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 Le manteau de Bruyère [Morjane].

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Castiel
Le spleen de l'océan

Le spleen de l'océan ♍
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MessageSujet: Le manteau de Bruyère [Morjane].   Dim 29 Jan - 17:44

La parure de la lande est imperméable aux coups du ciel.
C'était un temps à ne pas mettre un chat dehors. Et pourtant moi j'étais dehors. Quelle chance. Me voici sous l'orage et la pluie à la merci du vent qui veut me faire chuter de la falaise. Je suis sur qu'il me suffirait de sauter en tendant les bras pour m'envoler jusqu'à l'autre bout de l'échiquier. Tiens quelle délicieuse idée ! Mais attends un peu, tête de linotte, je crois qu'au final tu n'as pas vraiment envie de t'écraser sur un rocher vingt mètres plus bas. J'allais donc m'en tenir à mon plan initial : bien garder les deux pieds sur terre et m'agripper à cet arbre. C'est bizarre un arbre tout seul au milieu de la lande mais qu'importe. J'avais entendu qu'en cas de tempête mieux valait ne pas s'abriter sous un arbre. Ou alors c'était le contraire. Je n'en avais plus aucune idée mais cela m'était absolument égal pour le moment.
Que faisais-je donc ici d'ailleurs ? Ah oui j'étais venu récupérer des plantes aromatiques dans la bruyère qui poussaient parfois dans la région. J'avais trouvé quelque chose qui s'apparentait à du thym et de la lavande la dernière fois. Elles avaient fait fureur dans le repas du soir. Et personne n'était mort d'intoxication ! Ceci dit, Belzeneff s'amusait souvent à changer la faune et la flore de l'échiquier ce qui rendait difficile la récolte d'ingrédients particuliers. Bien entendu, une fois sur place, je n'avais pas retrouvé ce que je cherchais et la bourrasque m'était arrivée dessus d'un coup. J'aurais certainement pu en matérialiser mais l'idée ne m'avait pas effleuré une seconde l'esprit quand j'avais enfilé mon capuchon gris et mes grandes bottes en cuir pour courir dans la nature, tout heureux d'avoir trouvé un prétexte pour gambader dans la lande. J'adorais la lande, Dame Bruyère discrète et élégante aux couleurs simples. Même lorsque les quatre éléments de Mère Nature s'y déchainaient allègrement, que le ciel se fendait en deux et que la terre devenait tranchées de boue et d'eau. La lande, elle, elle se tenait toujours là au milieu de la pluie acide, du vent de sel et des giclées de sang. Je ne pouvais qu'être administratif devant sa ténacité moi qui avait tendance à fondre comme un soldat de sucre à la moindre intempéries. Et puis surtout, la lande était mon paysage natal. Combien de jours et de semaines avions-nous passé ensemble à courir comme des diablotins dans le manteau de fleurs et d'herbes qui recouvrait la terre de notre maison de campagne ? Qu'ils sont désormais loin les jeux d'enfants, les innocences infantiles et les rires aigus. Et je n'ai jamais eu le temps de faire le deuil de l'enfance battue, arrachée. Quand j'y pensais, tout c'était déroulé trop vite. Ça nous était tombé dessus sans prévenir comme cet orage furieux qui me martelait la tête avec ses armées de gouttes. Ou alors on avait juste rien vu en gamins stupidement naïfs que nous étions. Peut-être était-ce mieux ainsi. Je n'avais pas le temps de les regretter. Et l'ignorance m'avait accordé le temps de profiter du moment.
Mes pensées furent interrompues par un brusque coup de tonnerre qui me fit presque sursauter et sous mes yeux je vis un rayon de lumière s'abattre au loin. Mes bras s'enroulèrent autour du tronc d'arbre comme si je cherchais du réconfort dans l'étreinte de l'écorce ce qui en réalité n'était rien de cela puisque je souhaitai simplement ne pas trébucher sous la colère du souffle de Zeus. Je m'accroupis alors et rampai vers des buissons, plus ou moins protégé des intempéries par la taille conséquente du pin auquel je m'étais cramponné. La capuche passée sous ma tête, je grelottai dans la boue et l'humidité et me mis à ramper sous des arbustes sans aucune raison logique, croyant naïvement que j'y serais à l'abri. Je rassemblai quelques branches et feuillage pour me faire un coussin de fortune et posai ma tête dessus. Je n'avais jamais craint ni l'orage, ni l'humidité. Le son de la pluie qui s'écrase, le contact de l'eau ruisselant sur mon corps, les menaces des nuages gris, les gifles du vent en colère, les battements du ciel comme ceux du cœur d'une entité invisible m'apaisaient. La nature reprenait ses droits et qui donc étais-je pour m'y opposer ? Après tout peut-être avais-je en moi un peu de lande pour tant aimer l'orage. Je m'endormis. Simplement.

