bras, que l'autre se grave dans l'écorce pour surveiller les ombres. Dissoutes. Dissolues. Les pétales, la fumée, le tronc, et nous. Tu incarnes ma raison lorsque je sombre dans la folie du syndrome. Tu es celui qui me prouve, par son souffle douloureux, qu'il n'y a pas que l'illusion et sa poussière qui me berce.
Pour ça, je dois te porter secours. Quel qu’en soit le prix.

Tout va bien.
Quand je te prends dans mes bras. Tout va bien. Il n'y a aucune raison de s'en faire, après tout. Parce que je suis là pour toi, et que tu es là pour moi. Même si tout ne va que dans un sens. Même si tu n'en as pas pleinement conscience. J'utilise celle que tu m'octroies par ta simple présence en ces lieux pour nous sauver. Tous les deux. Puis je me laisserai mourir pour te permettre de t'enfuir. Je serai le sacrifice nécessaire à ta sauvegarde. Comme ça, peut-être, restera-il une écaille grisonnante à déposer à la surface de l'eau. Dans ce but, le souvenir de la créature marine à la voix céleste perdurera, ne serait-ce que l'espace d'un instant. Il faut que tu retrouves ta place. Et pour cela, je t'offrirai la mienne, dont j'abolirai les peines au préalable.
Il n'y a plus d'écume. Que tes sanglots. Je suis le Prince Ardent et le Comte Banquise. J'attrape la main qui se tend vers ma joue. Je la serre. Muré dans un silence qui ne puise sa source que dans le culte le plus impartial. Un nom qui reste encré contre les parois de mes tempes, comme ton souffle banalisé, négligé. Un nom qui me redonne l'envie de vivre, un temps soit peu. Un nom, qui n'est en définitive pas le mien.

Alvaro. De ta voix cristalline et trop chaste pour être celle d'un guerrier. Une voix qui s’emplit du plus innocent des regrets. Alvaro... Alvaro, mais qu'as-tu fait...?

C'est trop d'honneur. C'est trop pour moi. Je te serre. Je te garde pour moi, l'espace d'un instant. Si courte soit cette époque de calme. De paix. Le soliste face au chef d'orchestre. Pas cette place centrale. Pas maintenant. Je te regarde. Ton souffle qui parcourt ma nuque, qui s'effondre contre la toile nouée de ces rubans charbon qui dévalent en cascade l'échancrure de mon dos. De l'aide, tu en auras. La pluie de pollen s’abat sur nous. Longues cataractes s'étiolant sur le goudron factice des végétaux brouillés par l'inanité. Un bleu répandu en nous comme un virus promettant la plus odieuse des agonies. Des piqûres que tu as creusé à même ta chair, qui feraient frémir à peu près n'importe qui. Surtout Alvaro. Devant lesquelles je reste de marbre. Ne pas sombrer. Rester là pour te servir d'appui. Te faire sortir de ce tombeau. Trouver une issue à ton plus beau cauchemar.
Et ton affranchissement passe par la vérité.
Borné dans un ultime mensonge, je dois te ramener, qu'importe les moyens, à moi. Moi. Te conserver, par la sensualité de ma flamme ou par la morsure bestiale de ma glace, près de la réalité que tu portes en toi. Je suis muni d'un calme olympien, et ce n'est pas mon fruit. Tu me sauves au détriment de ta propre intégrité. Tu me demandes l'aide que tu m'alloues. Un prêté pour un rendu. J'accepte.
Ça risque de piquer. Ça risque... de te blesser. Mais il n'y a que par la chute que tu pourras te relever. Il n'y a que la vérité pour te ramener du pays de l'encre et du blanc ivoire. Mes yeux s'abaissent quand mon corps se rapproche. N'y vois là aucune perversion. Tu ne me plais pas. Pire, tu m'exècres. Je sais que je te fais horreur. Et c'est bien pour cela que je fais tout ça.

