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 Tu sais, je... [Private! *attrape Mélissande dans ses bras*]

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Levi
Boys don't cry Behemoth

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MessageSujet: Tu sais, je... [Private! *attrape Mélissande dans ses bras*]   Lun 16 Juil - 21:17

Je suis heureux.

Non. Sérieux. Ça fait un moment que j'le suis, d'ailleurs ! C'est comme ça depuis que j'ai rencontré Mélissande. Mélissande ? La jolie blonde assise à côté de moi. Oui, celle que je dévore des yeux depuis tout à l'heure. J'essaie de faire ça discrètement mais c'est pas toujours très successful, v'voyez ? Ça lui arrive de s'retourner vers moi et dans ces cas-là, j'détourne le regard vite fait en faisant mine de rien. Qu'est-ce que le fait d'être assis près d'une jolie fille a de si exceptionnel pour me rendre heureux ? Rien : c'est la fille qui est exceptionnelle. Sérieux ! Des nanas, j'en ai dragué plus d'une. J'me suis souvent pris des râteaux mais dans le fond, j'en avais rien à foutre. Je les draguais pour le plaisir, pour passer le temps. Une relation sérieuse, ça ne m'intéressais franchement pas. Mélissande, c'est une autre histoire. Je l'aime. Quand mes yeux se sont posés sur elle pour la première fois, mon p'tit cœur s'est mis à battre la chamade. Ça a été le coup de foudre direct.
Elle, au contraire, ne me faisait pas tellement confiance au début et je crois même qu'elle avait un peu peur de moi. On a dû lui en raconter des vertes et des pas mûres à mon sujet lors de son arrivée ! Faut dire que j'ai une sacrée réputation dans la cité. Entre mon don, mon caractère et tout le reste... bref ! Ça n'aura pas été simple pour moi de me faire une place dans sa nouvelle vie mais elle m'a tout de même laissé ma chance, malgré tout ce qu'on a bien pu lui raconter sur moi. Quand je vous dis qu'elle est exceptionnelle ! On a lentement appris à se connaître l'un l'autre et au bout d'un moment... héhé... on a commencé à flirter, v'voyez ? L'bonheur total ! Grâce à elle, j'ai même arrêté de boire comme un trou à la moindre occasion. Ça ne me sert à rien maintenant qu'elle est là. J'suis heureux, j'vous dis. Quand je me lève le matin, je pense à elle. Quand je me couche le soir, c'est toujours à elle que je pense. J'ai envie de passer le plus de temps possible à ses côtés. Je veux la voir rire, je veux pouvoir la réconforter quand quelque chose la tracasse. J'refuse d'ailleurs de l'envoyer en mission sur le terrain. C'est ma pionne, j'en ai bien le droit de toute façon ! C'pas comme s'il y avait un élu au dessus de moi pour m'en empêcher. L'idée même qu'elle puisse être blessée me hante. J'veux pas qu'elle soit impliquée dans cette guerre à la con. Une fille délicate comme elle n'a rien à faire sur un champ de bataille. Au fond, elle ne s'en rend certainement pas compte mais elle a vraiment changé ma vie.

Je lève la tête vers le ciel et souris niaisement. On est assis sur une énorme branche, sous l'arbre aux lucioles. La nuit est tombée, les lumières dansent autour de nous. J'ai toujours trouvé cet endroit carrément magique. J'suis un dur, un vrai, mais voilà... c'est joli. Ça doit être mon côté féminin qui s'exprime. Je tend la main vers l'une de ces lumières et essaie de l'attraper mais elle vacille et finit par s'éteindre. Aw. J'aimerais tellement pouvoir en faire tenir une dans mes main, ne serais-ce qu'une seule fois. Les feuilles frémissent sous l'effet du vent léger au dessus de nos têtes, le monde s'endort sous nos pieds. J'ai toujours trouvé ça romantique et j'espère vraiment que Mélissande verra les choses de la même façon.
Mélissande. Je reporte mon regard sur elle : elle semble captivée par le spectacle qui s'offre à ses yeux. Mon sourire est devenu bien pâle. Je suis heureux, évidemment, très heureux, même, mais... je sais aussi que mon bonheur a de grandes chances de prendre fin dans les minutes qui vont suivre. Je baisse les yeux et pose délicatement ma main sur la sienne. Elle est si douce, si fragile... savoir que je vais sans doute détruire notre relation me donne envie de chialer. Je continue de la fixer en souriant sans grande conviction, espérant pouvoir capter son attention.