J'avais la bouche pâteuse quand j'ouvris les yeux. Le soleil était timide mais il m'agressait tout de même la rétine. Mes membres ankylosés par le froid se remettaient doucement à bouger. J'avais de la terre à demi-sèche collée partout sur moi. Seules les perles d'eau sur la lande et l'humidité du sol indiquaient le passage récent de la pluie. Je ne savais pas si je devais m'estimer chanceux de ne pas avoir roulé par-dessus bord ou de m'être pris un éclair dans la figure, mais j'avais curieusement bien dormi même si le goût étrange dans ma bouche était celui d'un morceau de terre. Je crachai plus ou moins élégamment et me levai dans un état pitoyable. Je crois que les buissons m'ont tout de même protégé du vent. Merci, enfants de la bruyère. En contrepartie de leur protection, ils m'avaient quelque peu lacéré le corps mais cela m'était égal. Je me rendis alors compte que j'avais perdu le panier en oseille que j'avais pris pour la cueillette. J'avais pris un temps fou pour le fabriquer celui-là ! J'espérais qu'il n'était pas perdu. Peut-être était-il quelque part plus loin dans la lande ?
J'entrepris alors de retrouver mon bien, m'efforçant de saccager le moins que possible le paysage de fleurs et d'arbustes de mes bottes qui avaient bien résisté au caprice du ciel puisque j'avais par miracle les pieds secs. C'est alors que je vis comme une sorte d'anomalie, un creux dans un champ d'arbrisseaux. Serait-ce par hasard par là que ce serait échoué ma corbeille ? Je me penchai sur l'endroit suspect et passai une main dedans pour y récupérer quelque chose de beige qui ne semblait pas être une plante. C'est alors que je sortis de la lande une... main ?
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MessageSujet: Re: Le manteau de Bruyère [Morjane].   Mer 8 Fév - 13:42

Pon pon pon... Morjane chantonnait. Sur son dos : un grossier sac en toile duquel s'élevait des tintements. Des pièges à mâchoires s'entre-choquaient dans son baluchon. Pour une fois, il avait pris le soin de préparer son expédition avec soin. Sur la dernière semaine, il avait fait apparaitre quelques pièges à bêbêtes sauvages malgré la fatigue que cela impliquait. Il voulait se faire une nouvelle écharpe en fourrure de lapin, avec le bonnet et les gants fourrés assortis. Il avait même prévu un repas froid à emporter avec lui, imaginant passer toute sa journée à attendre paisiblement que des rongeurs des landes se fassent attraper. Ainsi donc, le petit zombie tout mignon sorti en sautillant de la cité d'Oppse, des pièges de chasseur sur le dos, un panier à pic-nique au bras. Comme à son habitude, il était habillé d'une manière parfaitement androgyne : une tunique blanche avec un peu de broderie sur sa poitrine en ton sur ton, un mini-short bleu pastel et des petites bottines. Il avait retenu sa leçon et ne portait plus de sandales lorsqu'il allait se promener autre part qu'à la plage! Le garçon mort gambadait vivement et joyeusement lorsqu'il arriva sur les hauts des falaises. Yay, une partie de chasse mignonnement menée débutait. Après avoir couru derrière un papillon quelques... plusieurs minutes, avoir cueilli quelques fleurs en se disant qu'il pourrait les ramener en cadeaux pour Lahja pour ensuite lui réclamer un gros câlin, il installa les pièges en les cachant habillement derrière des buissons et derrière des petits tas de feuilles, d'herbes et de pâquerettes. Une fois fait, il se remit à courir niaisement derrière des petits papillons tout mignons, observa un ver de terre ramper par terre, une coccinelle se poser sur un pissenlit. Il repéra un noisetier et se dit qu'il faudrait revenir lorsque les noisettes seront prêtes à être mangées.