Kamui. C'est indécent de se voir affublé du patronyme de celui qui t'est si cher lorsque l'on est le nuisible qui vous nuit depuis le commencement.

- Je suis désolé, Kamui. Vraiment désolé.

Tu n'as rien à craindre. Layca, fais-lui comprendre. Murmure-lui l'apaisement dont il a besoin. Ici. Maintenant. Je t'en prie. Si ce n'est pas pour moi, fais-le pour lui. Pour honorer l'amour qu'un père doit à son fils.
Pour l'amour filial. Pour le langage particulier de la génétique. Pour les nœuds entre les canaux internes que se partagent les êtres de chair et de sang similaires.

- Tu n'as aucune crainte à avoir, Kamui. D'accord...? S'il te plaît, pardonne-moi...

Respiration basse. Ce n'est pas un simple mal-être. La jugulaire tremble, épouse tes soubresauts. Partage la peine que tu peux ressentir en ce moment. Donne-moi ce dont tu veux de délester. Confie-moi ce qui te maintient au sol, et envole-toi. Mes mains couvrant les galons de ton vêtement, mon front se collant au tien. Magnétisme. Fusion temporaire. Proximité proxénète. Aies confiance en moi. Ne serait-ce que durant quelques secondes. Repose-toi sur moi. Repose-toi sur l'imposteur que tu dévisages comme l'une des lettres de ta faiblesse.

- Rien ne peut attenter à ta personne ici. Tu comprends? Accordes-moi le pardon, Kamui, fais moi grâce...

Nous sommes tous des menteurs. D'une certaine façon, nous avons tous menti. C'est blessant. C'est dégradant. C'est un affront duquel il est difficile de se remettre. Mais plus mince est la fable, plus aisé est le pardon. Je ne peux prendre son rôle. C'n'est pas à moi de remplir ses crevasses, de parler à sa place. Prends le recul nécessaire et parle-lui décemment. Fais preuve d'un contact inégalé, d'une douceur à en faire pleurer les étoiles, et acquitte-toi de la besogne qui t'a été affublée. Dont tu t'es chargé tout seul.
Mon bon cœur me perdra.

- Il n'y a personne, tu sais. Nous sommes seuls, ici. Laisse-moi te dire ce qui existe maintenant. Une certaine tension, une mélancolie abominable, toi...

Mais pas Alvaro. Moi, en un sens. Mais pas lui. Pourquoi c'est si dur de devoir décevoir délibérément...?
Ouvre les yeux. Ce serait tellement plus simple si tu n'étais pas aussi aveugle. Ouvre les yeux. Ouvre les. Tu ne te souviens plus de la manière de faire? Mais voyons, c'est pourtant si naturel. Soulève les paupières. Soulève-les. Ce n'est pas si difficile. Mais tu restes terré dans ton utopie. Tu respires la toxine de l'air et tu t'abandonnes aux songes, là où Alvaro est près de toi pour panser tes blessures, là où Alvaro est là pour te serrer contre lui, là où Alvaro est là pour toi, là où tu es là pour lui. J'ai du mal à comprendre. Peut-être parce que je ne suis qu'une des images que tu colles dans ton album. Peut-être parce que je n'ai jamais ressenti ça. Peut-être parce qu'on ne me permet tout simplement pas ce genre de choses. Que pourrais-je en savoir, au final.
Je n'ai que mon corps à t'offrir comme soutien. Mes ongles sur ta joue convulsée. Mes genoux sur le sol, mon éloignement qui me déchire. Sans tarder, nouvelle prise. Mon front retiré, mais ton être, malléable, que je fais basculer sur moi. Contre moi. Je suis la figure que j'exècre. Je te serre, comme jamais je n'ai serré. Je te couvre les yeux, faute de te rendre la vue. Je caresse la soie de ta crinière docile, faute d'avoir l'amour qu'il te porte à te donner. Un temps. Le temps qui est nécessaire au pollen pour m'asséner à nouveau son venin narcotique et lacrymogène.

