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 Les larmes des Cieux [PV Alvaro][Flashback]

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Kamui
Administrateur innocent ۩ Guide des âmes perdues

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MessageSujet: Les larmes des Cieux [PV Alvaro][Flashback]   Lun 20 Fév - 2:10

Pourquoi les choses devaient-elles se dérouler ainsi ? Le monde s'ébroue, se fiche et s'éprend de l'histoire pathétique de la misère humaine. L'histoire n'a de cesse de se répéter au même rythme que les affres de la création. D'être Dieu ou Homme, seul un pas nous distingue. Lui est le centre de la croyance. Nous sommes les brebis égarées asservies et avilies par le naïf espoir d'un futur bercé par les bras réconfortants de cette entité onirique. Qui nous empêche d'être les propres dieux de notre existence ? Pourquoi doit-on s'offrir à cette aberration ? Ne sommes-nous pas son fruit ? Son digne héritage. La source même de sa volonté. L'objet de ses plus belles prouesses. La réalisation de son souhait, son vœu, ses sentiments les plus chers ? Ne sommes-nous pas l'essence même de ce pour quoi il a daigné offrir l'espoir à l'être ? Créer la chair dotée d'une âme. L'esprit en puissance. Le pouvoir des choix. Le droit d'être et de devenir ce que l'on désire. Mais pourquoi les décisions doivent-elles se faire de la sorte ? Pourquoi doit-on laisser le sort s'abattre ainsi sur nous ? Pourquoi doit-on être le pantin d'un soit disant avenir radieux dont les seules preuves résidents dans les écrits sophistes de nos pères ? S'évertuer à devenir ce que l'on veut nous voir être. Perpétrer la volonté d'une vie déchirée. Appelez-le destin. Le sort. Le hasard. Le fil rouge. A quoi bon user de métaphores si mirobolantes ? Pourquoi se voiler la face ? Nous ne sommes après tout que la concrétisation de cet espoir vain. L'objectif final de ceux qui avant nous ont osé croire à demain. La raison pour laquelle nos ancêtres se sont bornés à verser leur sang. Le but intrinsèque de l'existence. La raison. Le cœur. L'esprit. L'âme. Combative ou faible. Avons-nous le choix ? Se dire que nous sommes les maîtres de notre destin, n'est-ce pas dès lors renier notre propre existence ? Avons-nous eu le droit de donner notre avis avant même de donner cours à notre charnelle réalité ? Nés d'un amour spirituel, d'une fortuite aventure, d'un malheureux événement. Qui sommes-nous finalement ? L'échange spontané et fugace de l’œuvre de deux êtres. Ont-ils seulement pensé à nous ? Ont-ils seulement envisagé la situation plus loin que le bout de leur nez. Il est si beau de donner la vie. D'offrir ce trésor. Mais ce qui à nos yeux représente la conception du bonheur peut-être pour d'autres le sein de l'Enfer. Brûler chaque jour de l'horreur du monde. S'effondrer sous le poids des chaînes qui entravent nos gestes. Se conformer aux mœurs, être ce que l'on attend de nous. Le pêché s'ancre au fond des entrailles. Le cœur cède sous le poids d'un souffle devenu lourd. Les ongles plantés dans la chair, les fluides naturels s'échappent au fil des sanglots qui déchirent vos lèvres. Arracher le cœur d'une poigne certaine. Détruire chaque once de ce qui a fait de vous ce que vous êtes. Car finalement. Pourquoi êtes-vous là ? Pourquoi vous tenez-vous ici ? Pourquoi le sang coule-t-il dans vos veines ? N'êtes-vous pas le symbole du sauvetage de l'humanité ? Vous êtes la nouvelle génération. Vous êtes l'espoir que vos géniteurs ont fondé en vous. Représenter tant et si peu à la fois au beau milieu de cet univers où tant d'autres âmes grouillent. N'est-ce pas malsain ? Pourquoi n'offre-t-on pas simplement le choix d'arrêter ou de continuer ? Pourquoi sommes-nous ainsi forcés à suivre un chemin qui a été tracé sans notre consentement ? N'est-ce pas contre toute idée de liberté ? Contre toute légitimité ? N'y a-t-il pas un moyen de s'émanciper de cette douleur ? De prendre partie et d'enfin se détacher de tout ceci ? Ou alors n'est-ce pas seulement se voiler la face ? Se briser les ailes face à un destin que l'on croit insurmontable. Ne sommes-nous pas finalement par ces pensées en train de nous avancer vers la pente dont tous nous ont protégé pendant si longtemps ? Propagée par l'onde vacillante l'envie se voit troublée dans son cours limpide. Remué par les maux. Étouffé par l'orgueil et la douleur. Esseulé par la peine. Le corps se meut en une gestuelle mécanique et décharnée, squelette sans vie au cœur battant. Pourquoi s'obstiner ? Pourquoi s'entêter ? Ne serait-il pas plus facile de tout abandonner... ? Déambuler sans fin. Se perdre à tout jamais dans l'éternel courant du tracas... ? Donner une fin à tout ceci. Retourner à ce que nous n'aurions jamais du quitter. Tendre les bras à la poussière. Rejoindre le cycle sempiternel de la destruction. Partager à nouveau le souffle subreptice de l'éternité. Cajolé au creux des bras drapés d'une étoffe échancrée. Pendu aux lèvres d'une Mort délicieuse. S'abandonner avec une passion ardente dans ce que nous ne voudrions plus jamais quitter. S'offrir l'échappatoire ultime de tout être... Si seulement... Si seulement tout ceci pouvait être si simple. Si seulement la Mort n'était pas un compagnon si fugace. Si seulement sa figure pâle pouvait rendre aux déchus leurs droits à l'Enfer. Redonner aux enfants de Dieu leur laisser passer pour l'au-delà.