Un élan de gourmandise, né de son envie de dévorer des noisettes juste cueillies dans un futur plus ou moins proche, le poussa à se trouver un coin ombragé sous un petit arbre. Il sortit une couverture fine de son panier et l'étala par terre. Il sortit ensuite ses victuailles : des fruits secs, un peu de pain, un petit morceau de fromage, une petite bouteille d'eau et quelques biscuits avec un peu de miel à mettre dessus. Parfait pour un petit pic-nique à l'air libre. Ça allait très bien avec le cadre de la lande, il y avait un petit coté pittoresque dans le tableau que le zombie se prélassant sur les falaises formaient. Dans tous les cas, il faisait encore beau malgré quelques nuages noirs qui commençaient à pointer à l'horizon. Il se fit des tartines de fromage avec du miel, coupé avec l'un de ses couteaux qu'il avait pensé à prendre pour une fois. Il mangea ses fruits secs avec gourmandise avant de sentir une douce torpeur l'envahir. Sans rien ranger, il se laissa aller et s'allongea sous les branches protectrices de l'arbre sous lequel il s'était installé. Rapidement, il sombra dans un sommeil profond et dans son inconscience il ne remarqua pas les changements inquiétant qui avaient lieu autours de lui.

Plic... Ploc... Plic... Ploc. Plic. Ploc. Plic.Ploc. Plic. Ploc.Plicplocplicplocplicplocplicploc. Shaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa... La pluie tombait drue, le vent secouait la végétation. La boue tenait fermement le drap gorgé d'eau sur lequel un Morjane trempé aux os en moins d'une minute se réveilla. Les branches au-dessus de sa tête s'agitait follement, tiraillées par les forces de la nature. D'abord éberlué face au spectacle qui se présentait à lui dès son réveille, le zombie ne mit pas longtemps à comprendre ce qu'il se passait. Il devait rentrer, se mettre à l'abri derrière les murs d'Oppse, s'abriter de la pluie tambourinant froidement contre sa peau d'albâtre et menaçant de lui geler les os plus vite que la chambre froide d'un boucher ou d'une morgue. Après quelques minutes à se demander se qu'il faisait au beau milieu de cette tempête, avec l'urgence d'une fuite nécessaire serrant son ventre sans pour autant arriver à s'arracher à la fascination que ce déchainement de forces incontrôlables lui inspirait; Morjane se rappela soudain qu'il avait son panier repas à ranger. Il s'empressa d'y fourrer sans ménagement son pain, son reste de fromage et ses quelques fruits secs restant. Il saisit le couteau qui lui avait servi à se couper des tranches de produit lacté et alors qu'il allait le ranger à son tour après l'avoir brièvement nettoyer en le frottant contre le pan de sa tunique, une bourrasque d'une force inouïe lui fit perdre le contrôle de ses mouvement. Et vlan, un cou de couteau dans son poignet gauche. Qui évidemment fait sauter ses points de suture. Ceux qui reliaient sa main gauche à son bras gauche. Et vlan! une autre bourrasque. Et voilà que la main gauche s'envole au loin.

Affolé, le petit zombie en kit créé sur le modèle de monsieur patate (vous savez, là, le jouet qu'on monte et démonte à l'infini en fonction de nos envies) se mit à courir après ce point blanc (supposément sa main) qui semblait dériver au gré des vents. Des fois, elle avait l'air d'être sur le point de se poser sur les herbes, d'autre fois Morjane craignait de la voir se crasher sur un rocher tel un avion se crashant sur une montagne. Il courait s'en regarder où il mettait les pieds, glissant sur la bas, butant sur des cailloux qui lui tendaient des embuscades.

-Aaaaarg...