- Ne t'offres pas aux balades du mensonge, Kamui. Je t'en prie.

L'imposture a cette propriété agréable de rendre le mutisme presque salvateur. Garder le silence, et attendre. Guetter, qu'aucun intervenant extérieur ne pénètre les défenses invisibles tracées au sol d'un talon affligé. J'n'ai jamais été aussi mal. À mon souvenir. Je n'ai pas grande mémoire, mais j'ai bon nombre de cicatrices. Et très peu se sont révélées aussi profondes que celle du mensonge que l'on m'impose. Je me dois de trahir cette confiance que tu portes en l'espoir. Je ne peux te laisser partir à des divagations ainsi. Pardonne-moi. Pardonne-moi.
L'empreinte quitte ton crâne pour se loger dans ma nuque. Un écrou. Deux. Je le retire. Le jette au sol, comme la cigarette. Légèreté passagère. Confronte ma respiration saccadée, souillée par un remord qui n'est pas le mien, à la ciguë euphorisante qui imprègne déjà trop l'étoffe de ton costume. J'inspire. J'y vois trouble, désormais. La main défaite se noue à l'oreille qui n'est pas couverte par mon torse. N’aie pas peur. Nous sommes seuls. C'est rassurant, quelque part. Avouer son artifice est plus commode en petit comité.

- C'est moi...

C'est pourtant si faible, comme grain de voix. Piètre soliste que voilà. Je n'ai même plus la décence de compatir à la souffrance que je génère. J'n'en ai cure. Il n'y a que par le coup de la plus immonde des vérités que l'on peut briser les efforts d'une illusion aussi coriace. Je ne vis pas ces mots. Je me détache pour ne pas ressentir les effets de ma sinécure. Je laisse la voie de la plénitude, de la vertu à celui qui en a le plus besoin. Je m'excuse. Je m'excuse, tu entends? Tu entends, Kamui?
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Kamui
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MessageSujet: Re: Naphtaline. [Kamui.]   Mar 15 Mai - 21:45

