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 Le Petit Prince apprivoise son Renard [ PV Kamui ]

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MessageSujet: Le Petit Prince apprivoise son Renard [ PV Kamui ]   Mar 15 Mar - 14:44


BADAM

J'avais l'impression d'avoir fait une chute de centaine de kilomètres, pourtant la chute n'avait pas été douloureuse. Ce qui me surpris... Ou alors j'étais mort, par conséquent je ne sentais plus la douleur... Cette hypothèse me semblait tout a fait correcte quand j'entendis une sorte de gémissement étouffé. Je me demandais d'où il pouvait provenir, quand je compris que j'étais allongé sur un corps, un corps humain!
Je me leva d'un bond, et regardait ce pauvre garçon (qui au passage était plutôt mignon...) allongé face contre terre. J'étais à peu prêt sûr qu'il avait bouffer de la terre le pauvre... Il devait être complétement dans les vapes...
Alors que je contemplais mon sauveur endormi, je soulevais le bras pour me gratter la tête et je me rendis compte que j'avais une patte! Une patte d'animal, roux ! Je devais être fou, pas possible autrement, comment expliquer ça autrement... J'étais un ANIMAL ! Je cherchais autour de moi une flaque d'eau pour pouvoir observer mon nouveau visage, je courais vers celle ci et me regardais...j'étais un renard... Je regardais autour de moi et compris que je n'étais plus dans le même monde qu'avant tout semblait étrange...et complétement fantasque... Je retournais auprès de celui qui avait amorti ma chute et tentait de le réveiller en espérant qu'il pourrait m'expliquer ou je me trouvais...



J'entrepris alors de réveiller celui qui m'avait empêcher de m'écraser comme une crêpe par terre. Mais il semblait complétement sonné... Je léchais son visage du bout de ma langue et...

Bon sang, je n'aurais jamais penser faire ça ! Lécher le visage de quelqu'un... Et pourtant tout mes gestes me semblait naturel.

Comme Gueule d'Ange ne se réveillait pas, je décidais d'explorer un peu cet étrange endroit. J'entrepris tout d'abord de regarder autour de moi... je me trouvais dans une sorte de plaine, l'herbe était douce et verte... Je me surpris à me rouler dans l'herbe et a aimer ça. La sensation des brins d'herbes sur mon pelage était d'un agréable. J'étais sur le dos, la tête et le museau basculé en arrière, j'aperçus au loin un rond de gros cailloux. Du coup, je me mis sur mes pattes et en battant de la queue...

Je battais de la queue, oh mon dieu ! J'allais avoir du mal à me faire à ce nouveau corps!

...j'approchais des gros cailloux, qui se trouvait êtres des menhirs.. Je sautais partout comme un petit fou, j'étais chez moi ! Dans une vallée d'herbe verte, avec un cercle de menhirs et des dolmens un peu partout... J'avançais au centre des menhirs, et je me mis à hurler. Un cri déchirant, comme si je tentais une dernière fois de l'appeler... Mais là ou j'étais il ne pouvait sans doute pas m'entendre. Je m'assis sur mes pattes arrières et me mis a méditer.
Le vent commença a me susurrer son chant majestueux, qui se mit doucement à me transporter et à me conter les anciennes légendes de cette vallée. Mon esprit commença a vagabonder, je me senti partir. Le vis les édificateurs des menhirs apparaître sous mes yeux, le son de la mer se joint à celui de du vent. Et le chant des druides me paru clair, limpide, me guida, me rassura. J'étais chez moi, le Celte était revenu sur ses terres. J'étais à la foi le Chien du Forgeron, le Mauvais Dieu, un vieux Druide... Je vivais une expérience étrange, est ce que toute ses voix venaient de mon imagination? J'arrêtais de me demander si c'était ou non la vérité et je me laissais bercer par les voix des personnalités précité.
Je ne sais combien de temps je suis resté a rêver ses voix tant aimée. Mais j'étais a peu près sûr que si elle m'était revenue maintenant c'est que j'avais enfin trouvé ma place, cela voulait donc dire que le jeune blanc bec qui était face contre terre à peu plus loin avait un rôle a jouer dans ma nouvelle existence.
D'un coup, je me demandais si je pouvais reprendre forme humaine... Je me disais que ce serait quand même plus pratique pour parler à ce garçon si je pouvais être sous forme humaine. Parce qu'un renard qui parle... D'ailleurs est ce que je pouvais parler? Je fis un essai qui me paru concluant:

« Euh, salut, désolé de t'être tombé dessus, j'espère que ça va? »

C'était relativement nul comme phrase d'accroche mais au moins je savais que je pouvais parler même si j'avais une voix haletante, je parlais. Un problème de résolu mais il me fallait encore savoir si je pouvais reprendre forme humaine...
Je tentais de me concentrer sur mon image humaine, mais je n'arrivais plus à me souvenir de mon apparence... C'était curieux, je ne savais plus a quoi je ressemblais... Je compris alors que j'étais condamné à être sous forme de renard pour un petit bout de temps... J'espérais pouvoir me retransformer, être un renard c'est effectivement rigolo mais bon, mes jambes et mes mains me manquent un peu. J'me demandais alors comment j'allais faire pour manger. D'ailleurs, j'avais faim. Je regardais autour de moi, flairais, et … un lapin, il y avait un lapin dans le coin... Je le cherchais, il était dans son trou...je me mis à creuser, et je sentis son petit cœur battre de plus en plus vite. Si c'était pas mignon.

« Désolé mon gars, mais c'est la chaîne alimentaire, les plus forts tuent les plus faibles... »

Mes crocs s'enfoncèrent dans son cou et sectionnèrent sa jugulaire. Je sortais mon museau et ma proie coincée entre mes dents. Retournais tranquillement vers l'humain qui semblait toujours aussi immobile et posait ma proie a terre puis j'entrepris de manger le p'tit morceau de viande qui s'étalait sous mes yeux. Le goût du sang commençait a m'exciter sérieusement et je dévorais le cadavre du lapin en deux ou trois mouvement ne laissant que des os.
Je décidais d'attendre que le jeune blond se réveille, je pris alors un os entre mes crocs et me mit a faire mes dents, guettant le moindre mouvement que pourrait faire l'humain.
Et tout d'un coup, il gémit..