Alors, tu aimes ? C'est joli, non ?

Ça m'ennuie de faire ça mais ça ne peut plus durer : je ne veux plus flirter avec elle. Ça ne me suffit plus ! J'ai besoin d'une relation plus solide, d'une relation où les sentiments de l'un et l'autre sont clairs et partagés. Qui sait, elle ne fait peut-être que s'amuser avec moi sans avoir l'intention de passer à quelque chose de plus sérieux. C'est sans doute égoïste de ma part mais je n'ai clairement aucune envie de continuer notre petit jeu s'il ne mène à rien. Je vais lui avouer mes sentiments. Si elle me rejette, j'en souffrirai énormément mais ce sera toujours mieux que de me faire du mal inutilement. Je serais inconsolable, certes, mais... rha, merde, je serai inconsolable ! Pourquoi s'embêter à utiliser le conditionnel ?

Tu sais, je...

Non, parce qu'au fond... vous savez, j'suis pas un canon mais j'suis pas spécialement moche non plus ! Puis bon, on s'entend très bien, tous les deux, mine de rien. On ne flirterait pas comme ça si je ne lui plaisais pas un minimum. Si ce n'était que ça, je ne partirais sans doute pas aussi défaitiste : je pense sincèrement avoir mes chances. Je les aurais, du moins, si je n'avais pas un autre secret à lui révéler avant d'en venir à mes sentiments. Un secret qui va sans doute jeter un grand froid entre nous, un secret à cause duquel elle me haïra. Ça me fait déjà mal en avance. Je la regarde droit dans les yeux et avale ma salive, ne sachant pas vraiment comment tourner ma révélation.

Je ne te l'ai jamais dit clairement avant aujourd'hui, mais... est-ce que tu as remarqué que...

Je continue de lui caresser doucement la main, nerveusement. J'ai encore un vague espoir, tout au fond, qu'elle ait remarqué mais ne m'en ait jamais parlé ; le vague espoir, très, très profondément enfouis, qu'elle le sache déjà et qu'elle n'en ait tout simplement rien à faire. Rha. Que dalle. Y'a rien à espérer, je le sais bien. Je me sens tellement coupable de ne pas lui avoir avoué plus tôt... mais en même temps, si je le lui avais dit avant, elle ne se serait sans doute jamais autant rapprochée de moi. Ou alors, elle l'aurait fait différemment. On aurait été bons amis, peut-être, mais sans plus. Les choses auraient été différentes, je ne l'aurais jamais supporté. Je ne regrette pas de lui avoir mentit quand je repense à tout ce qu'on a vécu tous les deux. Allez, inutile de faire durer le supplice plus longtemps. Autant en finir le plus vite possible. Lâche tout, Levi. Prend les couilles que tu n'as pas à deux mains et soit un homme !

Que je suis une fille ?

Voilà, c'est dit ! Je continue de la regarder dans les yeux. C'est difficile, parce que mes pieds ont soudainement l'air très intéressants à observer. Sauf que là, je ne peux pas baisser le regard. Je dois absolument lui faire face, observer toutes ses réactions et capter cette colère que je redoute tant.
La colère d'avoir été trompée par la saleté de travestie lesbienne que je suis.
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Mélissande
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MessageSujet: Re: Tu sais, je... [Private! *attrape Mélissande dans ses bras*]   Lun 23 Juil - 19:26

Bien sûr que je le sais.

C'est évident, et puis, ce n'est pas comme s'il cherchait beaucoup à le cacher. Je veux dire… Son attitude, son comportement. Oui, c'était évident. Et je n'allais pas m'en plaindre. Il est vraiment gentil. Avec moi en tout cas, mais ça n'a pas l'air d'être le cas avec tout le monde. D'ailleurs, c'est pour ça qu'il me faisait peur, au début.
Je le connaissais de réputation. Le protégé d'Astaroth. Je savais quel était son don, je savais qu'il avait déjà tué des gens et évidemment, je n'aimais pas ça. Je n'aime toujours pas ça d'ailleurs, l'idée de mettre fin à une existence. Mais quand on connait des décédés récidivistes en parfaite santé, on apprend à relativiser notre jugement à propos des gens qui tranchent les vies. Je le trouvais bizarre, son comportement était à l'opposé de son apparence. Pas bien grand ni très costaud. Blond. Pourtant, quand je l'apercevais, il était loin d'être le dernier à profiter de la vie. Même si je n'ai plus eu l'occasion de le voir boire ou quoi que ce soit par la suite.

Bien sûr que je le sais. Ce n'est pas un secret.