A force de courir à l'aveuglette après sa main volante, il en avait oublié tout le reste. Comme, par exemple, qu'il avait poser des pièges à loup. Bonne chasse, mauvais gibier. L'arroseur arrosé. Le Morjane attrapé. Voilà qu'il avait bêtement marché dans l'un de ses propres pièges et des dents en métal lui enserrait fermement la jambe. La douleur lui arrachait des larmes qui ne s'arrêtaient plus de couler. La vue embrouillée par ses pleurs et la pluie impétueuse, le zombie faisait de son mieux pour desserrer le piège. Il essaya de trouve le mécanisme pour desserrer les mâchoires et se libérer. Il tâtait le piège, s'écorcha les mains, trouva le mécanisme glissant et embourbé. Il essaya de l'actionné une fois, puis une seconde fois, et encore et encore et crak! Voilà qu'un petit bout de ferraille lui resta dans les doigts. *Je le savais! J'aurais pas du prendre du made in China juste pour que la matérialisation soit plus facile* Et le petit zombie se laissa aller à la panique et au désespoir. Il pleura a s'en dessécher les glandes lacrymales en chougnant par moment et hurlant à d'autres moments à s'arracher les cordes vocales.Il reste là, à pleurer et à bouger rageusement sa jambe de temps à autre en espérant follement arriver à se libérer comme ça. Il se recroquevilla sur lui-même au bout d'un moment, abandonnant définitivement tout espoir. Il laissa la pluie battre sa peau alors que des vents froids et dur lui mordait sa chaire. Transie de froid et de peur, il attendait anxieusement que la tempête s'apaise et disparaisse. Et après une éternité, la tempête se calma, le vent sans pitié se transforma en une brise douce, la pluie cessa et les nuages disparurent. Et il retrouva une lueur d'espoir.

Un point blanc dans l'herbe verte et au milieu de la terre boueuse. Qui bougeait même. C'était sa main. Il le savait. Il le sentait. Il se leva et voulu courir vers sa main, sa précieuse main gauche qu'il avait déjà imaginé perdre à tout jamais. Il se lança dans sa direction avant de retomber lamentablement dans la boue : le piège l'empêcher d'aller jusqu'à sa main. Il sentit les larmes lui monter aux yeux à nouveau. La fatigue, la douleur et la déception le poussaient à bout. entre deux sanglots, il aperçut une ombre, une silhouette s'approchant de son précieux. L'inconnu alla même jusqu'à saisir sa papatte.

-Hey! Heyyyyyy! Hé hoooo! C'est ma main! La...mienne... snif... snif... buaaaaaa...

Et voilà qu'il se remettait à pleurer à gorge déployée.
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MessageSujet: Re: Le manteau de Bruyère [Morjane].   Dim 15 Avr - 15:26

Boy in the grip of iron.
Une main ? Une main ? Oui, cinq doigts, une paume et un début de poignet quelque peu sanguinolent. Surpris, je lâchai le membre en agitant mes bras de façon ridicule comme si je venais de toucher un objet absolument dégoûtant. Devais-je en conclure que je risquais de tomber sur un cadavre quelques mètres plus loin ? Ou pire, d'autres morceaux d'homme éparpillés ? Y'avait-il un boucher fou dans le coin ? Devais-je me mettre à courir en hurlant ? Je n'eus pas le temps de me remettre de cette affreuse trouvaille qu'une ribambelle de plaintes s'abattit sur mon crâne bientôt suivi d'une avalanche de sanglots. Reprenant mes esprits, je réalisai bien vite que la voix à l'origine de ces supplications m'était familière et ce fut avec effroi que je vis le pauvre garçon pleurnicher à quelques mètres de moi, réclamant la main que je venais tout juste de faire tomber. Ramassant avec empressement celle-ci, je m'empressai de m'avancer vers son propriétaire que je pris spontanément dans mes bras, le son et la vue de ses pleurs m'étant difficilement supportables.

- Ô mon pauvre Morjane, dans quel état lamentable te voilà ! Allons, allons sèche donc tes larmes. Voici ta main. Aussitôt que j'aurais retrouvé mon matériel, je t'aide à la recoudre ! Tu pourras même choisir la couleur du fil !