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Kamui
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MessageSujet: Re: Le Petit Prince apprivoise son Renard [ PV Kamui ]   Mer 16 Mar - 12:36

C'était le grand flou. Le trou noir.
Une légère douleur qui persiste au fin fond de votre moelle épinière. On se demande l'espace d'un instant quelle misère a encore pu nous tomber dessus. C'est dans ces moments là qu'on aimerai être logé au fond de son lit, la couette remonté jusqu'aux cheveux, à roupiller comme un bien heureux.

Mais ça, définitivement, ce n'était pas le destin des pions du monde d'Alea Jacta Est.

Le trou noir... C'est exactement l'impression qui avait envahit mon esprit. Mais comment ? Pourquoi ? L'espace d'un instant, j'essayais de me dépêtrer de l'incompréhension totale qui avait subitement embrumé mes pensées. Noirceur, trouble, incompréhension. La sensation que l'on a tous ressenti un jour, en considérant que vous avez un jour rencontré un champ de pomme et que vous y êtes tombé sans même savoir pourquoi. Tomber dans les pommes. Ou de façon plus raffinée, perdre conscience. Exactement ce qui semblait s'être abattu sur ma personne. Comment je le savais ? Parce que je n'étais absolument pas dans le noir le plus total il y a de ça quelques instants.

J'étais paisiblement en train de prendre le soleil au beau milieu de la plain. Cela faisait désormais quelques jours que je n'avais pas entendu parler des toutous d'Oppse, et je profitais de ce moment de sérénité pour vaquer calmement à mes occupations... A savoir, rien. Chaque instant en ce monde où rien ne nous forçait à penser à la guerre ou à la violence était un moment sacré. Que ce soit dans la forêt, en plein désert, ou comme actuellement dans la plaine, il n'y avait rien d'autre à se préoccuper que la magnificence des lieux. Ce monde était bel et bien un endroit empoisonné. Des paysages mirifiques, des créatures oniriques, tout ceci baigné dans le sang d'une sempiternelle bataille dont l'issue resterait probablement irrémédiablement indéfinie.

J'avais donc décidé de m'octroyer un moment de solitude, de retour à la nature. Alea Jacta Est, au delà du fait d'être un champ de bataille éternellement ensanglanté présenté des panoramiques dignes de la description du pseudo merveilleux Eden de Dieu. La simple pensée à un Dieu Terrestre m'arracha un rire forcé. Moi qui tout au long de mon existence de terrien avait considéré tout genre de religion comme étant une vaste campagne sectaire, je me retrouvais aujourd'hui à être en première ligne pour servir une divinité dévastatrice. Mais je ne pouvais rien reprocher à Layca, je lui avait promis loyauté et dévouement jusqu'à mon dernier souffle. Quelque soit le sort qui m'attendait au bout du chemin, je ferai tout pour satisfaire l'être qui a donné un sens à ma nouvelle vie. Je levais les yeux vers le ciel, exprimant en un souffle résigné toute la dévotion que j'avais pour Layca. Comment ne pas être fier d'avoir été désigné comme étant l'Élu qui guiderait tous les autres vers la victoire ? J'esquissais un sourire, le bleu de mes yeux reflétant un instant toute l'ardeur que je mettais à tout faire pour remporter cette bataille.

L'immense lagon bleu céleste qui me surplombait s'étendait sans fin. Y avait-il une extrémité à ce monde ? Quelques nuages cotonneux glissaient en toute quiétude sur la toile bleue suspendue au-dessus de ma tête. Une légère brise vint soulever mes mèches blondes et chatouiller mon cou dénudé. J'avais quelques instants plus tôt ouvert les premiers boutons de ma chemise, le soleil digne d'une journée estivale m'ayant assailli de son étouffante chaleur. Je détestais le soleil, mais quand l'idée de se ressourcer dans la plaine m'avait traversé l'esprit, je n'avais pas réellement eu d'autre choix que d'affronter la chaleur de l'astre millénaire. Était-ce le même soleil que celui qui réchauffait les entrailles des pauvres terriens ? Qui le savait ?

J'enfouissais une main dans ma crinière blonde, fermant les yeux un instant, profitant de la chaleur du soleil qui tannait tendrement ma peau. C'était définitivement une belle journée, je rouvris les yeux, l'azur de mes prunelles rencontrant l'azur du... Le dernier mot qui me vint à l'esprit avant d'être percuté de plein fouet par un objet non identifié fut « ROUX ? ».

L'impact fut violent, et vu le noir pesant dans lequel mon esprit était désormais entravé, j'avais du perdre conscience sous la force du choc... Je tentais de reprendre le contrôle de mon corps, puisque je semblais reprendre petit à petit mes esprit. Je voulais prononcer une plainte, mais j'avais l'impression d'avoir le bouche pâteuse. Je tentais de reprendre le dessus du mon corps. Mais rien... Quoique je retrouvais petit à petit mes sens. Je sentais l'herbe caresser ma joue, et quelques gouttes d'eau se répandre sur une parcelle de ma joue... Il pleuvait...? Pendant quelques instants encore, j'essayais de traverser ce rideau noir qui me séparait de la conscience. Je ne sais réellement combien de temps cela me pris. Mais un déclic se fit dans ma tête lorsque mon ouïe perçut le son désagréable d'un grincement macabre. Comme si des os se faisaient broyer... Une odeur âpre s'empara de mon nez... Du sang..? Je tentais à nouveau d'articuler un son. Et cette fois-ci, je réussi. Le gémissement qui m'échappa devait être pathétique, mais petit à petit, je sentais la tête me tourner, et la lumière traversait à nouveau la barrière de mes paupières. Je fis un effort pour ouvrir les yeux, et la lumière du soleil ne réussi qu'à m'éblouir. J'esquissais un geste pour porter ma main devant mes yeux. La vision me revint, les assauts du rayon solaire atténués par ma main. Bonne nouvelle, je semblait toujours être dans la plaine, l'herbe verdoyante tapissait toujours le sol sur lequel j'étais douloureusement allongé. Je posais mon avant bras dans l'herbe fraiche pour tenter de me redresser. Je serrai les dents, et la sensation pâteuse que j'avais cru être dû à mon état d'inconscience se révéla être... de la terre.

A peine redressé sur mes avant bras, je commençait à tousser, crachant la terre qui s'était vicieusement insinuée dans ma bouche. Cette chose faite, je gardait le goût infâme de la terre en bouche, et je prononçais un juron haineux, poussant sur mes avant bras pour me redresser sur mes genoux.