Quand on m'a annoncé que j'allais être parrain sous ses ordres, dire que je n'étais pas heureuse serait un odieux euphémisme. J'étais terrorisée. Mais il fallait faire bonne figure, n'est-ce pas ? Je n'avais pas le choix, il fallait faire avec. Après tout, il ne pouvait pas être vraiment terrible, non ? J'avais l'habitude de cacher ce que je pensais, de m'adapter. Pourtant, la première fois que j'ai dû lui parler en tête à tête, j'étais tellement nerveuse que mon don s'est déclenché tout seul. Parler à un jeune enfant de neuf ans est nettement moins intimidant, c'est indéniable. Trouver une explication à cet acte, un peu plus compliqué. Il ne m'en a pas voulu.
Il ne m'en veut pour rien, de toute façon. Il est gentil. Mais surtout, il est toujours content. C'est quelque chose que j'apprécie, chez les gens. Qu'ils soient heureux. Ce n'est pas tout de vivre, il faut surtout en profiter. Il a parfaitement compris ça, je crois. Je n'ai pas fait grand-chose dans ma vie terrestre. Un monde trop dangereux et un coeur trop fragile. Ça avait toujours été comme ça, on cherchait à ne pas me faire bouger, il fallait que je sorte le moins possible, le moins longtemps possible, pour ne prendre aucun risque. Il est un peu comme ça également. Je n'ai pas mis le pied sur un champ de bataille depuis que je me suis retrouvée sous ses ordres. Je ne vais pas m'en plaindre, je n'aime pas ça, et il y a déjà suffisamment de choses à faire dans la Cité. Mais il ne fait pas ça exagérément. Je n'ai pas fait grand-chose dans ma vie terrestre, et il a l'air d'essayer de rattraper ça. Il m'emmène voir des choses banales que je n'avais jamais eu l'occasion d'observer. Et des choses surnaturelles que je n'aurais jamais croisées en dehors d'un livre. Comme l'arbre à lucioles, là où nous sommes actuellement.

Bien sûr que je le sais, qu'il m'aime. Ou du moins qu'il m'apprécie beaucoup. Il ne fait pas de mystères sur le sujet, même s'il ne l'a jamais dit explicitement. Mais avec tout ce qu'il fait pour moi, je pense ne pas me tromper. Qu'est-ce que j'en pense, moi ? Oh, mais ce n'est pas important voyons. Bien sûr que j'accepterais d'être avec lui, s'il me le demandait. On vit pour essayer, n'est-ce pas ? Et je ne voudrais pas le décevoir, il fait tellement pour moi. Avant, je n'avais jamais vu la mer.

Ici, on n'a pas besoin d'aller très loin pour voir des choses incroyables. Je me retiens d'essayer d'attraper les petites lumières qui flottent tout autour de nous, sachant pertinemment qu'elles s'éteindraient alors immédiatement. Les regarder est déjà assez impressionnant. L'arbre n'est pas en reste d'ailleurs. Ses proportions me semblent immenses et les entrelaces que forment ses branches et les nœuds de son tronc sont si nombreux et tarabiscotés qu'il m'est impossible de parvenir à les suivre du regard bien longtemps. Rien à voir avec les arbres soigneusement taillés et alignés que j'ai pu voir aux abords de l'hôpital. Il est tellement grand, libre. Et tellement vieux. Il a dû voir passer des centaines de milliards de secondes, voire même plus. Je n'ai jamais vu quelque chose d'aussi ancien

Alors, tu aimes ? C'est joli, non ?

Je hoche automatiquement la tête. Oui, c’est joli, et même plus. Surtout de là où nous nous sommes installés. Encore quelque chose qu'il n'a jamais été dans mes habitudes de faire. Je m’en veux momentanément de lui prêter aussi peu d’attention alors que c’est lui qui m’a conduite ici. Je connaissais l'endroit, bien sûr, mais de jour, et je n'avais pas l'occasion d'y prêter réellement attention. Je le remercierai plus tard, quand j'aurais rempli le maximum de secondes avec toutes ces images. J'ai tout le Temps, maintenant, n'est-ce pas ?

Je ne te l'ai jamais dit clairement avant aujourd'hui, mais... est-ce que tu as remarqué que... que je suis une fille?