Mais tout ceci n'est que mirage dans ce monde. Tout ceci n'est que l'horrible réalité de notre monde. Ici nous n'avions qu'un seul choix... Vivre jusqu'à la fin des temps. Oublier jusqu'à ce que le sable de Chronos efface l'existence. Efface l'âme et la conscience. Perdre le fil de la vie au milieu de ce dédale interminable. Le Styx a porté de main. La boucle sans fin d'une déchéance à la fin inexistante.

La fatalité s'était à nouveau abattu sur mes épaules. Au beau milieu de ce monde dont la seule réalité n'est qu'un ineffable chemin de croix. Rencontrer les âmes. Croiser le fer. Rejoindre les sentiers de la Mort. Retrouver la lumière et recommencer encore et encore... Ne jamais s'arrêter.

Père m'avait offert cette vie. Innocence choyée du divin. Protégée du sang et des sanglots. Arrachée à ses songes étoilés. Immergée au cœur de ce Pandémonium infernal. Était-ce le purgatoire tant redouté ? N'avais-je finalement que trop échoué ? Lorsque se dévouer et servir semblent ne même plus être des actions suffisantes pour tirer notre sort au clair. Car de toutes ces blessures, de tout ces tourments... Qu'avais-je donc tiré comme enseignement ? Que le monde ne sera plus jamais ce qu'il a été ? Que jamais plus je n'aurai d'autre choix que de me plier à la volonté d'un autre que moi-même ? Gommer les imperfections d'une vie souillée. Effacer les traits impurs d'une personne brisée. Devenir ce que l'on attend de nous. N'être plus que l'objet des convictions adorées de celui à qui l'on doit tout. S'autoriser à disparaître pour offrir à cette personne si chère ce qu'elle désire tant.

Pourquoi alors m'avoir nommé l'Innocence, Père ? Pourquoi m'avoir offert ces ailes d'immaculée si ce n'est que pour les frotter à la cendre et à l'horreur dévastatrice de la Haine et de la Guerre ? Pourquoi avoir fait de moi la pièce maîtresse d'un Univers pour lequel je n'ai que de l'aversion ? Pourquoi m'avoir mis en première ligne d'une partie éternelle au cours de laquelle chaque coup ne sert qu'à briser les pions adverses... ? Pourquoi donc n'avons-nous pas le droit au repos ? Suis-je trop lâche pour comprendre la raison de cette querelle ? Ou peut-être suis-je trop optimiste pour seulement oser voir la vérité en face... ?