- B*rdel ! Pourquoi toutes les inventions débiles de Belzeneff retombent TOUJOURS sur moi ?!


Une fois la stabilité d'une position assise trouvée, je lançais un regard circulaire aux environs. Mais bon dieu, que m'était-il encore arrivé ? Le grincement avait subitement cessé, et j'en cherchais la source. Une créature hostile ? Un partisan d'Oppse ? Mais ma vision s'arrêta au beau milieu de l'herbe, proche des pierres qui constituaient le cercle de menhirs. Une boule de poil rousse se tenait là, oreilles relevées, démontrant toute l'attention que ses yeux perçants me portaient.

- Un renard...?

Je posais une main sur mon visage dans un mouvement de désespoir, voilant ma vue. Je soupirais faiblement, me disant que finalement, je ferai mieux d'abandonner ma petite balade pour aujourd'hui et de rentrer à la Cité, je pourrai alors... Mais je ne pus mettre fin à mes pensées qu'un déclic se fit dans mon esprit. Je retirai ma main de devant mes yeux et jetais un regard insistant et quelque peu perturbé à l'animal.

Son aura... Ce renard... était l'un des êtres choisis par Layca...?

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MessageSujet: Re: Le Petit Prince apprivoise son Renard [ PV Kamui ]   Jeu 31 Mar - 20:06

Il avait gémit ET bougé ! Donc il était vivant, et comme j'étais tombé sur lui, ça ne pouvait pas être un hasard... J'étais à la foi heureux et méfiant... Après tout, c'était un humain... Mais en même temps, il m'inspirait tellement confiance, je me sentais comme attiré par lui. Comme si nos destins étaient déjà liés par cette simple chute...

Je l'observais, j'étais attentif a chacun de ses mouvements. Mon os était d'ailleurs en train de pencher dangereusement vers le sol, machinalement je le remis entre mes dents. Comme les gosses grignotent du pop-corn devant les films, je mâchouillais mon os devant l'humain qui semblait, tant bien que mal, tenter de se relever.

Il commençait a se remettre debout, je trouvais ça presque comique. Ce petit bout d'humain, qui tentait de se remettre de... ben de ma chute sur son dos ! Il était mignon, bien que le visage plein de terre, il était attendrissant dans sa situation. Et il semblait fragile, si fragile.

Sans me contrôler j'eus un mouvement pour aller l'aider. Mouvement que je refrénais presque aussitôt, j'étais un renard, je ne pouvais pas aller l'aider avec mes pattes, ce serait totalement ridicule. Puis, surtout je voulais voir comment il allait réagir, j'espérais qu'il me parlerais le premier...

Au moment ou je pensais a cela, ses lèvres se mirent à bouger:

«- B*rdel ! Pourquoi toutes les inventions débiles de Belzeneff retombent TOUJOURS sur moi ?!

Un renard...?
»

Bon ok, c'était tout sauf génial comme premiers mots à mon égard.. Mais c'était déjà ça. Il semblait aller mieux et était désormais sur les coudes... Il semblait complétement paumé. J'aperçus même l'espace d'un instant un la peur au fond de ses yeux. Et je me demandais pourquoi... Pas moi quand même ? J'étais tellement petit et mignon...

Il avait prononcé le nom de Belzeneff, qui était-il? Il venait à peine de se réveiller et j'avais déjà tellement de question à lui poser. Alors je m'approchais doucement, inclinait mon museau en signe de soumission...

« Salut, désolé de t'être tombé dessus, j'espère que ça va? »

Effectivement, c'était minable, mais je savais pas quoi dire... Je le regardais et attendais patiemment qu'il me réponde... Je me demandais si un Renard qui parle allait ou non le surprendre...
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MessageSujet: Re: Le Petit Prince apprivoise son Renard [ PV Kamui ]   Dim 3 Avr - 0:29

Après tout le temps que j'avais passé dans ce monde, je me disais qu'au fond, plus rien ne pourrai me surprendre. Entre les lézards borgnes, les esprits de loups, les faux artistes, les poupées... Oui, définitivement, il ne pouvait pas y avoir grand chose qui pouvait me surprendre. J'avais rencontré des dons inquiétants, des êtres surprenants, des couleurs de cheveux et des coupes défiant toutes les lois de la réalité. Finalement, si l'on avait vécu sur Terre assez longtemps, on avait généralement rencontré un peu de tout. La culture et les livres permettaient d'accéder à un niveau de connaissance important. L'imagination permettait d'inventer monts et merveilles. Dans notre tête, avoir les cheveux roses ou verts n'était finalement plus tant une folie, mais un onirisme qui nous faisait voyager le temps d'un instant ailleurs. Sur une autre planète. Mais rien ne m'aurait préparé dans ce monde à voir ce que je voyais. Pourtant, jusque là, tous les êtres qu'avaient invoqué Layca et Oppse étaient des humains. Parfois modifiés, avec des attributs d'autres créatures. Les dons pouvaient parfois mener à des transformations mais...

- Tu parles...?

Était-ce un métamorphe ? L'espace d'un instant, je voulus croire qu'il était réellement l'un de ces êtres aptes à prendre tout genre de formes. Mais je ne pouvais pas croire qu'une créature aussi réaliste soit issue d'un don. Mais alors comment était-ce possible ? C'était comme dans un rêve. Le genre de rêve qui nous fait tendrement fantasmer quand on est enfant. Pas ces fantasmes malsains, simplement l'idée de pouvoir un ami à quatre pattes avec qui communiquer. Pas communiquer comme on pourrai faire avec un chien docile et dressé. Pas le genre de conversation qu'on peut se tenir à soi même quand on s'ennuie. Non, rien à voir. Pouvoir parler. Prononcer une phrase et obtenir une réponse qui se distingue concrètement d'un jappement. Un animal doué de parole. Une créature en tout point l'égale de l'homme au point de vue locution. C'était tout bonnement incroyable.

Sous l'effet de la surprise, je sentais mes épaules s'affaisser. Mon regard dût se teinter l'espace d'un court instant de cette lueur incompréhension. Ce moment où l'on se demande si l'on est bel et bien réveillé, ou si au contraire l'on est pas toujours aspiré par la douce léthargie du sommeil. Morphée pouvait vous faire voir de bien belles chimères. Mais la sensation désagréable qui parcourait mon corps, la douleur diffuse du choc, le mal être de cette boue qui maculait ma peau. Non, je ne dormais pas.