Mon cœur rate quelques secondes qu'il s'empresse de tenter de rattraper en se mettant à trotter plus vite. Ça, je ne savais pas. Je sens un sourire fleurir automatiquement sur mes lèvres. C'est ma réaction habituelle quand je panique, quand je ne sais pas quoi faire. Ça me donne le temps de réfléchir sans inquiéter mon interlocuteur. Quoi qu'il arrive, toujours sourire. Sourire même si tu meurs. Lisbeth avait compris ça. Elle est morte en souriant.

Non, non, je n'avais pas remarqué. Comment j'aurais pu le remarquer d'ailleurs ? Il -je dois dire elle maintenant ?- s'habille en garçon, se comporte comme un garçon, parle de lui comme un garçon. Alors non, bien sûr que non, je ne l'avais pas remarqué. L'idée ne m'aurait d'ailleurs jamais traversé l'esprit. Se faire passer pour un garçon, c'est... bizarre oui, vraiment. Je n'avais jamais entendu parler de ça. Mon cerveau tourne et je souris toujours. Qu'est-ce que je dois répondre? "Non, je ne l'avais pas remarqué?" C'est faux tellement faux. Ce n'est pas ce qu'il attend, ce genre de réponse. Ce qu'il veut vraiment savoir, ce n'est pas si je savais, il se doute parfaitement que non. Ce qu'il veut savoir, c'est ce que j'en pense, ce que ça change. On était plus qu'amis, jusqu'à maintenant. Un garçon gentil qui s'occupait de moi, terrain connu, ce n'était pas le premier. Et là ? Une fille gentille qui s'occupe de moi. Terrain connu-inconnu. Les seules comme ça, c'était les infirmières. Rien à voir, ce n'est pas la même gentillesse. Il n'y a pas les mêmes attentes derrières. Levi, il attend quelque chose, je le vois bien dans ses yeux qui refusent de me lâcher, maintenant plus que jamais.
C'est une fille, qu'est ce qu'elle peut bien attendre ?
Je lui rends son regard, affichant toujours ce sourire doux, effrayant de fausseté. C'est vrai qu'il est fin, pour un homme. Mais il est encore jeune, plus que moi, ça n'a rien de bizarre. Il n'y a vraiment rien qui aurait pu me faire douter de quoi que ce soit. Et puis de toute façon, on ne peut pas avoir de soupçons à propos de choses qu'on ne connait pas. Et je n'avais jamais eu l'occasion de croiser des filles qui se prétendent hommes. Ça change quoi ? Trop de choses pour que je saisisse tout.
Je me laisse glisser de la branche sur laquelle nous nous étions installés pour attraper une lumière qui meurt immédiatement et m'éloigne doucement.
Il ne peut pas réellement être une fille, il n'a rien d'une fille, rien en commun avec celles que je connais, avec Lisbeth, les infirmières... Les filles que je connais ne sont pas comme lui.

Sauf Diane.

Diane, avec son énergie, son franc-parlé et sa brutalité. Un peu comme lui.
Sauf que Diane ne se faisait pas passer pour un homme. Et ne flirtait pas avec une fille. Je suis sûre qu'elle aurait détesté Levi.
Qu'est ce que je dois faire, qu'est ce que ça change ? C'est la même personne après tout. Sauf que nos rapports ne sont plus censés être les mêmes. Il n'a rien dit depuis sa confession, j'aimerais tellement qu'il me dise qu'il m'a menti, pour une raison quelconque. N’importe quoi pour que tout reste comme avant. J’étais heureuse, il y a quelques instants. Il n’y avait aucun problème, juste des choses magnifiques à voir et à faire. Pas besoin de réfléchir ou de se forcer à faire bonne figure. Mais ce qui est fait est fait. Et même si je ne sais pas comment réagir, quoi qu’il arrive, je n’ai pas le droit de lui en vouloir.
Je fais quelques pas et virevolte pour me retrouver de nouveau face à lui, souriante, toujours.

"Est-ce que tu avais remarqué que je n'avais pas de coeur ? Enfin, pas de coeur qui bat. Il fait tic-tac dans ma poitrine, on dirait que c'est une horloge."