Les sentiments. Émotions. Quelque chose qui n'incombe qu'au vivant. Une chose intangible. Une créature qui se meut et respire bien trop souvent contre notre gré. Un animal sauvage qui se repaît de chaque occasion qui s'offre à lui. Un insecte ravageur qui s'abat en un piqûre douloureuse sur la chair. Se grave dans l'âme en un fer ardent, dévore la conscience. La chair abrasée s'étire en une odeur disgracieuse. La chevelure s'enflamme, éprise d'une brise inconnue. La sensation s'insinue, pernicieuse. Venin de sang réal. Morsure mystique et onirique d'une entité absolue. On ne la connaît point, mais elle, sait tout de nous. Elle nous épie, nous guette, s'ébroue et s'affole de chaque faits et gestes. Elle s’énamoure, s'essouffle, jouis de sa satiété. Elle nous ronge, s'empiffre de ce mal, de ce vilain. Le démon rampe sur le sol laiteux, laissant son emprunte de khôl sur la terre meuble, étiré en arabesques épiques par le flot irrégulier des gouttes salines. Le cœur se crispe, s'aspire, s'entête en une arythmie inquiétante. L'infarctus se pourlèche les babines. L'heure est-elle venue ? Chronos s'impatiente, le Styx boue du festin à venir. Les mèches voltent, suivant la poigne raffermie de la démente. Elle se noie dans ce mutisme lacrymal. Les lèvres se meuvent, mais la fibre ne répond pas. Le râle du désespoir reste bloqué. L’œsophage tendu des hoquets invisibles de l'aberration soulèvent en une danse écœurantes les épaules frêles du cadavre humain. Les os de meuvent en un rituel désobligeant, le cœur cousu de fil rouge s'évertue à pulser dans cette cage dont il demeurera l'éternel prisonnier. L'hémoglobine s'enfuit, courant libre dans les sentiers tracés par leur ascendant. Un héritage létal qui ne les mènera qu'à toujours retourner sur leur pas. Serait-ce ces quelques infimes gouttelettes qui transporteraient la bonne nouvelle ? Ou tout ne serait pas plutôt le fruit d'une imagination trop débordante ? Les images s'agitent sur le fond anthracite de la conscience. Le voile petit à petit voudrait se lever, mais la brise rendue tempétueuse s'excite et d’emphase s'ébruite en un ouragan de sensations. Alors pourquoi ? Pourquoi le silence s'appesantit ? L'obscurité s'abat, l'espoir d'apercevoir une lueur s'estompe au gré des sanglots entrechoqués à la pois de cet environnement rendu malsain. Le monde s'arrête de tourner, où n'est-ce pas plutôt votre tête qui semble tourner à contre sens ? Les aiguilles de l'éternité s'agitent en sens inverse, revenir en arrière. Retourner au passé. Oublier. Mais peut-on seulement placer notre ressenti sur l'autel purgatoire du passé ? La démence peu à peu s'apparente à une amie précieuse, bien plus chère que tout ce que vous aviez un jour connu. Bien plus attrayante que cette pseudo vie saine. Car lorsque tout nous échappe, ne vaut-il pas mieux s'abandonner aux plus bas de nos instincts pour garder ne serai-ce qu'un instant la chance de ne pas regretter nos actes ? Rendus fous d'un univers qui aliéné par notre seule conscience, saurait-on distinguer le manichéen de la réalité ? Peut-on encore daigner croire que les choses existent ? Est-il encore une réalité suffisamment tangible pour pouvoir nous redonner le goût à la douleur ? Le goût des sensations. Est-il encore possible quand les barreaux de notre cellule nous étreignent de retrouver la liberté ? D'être humain à nouveau ?

Le murmure étouffé résonne en une pluie trouble. Les ombres nocturnes se veulent soutenues et profondément ancrées au fond de cette chair. Rendue rugueuse, infâme par les sanglots et l'hémoglobine. Le mirage en une pandémie aguerrie enveloppe l'épiderme de tout ceux qui croisent son chemin. Le monde se fait chaque seconde ténèbres. L'apologie d'une narration du clair obscur. Fil fustigé d'un destin déchiré par les crocs assassins de l'Enfer. Tous les démons de tréfonds voudraient calciner cette chair. Mais de tous, Lucifer plus que les autres viendra lui-même arracher les derniers soubresauts d'un cœur avarié par une perfidie incestueuse.

Interférences rendues subtiles. La roue tourne indéfiniment et petit à petit, l'écho se fait de plus en plus distinct. L'environnement. La neige teintée de l'encre du Diable s'étale, indécente. Les empruntes criminelles s'accompagnent des cris, dysfonctionnement du guttural. Convergence rendue infâme, succombe aux cordes vocales vibrantes, inviolable au gré des affres des émois parcourant chaque fibre de l'être. Rendu rhizome, les racines s'étendent sans fin, jusqu'à chaque parcelle vivante, rien ne peut résister à l'onde de folie.

Les doigts se crispent sur la chair. L'incarnat se froisse en un crissement désagréable. Pourquoi ta voix me semble-t-elle si lointaine...? Pourquoi ta peau me parait-elle si métallique...? Alvaro, pourquoi tes bras ne m'enlacent-ils pas comme tu l'as toujours fait...? Est-ce que... Tu m'aurai menti...? Pas toi. Tu ne pourrai jamais me faire ça... Pas toi...