Je lançais un regard plus soutenu à l'animal. Une fourrure d'un roux chatoyant. Un poil brillant et lustré, comme s'il venait à peine de finir sa toilette. Propre comme un sou neuf. Son museau, son poitrail ainsi que le bout de ses pattes et l'intérieur de ses oreilles étaient couvert d'un poil soyeux d'un blanc immaculé. Comment un animal pouvait il avoir un poil aussi resplendissant ? J'eus l'espace d'un instant la folle envie de glisser mes doigts sur le pelage de ce bel animal, fièrement dressé devant moi. Mais ce qui retint le plus mon attention fut son regard. Ses pupilles d'une couleur changeantes me fascinaient. La lueur de vivacité et d'attention qui animait ses prunelles était tout simplement enivrante. Comment un animal pouvait-il avoir un regard si humain ? L'orbe luisante reflétait les rayons de ce soleil printanier avec un douceur qui y faisait miroiter toute l'humanité qui pouvait se lire dans mon propre regard. Un homme coincé dans un corps d'animal..? Dans le corps d'un renard. Je secouais vivement la tête. Mais comment était-il ne serai-ce qu'envisageable qu'un animal fut invoqué par les divinités ?

Mais une idée bien plus importante me fis reprendre le fil de la situation. Franchement, comment un renard pouvait parler ? Et qu'avait-il dit déjà ? Je fronçais les sourcils l'espace d'un instant, tentant de me souvenir de la voix rocailleuse de l'animal. Pris d'un élan de génie de prononçais, comme émerveillé.

- Mais c'est que tu parles VRAIMENT !

Je devais vraiment passer pour l'être le plus idiot du coin. Mais bien malgré moi, je retombais en enfance, comme émerveillé devant la beauté de cette créature qui courbait l'échine face à mon regard brillant de mille feux. L'animal baissa son museau et ses oreilles en signe de paix, et peut-être même de soumission. Je restais épaté devant la perfection de ce renard.

J'esquissais un mouvement lent en sa direction, tentant de me rapprocher de la boule de poil qui me fixait d'un regard interrogateur. Un sourire rassurant ourla mes lèvres. Il était vraiment splendide. Je devais comprendre.

Une fois assez proche de l'animal, je tendais la main, laissant en suspend mon mouvement, ne voulant pas l'effrayer. Après tout, une si petite créature, doublée d'un animal, même si doté de parole, pouvait rester craintive. Je lui laisserai le luxe de m'autoriser ou non à caresser son poil parfait. Je me décidais alors à prononcer tout bas, plus pour moi-même que pour lui.

- Comment est-il possible qu'un si bel animal soit ici...? Comment se fait-il que tu parles ? Et cette aura... C'est celle de Layca... Comment peux-tu être à la fois renard et répondre à la volonté de ma divinité..?

Je couvais d'un regard doux cet animal qui m'observait de ses pupilles malicieuses. A l'observer ainsi, je ressentais la nature réagir. Comme si le vent qui agitait son pelage, l'herbe qui reposait sous ses pattes. C'était comme-ci la nature en ces lieux était en parfaite harmonie avec cette boule de poil. Aurait-il été possible que cette créature fut une invocation surnaturelle des menhirs ? Avait-elle ne serai-ce qu'un lien avec ce lieu emplit de mystères ? Une question me brûla les lèvres, et fixant le renard droit dans les yeux, j'énonçais calmement.

- Mais qui es-tu ?

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MessageSujet: Re: Le Petit Prince apprivoise son Renard [ PV Kamui ]   Mer 13 Avr - 10:57

Stiigma observait le jeune blond qui semblait perdu, totalement perdu. Il avait l'air tellement surpris, c'est bien ce que Stiigma avait redouté, un renard qui parle, ça a de quoi surprendre... Mais il ne pensait pas autant perturbé son interlocuteur, celui-ci le regardait attentivement comme si il voulait se persuader que ce qu'il avait sous les yeux était bien réel, et n'était pas une invention de son imagination.

« Tu parles...? »

Stiigma avait donc bien deviné les pensées du jeune, ce qui le choquait le plus c'était qu'il était un renard qui parle... Stiigma avait envie de lui dire qu'en réalité il était un humain, qu'il n'arrivait plus a prendre a forme d'avant... Mais il avait l'air plongé dans de profonde réflexion, Stiigma n'osait pas trop intervenir... Il se contentait d'essayer de lire dans ses yeux... Il essayait de connecter son esprit au sien. Stiigma plongea alors son regard dans celui du jeune blond et sans le quitter tenta de le transpercer, d'abaisser ses barrières pour pouvoir lire en lui comme dans un livre ouvert. Évidemment, c'était totalement fou de penser qu'il pouvait être capable d'une telle prouesse mais les choses étaient tellement étrange ici bas, qu'il pensait que tout était possible. Alors il tenta l'expérience... Mais son regard reflétait seulement celui de Stiigma. Stiigma cru y déceler, l'espace d'un instant une vague d'incompréhension... Stiigma le vit vaciller, il eu un mouvement pour aller vers lui et se retint, car il vit que le jeune homme était tout a fait maître de son corps, puisque presque aussitôt il récupéra son équilibre.

Il sentit encore une fois le regard le détailler totalement, c'était comme si quelqu'un passait un rayon X sur sa personne, et étudiait chacun de ses poils. Stiigma sentait très bien le regard du blond sur son corps, s'attardant sur chacun de ses poils, observant ses mimiques, ses gestes. Ce qui paralysait totalement Stiigma, qui n'osait plus bouger de peur de faire quelque chose de mal. Il se sentait tellement attiré par ce jeune homme, qu'il ne voulait pas risquer de lui faire peur. Il se sentait un peu seul depuis qu'il était arrivé ici, et avait besoin d'un ami. Il espérait que le jeune blond essayerait de l'apprivoiser. Ainsi, il ne serait plus seul, et tout les deux, ils formeraient une super équipe!

« Mais c'est que tu parles VRAIMENT ? »

Il avait presque hurlé le dernier mot. Il semblait prendre conscience petit a petit de ce qu'il avait devant les yeux, c'est à dire moi, un renard qui parle. J'avoue que c'était relativement surprenant, mais quand même... Après tout, peut être que lui aussi, il venait juste d'arriver, peut être qu'il était tout aussi perdu que Stiigma, et qu'il ne comprenait pas du tout ce qu'il lui arrivait... Pourtant tout a l'heure il avait prononcé des noms étranges, Stiigma avait tout naturellement pensé que ce jeune homme parlait de personne qui vivait ici, mais il s'était peut être trompé...