Je ne sais pas pourquoi je lui dis ça, dans un monde bizarre comme celui-ci, ce petit détail n'a aucune importance. Peut-être que je veux essayer de nous faire croire que son secret à lui est pareil, pas grave.
Mais ça l'est. Pour moi, il est plus qu'un ami, est-ce que maintenant, il va devenir une simple amie ? Je ne suis pas sûre de vouloir que ça finisse comme ça, même si je ne vois pas comment ça pourrait se terminer autrement. Il était plus, et il aurait pu être encore tellement plus. Mais elle, elle sera quoi ?
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Levi
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MessageSujet: Re: Tu sais, je... [Private! *attrape Mélissande dans ses bras*]   Ven 27 Juil - 18:55

Son cœur ? Qu'est-ce que... ? Je la fixe, toujours perché sur ma racine, sans comprendre ce qu'elle me raconte. Minute. Je dois remettre mes idées en place. C'est que j'ai eu la trouille de ma vie, là, en la voyant descendre et avancer sans un mot. Son sourire était révélateur, je savais qu'elle était perdue et perturbée. Je la connais bien, maintenant. Seulement voilà : j'ai cru, l'espace d'une seconde, qu'elle allait s'en aller sans même me dire au revoir, sans même m'adresser une parole de plus. J'ai vraiment eu peur de la perdre de cette manière. Si elle s'était mise en colère, cela aurait au moins voulu dire qu'elle tenait à moi... mais je n'aurais vraiment pas pu supporter d'être ignoré. Heureusement, elle s'est retournée. J'imagine qu'elle a juste... voulu mettre de la distance entre elle et moi ? Quoi qu'il en soit, je ne m'attendais pas à cette affirmation. Un cœur qui fait tic-tac comme une horloge ? Ça lui va bien. J'veux dire... c'est bizarre mais au fond, elle a toujours eu une relation particulière avec le temps. J'aimerais tant pouvoir coller mon oreille contre sa poitrine et écouter ces fameux tic-tac. Malheureusement, je crois que notre relation n'est pas encore assez forte pour que je puisse me le permettre... n'était pas assez forte... et ne le sera malheureusement jamais.
Non. Ça ne... non, non et non ! Je refuse d'abandonner aussi facilement. Je suis sûr qu'elle doit tenter de me faire comprendre quelque chose ! Je descend de l'arbre à mon tour et viens me placer en face d'elle. Je ne savais pas qu'elle avait un cœur-horloge mais le savoir ne change rien à l'amour que je lui porte. Ça ne change strictement rien, pour moi, au contraire : ça ne la rend que plus unique, plus extraordinaire encore. Est-ce qu'elle veut me faire comprendre que pour elle, mon sexe n'a que peu d'importance ? Ou qu'elle aussi à ses secrets et qu'elle ne m'en veut pas de le lui avoir caché ? Je n'ai aucune idée de ce qu'elle veut me dire mais j'ai l'impression d'avoir encore une chance. Je la fixe, un pâle sourire aux lèvres.

C'est bizarre mais ça ne change rien du tout pour moi.

Je laisse le silence s'installer à nouveau. Quelques secondes durant lesquelles je ne trouve rien de mieux à faire que de baisser les yeux.

Je t'aime.

C'est... voilà, je lui ai enfin avoué. Je t'aime, Mélissande. Cœur-horloge ou non. Quoi qu'il en soit, cet aveu me sert aussi d'introduction aux explications que je lui dois. Reste à espérer que les sentiments que j'ai pour elle l'aideront à comprendre pourquoi j'ai profité d'elle sans jamais oser lui dire la vérité. J'avais tellement peur ! Peur de lui avouer, peur de tout gâcher, peur de la perdre. Je relève les yeux, ancre mon regard dans le sien. Je veux... dois la regarder dans les yeux, faire face à ses réactions et assumer mes actes.

J'suis tombé amoureux de toi dès l'premier jour. Coup d'foudre direct ! Seulement... si je t'avais avoué être une nana à ce moment-là... les choses auraient jamais marché entre nous. Comment les choses se seraient-elles passées si je lui avait tout avoué dès le début ? Nous aurions sans doute été bonnes amies, je m'en serais sans doute contenté en me disant qu'un jour où l'autre... nah, j'aurais jamais osé lui avouer mon amour dans ces conditions de toute façon. Je n'aurais jamais été aussi proche d'elle, elle se serait trouvé un copain, je l'aurais perdue pour toujours et je m'en serais voulu toute ma vie. On a passé de bons moments, toi et moi, j'étais vraiment heureux. Je ne voulais pas te perdre, je ne voulais pas que les choses soient différentes entre nous, alors j'ai continué de te mentir tout ce temps, même si ça ne me faisais pas plaisir de te cacher des choses, tu peux me croire.
J'ose encore lui demander de me croire ? Haha. J'me fais honte. J'essaie de sourire comme Mélissande le fait si bien, sourire en toute situation. C'est toujours aussi pâle. Bref. Je dois lui expliquer pourquoi je me suis finalement décidé à lui avouer, même si elle doit l'avoir deviné maintenant.