Comme pour conforter mon idée, tes doigts se resserrent sur mes épaules. La ligne de mes lèvres s'étire en une douce complainte. Un soupir m'échappe alors que ton front vient doucement rencontrer le mien. Pourquoi ne puis-je pas sentir ton souffle...? Mes sens devenus étrangers, pourquoi ne puis-je pas m'abandonner à toi...? Ne serai-ce pas pur égoïsme de vouloir m'offrir à toi en pareil état de détresse...? Mais ne l'ai-je pas toujours été...? Tu m'as tant donné, sans que jamais je ne t'en rende autant... Sauras-tu me pardonner...? Ma main libre s'agrippe à l'étoffe couvrant ton torse. M'y agripper comme si... Non... Ce n'est absolument pas un faux semblant... C'est un fait... Ma vie en dépend... Ma vie dépend de... Toi.

Pouvoir être une fois de plus cette chose fragile que tu protégeras de toutes tes forces. Devenir dépendant au-delà de toute croyance. N'être plus que tien. Ne respirer que du même air que toi... Dis-moi Alvaro... Ai-je tort de croire qu'aujourd'hui encore, seul toi peut-être capable de rendre ce souffle d'espoir. Croire en toi comme si jamais aucun lendemain ne me serait offert.

Inspiration. Je veux le voir.

Se concentrer. Faire un effort. Remettre en question cette structure cérébrale rendue difforme. La cage de ténèbres se referme. L'immaculé chaque seconde s'estompe. Peur. Effroi. Pourquoi fait-il si noir. Pourquoi ne puis-je pas...? L'impression d'étouffer... Et ce bourdonnement... Ma percepetion de tes mots se fait si confuse... Pourquoi ta voix semble-t-elle si ténue...? J'ai l'impression que... Ta voix est bien plus chantante qu'elle ne l'a toujours été.. Concentre-toi Kamui... Fais un petit effort...

- Il n'y a perso... seuls, ici... ce qui existe maintenant. ...rtaine tension ... mélancolie ...minable, toi...

Un hoquet m'échappe. Loin de ce monde pour toujours. Rêver au grand jour au creux de tes bras. Vas-tu m'oublier à cet univers d'indifférence monochromatique... ? Quel est donc cet entourage que tu me décris... Quelle... Tension... ? Pourquoi tes doigts sont-ils si froids contre ma joue... ? Je voudrai tant t'apercevoir. Noyer l'azur inondé de larmes au fond des iris incandescentes qui chaque seconde brûlent mon âme. Partir loin de toute cette démence. Partir sans regret. Quitter jusqu'à ce bas monde pour ne plus exister qu'au creux de tes bras... Comme une invocation, la magie s'opère. Mes souhaits s'exaucent... Serait-il possible qu'au final tu me connaisses si bien... ?

Ne suis-je pas simplement une créature bien trop gâtée... ? Pourquoi... ? Pourquoi suis-je comme un trésor entre tes bras... ? Tes gestes se succèdent, comme pour confirmer que tu es bien celui que je chéris tant... Ta peau abrasée calcine ma chair d'un incendie passionnel. Mes bras se glissent instinctivement dans ton dos. Agripper avec vigueur le tissu qui couvre ta chair. Je sens les longues mèches de ta chevelure effleurer ma peau... Ont-ils toujours été si longs... ?

La respiration se fait erratique. Le souffle long et agonisant. Euphorie extatique des instant de sublimation. L'écho sulfureux de tes paroles s'envole au gré d'une brise onirique. Les notes, mélodie assymphonique subjuguent l'étant pour ne demeurer qu'un vague murmure. L'étendue calme transpire d'une chaleur suffocante. Les perles salines glissent cristaux tétaniques le long de l'échine courbée. Les esprits sylvestres s'éveillent en un arôme exquisément attrayant. Éphémères feu follets d'un monde parallèle, leur valse éveille les sens à retrouver l'instinctif cheminement de la pensée animale.