D'un coup, il eu un mouvement vers moi, puis doucement il leva sa main, l'approcha de ma personne... Comme si il voulait me caresser mais il interrompit son geste, et laissa sa main en l'air... Stiigma s'approcha tout doucement, pas a pas, baissant la tête, une fois sous la main du jeune homme, il leva releva doucement la tête. Il commença a sentir la peau du jeune garçon, il avait la main douce, c'était agréable de la sentir contre son poil. Stiigma frotta sa tête contre la main, cette sensation était agréable, il était heureux de sentir une chaleur humaine contre sa peau... Il se mit a ronronner, ou du moins a faire un bruit qui y ressemblait, et sa queue se mit a battre... Il eu l'impression de ressentir ce qui s'appelle le bonheur. Il eu envie de sauter sur le garçon pour lui lécher le visage, il eu envie de jouer avec lui... Mais il n'osait pas, après tout ce n'était que le début de leur apprivoisement, il ne pouvait pas agir ainsi...pas encore...

« Comment est-il possible qu'un si bel animal soit ici...? Comment se fait-il que tu parles ? Et cette aura... C'est celle de Layca... Comment peux-tu être à la fois renard et répondre à la volonté de ma divinité..? »

De nouveau, Stiigma ne comprenait plus ce que le garçon disait... Il parlait de divinité, d'aura... Il savait ce qu'était tout cela mais ici, il ne savait pas qu'elle porté avait ses mots... Et puis, il avait dit que j'étais un bel animal... Cela voulait dire qu'il me trouvait joli ! J'étais heureux de savoir, qu'il me trouvait joli !! C'était idiot pourtant, cette simple remarque me faisait très plaisir. D'ailleurs ma queue se remit a battre. J'avais finis par m'habituer a ma queue qui trahissait toutes mes émotions... Je continuais d'ailleurs a frotter ma tête contre sa main, et j'attendais presque impatiemment que sa main se mette en mouvement pour me caresser, pour lui faire comprendre, doucement, j'avançais vers lui, ainsi sa main se trouve au niveau de mon cou, je me mis a avancer et a reculer, ainsi sa main allait de ma tête a mon cou... j'essayais de lui montrer comment faire... J'espérais qu'il comprendrait...

« Mais qui es-tu ? »

Je m'interrompis, et le regardait droit dans les yeux … qui j'étais ? Je savais qui j'avais été... mais qui j'étais aujourd'hui, je n'en savais rien du tout... Ah si je savais que j'étais un homme coincé dans le corps dans renard, c'était déjà pas mal ! Je me mis en position assise, face a lui... Et lentement je commençais mon histoire, je commençais par me présenter, lui disant que je m'appelait Stiigma, que j'étais un homme qui pouvait se transformer en renard mais que je ne savais pas comment reprendre forme humaine... Je lui demandais si il savait comment je pouvais faire... Puis, je décidais de lu conter certains passages de ma vie d'avant, je lui dis que j'étais né en Bretagne, que j'avais un jumeau, que nous nous étions violement disputé et qu'a la suite de cette dispute j'étais partit marcher dans les rues de la ville et que j'avais perdu connaissance, a mon réveil j'étais dans un bain de sang... Après je ne me souvenais plus de grand chose, je m'étais réveillé ici, sur son dos... Au milieu de ces menhirs qui m'avait compter le Chants des Druides et m'avait transporté...

« Tu sais tout, ou presque tout... Je ne peux tout raconter a un jeune homme que je ne connais à peine... Mais si je sens que je peux avoir confiance en toi... Tu as l'air d'être un jeune garçon gentil.. Mais toi, qui es-tu ? Qu'est ce qu'on fait ici? Tu as prononcé des noms étranges, est ce que ce sont les noms de personnes qui vivent ici? »

Mes yeux brillaient de curiosité, j'attendrais tout de lui... C'était le seul qui pouvait m'expliquer pourquoi j'étais ici, ce que nous devions faire... Et plus je le regardais, plus je plongeais mon regard dans le sien, plus j'avais confiance en lui... Je me mis a ressentir un sentiment étrange, que je n'avais jamais connu de ma forme humaine... Ce n'était d'ailleurs pas un sentiment humain... C'était étrange, je voulais....qu'il devienne mon maître... C'était curieux, mais très agréable, alors, penchant ma tête, vers lui, je lui dis tout doucement, a mi-voix pour qu'il ne m'entende pas...

« Apprivoise moi... »

Mais tout au fond de moi j'espérais vraiment, qu'il m'ait entendu...

"Sinon tu n'es encore pour moi
Qu'un petit garçon comme les autres
Pour toi qui ne me connais pas
Je n'suis qu'un renard parmi d'autres

Apprivoise-moi je t'en prie
Si tu as besoin d'un ami
Et jusqu'à la dernière seconde
Tu resteras unique au monde"

Apprivoise Moi - Le Petit Prince
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Kamui
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MessageSujet: Re: Le Petit Prince apprivoise son Renard [ PV Kamui ]   Lun 25 Avr - 15:39

Suite à ma dernière question, je vis le regard du renard s'éclairer. Je n'aurai pas réellement su définir ce que représentait la lueur qui dansait au travers de ses pupilles, mais elle était le signe d'un lourd passé. Je sentis le petit corps de l'animal se rapprocher imperceptiblement de ma main. J'eus un dernier instant d'hésitation avant de mouvoir mes doigts dans le pelage roux de l'animal. Peut-être cela eut-il le don de le détendre, mais il commença à me narrer l'histoire de son existence.

Son nom était Stiigma'. Je ne pus m'empêcher de faire le lien entre ce qui semblait être un surnom et l'histoire de la Bible. N'étaient-ce donc pas des stigmates dont Jésus était affublé au cours du Nouveau Testament ? Ce nom avait-il la même signification que cette notion lourde de sens ? Stiigma'. Cela représentait-il le poids de son existence, un passé qui au début semble plus que prometteur, mais qui lorsque tout semble pouvoir prendre un tournant bien plus beaux dérive vers un enchaînement de catastrophes, de douleur, et de pleurs ?
Je relevais la tête en entendant qu'il était un jeune homme humain. Haaaa, voilà donc qui expliquait tout. Il était donc bel et bien un genre de métamorphe. Bien qu'il soit bloqué dans son état de renard, il devait toutefois être possible de lui faire reprendre sa forme humaine.