Je voulus me mordre la lèvre inférieure en réalisant à quel point mes paroles étaient peu avisées en la situation mais me heurtai à mon piercing. En effet, ce n'était pas le fait de pouvoir choisir la teinte du fil qui allait le recoudre qui le remettrait d'aplomb. Je relâchai alors mon étreinte pour me reculer et lui tendre la main qui était la sienne avant de lui ébouriffer gentiment la tignasse avec un sourire qui se voulait réconfortant. Il était connu que j'avais une aversion toute particulière du toucher en ce qui concernait les membres du sexe masculin mais dans le cas de Morjane, c'était différent. J'avais déjà rencontré ce charmant jeune homme au cours de mes quelques excursions en dehors de la Forteresse et bien que nous appartenions tous deux à des côtés différents de l'échiquier, je l'avais tout de suite en affection. D'une part, il était rare de rencontrer un autre féru de couture et d'autre part, il était difficile ne pas apprécier cet aimable Oppsédé aux airs enfantins. Je disais bien enfantin car en dépit de son âge, il m'apparaissait définitivement comme un enfant et de ce fait, je n'avais aucun mal à l'enlacer de la sorte, ni à le traiter en tant que tel d'ailleurs d'où mon inhabituel tutoiement... Ce n'était pas une marque de dédain, ni une marque de supériorité, mais un signe d'affection et de tendresse. Il fallait dire que j'étais convaincu de l'innocence qu'il dégageait : il n'avait jamais été ouvertement agressif à mon égard et la gentillesse et naïveté qu'il manifestait par ses gestes et paroles me paraissaient réellement sincères. Il y avait quelque chose d'à la fois d'attendrissant et de tragique dans la rencontre d'un personnage aussi doux en dépit de son appartenance au camp ennemi. Nonobstant les forces divines qui nous opposaient, il existait bien quelques âmes assez courageuses pour se dresser face aux volontés hostiles qui nous auraient contraints à la guerre. C'était tout simplement bon de voir qu'il était simplement possible de faire la connaissance d'un camarade, quelle que soit son origine. Quelque part, n'était-ce pas la preuve que nous étions encore dans une certaine mesure maitres de nous-même et pas de simples pions ? Ou bien alors qu'une âme d'enfant avait le pouvoir de se jouer des Dieux ? Mais je m'égarais bien entendu sur cette amitié qui - bien que j'espérais le contraire - restait encore précaire en raison de la situation actuelle. Toutefois, moi qui n'étais pas particulièrement engagé de le conflit qui opposait les deux divinités, je n'étais absolument pas disposé à me montrer hostile à son encontre quelle que soit la situation. En somme, je trouvais agréable l'idée que nous étions prédisposés à devenir bons camarades. Sans parler du fait qu'il était doté d'un bon goût rare en matière vestimentaire. J'adorais les quelques tenues dans laquelle je l'avais croisé. Enfin sauf celle-ci mais c'était sans doute parce qu'elle était en très mauvais état à cause de la pluie et de la boue et... Serais-je en train de rêver ou avait-il vraiment assorti l'une de ses chevilles d'une épaisse chaine en fer ?

- Par tous les Dieux, qu'est-ce que c'est ça ?

M'exclamais-je en m'accroupissant pour examiner ce qui s'apparentait à une espèce de piège à loup. Voilà qui expliquait sans doute les larmes abondantes du jeune homme. Condescendance ou pas, j'avais vraiment pitié de son don qui devait souvent le mettre dans des situations insoutenables où il n'avait d'autre choix que celui de souffrir en martyr sans avoir la possibilité de mourir et ainsi de mettre fin à ses souffrances. Je supposai que n'importe qui à sa place ce serait vidé de son sang et évanoui. Je retirai mon manteau sale et l'étalai sur l'herbe trempée pour y faire asseoir Morjane avec délicatesse, sa jambe blessée tendue afin de mieux examiner le traquenard. Je grattai la terre qui s'était accumulée sur le piège en acier et remarquai que ce dernier s'était brisé. Par chance, je n'avais pas déposé l'intégralité de mon bric-à-bras dans le panier qui s'était envolé dans le bruyère et en secouant une de mes manches, je me saisis d'une aiguille. Je n'y connaissais rien du tout à ces engins mais il me fallait au moins tenter et en glissant mon aiguille là où s'était rompu le mécanisme d'ouverture je réussis à desserrer légèrement mâchoires du piège. Il me fallut toutefois user de mes deux mains pour libérer la cheville meurtrie du garçon et je m'écorchai d'ailleurs les paumes au passage. Je pris alors le piège traitre et le balançai avec le plus de force possible - soit pas très très loin - dans un épais buisson afin d'éviter qu'un autre malheureux ne se blesse avec un tel engin. Qui était donc le malandrin qui pouvait bien s'amuser à disposer de pareils pièges ? Un vicieux Oppsédé ? Ou peut-être tout simplement un simple chasseur qui espérait mettre la main sur un quelconque animal. Je devais donc m'estimer chanceux de ne pas avoir été la victime d'un tel incident puisqu'il devait sans doute avoir d'autres mécanismes de ce type dispersés dans la lande. Il faudra que je fasse attention où je mettais les pieds à l'avenir.

- Ça va ? Tu n'as rien d'autre ?
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