Je pense tout le temps à toi, Mélissande. J'suis incapable de m'imaginer un avenir sans toi. Je... J'ai enfin compris qu'il faut que tout ça s'arrête, que je dois arrêter d'être aussi égoïste. J'ai vraiment pensé qu'à ma gueule et j'm'en veux énormément. J'te demande pardon.

J'm'en sens même pas digne, de son pardon, même si je sais qu'elle me le donnera. Mélissande, c'est une fille exceptionnelle, douce et gentille... trop gentille, même, parfois. J'm'en veux tellement de lui faire subir ça. Au fond, tout ce que je voulais, c'était l'aider à rattraper le temps perdu, la voir sourire sincèrement en l'emmenant faire les quatre-cent coups avec moi, en lui faisant découvrir un monde original digne de ce qu'on trouve dans les livres qu'elle aime tant, en lui faisant découvrir des choses qu'elle n'avait jamais vues de son vivant. Je voulais juste... l'aimer et lui faire oublier tous ses soucis ! Pas lui en causer d'autres ! Elle méritait pas ça, bordel. J'ai tout gâché.
Plus ça va et plus je me rend compte que ce que je lui ai fait est impardonnable.

Ça doit te dégouter de savoir qu'une nana te fantasme dessus... haha, j'suis vraiment horrible. J'suis vraiment... vraiment désolé...

J'ai pas su m'empêcher de détourner le regard en disant ça. Au fond, rien de tout ça ne serait arrivé si j'avais compris tout de suite que les gens comme moi ne méritent pas d'être aimés. Elle, lui, eux ; ils me l'ont tous fait comprendre. Ça n'a pas changé dans ce monde. Quand bien même Mélissande me pardonnerait de lui avoir menti, même si elle est bien trop gentille pour l'avouer, je suis sûr que c'est ce qu'elle pense aussi. Que je suis horrible. Il ne m'arrive rien de bon lorsqu'on découvre qui je suis vraiment. Qu'est-ce qui m'a pris de croire que la fille que je suis pourrait être heureuse un jour ? Ha... haha hahaha... c'est ridicule ! J'me frotte l'oeil avec la paume de ma main. Ça devient humide là haut. Comme si j'avais le droit de me mettre à chialer. On dirait presque que j'suis une victime dans cette histoire. C'est tellement pathétique. J'me déteste. J'me hais. Chiale pas, bordel. Пиздец. J'dois avoir une tête affreuse, là, à essayer de retenir mes larmes, mais j'y arrive. J'ai pas le droit de me laisser aller, d'autant plus que de nous deux, ce serait plutôt à elle de le faire. C'est elle qui a été trompée, c'est elle qui s'est tout pris dans la gueule.

Chiale pas, chiale pas, chiale pas, chiale pas...
Ça pleure pas un homme.
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Mélissande
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MessageSujet: Re: Tu sais, je... [Private! *attrape Mélissande dans ses bras*]   Ven 3 Aoû - 18:37

Mon étrange réponse semble le laisser perplexe quelques instants. Je crois qu’il a compris ce que j’essayais de dire, même si je n’ai moi-même pas très bien réalisé pourquoi j’avais avoué ça. Le principal, c’est qu’il continue de parler, il ne peut pas partir maintenant sans me donner d’autres explications. C’est ce qu’il aurait fait si j’avais dit autre chose, je crois. Si je lui avais reproché quoi que ce soit. C’est pour ça que je ne suis pas partie moi-même, d’ailleurs. J’ai failli, pourtant, quand je suis descendu de l’arbre, j’avais tellement envie de m’enfuir. Mais je ne pouvais pas, ce n’était pas à moi de fuir, alors qu’il avait le courage de rester après ça.

Je t'aime.