- Il faudra que nous réfléchissions à cela ensemble. Je t'aiderai de mon mieux à retrouver ta forme humaine. Cependant, pour l'instant, continue de me narrer ton histoire, changer de forme viendra en son temps.

Il hocha la tête et me parla de ses origines. La Bretagne. N'était-ce pas cette contrée en France où les Hommes avaient disposé des pierres de la même sorte qu'en ces lieux ? Les cercles de menhirs n'étaient-ils pas une spécificité de cette région ? De ce que je me souvenais avoir lu dans mes livres, c'était pourtant l'idée qui me revenait. Alors le chant de l'herbe lorsque je regardais Stiigma' n'était peut-être pas le simple fruit de mon imagination ? Alors c'était vrai que le peuple issu de ces terres étaient appelés par les grands monument jadis instaurés par leurs ancêtres ? Au fond de mon cœur, un pincement me fit penser que s'il eut été possible, j'aurai aussi aimé que mes racines me rappellent ainsi au lieu de ma naissance. Je secouais rapidement la tête, ne m'attardant pas plus sur ma banale histoire et écoutant de nouveau attentivement le récit de la boule de poil qui petit à petit s'était rapprochée de moi. J'accentuais mes caresses, l'incitant à parler en paix, rien ne nous pressait, notre dialogue était pareil à un retour à la nature. Sans m'en rendre compte, je commençais déjà à m'attacher à ce jeune homme dont je ne connaissais rien.

Il changea rapidement de sujet. Je n'eus pas plus le temps de m'interroger sur ce point qu'il m'expliqua avoir un frère jumeau. Je ne pus réprimer un sourire lorsque cette information fut prononcée. La lueur d'amour qui brillait au fond de ses yeux n'était que pour me signifier l'attachement qu'il devait éprouver pour cet être né de la même chair. Ne disait-on pas que les jumeaux étaient un don du ciel ? Né à deux, ils étaient fait soit pour s'aimer soit pour se haïr. J'avais l'intime conviction que Stiigma' et son frère avaient été le premier cas de figure. Ses quenottes qui se dévoilaient alors qu'il parlait de sa moitié me faisait penser au sourire animal que l'on pourrait avoir dans ce genre de situations. Je me pris à caresser plus affectueusement le crâne de l'animal, la douceur de son poil me faisant frissonner. C'était avec plaisir et délectation que je laissais mes doigts se faufiler le long de la peau duveteuse de Stiigma'. Comme si ce renard avait été mon familier pendant des années, je me sentais l'envie de ne jamais arrêter de cajoler ses oreilles, de flatter son cou. Sa queue qui remuait au gré de mes caresses me fit savoir que cela lui plaisait.
Toutefois, la douceur s'évapora en même temps qu'il me fit savoir que lui même et son frère s'étaient violemment disputés. Mon sourire s'estompa en même temps que le sien.

Il m'expliqua qu'il avait fini par fuir son frère et errer dans les rues. Je fus pris d'un élan de compassion et me penchais un peu plus sur l'animal, caressant son dos. Ce mouvement était pour moi comme l'intention de le protéger. Oui, ce jeune homme était bel et bien perdu. Et il avait besoin d'aide. Et il se trouvait apparemment que je devais être celui qui devait l'aider. Ne dit-on pas que les rencontres les plus fortuites sont celles tombées du ciel ? Pour une fois que je pouvais prendre une expression au pied de la lettre.

Mais ce qui suivi eu le don de me surprendre. Il s'était évanoui. Avait perdu connaissance pour un temps indéterminé et s'était à nouveau éveillé dans une marre de sang. Qu'avait-il bien pu lui arriver...? Il ne semblait pas lui-même savoir ce qui lui était advenu. Mais s'il était arrivé ici... Peut-être lui aussi avait suivi un long chemin qui menait au purgatoire sans fin qu'était le monde d'Alea Jacta Est.

Il me fit part de la confiance qu'il avait en moi. Et c'est avec un franc sourire que je le remerciais d'avoir eu le courage de mon conter son histoire. J'acceptais alors avec plaisir de répondre à ses questions. Je lui expliquais rapidement qui j'étais et mon rôle en ces lieux. Je lui expliquais ensuite qui étaient Layca et Oppse et quelle était la grande quête qui régissait la vie de chaque habitant de ces lieux. En tant que son supérieur je pris le temps de répondre à chacune de ses interrogations aussi bien sur moi que sur la vie en ces lieux. Une fois son appétit curieux rassasié, je fixais de nouveau mon regard dans le sien. Et ce que j'y lu failli m'arracher un frisson. Le sentiment que je lisais au fond de ses prunelles étaient comme celui que l'on peut lire après des années de bons et loyaux services dans les yeux d'un animal qu'on a chouchouté et adoré toute sa vie. Une confiance sans limite. Et mon cœur rata un battement quand la tête baissé il prononça à mi-mot des paroles qui me firent rougir.

« Apprivoise moi...  »

Ma main qui caressait tendrement son poil s'arrêta net alors que ma main libre vint se poser devant mes lèvres dont mes dents venaient de mordre le coin sous le coup de la surprise. J'avais l'impression d'avoir mal entendu ses propos. Mais le regard qu'il me lança, entre la supplication et le désir me firent comprendre que ces deux mots m'étaient bien destinés. Je déglutis faiblement, sentant le goût métallique du sang se répandre sur mes papilles. Je devais m'être mordu la lèvre sous le coup de la surprise. Probablement quelque chose de superficiel. Je plongeais mon regard dans le sien, laissant retomber ma main sur mes genoux. Et d'un geste simple mais clair, je hochais la tête, en signe d'affirmation.

Toujours assis à même le sol, ma main toujours tendrement lovée contre le creux du cou de Stiigma', je sentis une fine goutte de sang s'échapper à la commissure de ma lèvre. J'esquissais un mouvement de ma main libre pour l'essuyer, mais Stiigma' me retint en mordant ma manche au niveau du coude. Au détour d'un regard avec lui, je compris que nos destins venaient probablement de se sceller pour l'éternité.