Je n'ai jamais eu le choix.

Alors pourquoi tout ceci... ? Pourquoi suis-je en train d'errer... ? Le champs de Mars me semble si familier. L'odeur du souffre et de la chair calcinée me noue la gorge. Les yeux rivés sur ce massacre auquel j'ai contribué depuis si longtemps. Les doigts à la peau laiteuse se resserrent involontairement. Le cœur tiraillé par une cause qui n'a jamais été la mienne. Jeté au milieu d'une bataille dont le but n'est le mien que par un illustre héritage aux contours mystérieux. Pourquoi suis-je à la tête de cette armée... ? Ma carrure n'est-elle pas assez frêle pour attester de la chétive personne que je suis... ? Comment puis-je dignement m'opposer à cet être immonde qu'est Astaroth quand la nature nous a conçu opposés par tous les moyens... ? Séparés de tout ce que l'Humanité peut offrir de réconfortant. Oublier ou ne jamais avoir connu la chaleur rassurante de parents aimants. Ne pas savoir ce qu'est le fait de grandir... Car bien trop tôt, les responsabilités nous sont confiées. Et quelles que soient nos rêves, nos envies, nos désirs... L'irrépressible force des Dieux ne peut être opprimée par la fragile volonté d'un être aussi charnel que l'Homme.

Quitter cette terre mortifiée. L'humus s'est d'ores et déjà enamouré d'une hémoglobine putride qui nourrit ses entrailles. Le sol rendu boueux par les viscères abandonnés des corps disparus pour retrouver leur domaine d'accueil... Pourquoi ne peuvent-ils pas simplement trouver la paix... ? Pourquoi Père... ?

Errer sans but au cœur des plaines. Se perdre sur ces sentiers si longuement parcourus. Je connais chaque recoin de ce monde de tant l'avoir arpenté... Pourquoi donc mes pas m'ont guidés jusqu'à ce lieu miséricordieux... ? Serai-je simplement venu chercher le répit qui s'accorde aux combattants... ? Ou peut-être simplement la bénédiction du ciel de pardonner et laver mes péchés. Le ciel aux nuages d'encre se zèbre des couleurs de la célérité en un fracas tonitruant. La foudre pourrait frapper plusieurs fois au même endroit... S'abattra-t-elle enfin un jour sur moi ? L'irascibilité de la nature osera-t-elle un jour détruire chaque fibre de mon être... ? Pourquoi donc ose-je espérer ? Il n'y a pas d'issue de secours...

Le ressac assourdissant d'une pluie diluvienne bourdonne dans ces environs déchirés par la nature. Les pieds foulant l'herbe encore sèche d'une parcelle de ce monde dément où chaque case n'est autre qu'un environnement distinct, j'osais enfin franchir le seuil de ce déluge. Abandonnant mes regrets et un deuil sans fin à cette pluie torrentielle. La chair s'imprègne des larmes célestes. L'allure séraphique se dessine sous l'étoffe rendue floue par le liquide translucide. Les mèches d'or dégoulinent à l'unisson des gouttes de pluie, balayant un visage pâle aux expressions perdues. Avancer au beau milieu de ce monde où jamais le calme ne demeure. Parcourir l'herbe détrempée sous le roulement incessant d'un tonnerre absolu.

Pourquoi suis-je venu ici ?

L'azur terni ose dévoiler ses secrets. Levant un faciès meurtri vers la toile duveteuse de ce ciel brouillé, les gouttes d'eau dévalent la peau avec délice. Perdre son regard sur cette encre traversée par les aiguilles de l'orage. Perforer les ténèbres. Pourquoi ne t'abats-tu pas sur moi ? D'une voix brisée couverte par le fracas de la foudre, un cri douloureux m'échappa.

- Pourquoi ne m'emmènes-tu pas loin de tout cela... !?

Resserrant mes doigts sur le tissu couvrant mon torse, je ne ressentais qu'un dégoût infâme de ce Destin sordide. Qu'une aversion indescriptible envers le simple fait d'exister...

Qu'une Haine incommensurable envers ma propre Vie.