Oh non. J'aurais été très heureuse qu'il me dise ça il y a quelques minutes, avant que tout ne change. Je vous avais dit que je le savais, qu’il m’aimait. J'aurais connu ma réponse, c'était ce qu'il devait se passer, aucun mystère, pas besoin de réfléchir. Ça avait toujours été comme ça, normal, je n’aurais pas eu à réfléchir, je n’aurais pas eu peur. Tout se serait passé comme d’habitude, comme avant. Maintenant, j'avais juste envie de m'enfuir. Et je restais là, souriante toujours. Serrant le petit cadran qui pend à mon cou à m'en incruster la forme dans la paume.
Qu'est-ce qu'il voulait que je réponde à ça ? Il le sait, je suis sûre qu'il le sait parfaitement, que je dirais oui. Je lui ai déjà raconté que je n'avais jamais répondu à cette question par la négative. Il a l'air tellement affolé, rongé par je-ne-sais-quoi. Aucune chance que je réponde non, que je le vois s'effriter un peu plus. J'ai pas le choix de ma réponse, dans cette situation plus que jamais. J'aurais besoin d'un peu de temps. Pour réfléchir à tout ce que ça implique, pour me faire à l'idée. Une fille qui se fait passer pour un homme, une fille amoureuse d'une fille. C'était des choses auxquelles je n'avais jamais été confrontée, des choses dont je n'avais presque jamais entendu parlé et qui ne m'avaient jamais préoccupée. Je ne pouvais pas dire non, mais il fallait que je fasse attention. Parce que si je répondais oui maintenant, et que ça ne marchait pas, ça serait pire, pour lui. Ça serait comme aider quelqu’un à grimper à une échelle pour le faire tomber de plus haut par la suite. Il semblait être à un point où il n'avait presque pas d'espoir. Si je disais non, il se blesserait moins en tombant.
En soit, je ne lui en voulais pas de m'avoir menti. Chacun à ces secrets, c'est normal, c'est ce qui est intéressant, chez quelqu'un. Je lui en voulais pour la nature de son secret. Parce qu'il changeait tout. Parce que je ne savais plus ce que je devais faire, et que je savais que cette hésitation lui faisait du mal. Il me regardait toujours dans les yeux, et ça me demandait encore plus d'efforts pour sourire. Il n'essayait pas de fuir lui, il affrontait. Pourquoi tu n'es pas vraiment un garçon, pourquoi. Ça aurait été tellement plus simple.

Si je t'avais avoué être une nana à ce moment-là... les choses auraient jamais marché entre nous.

J'aurais aimé nier, lui dire que si, les choses se seraient déroulées de façon identique, mais je savais que c'était faux. Je le savais, parce que mon comportement est faux. J'ai toujours fait ça, essayer d'agir comme on s'attendait à ce que j'agisse, faire en sorte de correspondre à ce que l'autre attend de moi. Si j'avais su depuis le début qu'elle était une fille, j’aurais agi comme on s’attendait à ce qu’une fille agisse avec une autre. Nous aurions au mieux été "de bonnes amies". Je n’aurais jamais ne serait-ce qu’imaginer qu’il puisse y avoir un semblant de relation amoureuse entre nous. Et je m'étonne moi-même en pensant que ça aurait été regrettable. Je ne savais plus quoi faire, mais au fond, j’étais heureuse qu’il ait fait ça. Je ne regrette aucune seconde passé avec lui, pas une seule, même les présentes. Je n'aimais pas ses révélations, mais il continuait ainsi à me faire découvrir le monde, les choses dont je n'avais pas soupçonné l'existence. Il rend les secondes intéressantes, même si elles sont parfois douloureuses.

Il -elle- souriait douloureusement. J'espère que le sourire que je lui avais adressé le temps de reprendre mes esprits après sa déclaration ne ressemblait pas au sien. Un sourire ne rassure pas toujours les gens, au final, si on voit qu'ils souffrent derrière. Je voulais qu’il arrête ça, je voulais qu’il sourie vraiment. C’est presque pire que des larmes, arrête. Ce n'est pas l'heure de sourire. Mon dieu, il est déjà si tard.

J'ai enfin compris qu'il faut que tout ça s'arrête, que je dois arrêter d'être aussi égoïste. J'ai vraiment pensé qu'à ma gueule et j'm'en veux énormément. J'te demande pardon.

Egoïste? Egoïste? Ce n'était pas égoïste. Sa situation avait dû et devait être infernale à tenir, physiquement et mentalement. ça devait être dur pour lui, de cacher ça. Est-ce que maintenant, je peux lui dire que je tiens à lui alors que je n’avais pas remarqué une telle chose ? Je me demande si d'autres dans la Cité sont au courant. S'il s'est confié à d'autres personnes avant moi. J'ai soudain l'impression de ne pas le connaitre. Il est là depuis tellement plus de temps que moi. Qu'est-ce qu'il a fait, jusqu'à maintenant ? Est-ce qu'il est déjà mort? Qui est au courant qu’il n’est pas ce qu’il prétend ? Depuis quand se fait-il passer pour ce qu’il n’est pas ? Ce que je ne comprends pas, c’était pourquoi il continue à parler de lui au masculin. Il avait avoué, non ? Il n’avait donc plus rien à cacher, il pouvait parler ouvertement. C’est seulement en me posant cette question que je me suis demandée pourquoi il faisait ça, toutes ces contraintes. Il était fort, son don était puissant, il n’avait donc rien à craindre. A quoi cela servait alors ?