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MessageSujet: Re: Le Petit Prince apprivoise son Renard [ PV Kamui ]   Lun 20 Juin - 14:25

Sa main avait commencé à se mouvoir naturellement entre mes poils. C'était agréable de sentir sa main contre mon pelage. Tout naturellement j'avais commencé à me livrer totalement, sans retenue aucune. J'avais commencé par lui donner mon prénom, Stiigma... Ses yeux s'étaient illuminé, j'étais a peu prêt sûr qu'il avait fait le lien avec les Stigmates du Christ. Et j'espérais qu'il avait fait ce lien, car alors seulement il pourrait comprendre la suite de mon histoire.

Je lui donnais les grands axes de mon histoire. Il me promis de m'aider a retrouver ma forme humaine. Je poussais un doux soupir de soulagement. J’enchaînais doucement vers mon pays, éveillant surement en lui des questionnements par rapport a l'endroit ou nous nous trouvions qui se trouvait imprégner des légendes du passé breton... Ses caresses se firent plus douces, quelques choses bougeaient en nous, l'attachement commençait doucement.

J’enchaînais brutalement, j'avais besoin de lui parler de Lui, de mon amour perdu et de ma violente venu dans ce monde étrange dans lequel je venais tout juste d'arriver. Au moment même ou je lui racontais notre séparation, je fus envahit par une bouffée de tristesse et il semblait ressentir lui aussi ma profonde douleur puisque son sourir s’effaça doucement.

Une fois que j'eu fini ma narration, il me remercia de la confiance que je lui portais. Puis il prit le temps de répondre à mes questions, il m'expliqua le fonctionnement de cet étrange lieu. Il s'appelait Kamui, et était un élu primordial au même titre qu'Astaroth qui lui était dans le camps adversaire. Désormais Kamui était mon supérieur en ce lieu. J'étais désormais aux ordres de la divinité Layca, notre rôle était de manière simpliste de nous battre contre ceux sous les ordres d'Oppse. Il me parla aussi de Belzeneff qui semblait être un sacré farceur, qui aimait beaucoup jouer avec les pions que nous étions. Je me dis aussi qu'il devait pas mal aimer faire souffrir Kamui. Celui ci, d'ailleurs ne me raconta rien sur sa vie d'avant. Ce que je respectais totalement. Le lançant dans son silence, le moment venu il me dirait ce que j'avais à savoir. Je le savais.

J'espérais qu'il avait entendu ma supplication, je plantais mon regard dans le sien et je me rendis compte qu'effectivement il devait m'avoir entendu. Le mouvement de caresse de sa main s'était arrêté, suspendu dans l'air. Ses dents mordirent doucement sa lèvre.. Et doucement l'odeur de son sang commença a emplir mes narines. Il avait une douce odeur son sang, presque sucré, attirant. Mon coeur se mit a battre un peu plus fort. Il planta son regard dans le mien et doucement acquiesça. De cet accord tacite, je comprenais que nous venions de sceller nos destins. Mais, pour que nous soyons totalement lié, il manquait un symbole fort. C'est a ce moment là qu'il faillit essuyer la goutte de sang qui perlait au commissure de ses lèvres. Je retins son mouvement, posant mes pattes sur ses genoux. Je remontais doucement vers sa gorge, arrivé au niveau de ses lèvres je fis glisser ma langue pour récupérer le liquide rouge.

Délectation. Mes sens étaient totalement en éveil. Je le regardais profondément, lui lécha le coup et le mordit doucement, juste pour récupérer un peu plus de ce nectar sanglant. Une fois ma soif de son sang rassasiée. Je me remis a terre, et m'ouvrir doucement le cou avec une de mes griffes. L'invitant a son tour à goûter a mon sang.

Une conviction commença a grandir en moi, le mélange de nos sang nous permettrais peut être de nous lier de manière beaucoup plus forte. Ainsi nous ressentirions les émotions de l'autre, nous saurons toujours ou l'autre se situe, peut être même que nous pourions communiquer par delà le language. Tout semblait possible ici, alors ces idées qui pouvaient être totalement incongrue dans le monde humain me semblait totalement réalisable dans ce monde tellement étrange. J'imaginais même un scénario un peu fou, ou son sang me permettrait de retrouver mes gènes humains, et me permettrait de muter du stade animal au stade humain de manière naturelle... Je décidais de ne pas lui faire part tout de suite de cette idée là... qui me semblait tout de même un peu folle même en ce lieu. En revanche, je lui proposais un pacte de sang, pour nous lier sur tout point de vue...

- Scellons nos destins par le pacte du sang. Désormais, je te serais soumis, je t'obeirais. Tu seras mon Maître pour toujours. Je te serais fidèle. Et ou que tu sois, si tu as besoin de moi, je le saurais et te viendrais en aide.

J'espérais qu'il comprendrait ce que je voulais dire, j'espérais que nous étions déjà sur la même longueur d'onde et que sans hésitation il viendrait goûter à mon sang que je lui offrais comme un présent...
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MessageSujet: Re: Le Petit Prince apprivoise son Renard [ PV Kamui ]   Mar 28 Juin - 22:22

Au détour de chaque rencontre, il vient toujours un moment où les destins se croisent. Parfois, notre destin croise celui d'un autre, s'y frotte tendrement, s'y accroche, avant de s'en déchirer et de continuer sa route sans vergogne. Combien de destinées croisons-nous au cours de notre vie ? Probablement autant que de personnes sur qui nous avons posé notre regard. Si chaque être vivant représentait un fil tendu à la colorie qui lui est bien personnelle, le monde serait une immense pelote de fils de toutes les couleurs possibles et inimaginables. Il vient des jours où les chemins se percutent, d'autres où rien ne se profile à l'horizon. Pourtant, au cours de ce cycle infernal qu'est la vie, il vient toujours un moment où au-delà de poser notre regard sur une silhouette anodine, deux pairs d'yeux se croisent. Ne dit-on pas que pour avoir conscience des autres il faut d'abord savoir les reconnaître ? Deux pupilles prennent contact. Parfois l'ignorance s'en suit... Mais combien de fois nos regards ont été suivis ? Il existe plusieurs cas. Le coup de foudre est probablement le plus bel exemple de ces croisements de regard. Un coup d'œil et toute raison vous quitte. Le destin est-il plus fort que nous ? Rien ne le prédisait pourtant. Mais quelle est donc la probabilité que tout ceci dure ? Certains diront que c'est pour la vie, ou bien voué à mourir. Mais qu'en est-il de ces instants qui, passé la première rencontre, vous font savoir que quelque chose vient de s'animer au fond de vos deux âmes ? Comme un courant électrique allant d'un point A à un point B. Échange muet entre deux esprits. Aucune parole n'est nécessaire. Aucun signe ou geste. Pas même un sourire et encore moins une grimace. Le contact est fait. Vous pénétrez dans un autre monde. Vous n'êtes désormais plus seul. Votre conscience ne pense plus en termes singuliers mais pluriels. La solitude prend fin. Votre destin n'est plus une ligne solitaire. Votre destin s'est noué à celui d'un autre.
En un regard votre monde peut basculer. Il ne s'agit plus d'un monde de « je » mais de « nous ».