La douceur d'une main de velours réaffirme cette obscurité pesante. L'azur perturbé s'adapte à cette caresse recrudescente et se fait paisible. Comme la main de Dieu prodiguant à la mer hurlante un terme au typhon qui la brise, le voile s'éclaire, redonne un souffle au monde. Enveloppé dans cet étau d'une candeur rendue sensuelle. Tes doigts s'échappent effleurant le flot d'or. Les rivages de blés s'inclinent sous la main bienveillante de celui qui aime. Un souffle m'échappe, étouffé contre l'épaule de celui que je crois être mon éternel sauveur.

- ... Reste près de moi...

Mes mots sont-ils si lourds à entendre...? Pourquoi m'imposes-tu ce silence...? Pourquoi ne réponds-tu plus à mon appel... Tu es là, aussi vraie soit le toucher de ta personne sur la mienne. Un geignement s'esquisse et m'échappe. Je voudrai m'agripper à toi comme si jamais aucun lendemain ne viendrait... Me réduire à cette honte insipide d'être une créature à la faiblesse exposée au regard de tous. Je m'en moque... Tout ceci m'est indifférent. C'est toi. Peu m'importe le reste.

Un son métallique . Y a-t-il quelque chose...? Ou quelqu'un ? Écho étouffé. Qu'est-ce que...?

La cage thoracique se contracte en une douleur insurmontable. Palabres incohérentes, profanes. La toile d'obsidienne se trouble, les sourcils se froncent, l'azur perlant maladroitement de ses affres. Le sang boue d'un crépitement surnaturel. Les tympans se vrillent sous une pression subtile rendue intolérable. Doute, douleur. L'infecte impression de ne plus être seul dans ma propre tête m'envahit. Corps étranger. Sifflet de ralliement de l'étrange. Le contraste aux nuances d'ivoire se perturbe d'une oscillation perfide. Le temps s'arrête pour ne plus donner raison qu'à ce court instant au pendant lequel tout s'évapore pour ne laisser plus que le noir le plus glacial. Les idées s'embrouillent, comme si la boîte crânienne avait été secouée par les forces les plus véloces d'un monde de brutalité. L'esprit opaque se fissure en une glace rendue imperméable à la seule vision. Tourbillon sordide du néant.

Quel est le son qui s'est échappé de mes lèvres ? Les mots n'avaient plus de forme, plus rien n'avait eu de sens. Seule ma gorge meurtrie semblait rester l'artefact d'une mince parcelle d'oubli. Mes doigts fermement serrés sur le tissu, le visage enfoui en un cri silencieux contre le torse robuste, la seule sensation d'une main contre mon visage et d'un cœur battant contre mon oreille demeure. Comme si l'océan déchaîné avait tout emporté sur son passage ravageur. Comme tiré d'un songe improbable par les griffes du malin. Broyé de l'intérieur et rendu amorphe d'une sensation inconnue.

Les paupières closes, tout semble néanmoins tourner en une ronde infinie dont la seule issue réside sur le contact de cette chair contre laquelle je semble avoir trouvé refuge. La bouche pâteuse, les lèvres sèches et l'esprit aérien, les mots se forment à peine d'un coassement décérébré, rendu mortel.

- Qu'est-ce qu...

L'une de mes mains se relâche. L'étoffe s'enfuit à la convenance d'autres desseins. La paume frôle le visage crispé. Comme soudainement pris de spasmes. Le pharynx impitoyable se contorsionne en un boléro hybride mené de front par la nuisible offensive du pollen. La bile sulfurique dévore la trachée en une lave coercitive. Sujet à d'étranges convulsions, un râle pincé m'échappe. Une lame comme ancrée au fond de ma tête me vrille les sens. Et sans que rien ne le présage, tout s'arrête. Mon souffle se stoppe alors que mes doigts se détendent lentement sur mes lèvres serrées. Les paupières s'ouvrent lentement, le regard fuyant de cette toile monochrome. Pourtant... Plus rien ne subsiste.