Ça doit te dégouter de savoir qu'une nana te fantasme dessus... haha, j'suis vraiment horrible. J'suis vraiment... vraiment désolé...

J'avais envie de rire, terriblement envie de rire. C'est horrible, dans cette situation, alors que ça se voyait, qu'il était presque au bord des larmes. ça devait être le stress sans doute. J'étais complètement déroutée. J'aurais préféré qu'il y aille plus doucement, avec les aveux. Mais s'il avait attendu entre les deux révélations, j'aurais eu le temps de me mettre à la considérer comme une amie. Et maintenant, je réalise quel mal ça lui aurait fait. J’avais envie de pleurer aussi.
Et puis il y avait ça, cette voix toute légère à la fin du dernier mot. Une fragilité. C'était de la manipulation sentimentale ça. J'étais restée à distance pendant qu'il parlait. Je m'avance et le prend dans mes bras. J'aurais dû l'embrasser, pour le rassurer, mais je n'ai pas pu, j'avais peur, j'ai peur. Je m'écarte en lui tenant la main, observant nos doigts liés comme s'ils allaient m'offrir la réponse à mes interrogations. Rien à faire. Je devais dire oui, mais il allait falloir que j'explique pourquoi.
Mais je ne pouvais pas m'expliquer comme ça, alors qu'il pleurait presque.

" Tu ne pleures pas. Si tu pleures, je me mettrais à pleurer aussi, et tu seras obligé de me consoler si tu ne veux pas finir noyé sous mes larmes. Je pleurerai jusqu'à ce que tu arrêtes, pour que je puisse essayer de te répondre. "

Je comprenais pourquoi ma soeur m'avait ordonné de ne pas pleurer, maintenant. ça affaiblit tellement, de voir les autres dans cet état, tu perdais tes moyens. Peut-être qu'elle était touchée, finalement, ma soeur, même si elle ne le montrait pas.

"Souris s'il te plait"

J'étais paniquée. Je n'avais encore jamais fait pleurer quelqu'un. Il fallait qu'il sourie, ou je ne pourrais jamais lui répondre sincèrement. Même douloureux, un sourire est moins pire que les larmes, finalement.

Je voudrais lui faire part de tout ce que j’avais pensé de ces confessions, que je ne lui en voulais pas, que je ne trouvais pas ça dégoutant, qu’il était toujours la même personne, après tout, qu’il n’y avait donc pas de raison que mes sentiments à son égard changent, même si c’est vrai que je trouvais cette histoire très très étrange.
Je jette un oeil à la montre qui ceint mon poignet, reflex habituel quand je suis perturbée, mais n'arrive à lire aucun chiffre. Un vague d'affolement me monte à la gorge. Quelle heure est-il quelle heure est-il ! Je réalise que je pleure, et que ce sont mes larmes qui m'empêchent de distinguer le cadran. Tu perds du temps Mélissande, ça ne sert à rien de chouiner comme ça, tu ne le changeras pas en vrai garçon pour autant. Arrête de te lamenter, ça n’a jamais rien résolu. Regarde-le, il affronte, lui. J’avais l’impression que d’entendre ma sœur se lamenter de ma conduite. Peut-être qu’elle l’aurait bien aimé, finalement. Quoi qu’il en soit, je ne pouvais pas ne rien faire. J'attrape la montre à mon cou et la porte à mon oreille. Le bruit rassurant me calme. Tout va bien. Le Temps passe. Réagis. J’avais la tête baissée, il n’avait sans doute pas vu mes larmes et je ne voulais pas qu’il les voit alors que je lui ordonnais de ne pas pleurer lui-même. J’étais complètement perdue. Tellement que je me souviens de ce que font les personnages perdus, dans les livres. Je relevais la tête.

« De l’alcool. C’est une nouvelle expérience et je suis sûre que ça pourra m’aider à rendre tout ça plus clair...
Je t'aime »

J’ai énormément de mal à ne pas mettre mon affirmation au conditionnel, mais il a besoin de plus qu’une éventuelle possibilité.
« Je ne t’en veux pas de m’avoir caché ça, je ne trouve pas ça dégoutant. Je trouve ça juste bizarre, je veux que tu m'expliques. Dans les livres, les gens boivent quand ils ne comprennent plus rien. Ça va m’aider. »
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