Car exemptée de tout choix, l'existence perd son sens. Vous n'êtes finalement plus que le fruit irrévocable d'un Destin qui ne vous a jamais appartenu.

_________________

    We each begin in innocence
    We all become guilty
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Alvaro
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MessageSujet: Re: Les larmes des Cieux [PV Alvaro][Flashback]   Mer 15 Mai - 15:34

La pluie. Voilà un phénomène bien étrange que la Nature daignait nous offrir de temps à autre. J’avais toujours eu un rapport particulier avec la pluie. A vrai dire il me semblait même que chaque être humain avait un lien particulier avec ces incessantes gouttes d’eau qui perforent les nuages et viennent marteler la terre dans un petit bruit sec et continu. Pour une raison qui m’échappait encore aujourd’hui, la pluie savait faire appel à nos émotions le moins radieuses. Un temps grisâtre et cette sensation humide qui vous traversait le faciès avait un don particulier pour rendre l’existence monotone et plonger notre esprit dans une sorte de nébuleuse écartée du champ de la réalité et flottant dans une mélancolie sans pareille. Peut-être était-ce dû à l’aspect métaphorique des larmes coulant de la voûte céleste et apportant tristesse sur le Monde ou peut-être n’était-ce finalement qu’un jeu de notre cerveau. J’avais parfois l’impression que le temps s’arrêtait au détour d’un orage et d’une trombe d’eau assourdissante. Comme si la Nature reprenait ses pleins pouvoirs à un être humain corrompu et arrogant. Comme si cette eau se déversait sur nous pour nous laver de nos péchés. Mais cela serait un peu trop simple ne pensez-vous pas ? Il serait bien naïf de croire qu’une simple pluie serait capable d’effacer notre passé douloureux et nous permettre de recommencer à Zéro.

Je me trouvais donc toujours égaré dans ce monde étrange, piégé au cœur d’un conflit qui ne me regardait en rien. La notion de temps avait ici perdu tout son sens ; ni montre ni cadran solaire ne permettaient de se situer. Les astres semblaient totalement anarchiques et dépendant d’une volonté divine et perturbée. Il n’était pas rare de voir des journées interminables finir par plonger dans l’obscurité la plus total en un claquement de doigt, comme si tout ceci n’était qu’un jeu de rôle et que nous n’étions que de simples pions. Des pions… Voilà un terme qui n’avait cessé de tourmenter mon esprit ces derniers temps. Plus que jamais dans ma vie je pouvais ressentir le poids des chaînes brûler mes poignets et ma gorge pour une raison que j’ignorais encore aujourd’hui. J’avais rencontré celui qui se faisait appeler l’élu primordial il y a maintenant quelques temps. J’eu vent alors de ce fameux conflits entre deus « dieux »… Bah ! Foutaises. Qui pouvait donc croire de pareilles sôtises ? Mais en même temps, avais-je le moindre autre choix que de me plier aux règles et coutumes de cet endroit ? Je ne connaissais pour l’instant aucun moyen d’échapper à cette sentence, et l’élu primordial m’avait d’ores et déjà prévenu du caractère irréversible de ma situation. Quelle était son nom déjà…

Kamui.