Une hésitante étendue verte se dévoile sous mon regard. Qu'est-ce que... ? Je laisse glisser mes doigts sur mes yeux, mimant un mouvement pour tenter vainement de recouvrer de cette cécité temporaire... Une désagréable sensation d'engourdissement. Une légère douleur s'impatiente dans le lobe temporal. Les mots m'échappent alors qu'une pluie scintillante se glisse tranquillement dans mon champ de vision.

- Quel est ce lieu.. ? Où... ?

Un léger contact contre moi me tire de ces subites interrogations. Mon regard s'illumine bien malgré moi, comme le souvenir délicat et doux d'un rêve utopique. Un nom m'échappe d'une voix fluette et quelque peu réjouie... Mais...

- Alva....

Alors que je me tourne pour faire face à celui que je pense être Mon Élu. Je n'avais définitivement pas prévu qu'il s'agisse bel et bien de l'un de mes plus hauts gradés... Mais pas celui auquel j'avais cru m'adresser. L'azur s'écarquille alors qu'un hoquet se fait entendre. Un mouvement de recul. Une main se plaque instinctivement contre mon torse en signe de défense alors que l'autre cherche un appui sur le sol herbeux pour ne pas être déséquilibré. Un bégaiement effrayé.

- M-Maena... Qu'est-ce que tu... Pourquoi... Je... ?

Comme pris entre deux feux, je sens ma respiration s'accélérer. Un goût subtile m'encombre le palais alors que sans le savoir, les effluves de l'arbre persistent à noyer notre environnement. Mais tout ceci m'importe peu. Comme trahis par mes propres pensées. Mes propres sentiments. Comment ai-je pu confondre ces deux individus... ? Pourquoi a-t-il... ? Les sentiments s'agitent en un ouragan indicible. L’œsophage soutenu d'un poids, la gorge nouée par toutes ces émotions contradictoires. Ce fut sans réellement savoir quel sentiment prenait le dessus que je soufflais, indécis.

- Pourquoi est-ce toi...?

Cherchant à percer la raison de toute cette mascarade, l'azur perdu en un millier de points, ne pouvant décemment fixer le visage de celui qui quelques instants plus tôt m'enlaçait avec la ferveur que j'avais pensé être celle d'un autre. Je ne pus saisir que quelques éléments. Ce brouillard luisant qui nous entourait. Ces quelques feuilles d'incarnat reposant à nos côté. Ce masque d’obsidienne et de fer. Et... Nous...

La respiration bloquée au fond de ma poitrine, je ne sus si à cet instant, il aurait fallu crier ou pleurer. Serrant les poings, je prononçais d'une voix à peine audible, tremblante d'effroi.

- Il doit bien y avoir une explication...

Tout ceci ne pouvait être réel. Je devais encore être dans ce rêve insensé. Encore baigner dans la chaleur rassurante des draps immaculés de la Forteresse. Comme pris d'un vent de panique, mon regard se posa, désespéré, sur le faciès indéchiffrable de mon dissident subalterne. Quel était le sens de tout ceci... ?

Le raz de marée de mes émotions me submergea à l'instant même ou la piqûre de ce sommeil ésotérique revenait chatouiller mes entrailles. Prenant une profonde inspiration, sentant le tumulte de tant de ressenti broyer mes chairs de l'intérieur. J'ouvrais les lèvres prêt à expier mes maux. Cri.

Car il n'est qu'une chose en ce bas monde que l'on ne pourra jamais entièrement connaître de notre seule personne. Cet élément en puissance qui chaque seconde s'agite contre notre gré. Bien malgré tout ceci vit au fond de notre âme, brûlant chaque jour avec plus d'ardeur. S'envenimant au contact de chaque événement. Redevenant douceur au seuil de la clémence. Le vide n'a jamais et n'existera jamais en vous. Car sombre bête humaine, vous n'êtes finalement rien de plus qu'un pantin animé par l'essence la plus basse de cet univers.

Les sentiments.


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Naphtaline. [Kamui.]

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