Était-ce donc là que tu voulais en venir, Stiigma'...?

Les deux pattes qui vinrent interrompre mon mouvement m'empêchèrent d'essuyer les quelques gouttes de sang qui ruisselaient désormais le long de mon menton. Portant mon regard sur les yeux étonnamment humains du renard, je sentis un frisson parcourir mon échine. Est-ce que des pupilles pouvaient réellement exprimer tant de choses ? Dans ce discours tacite, tant de choses étaient compréhensibles. Allant bien par delà l'entendement. Ce n'était pas un allié que Stiigma' cherchait... Non loin de là. Il cherchait... Un partenaire.

A en voir son museau et la lueur de délectation qui venait de s'allumer au fond de ses prunelles d'encre, je comprenais que quelque chose venait de s'éveiller au fond de l'animal. Laissant retomber ma main doucement, les deux pattes de Stiigma' vinrent prendre appui sur mon torse. Se redressant de sa petite stature, son museau fut rapidement à mon niveau. Je déglutissais, peu sûr de moi, de lui... De nous. Peut-être prit-il ce signe comme un signal d'approbation. Probablement oui... Car sans même que je ne comprenne de quoi il en retournait, une langue râpeuse vint recueillir le liquide carmin qui s'échappait de ma lèvre.

Le rouge vint empourprer mes joues avec violence alors que je retenais un léger glapissement de surprise et de gêne. La langue animale vint tendrement effleurer le bord de mes lèvres. Un battement, puis deux. Je sentais mon cœur s'emporter dans une danse effrénée. Que faisait-il...? Il semblait savourer mon sang, tel un prédateur qui se languit d'en avoir plus. Mes yeux rivés sur les siens, je pouvais y percevoir un solennité incroyable. La même lueur que j'avais pu lire au fond des pupilles écarlates d'Alvaro. Ce regard il l'avait eu au moment où...

Un faible soupir m'échappa alors que la langue taquine vint laper mon cou. Suivi d'un gémissement lorsque la douleur fut révélatrice. Alors que des crocs s'enfonçaient profondément dans la chair tendre de mon cou, l'explication s'offrit à moi. Ce même regard que j'avais pu lire au fond des yeux des deux jeunes hommes...

Un pacte.

J'entendais le bruit de déglutition de Stiigma' qui profitait de mon sang comme un enfant du lait d'une mère nourricière. Tout ceci à ses yeux semblait avoir un sens bien particulier. Y avait-il un rapport avec ses origines au combien mythiques ? Était-il une coutume chez lui de sceller le destin en marquant les deux liens d'un sang commun...? Alors... Faudrait-il que...?

Détachant ses crocs de ma peau, je le vis reposer ses pattes sur mes cuisses. Assis là sur moi, la rougeur carmine si significative du sang marquant le pelage blanc entourant ses lèvres, je comprenais que tout ceci me mènerait probablement bien plus loin que tout ce que j'aurai pu imaginer. D'un coup de patte agile et rapide, Stiigma' s'entailla le cou, et le son de sa voix résonna dans un écho mystique dans ce lieu où semblaient avoir vécu ses ancêtres.

Un pacte de sang. La soumission, être son maître..? Il désirait que je l'apprivoise. Il voulait redevenir humain... Il avait confiance en moi, un simple inconnu qu'il venait de rencontrer dans un monde où rien ni personne ne lui était semblable ou familier... C'était donc ça que l'on appelait communément l'instinct animal ? Croisant son regard, une hésitation miroita au fond de mes iris d'azur.

Tout ceci n'était que trop fou... Rien n'avait de réel sens. Pourquoi donc faisait-il ceci..?

Mais... Au final... S'il m'accordait sa confiance... Peut-être était-il de mon devoir de lui prouver que pour ce combat qui était le mien, il s'agirait maintenant de notre combat...? D'un hochement fébrile, je lui faisais comprendre mon accord. Ses pattes vinrent alors se poser à nouveau contre mon torse, pression fugace d'une créature si étrange. Posant mon regard sur cette estafilade qui tâchait désormais sa robe si soyeuse, je vins poser mes lèvres sur cette coupure qu'il s'était lui-même infligé.

Je sentais le liquide tiède caresser la pulpe de mes lèvres. Était-ce ainsi que je devais agir...? Me reculant à peine, je venais passer ma langue d'un mouvement hésitant sur mes lèvres, recueillant le liquide carmin qui scellerait ce pacte. Avalant le nectar à la saveur âpre, je posais à nouveau mes lèvres dans son cou, réitérant mon action... Je fermais les yeux, rougissant faiblement à la pensée de mon acte. Quelle folie m'avait encore traversé l'esprit...? D'un geste timide, ma langue vint lécher quelques gouttes de l'hémoglobine qui coulait. Oui, je devais faire ainsi... Tout irait bien de la sorte... Je ne devais pas me sentir coupable de ma façon d'agir. Un pacte de sang se faisait de la sorte... Et tout irait bien...

Toutefois... C'était ce que je croyais..

Le poids sur mes jambes se fit un peu plus pesant. Les pattes prirent de l'ampleur... Et là où mes lèvres étaient tendrement posées, partageant cet instant de ferveur avec Stiigma'... La peau se fit douce et délicate. Détachant doucement mes lèvres de ce cou subitement si différent, j'entrouvrais les yeux sur une peau d'opale.

- Que...?

Le sang que j'avais bu sur cette peau maculait mes lèvres d'une lueur vermeille, un fin filet vermeil courant le long de mon visage. L'azur se posa sur l'encre et d'un coup, ce fut le blanc total.

Un homme aussi peu vêtu qu'à sa naissance se tenait là, sur moi, ses doigts fermement agrippés à mes épaules... Le pourpre s'empara brusquement de mes joues alors que je réalisais.

L'homme était nu.

Layca... Père... Qu'avais-je fait pour mériter ça...?

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Le Petit Prince apprivoise son Renard [ PV Kamui ]

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