Ainsi j’étais devenu un disciple de Layca. Moi, Alvaro Crescent, n’avait actuellement d’autre choix que de me rabaisser au niveau d’un piètre sectaire craignant le courroux d’une divinité que tous nommaient Layca sans jamais l’avoir réellement affrontée. De semblables mécanismes étaient visibles sur ma Terre d’origine au travers de la Religion. Cette ferveur aveugle permettait aux leaders de mouvoir la foule par la puissance de la Foi. Mais en faisant ainsi, l’individu perd son autonomie, son originalité et sa Puissance d’agir. Il n’est qu’un pathétique pantin au prises d’un marionnettiste aussi fourbe que malin. Alors c’était ça qui m’attendait finalement ? Moi pauvre pécheur n’ayant jamais mis ma vie entre de mains divines durant mon existence ? L’ironie du sort était ici particulièrement amère. Mais avais-je une autre issue ? Mon unique chance de vaincre cette injustice était bel et bien de me fondre dans cette injustice, la faire mienne et en décrypter les mécanismes les plus infimes. Il y avait forcément une raison derrière tout ceci, et il me fallait la découvrir coûte que coûte.
Alors je fis un pacte avec l’élu primordial. Je m’étais laissé adouber par sa grâce afin de rentrer dans la hiérarchie de Layca. Ce pacte moral était simple : se battre pour la liberté tout en acceptant de jouer nos différents rôles le temps d’accéder à la sainte libération. Suite à ce pacte je m’étais alors évertué à faire une reconnaissance des lieux en visitant la forteresse abritant notre « famille ». C’était un lieu gigantesque par-delà les montagnes. Ma venue récente et ma méconnaissance de mon environnement avait rendu le voyage quelque peu pénible et contraignant, mais j’avais bien fini par atteindre le siège de notre faction. L’intérieur se divisait en de multiples salles et couloirs à en perdre la raison. J’avais alors pris l’initiative de visiter chaque recoin, chaque pièce et chaque couloir caché pour m’assurer que ce bastion laycaiste ne me garde aucun secret. Une obsession avait alors germé en moi : tout connaître, tout maîtriser. Chaque instant de ma vie, chaque souffle d’oxygène allait servir à creuser toujours plus cet univers mystique et inconnu. Le moindre livre qui me tombait sous la main se voyait parcouru avec une assiduité hors du commun. J’avais peu à peu fait miens les règles, la hiérarchie des élus et le code de vie de cet établissement. Et j’avais également fait miens les lois quant à la guerre qui nous opposait à ceux que l’on nommait les guerriers d’Oppse. Ceux-ci étaient donc nos ennemis qu’il fallait abattre au moindre signe de vie. C’était une chasse à l’homme, une bataille royale qui n’avait d’autre issue que de se finir dans un bain ensanglanté. Mais comble de la folie, la Mort qui m’avait fait entrer dans ce royaume scabreux était abonnée absente en ces lieux moribonds. L’obscurité éternelle n’existait pas ici. Bien sûr l’on pouvait faire semblant, fermer les yeux et s’endormir dans les dortoirs de la forteresse, mais le réveil était inévitable. Le prince vient éternelle réveiller sa Belle au bois dormants. Ainsi la guerre, le sang, les armes et les larmes étaient vouées à se répéter inlassablement. Nous étions tous pris au piège de ce cercle vicieux. J’étais en quelques sortes témoin de l’Apocalypse.

Toutes ces informations avaient fini par saturer mon esprit et mon psychisme. Il m’était très difficile d’accepter un tel sort et je n’acceptais pas l’idée d’avoir pu mériter une pareille chose. Ces chaînes n’étaient pas les miennes, et tout ceci était simplement insupportable. J’avais pris alors l’initiative de m’enfuir du Saint Domaine pour me changer les idées et qui sait, peut-être découvrir quelque chose de plus intéressant. J’avais perdu la notion du temps, peut-être que des années terrestres s’étaient déjà écoulées ? Je ne sais guère, je n’avais adressé la parole à personne pendant mon séjour. Tous nous étions des pions, mais je n’avais aucune envie de partager mes états d’âme avec ces guerriers insouciants et lobotomisés par leurs missions. Je n’étais pas le chien de Layca et il était hors de question que j’exécute simplement les missions avec le sourire et en me laissant aux bavardages. S’il fallait repérer, je repérerai. S’il fallait retrouver, je retrouverai. Et s’il fallait tuer, je tuerai. Mais sans jamais oublier que tout ceci n’était qu’une loyauté factice. Je ne souhaitais qu’une chose : m’attirer les faveurs de Layca pour mieux le détruire.

Mon vagabondage avait fini par m’amener sur une plaine atypique. Ici les nuages étaient toujours menaçants et nul ne pouvait enjamber cette plaine sans finir assouvi par un torrent de pluie majestueux. Certes la pluie me déprimait, mais elle avait cette fois-ci un côté particulièrement agréable. Je relevais mon visage en direction du ciel pour mieux observer les gouttes tombantes. Allais-je vraiment m’en sortir un jour ? Je ne sais. Mais pour l’heure il était agréable de se laisser aller, juste un instant. Faire semblant que le monde s’était arrêté de tourner, arrêter le temps et laisser son cœur battre au rythme de ma respiration. Un peu de paix et de calme dans un monde assouvi par la violence et la haine… Une paix battant au rythme de l’orage celeste.

J’aperçu une silhouette au loin. Quelqu’un d’autre s’était donc aventuré en ces lieux ? Elle me paraissait alors étrangement familière. Un corps de taille moyenne, et des cheveux qui me semblaient briller à la lueur de l’eau. Ces mèches dorées, je les avais déjà vues auparavant. Alors Il était ici… Je ne l’avais pas recroisé depuis notre premier entretien il y a maintenant fort longtemps, mais étrangement, la mélancolie qui hantait mes veines me poussait à ressentir un sentiment de surprise et de…Joie. Aussi étrange que cela puisse paraître, j’étais content de retrouver l’élu primordial en ces lieux. Alors lui aussi était un être pensif et torturé ? Ou peut-être qu’il appréciait simplement les ballades sous la pluie. Je me décidai alors à approcher et me retrouvait alors derrière lui, à l’abri de son regard. Que faisait-il ? Était-il en train de prier ? Son corps ne bougeait plus, il semblait alors comme perdu dans ses pensées, dans son monde… Puis un éclair assourdissant vint s’abattre sur la plaine, dégageant une forte lumière qui se projeta sur la chemise immaculée de l’élu primordial. Une certaine allure divine se dégageait du portrait… Lorsque je m'étais suffisamment rapproché de lui, l'élu primordial s'était retourné, m'ayant sans doute repéré à l'aide de ce que tous nomment ici "l'aura des pions." Il était pâle et un air particulièrement triste marquait son visage. Il semblait comme...Rongé par la culpabilité. Peut-être que nos sentiments avaient une base commune après tout.

Mais chose particulièrement étrange, alors que je faisais les quelques pas restant en sa direction, mon coeur se mit à battre bien plus rapidement et commença à s'alourdir au creux de ma poitrine. C'était comme ci... Mon âme avait communiqué avec la peine qui semblait ronger celle de Kamui. Pourquoi étais-je submergé par cette sorte d’empathie étrange, moi qui n’aie jamais fais confiance aux humains ? Pourquoi étais-je capable de ressentir une tristesse infinie au fond de son cœur par ce simple contact ? Je me sentais comme aspiré par cet être divin. La pluie m’avait-elle donc affaiblie à ce point… ? Peut-être que tout ceci n'était qu'une hallucination. Je n'étais plus à cela près... Néanmoins, illusion ou non, il me fallait réagir d'une manière ou d'une autre maintenant que je faisais face à l'élu primordial. J'avais opté pour la carte de la curiosité.

« Que fais donc l’Eminence Suprême abandonnée à elle-même dans le sanctuaire de la rumination ?»

Mon cœur pesait lourdement dans ma poitrine, et mon visage s’était détendu dans une expression mélancolique sans pareille. Mes paupières s’alourdissaient à son tour. Je ne comprenais pas exactement ce qu’il se passait. Je me sentais comme aspiré et vidé de mon énergie. Était-ce ton œuvre Kamui… ? Ou peut-être que nos deux âmes tourmentées étaient simplement destinées à partager ce fardeau qui nous pèse. Je ne pus m'empêcher de joindre ma main vers ma poitrine, car toute cette ébulittion émotive commençait à m'étouffer quelque peu. Allons Alvaro, ressaisi-toi voyons. Comment pouvais-je perdre le contrôle de mon âme aussi facilement?!

Et puis un autre éclair vrombissant et lumineux vint frapper la terre non loin de nous. Puissante exclamation de la nature, je commençais à me demander si un tel endroit n'était pas peu propice à la discussion et quelque peu dangereux.

« Quoiqu'il en soit, le Ciel commence à nous tomber sur la tête. Il serait plus sage de rebrousser chemin vers la Forteresse.»

J'essuyais mon visage affublé par l'eau froide et contemplait les joyaux d'azûr qui me faisaient face. Ces yeux m'offraient un reflet des plus vide. Un reflet qui, bien malgré moi, ne pouvait me laisser indifférent...
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